L'Europe à vélo !

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Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !

Dimanche 9 juillet : Etape 47 : Une gueule de bois monumentale !
San Remo (Italie) – Fréjus (France) 123kms, D+2075m, difficulté 3/5
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Un capo pour passer la frontière km20 puis la montée du Col d'Eze et enfin je finis la journée par une route vallonnée allant vers Fréjus.
Village-départ : San Remo
San Remo est une ville côtière de la province d'Impéria, en Ligurie. Elle compte plus de 50 000 habitants. Elle se trouve à 150kms de Gênes, et à seulement 30kms de la frontière française.

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La ville est célèbre pour ses concours de chars fleuris, si bien qu'elle est nommée la Cité des fleurs. Ici, le char fleuri Vola Colomba

Quand j'y suis arrivé, j'ai aussitôt fait le parrallèle avec Saint-Tropez : beaucoup de villas somptueuse, la côte d'Azur, les casinos, le luxe autour de moi, je faisais un peu tâche :elephant:

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Le casino de San Remo, il y a seulement quatre villes avec un casino en Italie !

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Le port longé par la Via Roma, et la côte ligure à San Remo :love:

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Mais aussi près de la frontière, la région est vallonnée ! Il y a le Mont Bignone qui domine San Remo à 1300m d'altitude. On peut y voir Saint-Tropez et même la Corse, au loin, par temps clair :ouch:

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L'église russe Cristo Salvatore, à San Remo :love:
La chanson du jour :


Je me réveille assez tard, dans un jardin qui n'est pas le mien. Je me lève et me rend compte des dégâts : les jambes sont lourdes, et je me sens comme un lendemain de soirée un peu trop arrosée. C'est dimanche matin. Je paie mon ivresse de la veille :evil: . Je ré-escalade le muret, passe le vélo de l'autre côté, et me rends compte que mes sensations sur le vélo ne sont pas bonnes. En fait, ma roue arrière est voilée :paf-mur: . Mais pas suffisamment pour gêner ma conduite, les pneus ne touchant pas les freins. Pas si grave que ça donc. Je me demande pourquoi ce voilage. Après y avoir réfléchi ces derniers mois, je pense que c'est dû à une mauvaise attache du vélo dans le parc à vélo. Où le passage du muret. Pour l'instant c'est sans conséquences :reflexion: . Par contre, j'ai maintenant trois vitesses en moins à l'arrière, ayant usé mon 24 dents et je ne peux plus forcer comme hier.

L'adrénaline est redescendue, je passe sur le plus petit plateau. Jusque là, je me moquais des sportifs qui disais "je vais être à 110%, ou à 200% ce soir". Comment peut-on dépasser 100%? Je commence à comprendre ce que cela signifie : se dépasser est possible quand on débranche le cerveau, mais on le paye les jours (je dirais même dans mon cas, les semaines suivantes)...

A peine descendu au niveau de la nationale qui me mènera en France, je fais un premier arrêt dans une boulangerie. Je me jure de ne pas regarder les résultats du TdF de la veille avant d'être arrivé en France, déçu par le peu d'intérêt de la Gazzetta pour LA course de l'année :colere: Mais je n'y résisterais pas, voyant un journal disponible à la table d'à côté. Calmejane s'est imposé en solitaire ! Hier restera une journée doublement mémorable donc :love: .

Comme si cela n'était pas suffisant, il fait gris, et il pleut par intermittence. Aujourd'hui je suis humble, je souhaite simplement passer la frontière, afin de revenir au pays :france: . C'est à 30kms, ça devrait être jouable ! Une averse arrive et je me réfugie, après quelques kilomètres, chez un primeur et en profite pour prendre un deuxième petit déjeuner. La journée va être longue je le sens !

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Vintimille, le dernier village avant la frontière :love:

Ce matin, je profite tout de même de la vue sur la mer dont je n'avais pas profité hier. Je vois de nombreux cyclistes, certains avec des maillots de villes des Alpes-Maritimes. Cela me fait plaisir, je rentre enfin au pays, 6 semaines après l'avoir quitté ! Suite à une erreur avec mon opérateur, je n'ai pas pu profiter des communications téléphoniques gratuites partout dans l'U.E. en vigueur depuis mi-juin, la faute à une option blocage non-levée :paf-mur: . Donc, je suis pressé de revenir à Menton, et téléphoner à mes proches, moi qui ne communiquait que par courriels ou via les réseaux sociaux, ce qui ne me dérangeait pas quand j'étais "à bloc" mais là, ma tête n'est plus au vélo aujourd'hui, j'ai besoin de soutien ...

