jicébé a écrit : 29 sept. 2025, 16:48
AlbatorConterdo a écrit : 29 sept. 2025, 16:11
perso, j'ai pas cité de nom et tu m'as quand même sauté dessus...
et tu n'as pas répondu sur le cas Armstrong...
J'ai simplement réagi à ça: "
pour moi, la situation est pire que lors de la grande période EPO en libre-service"
Pour toi,
tout le cyclisme est donc pourri: sur quoi de concret te bases-tu pour affirmer que c'est le cas? Sur ton simple ressenti?
Sur la jurisprudence Armstrong? Oui, il a trompé son monde: mais est-ce une raison pour suspecter d'office tout qui réalise des performances?
Si c'est le cas, il faut rester cohérent et se questionner sur tous les exploits hors-normes (j'emploie ce terme à dessein) réalisés par des Binda, Coppi, Bartali, Merckx, ... et ne plus continuer à les admirer.
Je pense qu'il est possible d'admirer les coureurs tout en ne le faisant pas aveuglément, vu comme l'Histoire de ce sport (et du sport en général) nous a montré que, bien souvent, lorsque des limites que l'on pensait inatteignables ont été franchies, elles ont été suivies d'annonces qui remettaient en cause la probité de ce(s) franchissement(s).
Perso, je me fiche totalement de savoir si Pogacar ou autre est dopé, car mon problème n'est pas que les dopés gâchent mon plaisir de regarder du vélo contrairement à beaucoup ici. Mon problème, c'est que ce sport est étroitement lié au dopage et qu'une véritable culture de celui-ci s'est mise en place au fil du temps, et que malgré ce que l'on tente de nous vendre, il faut admettre que beaucoup de ceux qui ont participé à entretenir cette culture sont toujours présents dans le milieu (que ce soit chez les pros ou non), et qu'ils continuent de transmettre leurs savoirs sur le sujet à de nouvelles générations. Je me (re)mets toujours à la place de l'enfant que j'étais lorsque j'ai découvert le cyclisme et que je me suis pris moi aussi à l'envie de m'y mettre. Et je repense alors à mon meilleur pote, qui figurait parmi les meilleurs nationaux chez les minimes, et qui a 13/14 ans a vu de ses propres yeux et entendu de ses propres oreilles des mecs de son âge se doper ou lui proposer des produits pour améliorer ses performances. Dégoûté, il a arrêté le vélo à 15 ans alors qu'il aimait ça plus que tout, et il m'a bien passé l'envie de m'y mettre au passage. Le dopage est présent partout dans le vélo, du premier au dernier et du pro au cadet, c'est ça qui me dérange. Alors attention, je ne dis pas que tout le monde se dope, mais que tout le monde finit par être confronté aux problématiques qu'engendrent le dopage et sa culture. Oui le cyclisme est pourri par le dopage de sa dernière feuille à sa première racine, mais ce n'est pas pour autant que les cyclistes sont des pourris. En tout cas pas pour moi.
Partant de ce constat, dans un espace de discussions tel qu'un forum, je trouverai toujours plus sain de s'interroger, de questionner, aussi maladroitement que cela puisse être fait parfois, plutôt que de s'en tenir au : "pas de preuve = pas de dopage". Juste pour que les personnes qui nous lisent en silence et qui auraient envie de se lancer dans ce sport aient toutes les lumières allumées au moment de se lancer, plutôt que de finir dégouté(e)s par un milieu qui ne ressemble pas à l'idée qu'ils s'en faisaient. Celle d'un milieu qui se serait miraculeusement totalement débarrassé du dopage.
Et pour en revenir à Pogacar, je trouve qu'il n'y a même plus besoin de chiffres ou de preuves scientifiques pour se questionner sur le fait de le voir faire 100km d’échappé (dont 60 en solitaire) sur un parcours usant comme jamais, avalé à 42 de moyenne, et faire preuve d'une fraicheur
hors-norme à l'arrivée, quand tous les autres concurrents finissent au bout de leur vie. Et pour autant ça ne m'a pas empêcher d'admirer la façon dont il a couru la dernière étape du Tour cette année par exemple. Et là encore ce qui me gêne dans ses perfs, c'est pas qu'il gâche mon plaisir de regarder, mais qu'il fasse croire que le vélo c'est pas si dur que ça en fait. La souffrance sur un visage n'a jamais été un signe de probité (jurisprudence Kohl), mais l'absence du moindre signe de souffrance l'est encore moins.
Pour en terminer, je tiens à souligner la pertinence du post de Fabio qui souligne à quel point on a pu banaliser les effets de la prise du Tramadol par exemple. Renseignez vous sur les effets de ce dernier, et imaginez 2 secondes des gamins (vos gamins pour ceux qui en ont) vouloir reproduire ce que font les pros. Car oui, il y en a à qui cela donne des idées, encore plus quand les contrôles sont inexistants. Pour avoir été confronté de près aux effets dévastateurs de ce genre de merde, je peux vous assurer que c'est tout sauf banal. Je me limite au Tramadol car c'est un médicament accessible assez facilement et dont beaucoup ont une boite qui traine dans l'armoire à pharmacie. Dans le même genre on peut parler de la codéine qui a des effets similaires.
Bref, pour moi le dopage sera toujours plus un problème du point de vue de la santé publique, plus que d'un gâchis de plaisir qui me semblera toujours bien égoïste en comparaison.