Le sucre sportif a écrit : 07 avr. 2019, 21:36
et finalement une victoire en filou comme Bettiol, ça me plaît car cela montre qu'il faut de la malice pour s'imposer dans une course cycliste et pas seulement envoyer des watts. Et donc que les performances physiques, et le dopage ne fait pas 100% du résultat, sauvé
Tout à l'heure, profitant d'avoir pu confier à mon estomac goulu un sandwich au boursin gourmand et aux blancs de dindonneau, je me dirigeais vers la place Gengis Khan d'Oulan Bator, les mains ballantes, bientôt enserrant les effluves de fierté du peuple mongol, y célébrant depuis l'avant-veille avec une immense allégresse la gloire éternelle de Maral-Erdene Batmunkh.
J'avais sorti mes Dr. Martens pointure 47 pour l'occasion, tenant moi aussi à célébrer en grandes pompes comme il se doit selon les us et costumes locaux.
Immobile au milieu de la place, l'affreux mausolée de Saalhbaatar retenait mes pas, je dus alors l'esquiver par la gauche manquant de trébucher, il resta par ailleurs de marbre face à mes invectives.
On pouvait y lire sur le frontispice :
"ARGHALABASOU ARSALAN BUKE DJI TOTAGHAKHOU"
("Si ruse tu emploies, force du lion tu atteindras").
Soudain, frappé par un éclair de clairvoyance, je saisis qu'Alberto Bettiol avait précédé mes pas quelques mois plus tôt.
Le
Goupil de Ponggibonsi s'était forcément rendu, lui aussi, ici-même, place Gengis Khan, devant ce mausolée, Guida di Rutardo en main, pour y lire ce message porteur d'espérance.
Ruminant cette ode à la malice, Bettiol avait alors échafaudé pendant de longs mois un stratagème qui allait le propulser sur la plus haute marche du podium à Audenarde. Un coup ingénieux qu'il savait infaillible, que personne allait voir venir et qui allait faire date dans l'histoire de la malice après Jésus Criss.
Son plan : attendre que ses adversaires se fatiguent et leur porter l'estocade lors du dernier passage sur le Vieux Quaremont.
Astucieux. Très astucieux.