Assez d'accord avec ce message concernant Van Aert. J'adore le coureur mais son étape d'hier me fait douter.fred30 a écrit : 22 juil. 2022, 14:04 Wow, je viens de lire tous vos posts depuis deux jours. Autant dire que j’y suis depuis deux heures !![]()
Je disais hier que j’écrirais peut-être quelque chose ici. Hier soir je ne pouvais pas. Comme le dit puncheur fou, il faut prendre un peu de recul.![]()
Si je n’interviens jamais ici, c’est parce que ça me pèse souvent de parler dopage. Ou plutôt, de sentir les conflits sur ce sujet. D’avoir à supporter les accusations bancales autant que la naïveté excessive. J’essaie souvent d’être dans un juste milieu et lire ce topic n’est pas le meilleur moyen d’atteindre cet objectif. Du moins, c’est ce que je pense.
Malgré tout, après l’étape d’hier, je voulais partager ma tristesse.
Wout Van Aert est un coureur que j’adore, dont je dis souvent qu’il fait partie de ceux qui font du bien au vélo, aux côtés de Van der Poel, Roglic, Evenepoel, Alaphilippe, Pogacar. En gros, ceux qui en plus d’être bons ne sont pas fades, et surtout, qui osent attaquer. Car c’est bien là ce qui nous fait vibrer. Il en faut pour tous les goûts certes, mais on vibre plus devant un Alaphilippe à Louvain 2021 que devant un Valverde dans la côte d’Ans pendant de trop longues années.![]()
Force est de constater que malgré mon admiration pour le bonhomme, ce qu’a fait Van Aert m’interpelle, pour dire le moins.Cela m’inquiète, aussi. Pour être encore plus précis, ce qu’il a fait hier est déjà difficile à imaginer en roulant à l’eau claire, mais c’est carrément impossible de le faire après presque 3 semaines de course où il est à l’avant chaque jour. Et pas en deuxième rideau en tête de peloton pour éviter les chutes ! Non, non ! On parle de sprints en milieu d’étapes, d’attaques monumentales en débuts d’étapes, d’échappées au long cours et parfois solitaires, et tout ça … sans faiblir.
Petite digression ici : j’ai lu des commentaires sur M.Bjerg, que je ne connais que très peu. Mais ça me paraît un peu plus logique voire rassurant, de voir un type tout mettre sur la route un jour et faire tapis, en espérant que ça passe pour son leader en sachant que le lendemain il disparaît, que de voir un gars, aussi talentueux soit-il, faire le rouleau compresseur pendant des centaines de bornes plusieurs jours d'affilée.
Je passe sur sa polyvalence, dont je crois avec romantisme et naïveté peut-être, qu’elle peut exister. Mais ce qui me gêne bel et bien, c’est l’intensité avec laquelle il roule depuis le Danemark, sans prendre un seul jour off. En 2020 dans un Tour automnal et inhabituel, il nous avait déjà épatés, roulant dans le final de certaines étapes montagneuses et impressionnant par son efficacité. Mais il prenait alors certains jour off, à faire gruppetto ou du moins relâche dans les 50 derniers kilomètres. Cette année, c’est stratosphérique.
Je crois que c’est Doli qui appelait de ses vœux un récapitulatif de ce qu’avait fait Van Aert dans ce Tour. Je m’y suis collé.
Avec un petit code couleur pour nous aider, hein.
Ca donne :
- 2ème du chrono au Danemark
- 2ème des deux étapes suivantes.
- Vainqueur à Calais, avec le brio que l’on sait.
- 16ème à Arenberg. Ce jour-là si ma mémoire est bonne, échappée, échappée reprise, retourne au charbon pour aider Vingegaard et ramener tout un groupe à quelques longueurs d’un Pogacar déchaîné.
- 103ème de l’étape de Longwy. Ah, enfin il faiblit ! Mais pas du tout en fait ! Ce jour-là échappée toute la journée, à 3 je crois ? Puis tout seul. On se dit qu’il va baisser pavillon et se contenter d’aider Roglic et le vampire dans les plaines.
