L'Europe à vélo !
Re: L'Europe à vélo !
Tu peux aussi faire velo / autostop/ train etc...
- loloherrera
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Re: L'Europe à vélo !
Bonne idée le coup de la camionnette...j'en ai marre en ce moment, toujours cette vie boulot, vacances, boulot, same shit everyday...en plus l'hiver arrive, j'ai le moral dans les chaussettes...pour ça, ce topic fait du bien, je m'évade un peu...
- Ilnur majka
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Re: L'Europe à vélo !
les quelques bosses que tu as bouffé dans les Balkans font ils partie intégrante des contreforts des Carpates?
-
Fuenté d'Éze
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Re: L'Europe à vélo !
Je tiens à te féliciter pour ton tour et ton récit. Pour l'évoquer que le tracé, je n'aurais sans doute pas fait celui là, privilégiant le pourtour méditerranéen ou l'Eurl'Europe du Nord. Mais beau et courageux tracé tout de même et quelle aventure
Ton arrivée du Tour fût à Béziers ? Ce qui est ironique pour un Tour d'Europe passant par la Hongrie, les Balkans et la Turquie eu égard à son maire ^^ Ils ont dû te prendre pour un migrant 
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Ca restait assez soft comme bosses mais j'ai passé les Alpes Dinariques en Croatie et en Slovénie, d'ailleurs c'est une région très montagneuse ! Entre la Grèce et l'Albanie, c'était le massif de PindeIlnur majka a écrit : 01 nov. 2017, 19:40 les quelques bosses que tu as bouffé dans les Balkans font ils partie intégrante des contreforts des Carpates?
Les Carpates, j'ai dû les passer à l'aller en Roumanie, et elles remontent bien plus au nord vers la Pologne
Merci Fuente! Le tracé était personnel, j'ai essayé de passer par des lieux qui me tenait à coeur (chez mon frère, Bucarest, la Turquie) et j'en ai profiter pour passer par des endroits que je ne connaissais pas, et que j'ai adoré comme la Grèce ou l'Italie du NordFuenté d'Éze a écrit : 01 nov. 2017, 23:00 Je tiens à te féliciter pour ton tour et ton récit. Pour l'évoquer que le tracé, je n'aurais sans doute pas fait celui là, privilégiant le pourtour méditerranéen ou l'Eurl'Europe du Nord. Mais beau et courageux tracé tout de même et quelle aventureTon arrivée du Tour fût à Béziers ? Ce qui est ironique pour un Tour d'Europe passant par la Hongrie, les Balkans et la Turquie eu égard à son maire ^^ Ils ont dû te prendre pour un migrant
![]()
En fait je ne suis pas aller à Béziers à proprement parler mais mon père habite un petit village dans l'arrière pays où j'ai l'habitude de me ressourcer chaque été (pour les connaisseurs, c'est dans les coteaux de Faugères. De toute façon j'ai fait mon trajet incognito, il n'y avait qu'en arrivant en France que des cyclistes connaisseurs m'aidaient et me questionnaient sur mon périple, vous comprendrez bientôt pourquoi
C'était important, pendant les pauses, que tout soit "normal" car j'ai eu tendance dans mon isolement à devenir asocial et voir des personnes autour de moi se comporter normalement, ça me rassurait. Sur la fin, j'étais plus en train de me "battre" pour revenir dans une forme de normalité donc je recherchais ça Quand tu dis pourtour méditerrannéen, c'est à dire plus en Espagne et en Italie ? C'était le plan initial
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Lundi 3 juillet : Etape 41 : Evvoilà l'Italia !
Village-départ : Matulji (Croatia)
La chanson du jour :
Bongiorno l'Italia
La nuit fut froide, j'ai fait quelques footingssur le parking gravilloné entre le bosquet où je dormais, et l'arrêt de bus où j'ai fini la nuit, ce que je n'avais plus fait, depuis Trêves, en Allemagne. Il faut dire qu' il y a eu une petite averse matinale, m'obligeant à terminer ma nuit dans un abri de bus le long de la route, ce que je n'apprécie guère, car il peut y avoir du passage. Je me réveille donc très tôt et part à jeûn finir la bosse entamée la veille pour aller en Slovénie. Heureusement pour moi, une boulangerie est ouverte au village suivant. Je prend des forces avant de passer la frontière.
Me voilà très vite en Slovénie. Un petit plateau et une légère descente, c'est boisé et très vert autour de moi. Cela me change des paysages méditerranéens que j'avais vu depuis la Turquie. Je fais une pause café en Slovénie histoire de, mais mon passage dans ce pays est très court.
Les paysages de l'Ilirka Bistrica, région de la Slovénie que je traverse pour aller en Italie

Passage de la frontière italienne à Basovizza ! Me voilà enfin dans le pays des deux derniers monuments, où je pourrais plus facilement converser et manger la pasta
Au bout de la descente, me voilà en Italie ! Je prend mon premier café italien à Trieste et regarde les résultats du TdF sur la gazzetta. Je suis déçu de ne voir que le classement, une photo du vainqueur, et basta. Kittel gagne, mon pari de revenir en France avant la première victoire de Démare tient toujours. Mais comme il fait 2, je ne suis pas confiant en mes chances

Le centre-ville de Trieste
Je repars vers le bord de mer mais j'ai du mal à trouver la route pour sortir de la ville. Je vais prendre a nationale et faire une longue boucle avant de retrouver le bord de mer, où je profite d'une piste cyclable plutôt dangereuse, car des vacanciers y ont posé leurs serviettes (comme on le voit sur la photo). Mais je roule au pas, il fait beau et c'est ma dernière vue sur l'Adriatique, je profite. Aussi, ce qu'il y a de pratique avec cette longue plage, ce sont les douche en plein air où je peux remplir mes gourdes à volonté.

Un exemple de piste cyclable mal pensée comme j'en ai vu plein en Italie ...
Je vais ensuite monter et quitter le bord de mer par la nationale et je croise de nombreux cyclistes car l'endroit est magnifique pour faire du vélo. Je sors de ma solitude est-européenne, me revoilà cycliste parmi les cyclistes

Le bord de mer à Monfalcone
A partir de Monfalcone, c'est tout plat et je reste sur les nationales où les routes sont droites, larges avec un revêtement de qualité. Je peux progresser sans problème et fait une pause chez un primeur au bord de route ayant aménagé sa terrasse et faisant des pannini. Je refais le plein de vitamine, à l'ombre, dans la forêt aux abords de Monfalcone.

Je pique la photo d'un collègue qui m'a l'air bien chargé, à Cervignano del Friuli où je passe pendant l'après-midi. D'ailleurs, j'ai pris beaucoup de photo de ce site "iha holiday ads" pour illustrer ma traversée des balkans !
Après avoir longé la côte adriatique sur des un millier de kilomètres, pendant une semaine, je vais la quitter pour prendre la direction de Bergame, point de départ du tour de Lombardie. Pour cela, je vais prendre la route en direction de Trévise. Je suis donc la nationale 14 et je progresse vite. En fait, je suis à une vintaine de kilomètre de la côte et j'arrive parfois à deviner la mer en regardant à ma gauche.

