Liam a écrit :dolipr4ne a écrit : (Liam, j'ai pas compris grand chose avec ta avant-dernière photo: c'est quel Giro? 10e et 13e: tu parles de l'etape ou du général? C'est qui finalement qui est cul nu, Evans?).
Le mec cul nu c'est Evans, lors de la 17ème étape du Giro 2002, dernière étape de montagne de cette édition.
Evans disputait son premier GT et devait être un équipier de luxe pour Garzelli. L'Italien commençait parfaitement son Giro d'ailleurs, gagnant à Liège avec le concours d'Evans. Mais il se fera choper par la patrouille. Evans prend alors le leadership chez Mapei. Sans être dominateur il grappille des places grâce à une belle régularité en montagne et de bonnes dispositions en chrono, jusqu'à endosser le maillot rose au soir de la 16ème étape. Le coup semble parfait pour le néophyte de la Mapei, qui n'aura pas à subir trop longtemps la pression du leader, puisqu'il ne reste alors qu'une étape de montagne et un chrono.
Evans débute donc cette dernière étape de montagne en position de leader. Respectivement devant Frigo, Hamilton, Cauchiolli et Savoldelli (léger doute sur la place des deux Italiens en 4 et 5). L'étape n'est pas excessivement difficile mais très longue (230 bornes de mémoire), les positions sont serrées et surtout le niveau entre les leaders est assez proche. La veille ils avaient tous fini en une poignée de secondes. Rien ne prédit à un grand chambardement.
Tonkov, plus loin dans la hiérarchie mais tout de même 5ème au CG final, lance les hostilités et attaque de loin. Premier coup de théatre, Dario Frigo, 2ème, craque loin de l'arrivée, dans l'avant dernière difficulté du jour. Dans la dernière ascension Savoldelli déclenche les hostilités à environ 10 km du sommet. Suite à cette attaque Hamilton sent qu'Evans a du mal à suivre le rythme de son dernier équipier et flingue à son Tour. Evans ne peut pas répondre, il laisse partir tout les autres leaders (cf la photo) et essuie une terrible défaillance. Sans jus il perdra environ 1/4 d'heure en 9 kilomètres. Devant Savoldelli est le plus fort et remportera le Giro devant Hamilton et Caucchioli.
Evans et Frigo qui occupaient les deux premières places du CG au matin de cette dernière étape de montagne ont sombré et finiront respectivement aux 13ème et 10ème places du CG final.
Merci d'avoir relaté le déroulement de cette étape.
Si j'étais passé avant j'aurais posté une photo de celle-ci, car elle m'a marqué à jamais.
J'apporte juste quelques précisions.
- Tonkov a attaqué de loin, mais pas seul, d'abord accompagné de Gotti et Verbrugghe, puis du seul Perez Cuapio, le mythique grimpeur mexicain qui semblait intouchable dans les longs raides montagneux finira par exploser dans la roue du champion russe. Tonkov, au début de son déclin, nous gratifie d'un de ses plus beaux numéros, et achève sa remontée fantastique (de la 20ème place à la 5ème en trois étapes).
- Au départ de cette ultime étape de montagne, ils étaient non pas 5 mais 6 à rêver encore du rose. En plus des Evans, Frigo, Hamilton, Caucchioli et Savoldelli déjà cités, il faut rajouter un certain Aïtor Gonzalez. Véritable révélation de ce Tour d'Italie, leader unique de la Kelme après l'abandon sur chute du non moins révélé Santiago Perez, il détonne en accompagnant les meilleurs en montagne et en remportant le premier grand contre-la-montre. Sur cette étape, il subira le même sort qu'Evans et Frigo en étant victime d'une terrible défaillance. Il prendra quand même moins cher puisqu'il se classera 6ème de ce Giro (derrière Savoldelli, Hamilton, Caucchioli, Garate et Tonkov). On le reverra en septembre lorsqu'il ira chercher la Vuelta en trahissant Oscar Sevilla.
- Lorsqu'Evans se montre fébrile (il perd d'un coup la roue de son équipier Andrea Noé qui faisait le train en tête de peloton), c'est Hamilton qui se voit gagner et place immédiatement un furieux démarrage. Evans explose mais Hamilton se sera vu trop beau. Il est vite repris et violemment contré par Savoldelli, et aura bien du mal à suivre des coureurs comme Garate ou Totschnig. L'année suivante ses faiblesses en GT seront gommées par le nouveau régime à base de pâtes italiennes de son mentor Bjarne Riis.
- Savoldelli sur ce Giro se sera montré très irrégulier, n'étant fort que dans les 5 derniers jours de ce Giro. Cela lui sera suffisant pour l'emporter. Lorsqu'il reviendra sur le Giro trois ans plus tard, grâce aux méthodes bruyneelo-armstronguiennes ces soucis de régularité ne seront plus qu'un mauvais souvenir.
Aimez-vous les uns les autres.