Pourtant, je dois passer un dernier capo avant d'arriver en France. La pente est ardue, et comme j'étais déjà sur mon troisième plateau sur le plat, roulottant à 10-15km/h, il va falloir que je ruse :twisted: . Je grimpe en forçant avec les bras et les épaules, le coup de pédale est saccadé, je suis lassé de ces efforts qui n'étaient, jusqu'à hier, pas subis. Heureusement, la côte est brève, et je me retrouve à longer un petit bras de mer le long de la falaise, je vois de l'autre côté la bannière tricolore ! Me voilà enfin de retour :france:

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Moi qui n'avait pas trop le moral en reprenant le vélo, je le retrouve vite : le temps s'éclaircit, et je vois un panneau "Nationale 7" aujourd'hui c'est Paris-Nice :banana:

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Il est assez triste de voir que la N7 est dorénavant banalement nommée D6007 mais il subsiste encore quelques panneaux inchangés !

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La vue sur le littoral entre Menton et Monaco et le cap Martin :love:

Une fois arrivé, je peux profiter d'une longue pause dans le port de Roquebrune, mon téléphone est de nouveau opérationnel :hole: Je prend mon troisième petit déjeuner, et enfin rassasié, décide d'aller, comme prévu, faire le col d'Eze, motivé par le panneau N7 :cheval:

Je continue sur la nationale 7 et prend de la hauteur sur Monaco que je longe. Je vois des panneaux La Turbie, me suggérant d'y grimper pour y admirer la vue. Mais cela me semble un peu haut :saoul: Passé Monaco et le Cap d'Ail, je retrouve du trafic. La nationale se transforme en autoroute et me voilà perdu :reflexion: .

Des cyclistes m'indiquent la route pour Eze où j'arrive en fin de matinée, j'ai fait la moitié du col d'Eze. Je vais m'y restaurer, acheter des réserves pour cet après-midi car il n'est pas facile de se restaurer un dimanche après-midi. Hier, j'avais pris des dattes, et j'avais été séduit par leur haute densité énergétique: prenant peu de place et me permettant d'être autonome longtemps sur mon vélo. Je vais plus loin dans le raisonnement et prend un cake et un pain d'épice. J'ai rempli ma petite poche avec 1kg de provisions :glasses: . Nickel, je devrais tenir jusqu'à demain matin sans problème ! Je me pose à un café et commence à enquiller des diabolo-orgeat, pendant que les tables voisines enquillent les pastis :green: . Je prends de la lecture et découvre que l'équipe fait honneur à la victoire de Calmejane, en titrant "Plus fort que la douleur". J'avoue avoir fait le parallèle avec mon étape de la veille, bien que ce ne soit pas comparable :metalhead:

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Vue sur la grande corniche, à la fin de la montée du col d'Eze. Que j'ai monté comme d'habitude, dans le mauvais sens !

Je repars vers 13h pour finir de monter le col d'Eze, la fin du col est plus pentue mais je me sens capable de le faire. La vue est magnifique sur ma gauche avec la mer et Nice ... Je redescends à Nice, traverse la ville derrière un groupe de cycliste qui rentrait de l'entraînement pour rejoindre la promenade des anglais.

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La promenade des anglais, idéale pour les sportifs du dimanche. Ca tombe bien, nous sommes dimanche !

Une piste cyclable se trouve entre la route et la plage. Je roule très lentement aujourd'hui, tant mieux car il y a un flot incessant de piétons qui vont ou sortent de la plage, il faut être vigilant ! De plus, la piste cyclable est en fait limitée à 10km/h :boulet: et réservée aux balades en vélo pour les familles. Le vélo n'est pas prêt de concurrencer la voiture comme moyen de locomotion si on le considère seulement pour faire sa promenade hebdomadaire :spamafote:

Je vois des cyclistes rouler sur la 2*2 voie avec les voitures. Fais-je la même erreur qu'en Bulgarie? En partie : après la plage, il y a pleins de piétons partant vers l'aéroport. Danger si l'un d'entre eux fait un écart :w00t: . A mon tour de respecter la règle des 1m pour dépasser. Je vais de toute façon guère plus vite que les piétons, mais sans sonnette, je ne suis pas rassuré pour les imprudents.

Après l'aéroport, un VTT me dépassant m'interroge sur mon cuissard troué. Vous ne vous êtes pas fait mal, vous saignez? Non, ça, c'est une marque de bronzage :rieur: . J'ai bien bronzé depuis Makarska, en Croatie ! Je continue la route sur le bord de mer, puis atteint Antibes. Je connais un bar là-bas susceptible de passer le TdF. A roulotter comme ça, j'ai bien temporisé, j'arrive vers 14h :hole: .