Portogruaro, qui rappelle Venise, distante de quelques kilomètres
Arrivé à Portogruaro, je vais dans une épicerie prend deux poivrons et du pain, et mange le tout cru
. Je m'installe sur un banc publique, les passants en me voyant se marrent ou m'encouragent
Je risque de me répéter mais j'ai apprécié l'accueil des italiens, qui s'y connaissent en vélo et qui respectent les cyclistes
.
Le soir, entre Oderzo et Ponte di Piave, le ciel s'obscurci. Je m'arrête dans un bar, commande un jus d'orange et demande où se trouve l'hôtel le plus proche. On m'en trouve un près de Ponte di Piave, à quelques kilomètres de Trévise. Je repars de nuit, après avoir attendu la fin de l'averse, faire les 2-3 kilomètres restant, mais je ne trouve pas du premier coup l'hôtel, je serai aidé par les tauliers du bistrot du village
Le motel était au bord de la nationale, pas cher, je suis très satisfait. Et je prends des leçons de savoir vivre de la part des serveurs italiens, vraiment la classe, service impeccable, et pour des prix abordables. La pasta avant d'aller se coucher, idéal après cette longue journée sur la route ou j'ai récidivé une journée à 200kms tutto va bene
Bongiorno l'Italia
La nuit fut froide, j'ai fait quelques footingssur le parking gravilloné entre le bosquet où je dormais, et l'arrêt de bus où j'ai fini la nuit, ce que je n'avais plus fait, depuis Trêves, en Allemagne. Il faut dire qu' il y a eu une petite averse matinale, m'obligeant à terminer ma nuit dans un abri de bus le long de la route, ce que je n'apprécie guère, car il peut y avoir du passage. Je me réveille donc très tôt et part à jeûn finir la bosse entamée la veille pour aller en Slovénie. Heureusement pour moi, une boulangerie est ouverte au village suivant. Je prend des forces avant de passer la frontière.
Me voilà très vite en Slovénie. Un petit plateau et une légère descente, c'est boisé et très vert autour de moi. Cela me change des paysages méditerranéens que j'avais vu depuis la Turquie. Je fais une pause café en Slovénie histoire de, mais mon passage dans ce pays est très court.
Les paysages de l'Ilirka Bistrica, région de la Slovénie que je traverse pour aller en Italie
Passage de la frontière italienne à Basovizza ! Me voilà enfin dans le pays des deux derniers monuments, où je pourrais plus facilement converser et manger la pasta
Au bout de la descente, me voilà en Italie ! Je prend mon premier café italien à Trieste et regarde les résultats du TdF sur la gazzetta. Je suis déçu de ne voir que le classement, une photo du vainqueur, et basta. Kittel gagne, mon pari de revenir en France avant la première victoire de Démare tient toujours. Mais comme il fait 2, je ne suis pas confiant en mes chances

Le centre-ville de Trieste
Je repars vers le bord de mer mais j'ai du mal à trouver la route pour sortir de la ville. Je vais prendre a nationale et faire une longue boucle avant de retrouver le bord de mer, où je profite d'une piste cyclable plutôt dangereuse, car des vacanciers y ont posé leurs serviettes (comme on le voit sur la photo). Mais je roule au pas, il fait beau et c'est ma dernière vue sur l'Adriatique, je profite. Aussi, ce qu'il y a de pratique avec cette longue plage, ce sont les douche en plein air où je peux remplir mes gourdes à volonté.

Un exemple de piste cyclable mal pensée comme j'en ai vu plein en Italie ...
Je vais ensuite monter et quitter le bord de mer par la nationale et je croise de nombreux cyclistes car l'endroit est magnifique pour faire du vélo. Je sors de ma solitude est-européenne, me revoilà cycliste parmi les cyclistes

Le bord de mer à Monfalcone
A partir de Monfalcone, c'est tout plat et je reste sur les nationales où les routes sont droites, larges avec un revêtement de qualité. Je peux progresser sans problème et fait une pause chez un primeur au bord de route ayant aménagé sa terrasse et faisant des pannini. Je refais le plein de vitamine, à l'ombre, dans la forêt aux abords de Monfalcone.

Je pique la photo d'un collègue qui m'a l'air bien chargé, à Cervignano del Friuli où je passe pendant l'après-midi. D'ailleurs, j'ai pris beaucoup de photo de ce site "iha holiday ads" pour illustrer ma traversée des balkans !
Après avoir longé la côte adriatique sur des un millier de kilomètres, pendant une semaine, je vais la quitter pour prendre la direction de Bergame, point de départ du tour de Lombardie. Pour cela, je vais prendre la route en direction de Trévise. Je suis donc la nationale 14 et je progresse vite. En fait, je suis à une vintaine de kilomètre de la côte et j'arrive parfois à deviner la mer en regardant à ma gauche.

Portogruaro, qui rappelle Venise, distante de quelques kilomètres
Arrivé à Portogruaro, je vais dans une épicerie prend deux poivrons et du pain, et mange le tout cru
Le soir, entre Oderzo et Ponte di Piave, le ciel s'obscurci. Je m'arrête dans un bar, commande un jus d'orange et demande où se trouve l'hôtel le plus proche. On m'en trouve un près de Ponte di Piave, à quelques kilomètres de Trévise. Je repars de nuit, après avoir attendu la fin de l'averse, faire les 2-3 kilomètres restant, mais je ne trouve pas du premier coup l'hôtel, je serai aidé par les tauliers du bistrot du village
Le motel était au bord de la nationale, pas cher, je suis très satisfait. Et je prends des leçons de savoir vivre de la part des serveurs italiens, vraiment la classe, service impeccable, et pour des prix abordables. La pasta avant d'aller se coucher, idéal après cette longue journée sur la route ou j'ai récidivé une journée à 200kms tutto va bene
Dernière modification par Le sucre sportif le 09 août 2018, 23:24, modifié 2 fois.
Re: L'Europe à vélo !
L'Italie est un pays rempli de cyclistes et aimant ce sport, mais alors vraiment aucun effort n'est fait pour leur faciliter la tâche! Très peu de pistes cyclables, très peu de respect des automobilistes envers les 2 roues sur la route (j'ai trouvé, là où je roulais en tout cas), c'est bien dangereux!
Sinon, le fromage "Piave" originaire de la région (et de Ponte di Piave justement) est exquis, je vous le conseille grandement
Sinon, le fromage "Piave" originaire de la région (et de Ponte di Piave justement) est exquis, je vous le conseille grandement
Immature et juvénile.
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Re: L'Europe à vélo !
C'est vrai que les automobilistes sont assez "brutaux" mais pas plus que dans les pays auxquels je suis passé avant. Après mon impression est lié à mon humeur, et j'avais passé une particulièrement bonne journée. Le peu de pistes cyclables que j'ai vu en Italie était un scandale : souvent, on ne voit pas où elles commencent ni où elles finissent, il y a des piétons partout. Bref quand on fait des longues journées, ça me posait plus de problèmes qu'autre chose car sur la route, j'ai mes habitudes et mon rythme, je m'y sens en sécurité. Le fait de ne pas prendre de pistes cyclables peut être dangereux car j'ai eu une altercation pendant mon tour de Lombardie, me faisant serrer par une automobiliste que je dépassais pendant des embouteillages qui voyait mon refus de prendre la piste cyclable (que je n'avais pas vu car non indiqué) comme une occasion de pouvoir casser du cyclisteNoé a écrit : 02 nov. 2017, 22:01 L'Italie est un pays rempli de cyclistes et aimant ce sport, mais alors vraiment aucun effort n'est fait pour leur faciliter la tâche! Très peu de pistes cyclables, très peu de respect des automobilistes envers les 2 roues sur la route (j'ai trouvé, là où je roulais en tout cas), c'est bien dangereux!
Sinon, le fromage "Piave" originaire de la région (et de Ponte di Piave justement) est exquis, je vous le conseille grandement![]()
Mais ce jour-là, entre la Croatie et Trévise s'est passé nickel, je n'ai pas grand'chose à dire dans mon résumé. Tu connais la région Noé ? J'aurais pu tenter le bord de mer où je me serais perdu sur les petites routes ?
Re: L'Europe à vélo !
Non malheureusement, je connais mal le Nord de l'Italie. Enfin, les grandes villes plutôt bien : Milan, Venise, Parme (qui n'est vraiment pas la plus belle), Gènes et les grands lacs du Nord.
J'ai passé plus de temps dans le centre et le Sud de L'Italie.
Par contre, je sais que le Nord a un réseau routier bien meilleur que le Sud (c'est dire!) donc non, le bord de mer aurait sûrement pu passer
J'ai passé plus de temps dans le centre et le Sud de L'Italie.
Par contre, je sais que le Nord a un réseau routier bien meilleur que le Sud (c'est dire!) donc non, le bord de mer aurait sûrement pu passer
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Re: L'Europe à vélo !
Mardi 4 Juillet : Etape 42 : Virée à Trévise !
Village-départ : Ponte di Piave
La chanson du jour :
Après avoir effectué deux grosses journées et m'être bien rapproché de Bergame, où je vais devoir affronter les terribles cols du tour de Lombardie, je compte passer une journée plus tranquille, histoire de ne pas arriver là-bas trop cramé
. Je me réveille par habitude assez tôt et passe ma matinée à étudier le parcours du Tour de Lombardie
. Celui-ci alterne arrivées à Côme les années impaires et arrivées à Bergame les années paires. Comme je vais vers l'ouest, je vais réaliser le dernier parcours arrivant à Côme, de l'édition 2015, remportée par un certain Vicenzo Nibali
. Manque de bol pour moi, les arrivées à Côme sont réputées plus difficiles que les arrivées à Bergame...
Je retranscris donc minutieusement les routes et les villes par lesquelles je vais passer lors de mon quatrième monument. Ayant plus de temps que lors des classiques belges, je compte faire Il Lombardia sur le parcours intégral, mais en deux jours (je ne suis pas fou
). Ce soir, je devrais m'approcher suffisamment de Bergame, pour entamer le Colle Gallo demain et m'avancer un maximum, histoire de passer l'enchaînement Madonna del Ghisallo-Sormano le matin du surlendemain, et me reposer l'après midi avant de terminer dans la soirée avec le Civiglio et San Fermo. Voilà le plan de bataille prévisionnel des prochains jours
.
Je ne suis donc pas d'humeur à aller très vite aujourd'hui, et comme je suis près de Trévise, et que je suis fils de rugbyman, je vais faire un crochet pour acheter un souvenir rugbystique des benetton de Trévise, quelque chose qui ne prendrait pas trop de place dans mon sac. Trévise est à 25kms de l'hôtel d'où je m'élance, je pars vers 10h45 et m'élance pour un CLM, gros braquet pour atteindre le stade avant midi, qui se trouve au nord-ouest de Trévise
.

