-Vélomen- a écrit : 17 sept. 2018, 17:22
Pour en revenir au débat, difficile de mettre Bardet et Pinot dans le même panier.
Pinot fait une belle carrière, mais clairement un cran en dessous de ce qui était prévu/annoncé. N'oublions pas qu'il est le plus jeune coureur de l'histoire à finir dans les 10 premiers du Tour. Et cette année-là il s'est retrouvé dans les 3/4plus forts en montagne dans 2 grosses étapes de montagne (La Toussuire et Peyragudes).
En 2014, il fait 3ème du Tour.
4 ans plus tard, le constat sur les GT est cruel : il n'a accroché qu'un top 5 de plus (4ème du Giro) et a abandonné la moitié des GT qu'il a disputés depuis 2014.
Il a montré des limites physiques (régularité, problème de santé) qu'on ne pensait dûes qu'au Tour.
Certains rivaux de sa génération ont calé (Quintana, Aru) mais d'autres rivaux sont apparus (Dumoulin, Thomas, Roglic) et lui sont supérieurs.
Sans parler que la génération qui arrive lui est aussi passée devant (Lopez, Yates, bientôt Mas ?).
Après, en restant optimiste, la hiérarchie est changeante chaque année en GT et on ne peut exclure qu'un jour Pinot fasse une Uran et termine 2ème du Tour. Le Français n'est pas inférieur au Colombien, qui est au moins aussi irrégulier que lui en GT (Uran, c'est 2ème du Tour, 2 fois 2ème du Giro, mais aussi des abandons et des 7/8ème places).
Pinot parait objectivement très loin de pouvoir gagner un GT à l'heure actuelle. Comme un Gasquet, il peut aller claquer une demie (= un podium de GT)au top du top, mais plus ça parait inconcevable au vu de ce qu'on a vu ces 4 dernières années.
Pour Bardet c'est différent.
Je vois pas en quoi Lopez lui est passé devant mais bon.
Et puis aller claquer un podium en étant au "top du top" comme si il fallait un alignement des astres et vraiment aucune couille pour que ça arrive la aussi je comprends pas. N'oublions pas que cette année il est à 24h de le faire derrière les deux monstres que sont Froome et Dumoulin tout en étant malade la dernière semaine + le giro 2017 ou il est a 30 secondes de la 3eme place la aussi derrière des noms ronflants et la aussi en étant malade la dernière semaine.
Et puis je comprends pas les attentes énormes qu'il a suscité, il était très fort très jeune mais c'était pas un monstre comme Quintana ou Contador au même age non plus quoi. On parle souvent de son TDF 2012 mais le niveau énorme qu'il a sur l’étape de La Toussuire par exemple ne reflète en aucun cas son niveau moyen et intrinsèque de l'époque. Il avait des jambes de feu ce jour là, mais il a aussi eu des jours ou il était plus faible que tout les autres membres du Top 10, notamment vers Luchon. Bref, c’était déjà le Pinot qu'on connait aujourd’hui : Irrégulier (encore plus que maintenant) mais qui dans une grande journée est quasi imbattable et se mue en "envoyeur de rêve" comme déjà lu par ici.
Et pareil pour le Tdf 2014, à en lire certain le fait de faire podium sur la kermesse de juillet à 24 ans le prédestinait forcement à la gagner un jour. Sauf qu'il faut regarder les circonstances avec lesquelles Pinot à tirer le gros lots cette année là et ça, on oubli souvent de le préciser. Et je tiens tout de même à les rappeler: Une opposition très faible (à mon avis la concurrence du Giro 2017 était plus forte notamment) et 10 mn de perdues sur le premier (depuis 2001 aucun 3eme n'avait terminé aussi loin), ou il arrive à faire jeu égal avec celui ci sur une seule étape seulement (sur 6 étapes de montagne au total).
Bref, au final oui, je pense que certains on vu Pinot plus fort que ce qu'il ne l’était réellement au début de sa carrière; en prenant notamment les "jours de grâce" de ce dernier comme reflet de son niveau moyen.
Néanmoins ce n'est pas pour autant qu'il faut lui jeter la pierre et tomber dans l’excès inverse. Non, Pinot n'est pas obligé d’être au top du top et dans un état idéal pour faire un podium d'un Giro ou d'une Vuelta (le tour c'est autre chose), et je reste persuadé que si pour le coup tout s'aligne vraiment bien, c'est la première place qu'il réussira à accrocher.