En traversant le centre-ville, bien que roulant au pas et mettant souvent pied à terre, je subi les remontrances des piétons, des serveurs. Le cycliste n'est décidément pas le bienvenu ici (et pourtant je laisse la priorité à tout le monde!). Bref je roule tranquille, sans stress, avec un grand sourire mais suis un peu déçu par l'accueil, avec l'impression qu'en France le débat sur la sécurité à vélo stresse tous les usagers de la route inutilement :study: .

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La vieille-ville d'Antibes :love:

J'arrive au pub où je demande où poser mon vélo avant de consommer, car il n'y a pas de place dans cette rue. "Mettez-le au fond de la salle, il n'y a personne. Vous voulez regarder le TdF ? Pareil, ça se passe au fond de la salle" :agenou: . Je vais rester 5h sur place, posé devant mon vélo sous la télé. Je mange, bois à volonté, et profite du spectacle :popcorn:

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Aujourd'hui, ce sont les autres qui se font mal sur le vélo, pas moi :twisted:

Je repars très tard, continue sur la RN7. Heureusement pour moi, la plupart des voitures sont sur l'autoroute, et la RN7, en très bon état, est sous-utilisée. C'est parfait! Les commerces qui fleurissaient des deux côtés de la route sont maintenant de vieilles bâtisses closes, tout est mort dès que l'on sort des villes.

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Cannes à la tombée de la nuit

Je quitte le littoral après Mandelieu-la-Napoule, il commence à être tard car je n'ai pas roulé de l'après-midi. C'était la dernière fois que je voyais la mer sur mon vélo :hello: J'arrive dans le Var, terre de cyclistes et je me remets à grimper en direction de Fréjus. Comme à San Remo, impossible de trouver un abri pour dormir, tout autour de la route n'est que résidence grillagée ou forêt protégée. A chaque hameau, j'ai le droit comme accueil à une pancarte "voisins vigilants" :colere:

Finalement, je trouve un endroit propice au repos au fond du parking d'une auberge. Le sol est caillouteux, je vais plus loin dans les hautes herbes me planquer, enlever les gros cailloux avant que le soleil se couche puis étends ma tenue cycliste sur le branche d'un tronc coupé, il faut que je l'aère. Alors que je m'installe et mange mon pain d'épice en guise de dîner, je vois que l'herbe bouger au loin :suspect: . Est-ce un riverain venu faire ses remontrances ? Je suis un chouïa parano aujourd'hui :confused: . Je n'ai pas eu de soucis en Europe de l'Est, je ne vais quand même pas en avoir ici!

Je me relève et vois un sanglier qui s'approchait de moi, à une dizaine de mètres. :w00t: Je lui fait peur par ma simple présence, mais j'ai bien flippé. Je prend une grosse pierre et m'endors à côté. Ca serait certainement inefficace mais au moins, ça me rassure pour dormir :sleep:
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 01:45, modifié 3 fois.
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Re: L'Europe à vélo !

Ilnur majka a écrit : 09 nov. 2017, 19:29 belles épisodes surtout que j'ai essayé de bricoler mon piètre anglais qui s'avère pas mal garni
je suppose que tu en as pris plein les yeux en miroitant ta vision vers le Ligure?
Merci Ilnur mais mon anglais n'est pas très académique :green: Je n'ai pas vraiment profiter de la côte avec la fatigue, je me souviens surtout de ma pause à 14h après le Passo Turchino où j'étais à l'entrée d'une plage (j'ai pris une photo) et surtout le sommet de la Cipressa qui est magnifique :love: Il y avait trop de voitures pour regarder ailleurs que sur la route malheureusement :spamafote:
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Re: L'Europe à vélo !

Pourquoi avoir évité la Manie?
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Re: L'Europe à vélo !

Ilnur majka a écrit : 09 nov. 2017, 19:57 Pourquoi avoir évité la Manie?
J'ai fait le parcours des dernières années et je n'ai même pas pensé à le faire avant de partir. Par contre j'ai eu un soulagement en passant devant en me disant "c'est ça de moins à passer". Avec le manie, qui est quasiment aussi long que le Turchino, j'aurai été rallongé de 7kms et je ne sais pas si les jambes auraient supporté cet effort supplémentaire :reflexion:
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Re: L'Europe à vélo !

