La semaine passée, je me suis offert une petite excursion dans le massif central (une première pour moi). Principal objectif : Le Puy de Dôme !
Vous le savez peut-être, mais cette ascension, cadre de scènes légendaires du Tour de France, est strictement interdite aux cyclistes depuis la mise en service du train à crémaillère qui longue la route sur les 4 derniers kilomètres. Heureusement, le département, dans son infinie bonté, offre une matinée par an (en vrai, 2 heures, de 7h30 à 9h30, faut pas non plus exagérer) aux amateurs de vélo qui, moyennant inscription (payante, bien évidemment), auront peut-être la chance de faire partie des 400 privilégiés sélectionnés pour gravir à la queue leu leu le célèbre volcan. Ouah, trop génial !
L’autre option consiste à se lever tôt, ou se coucher tard, c’est selon, pour effectuer l’aller-retour avant que les employés du site ne commencent leur journée (vers 7h, je crois). C’est totalement illégal, mais payer des sentinelles pour stopper un ou deux courageux n’est guère rentable.
Rebel dans l'âme, c'est bien-sûr cette seconde option que j'ai choisi.
5h tapantes. Départ de mon hôtel de Clermont-Ferrand, de nuit donc. L’ascension débute rapidement, en ville, pour ainsi dire, sur une départementale, mais heureusement à cette heure-ci la circulation est des plus clairsemée. J’ai déjà gravi des cols de nuits, mais sur cette large route, avec la ville de Clermont en arrière-plan, ça a quelque chose de surréaliste. Après 5 premiers km aux alentours de 7,5%, j’atteins le village d’Orcines tandis que le jour se lève rapidement. 5 km supplémentaire, en faux-plat cette fois, et me voilà au pied du légendaire monstre interdit.
Il est presque 6h. Comme attendu, je fais bientôt face à une impitoyable barrière qui me bloque la route. Je la franchis sans demander mon reste et m’attaque aux fameux 4 derniers kilomètres (à près de 12% de moyenne, tout de même). Outre la pente, la difficulté provient de l’absence totale de lacet. La route est rectiligne, la pente régulière mais sans répit. Je sers la droite, on ne sait jamais, tutoyant la voie de chemin de fer.
6h15. Le plus dur est fait. Soudain, j’assiste au levé du soleil, spectacle toujours aussi magique.
Le final est assez singulier : la route suis la pente du volcan et se met donc à tourner en colimaçon en approchant du sommet, ce qui est assez déconcertant (le soleil levant est devant, puis à gauche, bientôt derrière…). Enfin, une dernière rampe et ça y est, j'y suis !
Il est 6h30. Je pose mon VTT. Il y a deux employés de resto qui discute nonchalamment, un ou deux randonneurs matinaux par ci par là. Mais le site est large, et je me sens privilégié d’avoir une petite demi-heure pour le découvrir à l’abri de la foule. Outre la très visible antenne de communication, le lieu abrite les ruines d’un temple romain dédié à Mercure et en cours de restauration. Mais mon regard s’attarde surtout sur la chaîne des Puys, cet ensemble d’environ 80 volcans, dont le Puy de Dôme, largement le plus haut de tous, et qui m’offre donc une vue saisissante.
Il est presque 7h. J’enfourche mon vélo, descends prudemment et me retrouve très vite vers la barrière que je franchis à nouveau. Ni vu, ni connu. Ca mérite bien une dernière photo.
Puis direction l'hôtel, je le rejoins vers les 7h30. Encore toute une journée qui s'offre à moi !
(mais ça, je vous en parlerai dans un prochain message, un jour prochain).