Je contourne le centre-ville de Trévise bordé par des murs et des canaux, puis lui tourne le dos pour aller au stade, devant cette porte majestueuse
Je suis en forme, il fait beau, la route et plate, j'atteinds le stade à 11h45 mais il est fermé
. Nous sommes un mardi de juillet, et je n'ai rien vu des horaires sur le site internet. J'ai peur qu'il soit fermé toute la journée et je vais déjeuner dans un bistrot autour du stade. Ici, ça respire le rugby
. On me conseille d'aller voir au terrain d'entraînement du club, dans le sud de la ville. Je vais en profiter pour faire une promenade digestif dans le centre-ville de Trévise
.

Le dome de Trévise

La piazza de Signori près de laquelle je prend mon café

Des pavés inoffensifs et un peu d'ombre pour ma petite promenade de cet après-midi
Arrivé au centre d'entraînement, on me dit que le stade ouvre à 15h
. Je vais donc repartir en sens inverse vers le stade, fais mon achat et quitte enfin la ville à 16h. Je n'ai avancé que de 25 kms et je suis à 240kms de Bergame
. Tant pis, je dois m'approcher le plus possible, pour faire la première boucle autour de Bergame demain, et tenter de finir le tour de Lombardie le surlendemain mais cela s'annonce compliqué
.
Etant relativement frais, je repars et imprime un bon rythme, d'autant que la route est bien plate. C'est une demi-étape, une étape sprint en ce début de soirée ! Je profite quand même de mes passages dans les villes italiennes qui sont magnifiques. D'ailleurs, aujourd'hui, je préfère la beauté des villes à celle de la campagne vénitienne, plutôt banale, ce qui a été assez rare pendant mon voyage.

Les remparts de Castelfranco Veneto (200km avant Bergame) à la limite entre les provinces de Trévise et de Padoue
Je continue mon CLM, j'espère rouler 5h entre 16h et 21h pour avancer d'une centaine de kilomètres
. Je fais un arrêt à la sortie de Vicence (155kms a.B.) il doit être 20h passées et ça bouchonne un peu, j'attends que ça se calme en reprenant des forces mais je suis surpris par mes sensations ! Il faut dire que la route est parfaite et que je n'ai pas de vent, les jambes sont bonnes et même si j'ai pris du retard en vue de finir la Lombardie dans 2 jours, j’emmagasine de la confiance

L'architecture italienne me plaît : c'est sobre est impressionnant à la fois
Je repars sur la nationale en direction de Vérone, à 60kms de là, c'était l'objectif quand je suis parti ce matin, mais il est 21h et le soleil se couche devant moi, cela s'annonce compliqué
. Me remémorant cette soirée autour de Xanthi en Grèce, où après avoir rien fait de l'après-midi, j'ai tenté de me rattrapé en roulant une heure de nuit, j'ai mis ma tenue fluo, mes éclairages pendant ma pause repas, et je profite de la route impeccable pour m'avancer sans craintes alors que le soleil se couche devant moi
. Je vois des deux côtés de la route la plaine laisser place aux premiers contreforts des Alpes,j'approche de ce que je redoute le plus, mais qui me fascine : la montagne !
Il commence maintenant à faire nuit et j'ai du mal à gérer la luminosité : je passe d'un soleil rasant en face de moi, à l'obscurité. Il est 22h15 maintenant et je décide de m'arrêter à une vingtaine de kilomètre de Vérone, à 130kms de Bergame, à nouveau dans un hôtel. Les prochains jours s'annoncent difficiles et je compte me donner un maximum de chances avant les deux gros défis qui m'attendent ...
Etant à 130kms de Bergame, je suis à moins d'une journée du départ du tour de Lombardie, je vais donc avoir le temps d'effectuer la boucle initiale autour de Bergame dès demain
. La pression monte, et je conclu ma journée sur Facebook par un très modeste "direction Bergame pour le Tour de Lombardie et Milan San Remo, soient environ 750kms en 4jours. Je ne serai plus joignable avant mon retour en France. Ciao a tutti"
Je n'ai plus qu'à me concentrer sur moi-même maintenant.
Après avoir effectué deux grosses journées et m'être bien rapproché de Bergame, où je vais devoir affronter les terribles cols du tour de Lombardie, je compte passer une journée plus tranquille, histoire de ne pas arriver là-bas trop cramé
Je retranscris donc minutieusement les routes et les villes par lesquelles je vais passer lors de mon quatrième monument. Ayant plus de temps que lors des classiques belges, je compte faire Il Lombardia sur le parcours intégral, mais en deux jours (je ne suis pas fou
Je ne suis donc pas d'humeur à aller très vite aujourd'hui, et comme je suis près de Trévise, et que je suis fils de rugbyman, je vais faire un crochet pour acheter un souvenir rugbystique des benetton de Trévise, quelque chose qui ne prendrait pas trop de place dans mon sac. Trévise est à 25kms de l'hôtel d'où je m'élance, je pars vers 10h45 et m'élance pour un CLM, gros braquet pour atteindre le stade avant midi, qui se trouve au nord-ouest de Trévise

Je contourne le centre-ville de Trévise bordé par des murs et des canaux, puis lui tourne le dos pour aller au stade, devant cette porte majestueuse
Je suis en forme, il fait beau, la route et plate, j'atteinds le stade à 11h45 mais il est fermé

Le dome de Trévise

La piazza de Signori près de laquelle je prend mon café

Des pavés inoffensifs et un peu d'ombre pour ma petite promenade de cet après-midi
Arrivé au centre d'entraînement, on me dit que le stade ouvre à 15h
Etant relativement frais, je repars et imprime un bon rythme, d'autant que la route est bien plate. C'est une demi-étape, une étape sprint en ce début de soirée ! Je profite quand même de mes passages dans les villes italiennes qui sont magnifiques. D'ailleurs, aujourd'hui, je préfère la beauté des villes à celle de la campagne vénitienne, plutôt banale, ce qui a été assez rare pendant mon voyage.