Lundi 10 juillet : Etape 48 : On dirait le suuuud !
Fréjus (83) – Sainte-Maime (04) 137kms, D+1389m, difficulté 1/5
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A partir de Draguignan, je monte progressivement dans l'arrière-pays varois mais les pourcentages ne sont pas difficiles
Village-départ : Fréjus (83)
Fréjus est une ville du Var, sitée à l’embouchure de l’Argens et du Reyran, au bord de la Méditérannée. Son nom vient du latin « Forum Julii » ou le marché de Jules (César). Elle fut fondée par les romains pour s’opposer à la toute-puissance de Massilia :elephant:

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Les calanques de Fréjus au bord de la méditerrannée

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Le massif de l'estérel, à l'est de Fréjus, que j'ai passé hier soir et où j'ai dormi :love:

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La place de la mairie, et la cathédrale Saint-Léonce

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Le pont du port de Fréjus

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Les restes du barrage de Malpasset (photo prise en 1988) sur le Reyran, qui s'est tragiquement effondré suite à une crue du lac, en 1959, faisant 423 victimes et des dégâts matériels considérables ...
La chanson du jour :


Il me reste que deux-trois jours pour arriver près de Béziers, chez mon père et j'ai pour objectif d'y arriver avant le weekend du 14 juillet, histoire de profiter un peu de la famille, j'ai encore le temps. Mais comme les sensations ne sont pas bonnes et que j'ai besoin d'un objectif pour me motiver, je décide de mettre le cap sur le Mont Ventoux :metalhead:

Je n'ai jamais été aussi léger (adulte) et j'ai envie de voir, comment je vais le grimper :hate: . Je n’en suis pas loin, et c'est plus ou moins sur ma route. Après avoir repéré la route hier, quand je me reposais devant le TdF, je décide de mettre le cap sur Sault. Mais je dois auparavant traverser le var réputé vallonné.

Je me lève près de ce tronc d’arbre, au fond d’un parking caillaisseux où j’ai bien dormi, car les températures sont restées correctes. Je vide mon garde-manger en mangeant un cake, me mets en tenue cycliste puis descends jusqu’à Fréjus. J’y prends un déjeuner, un café, je ne me presse pas. Je décide en suite de suivre un maximum la N7, puisque la route est désertée grâce à l’A8 . Mais pas pour longtemps : je la quitte au Muy, après avoir fait une deuxième pause et voilà parti pour grimper en direction de Draguignan :pompom:

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Vue de Draguignan avec en arrière-plan, la Provence verte :love:

Finie la mer, je me retrouve dans les routes vallonnées au cœur des forêts de conifères. Il y a beaucoup de cyclistes, mais je suis décidément trop lent pour les suivre :evil: . C'est un cadre parfait pour s’entraîner, et je comprend pourquoi de nombreux professionnels s'installent ici pour préparer leur saison. Il fait toujours aussi chaud, mais j'ai décidé, comme la veille de rouler doucement et de faire de longues pauses le midi, afin de reprendre des forces et de bien me réhydrater pour demain.

Je vais monter progressivement pendant une cinquantaine de kilomètres, c'est toujours ça de pris avant d'atteindre les 2000m du Ventoux :siffle: . A Fayosc, je m’arrête sur la place du village, à l’ombre des platanes, et continue de me réhydrater, c’est ma deuxième journée de récupération en vue du Ventoux. Comme j’ai quitté les grands axes, je demande au serveur de m’aider à décider quelle direction prendre, car il y a plusieurs routes possibles faisant une même distance, mais je souhaiterais grimper le moins possible :green: . J’avais noté de passer par Salernes et Fox pour rejoindre Montmeyan mais on me conseille de passer par Aups, où la forêt est magnifique :study: .

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Le verdon que je traverse à Vinon-sur-Verdon
Evidemment, je me perds, mais je trouve quand même une petite route dans la forêt du parc naturel du Verdon. Je ne suis pas dérangé et je peux continuer de récupérer tranquillement, tout en profitant des paysages :hole:. Nous sommes en fin d’après-midi maintenant, c’est de nouveau une petite journée mais j’aimerais me rapprocher à 50kms du Ventoux, pour tenter de le passer demain en fin de matinée :cheval: .

Je quitte en fin de journée le Verdon, et m'émerveille devant les paysages du Lubéron : la culture des plantes pour le parfum telles que la lavande rende le paysage coloré, ce qui me change du vert, du gris et du bleu monotone que j'avais autour de moi depuis trop longtemps. En plus, ça descend !

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Le Lubéron :love:

En traversant un cours d’eau à l’entrée de Manosque, j’ai une nouvelle frayeur, je me fais serrer contre le trottoir par une camionnette, alors que le feu est rouge plus loin :colere: Énervé je souhaiterais m’expliquer mais le conducteur m’ignore. En fait, je m’en veux surtout de ne pas m’être mis au milieu de la chaussée, ce que je fais pour me protéger d’habitude quand je vois un feu rouge devant moi :paf-mur: . Même si je n’ai pas beaucoup roulé, je fatigue vite et je m’arrête manger peu après. Me voilà à 50kms de Sault, 70kms du Ventoux, l’objectif du jour est presque atteint !

