Dans la même interview, Domen Novak a l'air de confirmer les doutes : Jan Christen ne semble pas des plus matures (il aurait pu parler d'un Pericas, d'unTorres plus jeunes encore ou d'un Giaimi, Morgado du même âge) :
Oui, il m'arrive de plaisanter en disant que j'ai un autre enfant dans l'équipe, surtout quand Jan (Christen, ndlr) est là et qu'il faut s'occuper un peu de lui.
Ca me fait repenser à une décla d'Adrien Thomasson sur Elye Wahi.
Novak dit quand même quelque chose de réfléchi sur ces nouveaux crackitos de la GenZ : "tous ces jeunes qui arrivent sont déjà très performants. Ils ont tous passé un mois en stage d'altitude et n'ont pas été chez eux depuis longtemps. C'est très professionnel, ce qui est formidable d'un côté, mais de l'autre, je m'inquiète de la durée de cette adaptation mentale. Je pense que ces jeunes sont déjà tellement stressés à 19 ou 20 ans que je ne sais pas s'ils seront capables de courir jusqu'à 30 ans."
On ne peut pas le contredire, je me rappelle que, jusqu'à la fin des années 90 voire 2008 allez, pour moi, les stages en altitude en cyclisme étaient rares et ne se faisaient que dans le cadre de la préparation de l'objectif de la saison (Rominger et Vail, Indurain et Colorado Springs comme Longo ou Armstrong sur le Mont Huygens)
Quand un coureur allait en altitude, tu savais que c'était du très sérieux et il y avait toujours une part de mystère derrière ces stages car on ne savait pas trop quoi ils cachaient (le coin perdu pour éviter les contrôles avant une grande compet) surtout qu'il a fallu attendre longtemps pour voir naître les premiers protocoles (les Italiens allaient faire des camps à 4000 m pendant plus d'un mois sur le Popocatepetl et redescendaient quelques fois faire des intensités à 2500 m plus proche de Mexico (!), le LHTH à 2000 m plus tard, puis le LHTL, LLTH ou la spéciale Pinot LLTL qui y allait juste pour rouler avec les copains

...). La science de l'entraînement continue toujours de tâtonner, mais on a à présent un certain recul sur les erreurs à éviter. Il est bon de rappeler aussi que si les améliorations des protocoles se sont longtemps heurtées aux problèmes logistiques : difficile de trouver l'endroit idéal où on peut rouler à altitude modérée en journée et dormir la nuit beaucoup plus haut sans multiplier les trajets. On ne peut pas nier que l'approche de Ferrari et ses camps à Tenerife au début des années 2000 ont posé les conditions nécessaires pour une amélioration des protocoles.
Aller en altitude en pré-saison, ça se voyait plutôt en athlé avec Lasse Viren et Juha Väätäinen qui avaient lancé la tendance dans les années 70 puis les Européens ont voulu imiter les Africains avec des camps à Ifrane ou à Eldoret.
Un Dumoulin a lâché l'affaire quand il a compris que même pour être performant en début de saison, il lui fallait passer par la case altitude.
Un Jorgenson a longtemps dû se financer des stages en pré-saison que n'organisait pas la Movistar pour pouvoir commencer à tenir tête aux cadors (et je ne parle pas de la Cofidis, je crois que chez eux, c'est encore seulement 10 jours par an en juin avant le TdF

), pareil pour Bardet qui s'est longtemps retrouvé seul ou en compagnie de Valverde pour rouler en Sierra Nevada.
Alors voir un jeune crack de 19 ans cumuler déjà plusieurs semaines de stage en altitude au 1er février, ce n'est pas vraiment commun (même s'il existe toujours un flou autour du temps qu'il y a vraiment passé).
Pogacar ne rechignait pas à sa tartine de Nutella avant d'aller rouler chez les jeunes, ce n'est pas forcément une légende : "
Il y a des années, nous participions à une course à Tarragone, en Espagne. Il y avait deux ou trois cols à franchir pour atteindre le sommet et il faisait une chaleur étouffante. Il faisait déjà 40 degrés le matin, si bien que personne n'avait envie de manger. Tadej a posé une assiette de crêpes au Nutella devant nous. Il est différent des autres " Décla de Primozic.
J'ai retrouvé à quelle période ça correspondait : juin 2018 Jeux Méditerranéens à Seca-Seca, deux mois avant le Tour de l'Avenir au même âge que Seixas actuellement. Pogacar 15e seulement de la course dix jours après sa 4e place sur le Tour de Slovénie.