Les remparts de Castelfranco Veneto (200km avant Bergame) à la limite entre les provinces de Trévise et de Padoue
Je continue mon CLM, j'espère rouler 5h entre 16h et 21h pour avancer d'une centaine de kilomètres

L'architecture italienne me plaît : c'est sobre est impressionnant à la fois
Je repars sur la nationale en direction de Vérone, à 60kms de là, c'était l'objectif quand je suis parti ce matin, mais il est 21h et le soleil se couche devant moi, cela s'annonce compliqué
Il commence maintenant à faire nuit et j'ai du mal à gérer la luminosité : je passe d'un soleil rasant en face de moi, à l'obscurité. Il est 22h15 maintenant et je décide de m'arrêter à une vingtaine de kilomètre de Vérone, à 130kms de Bergame, à nouveau dans un hôtel. Les prochains jours s'annoncent difficiles et je compte me donner un maximum de chances avant les deux gros défis qui m'attendent ...
Etant à 130kms de Bergame, je suis à moins d'une journée du départ du tour de Lombardie, je vais donc avoir le temps d'effectuer la boucle initiale autour de Bergame dès demain
Dernière modification par Le sucre sportif le 09 août 2018, 23:34, modifié 6 fois.
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Re: L'Europe à vélo !
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Re: L'Europe à vélo !
Mercredi 5 juillet : Etape 43 : Tour de Bergame !
Village-départ : Villabella
La chanson du jour :

C'est le grand jour, je m'apprête à rouler sur les routes du Tour de Lombardie
Je pars pour environ 120kms de plat, profitant de la vue notamment sur les Alpes et le Lac de Garde puis, après Brescia, je chercherai à prendre la direction du Colle Gallo. Je vais profiter de ces vues magnifiques toute la matinée et arrive le midi près de Brescia. Il fait très chaud et je décide de m'arrêter à un supermarché, ou je m'achète un gros paquet de chips, une bouteille de soda, bref que de la malbouffe ainsi qu'une bouteille d'eau pour remplir mes gourdes
. Je discute avec un mendiant qui comme moi, trouve de l'ombre contre un mur, le soleil étant écrasant. Je vais attendre ici quelques temps, étant à moins de trois heures de Bergame, je devrais arriver au Colle Gallo en fin d'après midi, le timing est impeccable, et je garde du jus pour les prochains cols que je redoute ...

La Rotonda (Vieux dome de Brescia)

Le château de Brescia, sur le mont Cidnéo

Le lac d'Iséo, entre Brescia et Bergame, où j'avais prévu, quand j'avais fait mon parcours en avril-mai, de dormir avant de tenter le tour de Lombardie dans la journée
Ayant déjà pas mal roulé, et comme la première boucle autour de Bergame retourne par le sud puis vers l'est, je vais croiser le parcours à Mornico al Serio, 20kms avant Bergame
. Plutôt que d'aller jusqu'à Bergame et de faire la boucle entière, je décide de rejoindre Mornico, après environ 120kms de plat, et d'aller directement vers le Colle Gallo, car j'ai pris du retard hier, ce qui me permettra de bien m'avancer en prévision de demain et de gagner environ une cinquantaine de kilomètres
.
Je dois quitter les grands axes en direction de Trescore Balno, mais ce village n'est pas indiqué. Au rond-point où j'aurai dû prendre à droite direction la montagne, je continue tout droit, fait deux kilomètres et demande à un passant la route. Je fais demi-tour et vois un scooter se faire percuter par une voiture en face de moi
. Le motard fait un vol plané mais se relève indemne. J'en suis refroidit. En fait, le scooter avait tourné sans clignotant à gauche pendant qu'une voiture le dépassait :boulet: . Un témoin qui a vu comme moi la scène puis le motard ce relever comme si de rien n'était, commence à lui hurler "TU AS LA SANTE DE LA MADONNA"
(je vais comprendre l'importance de la Madonna, dans les prochains kms...). N'étant pas très efficace pour les premiers secours, je me contente de ralentir les véhicules arrivant, de faire la circulation pendant que l'on aide le motard à relever sa moto (car vu comme mes bras ont fondu, je n'aurai pas été très utile
), ce qui me permet de me calmer et de me refocaliser sur les prochaines difficultés
.
Je prend la route du parcours de 2015 (car je vais de Bergame à l'est vers Côme à l'ouest) et qu'en 2016 c'était l'inverse; le parcours de 2017 n'ayant pas encore été dévoilé. Je fais quelques kilomètres et m'arrête prendre des fruits chez un primeur, qui en voyant ma dégaine, me donne deux pêches et me rempli mes gourdes en m'encourageant, sympa
Je repars vers le nord, à la recherche de la route vers le colle Gallo, passe un pont d'autoroute et me retrouve dans les bouchons ... grosse galère, rien que pour s'insérer sur la route, les italiens ne lâchent pas un centimètre... après une demi-heure de lutter pour ne pas respirer les pots d'échappements, je m'arrête à une station service et demande un panino et un café. La serveuse, enthousiasmée par mon accent français, m'interroge sur mon voyage
. Je lui explique très brièvement en lui demandant la route pour le Colle Gallo, afin de faire le tour de Lombardie. Je suis chanceux, elle est originaire du village au pied du col, et me donne les indications précises pour y aller, et éviter les bouchons qui sont fréquent en fin de journée à cet endroit. Je repars sous les encouragements chaleureux de la Ragazza, en me demandant, pour la seconde fois de mon voyage, pourquoi je repars ?

La ville de Trescore Balneario, au pied du Colle Gallo, première difficulté du Tour de Lombardie 2015 (et 2017 aussi je crois)
Je m'élance dans cette vallée encaissée, où la pente s'accentue lentement, les arbres et les rochers se rapprochant de telle sorte qu'on se sent lentement pris au piège. Deux issues : un lâche demi-tour, où le passage au sommet du col
. Je quitte la route 42 à Gaverina Terme pour prendre l'étroite route 39, et m'élance dans le col. Il est plutôt court, mais dès le pied, les pourcentages sont élevés. Je me mets sur mon plus petit plateau et monte à mon rythme. Je suis satisfait de le monter en fin de journée car il ne fait pas trop chaud, l'ombre étant absente dans ce col. Mais l'eau me manque rapidement. Un premier cycliste me passe, je tente de m'accrocher pendant une centaine de mètre. Mais avec un sac de 10kilos et 100kms d'efforts avant d'attaquer le col, ce n'est pas la peine d'essayer, j'explose et suis collé au bitume quelques minutes en tentant de reprendre mes esprits... Je vais donc me contenter de compter le nombre de cyclistes qui me passeront
. De mémoire une dizaine
. Il y a beaucoup de monde qui tente cette ascension, les paysages vallonnés et boisés sont sympa et le col n'est pas très long ni très pentu, cela reste abordable. Par chance, aux deux-tiers de la montée, je vois une vieille dame arroser son jardin
. J'en profite pour lui demander de remplir mes gourdes et je peux terminer le col sans crainte de manquer d'eau.

La chapelle de Notre-Dame des Cyclistes, au sommet du Colle Gallo
J'arrive au sommet épuisé et surtout en légère hypoglycémie. Je comprends alors ce que signifie le mot monument : les italiens ont fait les choses en grand et savent (contrairement à Roubaix
) mettre en valeur leur patrimoine : une chapelle et un musée lié au tour de Lombardie se trouve au sommet. Je ne vais pas m'y attarder, la route est longue et en plus c'est fermé
. Au sommet, ayant beaucoup transpiré, j'enlève mon cuissard et mets mon short à fleur. J'ai le derrière qui brûle
. Je me repose 30 minutes près de la fontaine, mange, bois, fais sécher mon cuissard tout en discutant avec d'autres cyclistes intrigués par mon voyage (à la base, c'était plus ma tenue qui les intriguaient
). Je me sens tout de suite moins seul, et cela fait plaisir de discuter avec d'autres cyclistes !