Je mange le soir à Manosque, puis roule le long de la Durance jusqu’à Volx. Au village suivant, à Sainte-Maime, je vois une sorte de gymnase, 200m au-delà de la route. Je vais dormir là, à l'entrée. Ici c'est parfait : je suis loin des moustiques qui m'attaquait le long de la Durance (je ne roulais pas assez vite pour les chasser :evil: ), il n'y a pas de sangliers non plus et j'ai à disposition un robinet pour m'hydrater à volonté, c'est d'ailleurs la première fois du voyage que j'aie ce luxe, hors camping et hôtels :banana: Demain, je m'attaque au géant de Provence :hate:
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 01:53, modifié 3 fois.
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Ilnur majka
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Re: L'Europe à vélo !

l’enchaînement de kilomètres qu'est la primavera est selon toi plus brutal durant la période estivale?
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Ilnur majka
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Re: L'Europe à vélo !

La région Niçoise est réputée comme l'une des plus sismiques en France
je me demande si une sensation particulière ne t'y est pas parvenue(des trucs comme des ultras sons)?
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Jean-Tito
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Re: L'Europe à vélo !

Non mais sérieux... le gars fait un périple de dingue et la veille de rentrer chez lui il se dit: tiens je vais passer par le Ventoux!! T’es proprement hallucinant :metalhead: :metalhead:
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Re: L'Europe à vélo !

C'est du bluff :rieur: . Il a dit que le col de Sormano eta it le point culminant de son périple et il est moins haut que le Ventoux :green:
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Re: L'Europe à vélo !

Ilnur majka a écrit : 10 nov. 2017, 19:04 l’enchaînement de kilomètres qu'est la primavera est selon toi plus brutal durant la période estivale?
Je pense que j'aurais été plus à l'aise de le faire au printemps ou en automne car il aurait fait plus frais et j'aurais eu moins de problèmes avec les voitures je pense. Par contre, j'aurais été obligé de partir de nuit, et j'aime pas ça :evil: Là c'était parfait d'avoir pu le faire quelques jours après le solstice, la journée était longue, ça m'a donné assez de temps pour le faire :jap:
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Re: L'Europe à vélo !

Jean-Tito a écrit : 10 nov. 2017, 19:20 Non mais sérieux... le gars fait un périple de dingue et la veille de rentrer chez lui il se dit: tiens je vais passer par le Ventoux!! T’es proprement hallucinant :metalhead: :metalhead:
Fuenté d'Éze a écrit : 10 nov. 2017, 19:23 C'est du bluff :rieur: . Il a dit que le col de Sormano etait le point culminant de son périple et il est moins haut que le Ventoux :green:
C'est ce que je me suis dit quand j'ai monté le Colma di Sormano :green: :popcorn:

MSR m'a clairement surmotivé : le passage du Turchino et de la Cipressa sans trop subir la pente ; et le fait d'avoir perdu plus de 10kilos m'a motivé à tenter. Je me suis dis, et si j'étais devenu grimpeur ? :metalhead:

En plus, j'ai vu sur le forum des récits de forumeurs qui avaient fait les 3 montées dans la journée :w00t: Sault étant le côté le plus facile, une sorte de Turchino allongé, avec des pentes à 5% jusqu'au chalet Reynard, allons voir ça :cheval:

Le truc de dingue aurait été de faire le tour à l'envers : d'abord le ventoux, en faisant 78kilos, puis MSR à l'envers sans avoir le foncier nécessaire, les Balkans sans avoir l'habitude du traffic, le vent de face de la mer noire jusqu'en Belgique et je termine par Roubaix avec un vélo déjà usé, et seulement 65kilos tout mouillé :ambulance:
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 nov. 2017, 21:25, modifié 1 fois.
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Re: L'Europe à vélo !

Parce que tu ne remontes pas à Roubaix après tout ça?? :tonton: :elephant:
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Re: L'Europe à vélo !

Jean-Tito a écrit : 10 nov. 2017, 21:21 Parce que tu ne remontes pas à Roubaix après tout ça?? :tonton: :elephant:
Non mais il va falloir remonter en Normandie après les vacances pour "boucler la boucle" :tonton:
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Re: L'Europe à vélo !

Hâte de te voir face au Ventoux ! T'es un vrai héros !
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Re: L'Europe à vélo !

