albo a écrit : 01 mai 2019, 10:27
wallers a écrit : 01 mai 2019, 02:22
Les abus, mais aussi les tendances
culturelles ...
Pendant ma
brève mais grande carrière cycliste commencée en cadet et qui m'a amené jusqu'en 4ème catégorie (ça date un peu et, à l'époque, le dopage existait bien sûr mais n'était pas un sujet de discussion aussi majeur qu'aujourd'hui), tous les samedis je prenais une ampoule de vitamine B12. C'était un rite, comme les pâtes le jour de la course.
Je ne sais plus trop pourquoi je prenais ça (ça devait être les consignes de mon père) mais, à la fin, je me souviens que ça me gênait vraiment d'avoir devant moi cette boîte pleine d'ampoules.
J'avoue aussi qu'alors que j'étais étudiant et que, pendant la semaine, j'avais tendance à faire la foire plutôt que de m'entraîner, il m'est arrivé une fois (voire peut-être deux) de prendre un gurosan le dimanche matin avant la course. Là, j'ai vraiment senti qu'il y avait une pente descendante dont il fallait se méfier.
Si ça peut te rassurer, j'ai du mal à voir en quoi une ampoule d'hydroxycobalamine (le petit nom de la B12) dont l'absorption digestive se fait sur plusieurs heures et dont les effets biologiques se ressentent en plusieurs jours
si tu es carencé a pu améliorer tes performances sur une course de vélo courue juste après l'ingestion.
De plus c'est une vitamine naturelle indispensable à la synthèse des globules rouges certes mais qui n'augmente pas cette synthèse (contrairement à l'EPO par exemple)
Quand au Guronsan en lendemain de cuite, c'est ni plus ni moins que trois ou quatre cafés (ma dose quotidienne matinale) avec 200 mg de vitamine C si mes souvenirs sont bons, pas de quoi fouetter un chat.
Je comprends que la démarche puisse poser question, mais bon si on peut plus se masser le mollet quand on a mal ou prendre un doliprane parce qu'on s'est cogné le tibia sur la pédale ça commence à faire beaucoup.
En fait, la conduite dopante commence lorsque tu prends une substance chimique dans le seul but d'améliorer ta performance. En gros, tu n'aurais pas pris ce médicament hors cadre sportif. Si tu te cognes le tibia sur la pédale et que tu prends du paracétamol, c'est limite. L'éthique voudrait que si tu as besoin de paracétamol pour monter sur ton vélo, il serait préférable de se reposer. Cela dit, si la douleur est vive, tu vas peut être prendre du paracétamol et rester dans ton canapé à suivre une course. A ce moment là, l'usage n'est pas vraiment assimilable à une conduite dopante.
En revanche, si tu prends du paracétamol avant une course ou durant une course pour atténuer la douleur liée à la pratique, c'est clairement une conduite dopante. Sur la plan légal, ce n'est pas du dopage puisque cette substance n'est pas interdite.
On note souvent que le recours au dopage est souvent précédé par des conduites dopantes.
Pour le reste, l'optimisation de l'alimentation, la prise de complèments alimentaires, ce n'est pas du dopage. Le sport de haut niveau, c'est aussi l'optimisation de son potentiel sur tous les plans et pas uniquement via l'entrainement.
Bien entendu, on place son éthique où on veut. A titre d'exemple, certains peuvent refuser l'utilisation de chambre hypoxique pour des raisons purement éthiques. Ce sont des choix personnels. Pour le reste, le dopage commence là où le cadre juridique le fixe.
Les règles sont les mêmes pour tous, on peut décider d'en rajouter selon son éthique. Il suffit juste d'accepter le fait que nos valeurs passent avant nos performances sportives.