Le Serio que je vais longer pour "revenir" à Bergame
Je vais repartir dans la descente jusqu'à Albino, et suis machinalement les panneaux indiquant Côme, mais je me retrouve dans une 4 voies avec des tunnels. Je hais les tunnels
. Je vais finalement trouver dès la route suivante une petite route qui longe la rivière en contrebas me menant vers Bergame et même une piste cyclable ! Je traverse le centre ville, mange une pizza dans la banlieue ouest alors que le soleil se couche.
Pourtant, j'aimerai m'avancer un peu plus et je vais rouler une bonne heure de nuit, dont une bonne demi-heure à tourner en rond pour trouver l'hôtel que l'on m'a indiqué à Villa d'Almè, la ville après Bergame dans le parcours
. En fait, il s'agissait d'un restaurant chinois qui loue des chambres de fortune pour moins de 20€. C'est parfait mais je ne suis pas serein, le vélo devant rester dans la salle de jeu au rez-de-chaussé de l'établissement
. Je vais donc veiller jusqu'à 23h en bas pour attendre que tout le monde rentre chez soi, avant d'aller me coucher, par crainte que l'on reparte avec mon vélo ... J'ai réussi à faire le minimum aujourd'hui en faisant les 85 premiers kilomètres du parcours, ce qui signifie que demain, je devrai en parcourir 160 dont le terrible Colma di Sormano, à 1124m d'altitude, qui sera le toit de mon tour d'Europe 
C'est le grand jour, je m'apprête à rouler sur les routes du Tour de Lombardie

La Rotonda (Vieux dome de Brescia)

Le château de Brescia, sur le mont Cidnéo

Le lac d'Iséo, entre Brescia et Bergame, où j'avais prévu, quand j'avais fait mon parcours en avril-mai, de dormir avant de tenter le tour de Lombardie dans la journée
Ayant déjà pas mal roulé, et comme la première boucle autour de Bergame retourne par le sud puis vers l'est, je vais croiser le parcours à Mornico al Serio, 20kms avant Bergame
Je dois quitter les grands axes en direction de Trescore Balno, mais ce village n'est pas indiqué. Au rond-point où j'aurai dû prendre à droite direction la montagne, je continue tout droit, fait deux kilomètres et demande à un passant la route. Je fais demi-tour et vois un scooter se faire percuter par une voiture en face de moi
Je prend la route du parcours de 2015 (car je vais de Bergame à l'est vers Côme à l'ouest) et qu'en 2016 c'était l'inverse; le parcours de 2017 n'ayant pas encore été dévoilé. Je fais quelques kilomètres et m'arrête prendre des fruits chez un primeur, qui en voyant ma dégaine, me donne deux pêches et me rempli mes gourdes en m'encourageant, sympa
Je repars vers le nord, à la recherche de la route vers le colle Gallo, passe un pont d'autoroute et me retrouve dans les bouchons ... grosse galère, rien que pour s'insérer sur la route, les italiens ne lâchent pas un centimètre... après une demi-heure de lutter pour ne pas respirer les pots d'échappements, je m'arrête à une station service et demande un panino et un café. La serveuse, enthousiasmée par mon accent français, m'interroge sur mon voyage

La ville de Trescore Balneario, au pied du Colle Gallo, première difficulté du Tour de Lombardie 2015 (et 2017 aussi je crois)
Je m'élance dans cette vallée encaissée, où la pente s'accentue lentement, les arbres et les rochers se rapprochant de telle sorte qu'on se sent lentement pris au piège. Deux issues : un lâche demi-tour, où le passage au sommet du col

La chapelle de Notre-Dame des Cyclistes, au sommet du Colle Gallo
J'arrive au sommet épuisé et surtout en légère hypoglycémie. Je comprends alors ce que signifie le mot monument : les italiens ont fait les choses en grand et savent (contrairement à Roubaix

Le Serio que je vais longer pour "revenir" à Bergame
Je vais repartir dans la descente jusqu'à Albino, et suis machinalement les panneaux indiquant Côme, mais je me retrouve dans une 4 voies avec des tunnels. Je hais les tunnels
Pourtant, j'aimerai m'avancer un peu plus et je vais rouler une bonne heure de nuit, dont une bonne demi-heure à tourner en rond pour trouver l'hôtel que l'on m'a indiqué à Villa d'Almè, la ville après Bergame dans le parcours
Dernière modification par Le sucre sportif le 09 août 2018, 23:46, modifié 5 fois.
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Fuenté d'Éze
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Re: L'Europe à vélo !
Merci Fuente! Le tracé était personnel, j'ai essayé de passer par des lieux qui me tenait à coeur (chez mon frère, Bucarest, la Turquie) et j'en ai profiter pour passer par des endroits que je ne connaissais pas, et que j'ai adoré comme la Grèce ou l'Italie du NordFuenté d'Éze a écrit : 01 nov. 2017, 23:00 Je tiens à te féliciter pour ton tour et ton récit. Pour l'évoquer que le tracé, je n'aurais sans doute pas fait celui là, privilégiant le pourtour méditerranéen ou l'Eurl'Europe du Nord. Mais beau et courageux tracé tout de même et quelle aventureTon arrivée du Tour fût à Béziers ? Ce qui est ironique pour un Tour d'Europe passant par la Hongrie, les Balkans et la Turquie eu égard à son maire ^^ Ils ont dû te prendre pour un migrant
![]()
En fait je ne suis pas aller à Béziers à proprement parler mais mon père habite un petit village dans l'arrière pays où j'ai l'habitude de me ressourcer chaque été (pour les connaisseurs, c'est dans les coteaux de Faugères. De toute façon j'ai fait mon trajet incognito, il n'y avait qu'en arrivant en France que des cyclistes connaisseurs m'aidaient et me questionnaient sur mon périple, vous comprendrez bientôt pourquoi
C'était important, pendant les pauses, que tout soit "normal" car j'ai eu tendance dans mon isolement à devenir asocial et voir des personnes autour de moi se comporter normalement, ça me rassurait. Sur la fin, j'étais plus en train de me "battre" pour revenir dans une forme de normalité donc je recherchais ça Quand tu dis pourtour méditerrannéen, c'est à dire plus en Espagne et en Italie ? C'était le plan initial
En fait le "Eze" de mon pseudo est en fait lié au fait que c'est une des montés importantes/fetiches de la carrière de Contador (et de ma course preferé) et ajouté à Fuenté cela ressemble à Fuenté Dé, autre lieu clé de sa carrière (le jour où il a été divinisé
Pour pourtour je pensais effectivement à l'Italie (ce pays
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Il est pas facile de s'entraîner en Normandie pour faire des cols longsFuenté d'Éze a écrit : 04 nov. 2017, 16:16 En fait le "Eze" de mon pseudo est en fait lié au fait que c'est une des montés importantes/fetiches de la carrière de Contador (et de ma course preferé) et ajouté à Fuenté cela ressemble à Fuenté Dé, autre lieu clé de sa carrière (le jour où il a été divinisé). D'ailleurs je me demande à quoi ressemblait le sujet de cette étape sur le forum (si on peut le retrouver ce qui m'étonnerait
). Je suis Normand donc un compatriote
Pour pourtour je pensais effectivement à l'Italie (ce pays) et l'Espagne entre autre. Cela dit ma pratique encore trop limité du vélo route me "condamnerait" à des parcours peu difficile (Je n'ai pas encore dépassé les 3 km de montées
).
Même si j'étais habitué à rouler, grimper est compliqué car à ces vitesses-là j'ai eu trois problèmes majeurs :
- Le ravitaillement car atteindre la prochaine ville est plus long, par exemple en Bulgarie je mettais 2h à passer d'un hameau à l'autre, et là il faut prier qu'il y ait quelque chose d'ouvert
- La chaleur car le vent ne fait plus son effet ventilo donc on surchauffe vite
- Les moustiques qui, en dessous d'une certaine vitesse, arrivent à se poser un peu partout, surtout quand on est en cuissard court/sans manchettes
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Jeudi 6 Juin : Etape 44 : En pèlerinage!
Village-départ : Villa d'Almè :
Chanson du jour :
Hier, j'ai pu débuter le parcours d'Il Lombardia, quatrième des cinq monuments que je souhaite faire, en effectuant la première difficulté près de Bergame, le Colle Gallo
. Aujourd'hui, je vais vraiment m'attaquer au mythe, avec plusieurs cols à franchir. Je pars le plus tôt possible, car je souhaite passer la Madonna des Ghisallo avant midi (kilométriquement c'est jouable, mais dans les faits
) pour pouvoir me reposer avant le Colma di Sormano, 1124m d'altitude, qui sera le toit de mon tour d'Europe
. Il fait encore très beau aujourd'hui et l'on annonce comme toujours des températures supérieures à 30°C ...
Je repars en direction d'Almeno San Salvatore, pour prendre la direction de l'ouest et du lac de Côme. Comme pour chaque monument, je pars avec une grande motivation, la forme est bonne mais je vais à nouveau me perdre pour trouver la route 342 qui m'amènera jusqu'à Santa Maria Hoè, au pied du Colle Brianza. C'est une côte assez courte, comme le Colle Gallo, 4kms à 5,7% de moyenne. Comparée aux monstres qui m'attendent, c'est un bon échauffement
.
J'arrive au pied vers 9h30, j'ai pu faire 30kms d’échauffements avant de m'élancer, c'est l'idéal pour moi qui mets beaucoup de temps à mettre en route. Je monte à mon rythme, me fais dépasser cette fois-ci par un groupe d'une vingtaine de cyclistes à l'entraînement. Je ne fais pas comme hier et les laisse s'échapper, la journée sera longue ! Arrivé au sommet, je m'arrête à la place du village d'Alta Brianza, au sommet du col, et vais au café, galère pour trouver un mur où poser mon vélo, ils sont tous pris puis je vais devoir attendre mon tour car je ne suis pas le premier cycliste arrivé. La pause sera donc un peu plus longue que prévue
.