Mardi 11 Juillet : Etape 49 : Le géant de Provence !
Sainte-Maime (04) – Rodilhan (30) 202kms, D+2409m, difficulté 5/5
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La dernière étape 5 étoiles du voyage, avec la montée du Ventoux par Sault. C'est le versant le plus facile, avec 10kms à 5% puis après le chalet Reynard, 5 terribles kms à 10% :stereoking:
Village-départ : Saint-Maime (05):
Saint-Maime est une commune de Haute-Provence, située à une dizaine de kilomètres de Manosque dans le Lubéron. Elle a 800habitants et se situe dans le parc naturel régional du Lubéron. Les spécialités du villages sont l'huile d'olive et le fromage de chèvre de Banon.

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Vue panoramique du village

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La chapelle Sainte-Agathe et le donjon, vue que j'avais au moment de m'endormir

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Vue du Lubéron, au sud du Mont-Ventoux

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Banon, à 25kms de Saint Maime :love:
Chanson du jour :


Me voilà parti pour le Mont-Ventoux. La veille, je me suis arrêté à 50 bornes du pied, histoire d'avoir un petit échauffement avant d'attaquer le monstre :green: . Je compte donc me promener dans le Lubéron jusqu'à Sault. Mais n'étant pas en grande forme, je n'y arrive que vers 11h30, alors que le vent est favorable. L'état de mon vélo est préoccupant (la cassette est morte, la chaîne saute sur de nombreuses vitesses, la roue arrière est voilée ...) mais je n'ai pas envie de m'arrêter si près du but. Je fais sagement une pause à Sault, mangeant un sandwich et remplissant les gourdes avant la longue montée. Sault se trouve à 26kms du Mont-Ventoux à environ 900m d'altitude. Le sommet est à 1900m donc la montée sera très longue mais plus roulante par ce versant, ce qui devrait mieux me convenir :study: .

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Les premiers kms à 5% de moyenne, et de nombreux cyclistes en point de mire pour gérer son effort :duel:

Je pars donc pour grimper à partir de Sault, je vois rapidement une pancarte annonçant le début de l'ascension. Je suis sur le plateau du milieu, et je compte mettre le plus petit plateau quand la pente s'élèvera (le 39). Pourtant, la pente n'est pas trop importante, le bitume est de qualité. Je suis en position CLM, je tente de garder un max d'énergie, et de ne pas faire d'efforts ou de mouvements superflus :niark: . Je monte la bosse, un peu comme j'ai grimpé la Cipressa ou le col d'Eze précédemment. Pourtant, je n'avais pas de force sur le plat, et avant la pancarte, j'étais plus qu'inquiet... C'est vraiment ma tête qui décide de ce que je veux faire, et quand je suis motivé, je peux me dépasser sans crainte, la confiance accumulée ces derniers jours aidant :w00t: . Je ne vais pas bien vite, mais j'ai en point de mire un cycliste qui va légèrement plus vite que moi. J'essaie de maintenir l'écart. Lui bouge dans tous les sens, j'espère le passer quand la pente sera plus raide, car je me sens plus à l'aise que lui, et j'ai mis plus de braquet aussi :duel: . L'ascension, entourée par une forêt de pinèdes peu dense, me permet d'avoir un peu d'ombre, je ne souffre pas de la chaleur. Il fait même plutôt frais. Les dieux du cyclisme sont avec moi aujourd'hui: même mon vélo et moi-même sommes mal en point, je grimpe du 5% avec vent de dos et un peu d'ombre. Bref, j'ai l'impression d'être sur un faux-plat :hole: .

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A chaque kilomètre, la borne indique l'altitude (contrairement à la borne de l'exemple je n'ai pas les pourcentages). Connaissant l'altitude du sommet et la longueur du col, je m'occupe en calculant, histoire de faire passer les kms :study: . Je me rend compte qu'à faire du 5% ainsi, je vais finir sur du 8% ... non du 9% ... aïe, ça va piquer, il reste 5km, et encore 500m de dénivellée :stereoking:

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Le Chalet-Reynard, où se retrouvent les routes partant de Sault et de Bédoin (qui eux ont eu des pentes à 10% pour y arriver :w00t: )

J'arrive au Chalet-Reynard, et fait une pause. Je n'ai pas envie de faire de l'hypoglycémie et je rempli mes gourdes. Là, c'est du 10% sur 5kms qui m'attend. Dans ma tête, c'est un sprint. Je vois un gars, vêtu du célèbre maillot Magicrème, casquette à l'ancienne, s'élancer pour la montée. Je suis en train de remplir mes gourdes. Je repars en gueulant "Ghislain, attends-moi" :green: Mais il est trop loin, je ne pourrais pas l'escorter comme dans le film :rieur:

Je reste sur mon plateau du milieu, fait les premiers 500m en force, et assis. Je prends la confiance :metalhead: . Après un kilomètre moins raide je tourne vers la droite et j'ai une vision de fin du monde devant moi : il n'y a rien à partir des cailloux blancs, je vois des cyclistes faire des zigs-zags, d'autre plutôt à l'aise, d'autre marchant, s'arrêtant .... C'est la guerre ici :cheval:

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Les paysages lunaires des derniers kilomètres :sweat:

Je me mets en danseuse, façon Huy. Je suis euphorique. Je fais deux bornes comme ça, à tenir ce braquet. Puis d'un coup, plus de jus. Je me mets sur le plus petit plateau. Le vent est favorable certes, mais je n'ai pas respecté le Ventoux sur ce coup-là :evil: . Je fais un kilomètre quasiment à l'arrêt, je reprend petit à petit mes esprits. Puis j'arrive au niveau de la stèle rendant hommage à Tom Simpson.

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Une nouvelle fois, comme pour la Madonna del Ghisallo, je suis particulièrement sensible à son histoire, qui fait partie de l'histoire du cyclisme et des cyclistes, moi qui ait également voulu dépasser mes limites pour réaliser mon rêve quelques jours plutôt. Je fais une minute de silence. Ça me calme. Nous sommes, à quelques jours près, 40ans après sa mort et de nombreux cyclistes britanniques sont venus gravir le Ventoux en sa mémoire.

J'ai eu l'impression d'être allé au bout-du-bout pendant mon voyage, mais je ne peux pas imaginer jusqu'à quel état Tom Simpson est allé pour passer du mauvais côté :mouchoir: Bref, je suis reposé et calmé, et repart en toute humilité jusqu'au sommet, petit plateau. J'encourage toutes les personnes que je dépasse ou qui me dépassent. Ils ont dû me prendre pour un fou de faire ça sur du 10%, mais j'avais envie de profiter, de partager. J'avance à peine plus vite que ceux qui marchent, mais je tiens à ne pas faire de zigzags :green: . Je me sens tellement léger. Serais-je devenu grimpeur ? :hole:

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Arrivé au sommet, je prend la traditionnelle photo souvenir :hole: . Comme vous pouvez le voir, je ne me suis plus rasé depuis la Roumanie, le cuissard est troué à ma gauche à cause d'un tunnel croate, le bas du cuissard flotte suite à ma perte de poids, j'ai ramené des souvenirs avec moi :green: . Je ne me suis pas chronométré mais j'ai mis environ 2h pour monter, en comptant une grosse pause bénéfique au Chalet-Reynard, le tout avec vent de dos :jap: .

Je discute avec quelques cyclistes. J'ai pu voir notamment deux belges en monocycle arriver au sommet :pt1cable: ! D'autres, à 14h, avaient accompli les trois ascensions en moins de 9h :w00t:. Mais mon périple n'est pas terminé : je repars, pour m'avancer le plus loin possible et arriver près de Béziers demain soir :pompom: .

Sur mon bloc-note, j'avais écrit qu'il fallait descendre à Bédoin (au sud-ouest) mais comme je n'aime pas faire demi-tour, et que je me suis déjà arrêté au mémorial, je repars découvrir le versant de Malaucène. La descente se fait sur une route large, les virages ne sont pas trop techniques. Heureusement car je ne suis pas très rassuré avec mon vélo ...

La pente est particulièrement raide de ce côté-là, mais mon sac me freine bien de toute façon, je descend les mains sur les cocottes, façon Reichenbach :paf-mur: . Arrivé en bas, à Malaucène, je vois que les locations de vélo sont un commerce florissant : dans la seule rue principale, j'en ai compté 5! Je m'arrête dans un café, regarde la fin de l'étape du TdF puis prend la direction de Bédoin et de Carpentras.

