MVDP, j'ai cette impression que c'est le seul coureur a avoir un nombre de "cartouches" quasi illimité, jamais fatigué.
Il est capable d'attaquer à 70 km, puis à 30 km, puis à 10 km de l'arrivée et pour finir, régler le sprint si jamais il y a besoin.
En fait, il est tellement fort qu'il n'a pas besoin d'optimiser sa manière de courir, pour être dans le coup.
D'ailleurs, j'ai bien aimé l'interview de son père qui disait qu'il n'aurait jamais gagné une seule course de sa carrière avec la manière de courir de son fils.
Vous lui donnez quelques conseils tout de même ?
Non, pas vraiment. Je suis d'abord son père, je ne veux pas le déranger. Je ne parle jamais à Mathieu de ma carrière, je ne sais pas ce que ça pourrait lui apporter. Un jour, j'avais essayé de lui donner un petit conseil, avant le Championnat du monde de cyclo-cross à Zolder (en 2016). Il avait un peu mal au genou avant la course, je lui avais dit de rester toute la journée dans la roue de Wout Van Aert. Avec sa vitesse ensuite, il aurait pu le passer avant la ligne. Il m'a seulement répondu : “T'inquiète pas pour moi, je ferai à ma manière”. Il a fini 5e alors que je reste persuadé qu'il aurait dû gagner ce jour-là. Mais il avait décidé autrement.
Vous ne lui avez même pas parlé de votre victoire sur le Ronde ?
Je ne crois pas qu'il ait besoin de moi pour savoir ce qu'est cette course. Évidemment, j'aimerais lui parler des cinq ou six endroits qui me semblent importants mais, pour lui, il doit s'agir de monts comme les autres. Ça ne sert à rien d'essayer de lui mettre la pression, il ne m'écouterait même pas. Mais je sais bien quand même qu'il a étudié le parcours.
En quoi vous ressemble-t-il ?
Comme coureur, en rien ! D'ailleurs, si j'avais couru comme lui, jamais je n'aurais gagné une seule course de ma carrière. Je devais plus calculer pour réussir, et jamais je n'aurais pris le risque d'attaquer à 70 kilomètres de l'arrivée. Ses qualités sont largement supérieures aux miennes. On ne peut pas être jaloux de son fils, seulement être très fier. C'est ce que je suis aujourd'hui quand je le vois courir.
En tous cas, lui, Bernal et Evenepoel, on va les voir en haut des classements pendant les 10 prochaines années .