guigui22 a écrit : 26 avr. 2026, 19:28
Ce qu'il va se passer à 95% : il va aller sur le Tour. Car Décathlon, français, CMA CGM, médias à la botte de Rodolphe Saadé (BFM TV, RMC, etc), ils vont être contents de monter un story telling de Seixas qui peut tenir Pogi, et inventer un duel qui n'aura pas lieu plus de 1 ou 2 étapes de montagne. La machine médiatique est déjà en route...
L’argument selon lequel le sponsor déciderait seul du programme ne tient plus vraiment.
L’an dernier déjà, il avait zappé le RAIT et le Giro U23 pour filer directement au Dauphiné. Beaucoup y voyaient une manœuvre extra‑sportive, et estimaient que c’était trop tôt pour lui. Pourtant, cette saison, pourquoi Seixas démarre‑t‑il en Algarve plutôt qu’au Tour de la Provence à la place de Riccitello ?
On voit bien que ce n’est pas juste un produit médiatique : depuis un an, Décathlon construit un programme cohérent, aligné sur sa progression et sur les ambitions du coureur.
Ensuite, entre :
- viser la gagne sur la Vuelta (ce que je défendais aussi) et s’aligner dès l’an prochain sur le TdF pour une série ininterrompue avant très longtemps,
- ou aller directement sur le Tour cette année sans objectif officiel (mais officieusement pour jouer la 2e ou 3e place, voire mieux si Pogacar tombe),
la différence n’est pas si énorme. Tout dépend de ce qui stimule Seixas.
Est‑ce qu’il préfère se mesurer à Pogacar et Vingegaard à 19 ans, sans pression démesurée, avec l’idée de défier l’histoire ?
Ou aller sur la Vuelta avec une obligation de résultat beaucoup plus lourde ?
Est-ce que son orgueil l'empêche d'aller sur le TdF et de se prendre une mémorable raclée par Pogacar en montagne ? Doit-il attendre comme Evenepoel l'a fait ?
De toute façon, des Grands Tours, Seixas en gagnera. Il n’y a aucune urgence à aller chercher une Vuelta parce que le Poga chat n’y est pas.
Vous citez Evenepoel : oui, il a eu raison de gagner la Vuelta 2022 plutôt que de se lancer trop tôt sur le TdF. Mais Seixas, lui, a déjà remporté une des plus grosses courses par étapes WT d’une semaine, alors qu’Evenepoel, à 26 ans, n’a toujours qu’un Pologne et un UAE Tour dans cette catégorie.
Et Evenepoel a attendu pour aller sur le Tour… au moment où Pogacar était plus fort que jamais, tout en regrettant de ne pas avoir pu disputer MSR cette année vu le scénario. Pour se rendre compte que Evenepoel manque encore de km en haute-montagne à 26 ans.
Si Seixas attend un an pour arriver sur le TdF avec l’idée d’y jouer la gagne après une Vuelta victorieuse, la pression médiatique sera encore plus violente. Le genre de configuration qui peut te fabriquer un remake de Jalabert 96 (il venait de finir 4e du TdF l'année précédente mais en 96, il y avait eu un fort emballement).
Et puis, pour un coureur qui vise aussi les deux course du Mondial et le Tour de Lombardie, la Vuelta n’est pas la préparation idéale. Le TdF ouvre bien mieux le calendrier. Comme Pogacar, de toutes façons, des Vueltas, il n'en disputera des masses dans sa carrière.
Je pars d’un principe simple :
si tu as le niveau pour finir 2e du Tour, alors tu dois aller sur le TdF.
Tu n’es qu’à un gros pépin d'un leader, avant ou pendant la course, de pouvoir l’emporter.
Vingegaard le sait très bien : qu’il fasse le Giro ou la Vuelta cette année, le TdF reste dans son programme, parce que tout peut s’y produire.
Il y a aussi un paramètre à ne pas oublier, et qui pèse sans doute bien plus dans la décision de Seixas que les désirs de Saadé : sa prochaine prolongation de contrat.
Un Seixas qui voudrait maximiser ses chances de décrocher un contrat astronomique aurait tout intérêt à choisir la voie la plus “bankable” : aller sur la Vuelta, écraser la concurrence et éviter de s’exposer trop tôt à l’écart qui le sépare de Pogacar sur le Tour.
Le seul véritable problème que me pose sa participation au TdF, c'est qu'il disputera sans doute les deux courses du championnat de France juste avant. Et ça, ce n'est pas du tout compatible avec le profil d'un podiumable ces dernière années.
Au bout du compte, on peut aligner les arguments, disséquer les calendriers, mais tout cela reste bien terre à terre. Soyons davantage
terre et ciel.
Car enfin, qui sommes‑nous pour prétendre discuter de son programme, alors que son chemin semble déjà inscrit quelque part, bien avant nos débats ici.