L'église du collet Brianza, près de la place où j'effectue ma première pause.

La ville abandonnée de Consonno, dans la descente du Colle Brianza, à Olginate
Je repars vers 10h30 pour redescendre en direction du lac de Côme que je souhaite longer. Je suis un peu touriste quand même. Sauf que le parcours officiel ne passe pas par là mais par Oggiono. Je suis trompé par mon "road book" j'ai dû mal noter les kilométrages je ne pensais pas arriver si vite à Oggiono. Peut-être dois-je faire une boucle ?

Pescate, à la fin de la descente du Colle Brianza. Voilà le lac de Côme
J'arrive au bord du lac, la vue est paradisiaque. Beaucoup de belles villa s'étendent le long des deux bords du lac en forme de croissant. Je comprend vite pourquoi le parcours ne passait pas par là. Je retrouve mon ennemi de cette dernière semaine: les tunnels
. Celui-ci fait 2kms, 5minutes d'obscurité donc. Je vais trouver une route sur le bord de lac, fais 1km, mais c'est une impasse. Demi-tour, c'est parti pour le tunnel... Je vois les cyclistes s'élancer sans appréhension dans l'obscurité. Moi, j'ai des antécédents en Croatie, et surtout, je suis peureux, la fatigue chronique me rendant friable mentalement. Je me vêtis de fluo, et fais les deux kilomètres aussi vite que possible, sur la plaque. Pas envie de subir le bruit et la crasse trop longtemps. Ca va, ce matin, il y a peu de voitures!

Le lac d'Annone, sur le parcours officiel
Je continue de suivre le lac de Côme et décide d'en faire la moitié du tour de la rive sud, alors que j'aurai dû à Pare, partir vers Valbrona et Asso pour faire le tour du lac d'Annone, ce qui m'aurait certainement évité de passer par tunnel
.
La route est étroite au bord du lac, et ce n'est pas très sécurisant avec les camping cars qui n'ont pas la place de se croiser. Parfois ça bouchonne. En fait, je vais aussi vite à vélo que les voitures, et pour minimiser les manœuvres, j'anticipe les croisements de véhicule, histoire de ne pas m'arrêter et de rester en mouvement, car il commence à faire chaud. Je croise pas mal de cyclistes à l'entraînement ce matin, et qui pour la peine, s'entraînent très sérieusement le long du lac
J'arrive au bout du lac, à Bellagio, vers midi et décide de descendre dans le centre-ville pour aller manger la pasta. Ici, tout est luxueux mais je mange à prix raisonnable.
Je repars à 13h pour attaquer la Madonna del Ghisallo
Il fait très chaud, et le début du col est terrible, avec des passages supérieursà10% ! Je monte en danseuse (alors que d'habitude j'aime bien grimper comme Ullrich
), j'ai du mal à digérer mon repas. Je vois un hôtel pour cycliste après un kilomètre, "Il Perlo Panorama". Je m'y arrête.

Vue depuis la terrasse de l'hôtel "Il Perlo Panorama" sur le centre du lac de Côme
Je profite d'un belvédère sur le centre du lac, et en profite pour me réhydrater. Le serveur s'y connait en vélo, lui aussi est cycliste! Il me rassure: la pente au pied est maximale, après ça va mieux. Puis il me raconte un peu de la légende du tour de Lombardie. Ma motivation s'amplifie
. D'autres cyclistes rentrent de leur entraînement matinal. Demain, il courront une cyclosportive en hommage à Davide Casartelli, mort dans la descente de ce col il y a 20ans. Déjà assez impressionné par la description du monument donné par le serveur, avec lequel je vais discuter pendant 2 bonnes heures, il conclu son récit par "au sommet de la Madonna del Ghisallo, tout cycliste ne peut retenir ses larmes à la simple vue de la chapelle, qui a reçu des dons de grands champions tels que Merckx."
Je trouve cela un peu exagéré, mais comme cela me motive à repartir, je me laisse entraîner dans cette atmosphère qui me permettra, je l'espère d'affronter la pente que je redoute, et qui m'a mis K.O. lors de ma première tentative.
Je repars surmotivé donc, vers 15h30. Il fait un peu moins chaud, et surtout, je me suis bien hydraté avant de repartir (finalement le serveur à bien fait son travail, j'ai enchaîné les limonades). Je me remets à un bon rythme, la pente est plus abordable. Mais cela fait longtemps que je n'ai pas mangé, et j'ai une fringale sur les deux derniers kms. Je n'ai plus rien dans mes poches, que du pain dans mon sac, et je n'ai pas envie de m'arrêter en pleine pente pour aller chercher de quoi manger, surtout que l'ombre est rare. Si je m'arrête, dur de repartir ! J'arrive au sommet, au bout du bout, vois la chapelle, la beauté de la vue sur le lac, des stèles en hommage au plus grands champions italiens
.

Messieurs Coppi, Bartali et Binda à l'entrée de la chappelle

La chapelle de Notre-Dame de Ghisallo
Je marche quelques mètres sur l'herbe, y fais tomber ma bicyclette prend mon pain, et m'assied en face de cette sculpture en hommage aux cyclistes, la fatigue me mets au bord des larmes
. Autour de moi, beaucoup de touristes, où de cyclistes venu reconnaître le col pour la course de demain, à peine fatigué. Moi, je suis au bout de ma vie. Les nerfs lâchent

Je prend le temps en mangeant de lire ce qui est écrit sous la gravure, représentant un cycliste vainqueur (comme j'ai pu me le sentir au sommet de l'Olympe, à Roubaix, à Grammont, à Huy ...) et un cycliste à terre (comme j'ai pu me le sentir, par exemple, lors de mes crevaisons en Hongrie, en Roumanie, en Croatie, le face-à-face avec une voiture lors de la descente d'un col en Albanie...). Je me reconnais fortement dans ce qui est écrit, c'est pour moi une forme de reconnaissance de ce que j'ai pu endurer pendant ces longues heures de selle, que ce soit la joie de la découverte et de repousser mes limites, mais aussi la peur de ne plus pouvoir repartir, et du manque d'eau, de nourriture, le froid, les fois où j'étais complètement perdu ... j'ai l'impression que mon voyage prend un sens (enfin, ça me plaît de le penser
).

