Delgato a écrit : 10 mai 2026, 15:17
-Vélomen- a écrit : 10 mai 2026, 15:11
Ullrich n'a challengé l'Américain qu'en 2003, sinon c'était l'éternel dauphin d'Armstrong.
Mais cette rivalité doit être mentionnée, car elle a duré 5 ans et elle a quand même opposé 2 stars de ce sport.
J'ai le sentiment qu'Ullrich était beaucoup plus connu du grand public qu'un Vingegaard et qu'il avait plus d'aura.
+1 oui sûrement dû au fait que c'était sur lui que reposait tous les espoirs car Amstrong gagnait tout le temps
En dehors de l’édition 2000, où Pantani était présent mais déjà chargé d’une poussière dont je ne sais s’il faut dire qu’elle venait des routes ou d’ailleurs, Ullrich et Armstrong ont quasiment toujours été les deux seuls vainqueurs du Tour au départ.
Il faut aussi se souvenir qu’à l’époque, les favoris montaient en puissance lentement, comme des chaudières qu’on chauffe à feu doux jusqu’à l'incan
décence de juillet. Ullrich, surtout, traînait sa carcasse lourde sur le Circuit de la Sarthe, puis, soudain, sur le Tour de Suisse, la bête se réveillait, et tout le monde sentait monter cette fièvre sourde : Der Kaiser ist zurück. Même en 2006, lorsque, mal dégrossi, il bat Basso sur le chrono du Giro alors qu’il est encore loin de son pic de forme, comme des enfants crédules, on se dit encore que le vrai Ullrich est de retour.
En réalité, on ne savait jamais vraiment où il en était avant le prologue ou la première arrivée au sommet, et puis même quand ça se passait mal, il y a toujours cette possibilité qu'il soit plus aérien dans la deuxième massif. Il restait toujours cet espoir de le voir retrouver son niveau de 1997, avec lequel on pensait qu’il pourrait rivaliser pleinement avec Armstrong. Et même lorsqu’il perdait en juillet, on attribuait souvent ses défaites à son manque de rigueur hivernal plutôt qu’à une différence de potentiel avec le couillon découillu. Vingegaard, on sait d'ores et déjà que ce n'est pas avec son niveau de 2023 qu'il va pouvoir mettre à mal le Pogacar actuel. Avec Ullrich, il y avait toujours un et si, cet alors peut-être, qui alimentait sans cesse ce duel tout au moins dans nos têtes.
Aujourd’hui, les pics de forme sont plus écrêtés, et les calculs de watts portent déjà la sentence, il est alors beaucoup plus simple d’anticiper qu’un Pogacar va dominer un Vingegaard après le Dauphiné 2025 comme la poêle domine la sardine.
Ullrich, lui, avait l’image du surdoué précoce, promis à cinq Tours. Il était déjà une star du grand public avant Armstrong, ce qui a renforcé son aura. Vingegaard, au contraire, commence par être nettement dominé par Pogacar lors de leurs deux premières confrontations. Et encore aujourd'hui, certains disent toujours qu'il sortait de nulle part. Et cela compte beaucoup dans l’opinion du peuple, qui aime reconnaître ce qu’il connait déjà.
Le duel Ullrich–Armstrong était aussi porté par une opposition de styles : Armstrong et sa cadence révolutionnaire, ses accélérations en danseuse, face à Ullrich qui grimpait assis, écrasant les pédales en lissant ses efforts comme Nils polit sa pierre.
Et puis, physiquement, Ullrich incarnait l’athlète ultime, la force faite chair. Vingegaard, lui, a davantage l’allure d’un Kevin McCallister danois qu'on aurait posé sur un vélo pour ne pas encore rater l'avion Pogacar.
Dans le duel Armstrong/Ullrich, on avait quand même deux coureurs qui en imposaient physiquement.