- 100ème à la Planche des belles filles
- Vainqueur à Lausanne. Sur un terrain à sa convenance. Facile.
- 51ème à Chatel.
- 65ème à Megève
- 25ème au Granon. A l'avant toute la journée, finit d'essorer Pogacar avant l'estocade de Vingegaard. Déjà.
- 47ème à l’Alpe d’Huez
- 7ème à Saint-Etienne, vainqueur du sprint du peloton.
- 48ème à Mende. Travail énorme sur les routes de moyenne montagne.
- 2ème à Carcassonne.
- 13ème à Foix. Echappée au long cours. Récupéré par le groupe favoris, qu’il emmène sur tout le final. Après le mur de Péguère rappelons-le.
- 50ème à Peyragudes.
- 3ème à Hautacam.
6 TOP 3 dont 2 victoires. + une 7ème place. Et à l'heure où j'écris, ce n'est pas un gros risque que de dire qu'il sera au pire top 3 dans chacune des 3 étapes qui ne connaissent pas encore leur vainqueur.
Une attaque de bœuf de flandrien au cap Blanc-Nez, ou Gris-Nez ? De toute façon, il nous en fait voir de toutes les couleurs … une échappée au long cours sur l’étape de Longwy. Des échappées que je ne sais pas compter dans les étapes de «transition». La poignée au fond sur 50 bornes au départ des étapes. Des grimpeurs écoeurés par lui dans le col de Spandelles et sur Hautacam … Des sprints de haut vol aux arrivées. Des sprints rapidement inutiles en milieu d’étape pour le maillot vert.
Ah oui, et au fait … il est 3ème au classement du maillot à pois.
Je le répète. J’adore ce type. Je le trouve offensif, classieux à souhait sur son vélo, toujours gainé. Elégant sur le vélo comme avec le public. Charismatique, tout ce qu’on veut.
Il peut jouer la victoire sur environ chaque course sur laquelle il s’aligne.
Il fait parfois des conneries sur les classiques et ça le rend aussi perfectible et sympathique. Mais cette intensité maximale sur 3 semaines, sur des terrains aussi variés, avec une course qui est toujours à bloc, me paraît humainement impossible.
Et ça m’attriste d’autant plus que je l’aime bien. Beaucoup, même.
C’est plus difficile pour moi de lui en vouloir car je l’aime bien. Plus difficile que lorsque je déversais mon fiel sur Froome qui ridiculisait Contador sur le Ventoux, ou Armstrong qui faisait passer Ullrich pour un cadet.
Ca me fait chier, vraiment, car je crois que depuis que je suis le vélo, je vis la plus belle période de suiveur. J'avais été écoeuré et par les résultats et par la manière de courir des pros entre 2005 et 2010 en gros. J'ai un peu décroché à ce moment-là, usé par Armstrong et achevé par Landis et Ricco. Après j'ai recommencé à suivre le vélo surtout pour les classiques. J'ai détesté Froome et la Sky. Et depuis l'avènement d'Alaf, l'arrivée des crosseux Van Aert et VDP, Bernal le beau coureur offensif et qui apparaît somme toute assez humain, Pogacar, Roglic ... on a de belles courses, pas stéréotypées, avec des rebondissements et qui nous rappellent ce qu'est le vrai vélo. Dans les 5 dernières années j'ai plus vibré que dans toutes les années réunies de la période 1994 - 2017.
Evidemment tout ceci ne repose sur rien. Juste une impression visuelle et une petite expérience d’observateur du cyclisme professionnel. Le juste milieu dont je parlais en début de message.
Là, après l'étape d'hier, j'ai vraiment (du) mal.
Et je n'ai pas parlé de Vingegaard et Pogacar, de l'impression visuelle qu'ils laissent. Peut-être plus tard...
Je suis déjà rincé.![]()
Sur Bjerg, le voir exploser hier est rassurant quant à son éventuel dopage.
Une fois de plus l'avenir nous dira ce qu'il en est.
Par contre, l'affaire Lopez m'inquiète car, si c'est avéré, elle va faire du mal au cyclisme