"Et Dieu créa la bicyclette pour que l'Homme en fasse un instrument de fatigue et d'exaltation dans le dur chemin de la vie. Sur ce col qui est devenu monument, aux épopées sportives de nous autres qui ayons toujours été âpres dans la vertue et doux dans les sacrifices". Amen !
Après avoir fini ma lecture, je lâche un "putain, 7000 bornes pour en arriver là"! Je me décale de quelques mètres et fais une petite sieste sur l'herbe
Je ne comprends pas de voir les touristes passer devant la gravure, pour aller prendre des photos du lac. Vous en verrez d'autres des lacs et des montagnes, cette sculpture est unique, elle !
Je repars un peu mieux, il est 16h30. La Madonna del Ghisallo n'est pas la plus grosse difficulté de la journée mais bien la Colma di Sormano, qui culmine à 1124m d'altitude . Ce sera le sommet de mon voyage, moi le modeste rouleur qui ai soigneusement évité tout relief pendant mon voyage, voilà ma session de rattrapage
.
La montée est bien plus longue mais la pente plus constante, ça me convient mieux. Et il commence à être tard donc il commence à faire plus frais
. A mi-pente, je m'arrête à Sormano, discute avec un retraité du village. Il me dit qu'il en a vu passer des cyclistes ici, plus que de voitures
Je me suis arrêté là pour éviter de refaire une fringale comme tout à l'heure et repars vite jusqu'au sommet.
En sortie de village, je vois un panneau "Muro di Sormano", une route qui descend sur ma gauche
. Une autre monte sur la droite et j'y vois une personne mettre son vélo dans sa voiture. Je l'interroge sur la route à suivre. Pour le Colma di Sormano et le Tour de lombardie, c'est par où ? Il ne connait pas le Colma di Sormano mais me dit que le Muro di Sormano est un monument, qu'il vient de le faire et que c'est extrême, un peu comme le mur de Huy, en plus long
. Je vais donc continuer tout droit : j'ai pas envie de descendre pour aller me farcir du 20%, et me cramer alors que Côme est encore loin (j'ai compris mon erreur en voyant l'édition 2017, qui a bien emprunté le mur
)... Je poursuis donc tout droit et arrive enfin au sommet
.

Le sommet du Colma di Sormano
La vue est belle, je suis monté haut! Je prend une photo et vais manger (je mange beaucoup aujourd'hui) dans le bar/restaurant présent au sommet. Là, à ma grande surprise, je vois du vélo à la télé
. Il reste quelques kms. J'interroge deux belges qui étaient au comptoir. Où est Démare
Il a perdu, c'est le Giro Rosa que l'on regarde. Ah, avec toutes mes pauses, j'ai loupé une nouvelle victoire que Kittel. Tant mieux finalement, j'ai moins de regrets!
Avant de redescendre vers Côme, on me rassure en me disant qu'il n'y a pas de tunnels en bas, contrairement à hier pour revenir à Bergame. Je repars bien reposer, je suis donc alerte sur la longue descente menant vers Zelbio et la partie est du lac de Côme. J'ai mis le gros braquet, et suis sur mon 53*11 car c'est très roulant

La forêt que je traverse lors de cette longue descente très roulante m'amenant à l'est du lac de Côme
A partir de Nesso, je suis sur une route au bord du lac, il y a quelques faux-plats mais je vais pouvoir me "reposer" et profiter d'une belle vue sur l’extrémité est du lac avant les 2 dernières ascensions.

La ville de Torno, où l'on fait un dernier virage avant d'arriver à Côme
J'arrive à Côme en début de soirée, les derniers kilomètres de plat avec vent de face ont douché mon enthousiasme. Il y a beaucoup de trafic et je perd beaucoup d'énergie à rester concentré sur la circulation tout en cherchant ma route car je me suis très vite perdu
Heureusement pour moi, je vois un cycliste à un feu, qui rentre de son entraînement et habite au pied du Civiglio. Après lui avoir très brièvement raconter mon objectif, il m'encourage à le suivre
. Merci à lui, je ne suis jamais à l'aise en ville en fin de soirée: mes deux chutes ont eu lieu dans ces circonstances, la fatigue entraînant des erreurs de trajectoire et d'appréciation...
Me voilà au pied du Civiglio (encore une fois, en voyant l'édition 2017, je me suis rendu compte que j'avais grimpé le Civiglio du mauvais côté
). Moi qui me sentais à l'aise dans la descente précédente, j'ai les jambes coupées. Je grimpe quasiment à l'arrêt, je suis à bout. Je vois au loin un marcheur rentrant chez lui à pied tout là-haut. Il doit faire ce trajet régulièrement, un courageux assurément
. Car la pente me paraît interminable. Je mets du temps à arriver à sa hauteur, puis voyant une fontaine, on s'arrête. Il n'est pas fatigué, moi si, pourtant on va quasiment aussi vite. Ca l'amuse. Moi aussi finalement
. Je repars et continue de monter au train jusqu'au panneau Civiglio. Mais la route continue, je passe encore un lacet mais la route n'est plus bitumée. Je redescend puis vois une ruelle avec une pente très raide qui redescend dans la ville. Ca me paraît bizarre de passer par là, je ne sais pas si on m'a amené du bon côté de la côte, mais au moins, je l'ai monté
. Je n'aurais de toute façon pas pu, vu mon état de fatigue, imiter Nibali dans la descente
. Je ne sais pas comment il a fait, après 200 bornes, pour descendre à bloc et semer tous ses poursuivants. C'est dans ces moments-là que j'ai compris à quel point ce que font ces champions est incroyable
car les premiers mètres de la descente, des deux versants, se font dans une ruelle sinueuse et étroite.

Brunate, sur les hauteurs du Civiglio, à l'ouest de Côme
Je retombe dans le centre-ville, mets mes chaussures de ville, et décide de marcher en cherchant un hôtel. C'est 150 euros minimum, les autres sont complets. Merci, au revoir, je dormirai à la belle étoile
. Mais avant; il y a une fête foraine au bord du lac. Je vais y manger 2 sandwichs, et en prendre un troisième demain. Ravie, la tenante du stand ne m'a pas fait rigueur d'avoir squatter ses toilettes en préfabriqué pendant une heure pour me changer et faire ma toilette avant d'aller me coucher
.
Il est 23h maintenant. Je m'éloigne du lac, où je crains le bruit, les mecs bourrés, et surtout les moustiques
. Je vais vers San Fermo della Battaglia, dernière difficulté que je n'ai pas souhaité faire vu mon état de fatigue avancé. Je terminerai le parcours demain matin au réveil (dommage il me reste plus que 10kms
). Je vois un parc, mais la police veille donc je vais chercher plus loin. Je trouve finalement un super endroit pour dormir : l'entrée d'une chapelle. Décidément, bien que non-croyant, j'ai été en pèlerinage aujourd'hui et je conclu mon quatrième monument en m'étendant dans la pénombre sur des dalles de marbre qui me rafraîchissent et m'aide à trouver le sommeil rapidement.

