dolipr4ne a écrit : 19 janv. 2021, 14:15
@levrai-dufaux: meme si j’en ai laissé l’impression, je ne voulais pas vraiment tirer de leçon ou de conclusion définitive.
Disons simplement que j’ai été étonné de lire autant d’affaires de dopage sur un seul Tour; étonné de lire les sanctions qui, avec mon oeil de 2021, devaient surtout donner envie de recommencer plutot qu’autre chose; étonné de lire les réactions des acteurs, tantôt dans la volonté de minimiser/mettre le voile, et tantôt dans le sentiment d’un vélo à deux vitesses.
Et meme si j’ai appris ici meme que l’EPO avait veritablement révolutionné les ecarts et les performances, ce qui m’a intéressé avec cet article etait plutot ce qu’il disait non pas de l’incidence du dopage sur le sport mais de l’intention de se doper, de la place globale des produits dans le vélo et de la législation en la matière.
En quelque sorte, tout l’aspect
culturel de cette epoque, pas si lointaine. Et en cela, j’ai eu tendance à me dire qu’on m’avait, peut-etre, un peu survendu le côté sympa, cool, détendu, presque innocent de ces années dorées. Peut-etre que l’abomination des années EPO a eu tendance à faire passer les pratiques des années 80 (et avant) pour de la roupie de sansonnet. Mais finalement, ce n’est pas parce que les gars faisaient avec les moyens du bord que ça les rend moins « coupables » ou disons moins mal intentionnés que ceux qui pouvaient profiter d’un produit révolutionnaire.
Un exemple tout bête: Fignon, dans son bouquin, dit (de souvenir, si je ne dis pas de betise) ne s’etre dopé que deux fois. Et encore, il considere que l’une des deux fois ne compte pas vraiment car c’etait lors d’un criterium en Colombie et que tout le monde se faisait une trace de coke, tellement c’etait aussi culturel que de fumer une clope.
J’ai malheureusement de plus en plus de mal à le croire, ou alors il a un curseur different du mien sur ce qui serait du dopage et ce qui n’en serait pas.
Bref, c’est en quelque sorte une maniere de « relativiser » tout cela, sans excuser, sans banaliser bien sûr, mais plutot avec une volonté de mieux comprendre, de mieux cerner le probleme.
Dieu sait que j’ai la dent dure à ce sujet, que je dis sans doute plein de betises, et que j’ai mes têtes de turc (en revanche, qu’on ne me taxe jamais de vouloir proteger/dédouaner qui que ce soit!), mais à force d’en causer, le sujet devient de plus en plus interessant et complexe à analyser, et l’on voit bien en creusant un peu à quel point il est difficile pour ne pas dire impossible de juger le probleme de maniere simpliste et manichéenne, à coups de bons et de mauvais, de dopés/pas dopés, de bien dopés/mal dopés, voire de logiquement dopés à honteusement dopés.
Tout cela est tres complexe et quelque part assez insolvable (ça doit etre pour ça que cela m’interesse autant

). Je sais que cela existera toujours, puisque le dopage est avant tout une tricherie et que la triche est une chose plutot bien répandue dans notre monde, bien loin de n’etre réservée qu’au monde du sport, cela ne m’empechera pour autant jamais d’adorer ce sport. Mais je n’arriverai jamais non plus à cesser de m’interroger sur ce sujet et à me dire quand meme qu’il me semble important de controler un max, meme si la lutte n’arrive pas à choper les « gros », pour eviter a minima d’autres
_abominations ou que celles-ci ne deviennent trop nombreuses, au risque de tuer le sport.
J’estime que le vélo est passé tout près apres Festina et Armstrong, c’est presque un miracle de voir autant de vélo à la tv après l’image dégueulasse qui lui est collée. Bien sûr que plein d’autres sports s’en sortent médiatiquement mieux du fait de la lutte ridiculissime qui les concerne, mais disons qu’il ne faudrait pas que le monde du cyclisme joue trop au con, et beaucoup pensent que c’est malheureusement deja le cas.
PS: je ne suis pas fan du « tout-légalisme », mais il convient quand meme de rappeler ce qu’avait dit gradouble, je crois, à propos des tres anciens: on ne peut pas considerer comme dopés ceux qui prenaient des produits qui etaient autorisés à l’epoque.