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Le Ventoux, vu de Bédoin :love:
Après Carpentras, je prend la direction d'Avignon, sur la D942. Mais me voilà sur une 4 voies. Les vélos sont admis, d'après Google Maps :reflexion: . Après 1km à rouler tranquille sur la bande d'arrêt d'urgence, je vois un panneau "voie rapide" sous-entendu, interdit aux vélos, la vitesse passant de 90 à 110. Dommage, je m'y sens plus en sécurité que dans des étroites et sinueuses route de campagne ... Je trouve une sortie, mais c'est une impasse (donnant sur des chemins de pierre). Je n'ai donc plus aucune issue :carton: . Je suis furieux. Pourquoi ne pas avoir mis le panneau d'interdiction avant l'entrée de la 4 voies ? :colere: D'autant que je me fais klaxonner par tout le monde, je flippe assez comme ça, pas la peine d'en rajouter... Ils veulent quoi ? Que je marche dans le champs d'à côté pendant 1km avec des cales, portant mon vélo et mon sac à bout de bras ?
Je me dirige après être retourné au rond-point, vers une route parallèle à la quatre voie, menant à un parc de loisirs quelques kms plus loin. Encore une impasse ? Pas tout à fait, je me retrouve dans une petite route de campagne, le soleil comme seule boussole. Par chance un riverain s'arrête, je lui explique mon cas, il me réconforte. J'avais besoin de ça après ce qui m'est arrivé. Il me donne la route à suivre :agenou: . A droite, puis à gauche puis à droite ... Bref, je vais atteindre Avignon par des petites routes en passant par Saint-Saturnin. Je vais y faire une pause, on me demande d'où je viens. D'habitude je ne parle pas trop de ce que j'ai fait, me concentrant sur ce qu'il me reste à faire. Mais là, après le Ventoux, je commence à réaliser et à en discuter, la pression est retombée et il me reste deux jours pour faire les 200kms restant :banana: .

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La cité d'Avignon :love:

Arrivé en Avignon, il est 18h et il y a des embouteillages. Heureusement, il y a une piste cyclable sur le bord de la chaussée. Pas de chance, les voitures serrent à droite. J'ai le temps, et comme on m'a bien pourri sur la 4 voies, je décide de taper la discute, avec le sourire, à tous ceux qui sont arrêtés sur la piste cyclable (je suis pénible par moment :twisted: ). L'autre solution serait de dépasser comme les motards, par la gauche, mais vu les bus qui arrivent en face, j'ai pas trop envie de me risquer. Pas envie n'ont plus de m'éterniser dans la fumée des pots d'échappements, la fatigue et le manque d'air sont un cocktail dangereux :reflexion: . J'ai droit à un festival d'excuses de mauvaises foi mais globalement, tout le monde est compréhensif et je suis de bonne humeur, j'ai envie de partager :elephant: . Il faut dire que la piste cyclable en Avignon, n'est pas visible : ce sont des chevrons verts, avec un vélo peint tout les kms :carton:

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Le pont Saint-Bénézet, d'Avignon

J'aurai aimé contourner Avignon, mais c'est là que je dois traverser le Rhône. Je passe sous le célèbre pont, puis traverse le Rhône. De l'autre côté, je vois qu'une piste cyclable qui longe le Rhône, la via Rhôna :hole: . Je la prend jusqu'à Aramon. La piste est encore en construction, mais quand ce sera fini, ce sera aussi sympa que le Danube :banana: . Le bitume s'arrête un km avant Aramon, puis c'est un chemin de terre propre, je roule dessus sans problèmes.

Je m'arrête manger à Montfrin, puis doit prendre la direction de Nîmes (en fait je souhaite contourner Nîmes par le sud) sauf que je perds la route, je me retrouve derrière une ligne de TGV, et fait un détour pour arriver à Rédessan. Je vais dormir dans les vignes, entre Rédessan et Rodilhan, la nuit tombe :tdf:

Sauf que je me fais bouffer par les moustiques. J'ai beau être protégé de la tête au pied, près de la Camargue, ils sont particulièrement coriaces :evil: . La douleur est insupportable, je me remets en tenue cycliste et roule de nuit. Je trouve quelques kilomètres plus loin un parking de supermarché où je vais dormir. Bizarrement, près de la station service, pas de moustiques. Ils doivent être allergiques aux odeurs de benzène :siffle: .

Dans la nuit, je vois arriver les gendarmes. Pas moyen d'être tranquille me dis-je. Sauf qu'en me voyant, avec le sac la couverture de survie et le vélo, ils sont prévenant avec moi :jap: . Je réponds que je vais bien. Le gendarme me souri et me souhaite bon courage. Pendant ce voyage, j'ai pu rencontrer des gens compréhensif et intéressé, ou au contraire que je dérangeais ou perturbais. J'ai de très bons souvenirs comme de très mauvais, et même si j'ai souvent été apathique, à cause de la fatigue, je suis profondément reconnaissant envers ceux qui ont cherché à me soutenir, plus qu'à me faire la morale :super: . Car lorsque l'on passe autant de temps seul, on se raccroche au peu d'humanité que l'on nous donne, et à une journée d'arriver, c'est une source de motivation pour finir et enfin retrouver une vie normale !
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 02:03, modifié 3 fois.
Tout le monde attend Pogacar, mais Pogacar n'attend personne
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