-Vélomen- a écrit : 18 juil. 2022, 10:56
Beaucoup de coureurs ont indiqué qu'on avait atteint hier la limite de ce qui peut se faire en terme de températures.
Le syndicat des coureurs a été consulté mais rien n'a été fait.
Je crois qu'il va falloir se poser sérieusement la question pour ce type d'étape sous 40 degrés. J'ai peur qu'il y ait un drame un jour, surtout que ça diminue également les réflexes et augmente le risque de chute.
Voilà ce qu'en dit Madouas :
« Je ne me sentai [t] pas à 100 % au niveau des yeux » non plus. « Et les chutes des Jumbo sont liées à ça, c'est une évidence. Ça tapait fort sur la tête, ça joue forcément sur la lucidité, on fait des fautes qu'on ne fait pas d'habitude. Quand la température du corps dépasse un seuil, il se met en alerte, n'arrive plus à travailler. Pour moi, c'est la limite maximale. On ne peut pas dépasser ça, on n'est pas des bêtes de cirque non plus. »
Et Hofstetter :
"Il y a des alertes rouges dans la région, à la télé on dit aux gens de ne pas sortir et nous, on court quand même, on roule 210 kilomètres, pointait Hugo Hofstetter. Mais c'est nous qui acceptons ça. On a contacté le CPA (syndicat des coureurs professionnels) il y a deux jours et il n'y a pas de solutions qui ont été trouvées. Donc si on accepte, on roulera sous 50 ou 60 degrés, c'est comme ça. "
alors pour me faire une réelle idée, j'ai
testé pour vous aujourd'hui : rouler sous + de 40° à l'ombre (mais y'avait pas d'ombre) cet après-midi :
Résultat :
- les 10 premières minutes : bof ça va, fait chaud mais comme quand on fait du sport (ou comme tout à l'heure dehors lorsque j'étais inactif)
- les 20 minutes suivantes : hausse graduelle du ressenti. La circulation de l'air ne refroidit pas du tout*. Boire ne suffit pas, il faut s'asperger, de + en + (au début les avant-bras, puis la tête, la nuque, les jambes, puis au plus d'endroits possibles. L'impression que se balancer de la flotte est plus efficace que boire. Aussi, après un peu plus de 20 minutes d'effort, léger dégoût/plus trop envie de boire bcp (j'ai repensé au gars du TDS qui avait abandonné car il arrivait pas à s'hydrater et se refroidir suffisamment).
- puis 20 minutes en plat, léger faux-plat descendant puis descente puis de nouveau plat : ben là je vous avoue que j'ai soufflé et que j'ai cherché à récupérer

Beaucoup plus de brassage d'air mais au début ça refroidit pas du tout. Je me réhydrate et je me balance de la flotte. Au bout d'un moment ça va mieux
- puis quasi 10 minutes de montée assez raide : ça passe pas trop mal car pas trop long et car j'ai pu arrivé au pied en état presque correct. Et aussi parce qu'au 2 tiers je me suis arrêté pour me vider un 2e bidon (qui était dans le sac) sur le corps car le 1er bidon (qui était sur le porte-bidon) était vide
Un peu plus d'1 heure d'effort ; 1,5 L bu.
* faut dire que ces 30 premières minutes se sont faites en montée ou faux-plat montant, avec mon niveau actuel de chèvre sédentaire, + un sympathique vent de face de + de 20km/h. Donc ça n'allait pas très vite
Verdict : à partir d'un moment il devient difficile de se refroidir. Où fixer le curseur de température ? J'aurai dit à 45°C il faut réaménager la course. Finalement, 40°C apparaît comme plus raisonnable. Après ya plusieurs variables : il y a des phénomènes d'adaptation à la chaleur (lorsqu'on y est souvent confronté), il y a la vitesse d'évolution et il y a aussi l'approvisionnement en eau (pas sûr qu'il soit possible pour tous les coureurs du peloton d'avoir suffisamment régulièrement des bidons pour se rafraîchir le corps et le gosier). Il y a aussi la durée ainsi que l'intensité de l'effort
Et il y a enfin un côté personnel. Donc je dirai que dans certains cas, 40°C à l'ombre ça peut passer ; dans d'autres non
le ressenti pour moi c'est à peu près ça :
mais ça peut vite devenir ça