Etant dans un renfoncement, ni moi, ni mon vélo ne sommes visibles des passants. La planque parfaite !
Pour plus de photos du parcours (comme le Muro di Sormano que j'ai lâchement contourné), tout se trouve dans la présentation très complète d'Albator
viewtopic.php?f=3&t=66360&p=2696711&hil ... a#p2696711
Hier, j'ai pu débuter le parcours d'Il Lombardia, quatrième des cinq monuments que je souhaite faire, en effectuant la première difficulté près de Bergame, le Colle Gallo
Je repars en direction d'Almeno San Salvatore, pour prendre la direction de l'ouest et du lac de Côme. Comme pour chaque monument, je pars avec une grande motivation, la forme est bonne mais je vais à nouveau me perdre pour trouver la route 342 qui m'amènera jusqu'à Santa Maria Hoè, au pied du Colle Brianza. C'est une côte assez courte, comme le Colle Gallo, 4kms à 5,7% de moyenne. Comparée aux monstres qui m'attendent, c'est un bon échauffement
J'arrive au pied vers 9h30, j'ai pu faire 30kms d’échauffements avant de m'élancer, c'est l'idéal pour moi qui mets beaucoup de temps à mettre en route. Je monte à mon rythme, me fais dépasser cette fois-ci par un groupe d'une vingtaine de cyclistes à l'entraînement. Je ne fais pas comme hier et les laisse s'échapper, la journée sera longue ! Arrivé au sommet, je m'arrête à la place du village d'Alta Brianza, au sommet du col, et vais au café, galère pour trouver un mur où poser mon vélo, ils sont tous pris puis je vais devoir attendre mon tour car je ne suis pas le premier cycliste arrivé. La pause sera donc un peu plus longue que prévue

L'église du collet Brianza, près de la place où j'effectue ma première pause.

La ville abandonnée de Consonno, dans la descente du Colle Brianza, à Olginate
Je repars vers 10h30 pour redescendre en direction du lac de Côme que je souhaite longer. Je suis un peu touriste quand même. Sauf que le parcours officiel ne passe pas par là mais par Oggiono. Je suis trompé par mon "road book" j'ai dû mal noter les kilométrages je ne pensais pas arriver si vite à Oggiono. Peut-être dois-je faire une boucle ?

Pescate, à la fin de la descente du Colle Brianza. Voilà le lac de Côme
J'arrive au bord du lac, la vue est paradisiaque. Beaucoup de belles villa s'étendent le long des deux bords du lac en forme de croissant. Je comprend vite pourquoi le parcours ne passait pas par là. Je retrouve mon ennemi de cette dernière semaine: les tunnels

Le lac d'Annone, sur le parcours officiel
Je continue de suivre le lac de Côme et décide d'en faire la moitié du tour de la rive sud, alors que j'aurai dû à Pare, partir vers Valbrona et Asso pour faire le tour du lac d'Annone, ce qui m'aurait certainement évité de passer par tunnel
La route est étroite au bord du lac, et ce n'est pas très sécurisant avec les camping cars qui n'ont pas la place de se croiser. Parfois ça bouchonne. En fait, je vais aussi vite à vélo que les voitures, et pour minimiser les manœuvres, j'anticipe les croisements de véhicule, histoire de ne pas m'arrêter et de rester en mouvement, car il commence à faire chaud. Je croise pas mal de cyclistes à l'entraînement ce matin, et qui pour la peine, s'entraînent très sérieusement le long du lac
Je repars à 13h pour attaquer la Madonna del Ghisallo

Vue depuis la terrasse de l'hôtel "Il Perlo Panorama" sur le centre du lac de Côme
Je profite d'un belvédère sur le centre du lac, et en profite pour me réhydrater. Le serveur s'y connait en vélo, lui aussi est cycliste! Il me rassure: la pente au pied est maximale, après ça va mieux. Puis il me raconte un peu de la légende du tour de Lombardie. Ma motivation s'amplifie
Je repars surmotivé donc, vers 15h30. Il fait un peu moins chaud, et surtout, je me suis bien hydraté avant de repartir (finalement le serveur à bien fait son travail, j'ai enchaîné les limonades). Je me remets à un bon rythme, la pente est plus abordable. Mais cela fait longtemps que je n'ai pas mangé, et j'ai une fringale sur les deux derniers kms. Je n'ai plus rien dans mes poches, que du pain dans mon sac, et je n'ai pas envie de m'arrêter en pleine pente pour aller chercher de quoi manger, surtout que l'ombre est rare. Si je m'arrête, dur de repartir ! J'arrive au sommet, au bout du bout, vois la chapelle, la beauté de la vue sur le lac, des stèles en hommage au plus grands champions italiens

Messieurs Coppi, Bartali et Binda à l'entrée de la chappelle

La chapelle de Notre-Dame de Ghisallo
Je marche quelques mètres sur l'herbe, y fais tomber ma bicyclette prend mon pain, et m'assied en face de cette sculpture en hommage aux cyclistes, la fatigue me mets au bord des larmes

Je prend le temps en mangeant de lire ce qui est écrit sous la gravure, représentant un cycliste vainqueur (comme j'ai pu me le sentir au sommet de l'Olympe, à Roubaix, à Grammont, à Huy ...) et un cycliste à terre (comme j'ai pu me le sentir, par exemple, lors de mes crevaisons en Hongrie, en Roumanie, en Croatie, le face-à-face avec une voiture lors de la descente d'un col en Albanie...). Je me reconnais fortement dans ce qui est écrit, c'est pour moi une forme de reconnaissance de ce que j'ai pu endurer pendant ces longues heures de selle, que ce soit la joie de la découverte et de repousser mes limites, mais aussi la peur de ne plus pouvoir repartir, et du manque d'eau, de nourriture, le froid, les fois où j'étais complètement perdu ... j'ai l'impression que mon voyage prend un sens (enfin, ça me plaît de le penser

"Et Dieu créa la bicyclette pour que l'Homme en fasse un instrument de fatigue et d'exaltation dans le dur chemin de la vie. Sur ce col qui est devenu monument, aux épopées sportives de nous autres qui ayons toujours été âpres dans la vertue et doux dans les sacrifices". Amen !
Après avoir fini ma lecture, je lâche un "putain, 7000 bornes pour en arriver là"! Je me décale de quelques mètres et fais une petite sieste sur l'herbe
Je ne comprends pas de voir les touristes passer devant la gravure, pour aller prendre des photos du lac. Vous en verrez d'autres des lacs et des montagnes, cette sculpture est unique, elle !
Je repars un peu mieux, il est 16h30. La Madonna del Ghisallo n'est pas la plus grosse difficulté de la journée mais bien la Colma di Sormano, qui culmine à 1124m d'altitude . Ce sera le sommet de mon voyage, moi le modeste rouleur qui ai soigneusement évité tout relief pendant mon voyage, voilà ma session de rattrapage
La montée est bien plus longue mais la pente plus constante, ça me convient mieux. Et il commence à être tard donc il commence à faire plus frais
En sortie de village, je vois un panneau "Muro di Sormano", une route qui descend sur ma gauche

Le sommet du Colma di Sormano
La vue est belle, je suis monté haut! Je prend une photo et vais manger (je mange beaucoup aujourd'hui) dans le bar/restaurant présent au sommet. Là, à ma grande surprise, je vois du vélo à la télé
Avant de redescendre vers Côme, on me rassure en me disant qu'il n'y a pas de tunnels en bas, contrairement à hier pour revenir à Bergame. Je repars bien reposer, je suis donc alerte sur la longue descente menant vers Zelbio et la partie est du lac de Côme. J'ai mis le gros braquet, et suis sur mon 53*11 car c'est très roulant

La forêt que je traverse lors de cette longue descente très roulante m'amenant à l'est du lac de Côme
A partir de Nesso, je suis sur une route au bord du lac, il y a quelques faux-plats mais je vais pouvoir me "reposer" et profiter d'une belle vue sur l’extrémité est du lac avant les 2 dernières ascensions.

La ville de Torno, où l'on fait un dernier virage avant d'arriver à Côme
J'arrive à Côme en début de soirée, les derniers kilomètres de plat avec vent de face ont douché mon enthousiasme. Il y a beaucoup de trafic et je perd beaucoup d'énergie à rester concentré sur la circulation tout en cherchant ma route car je me suis très vite perdu
Me voilà au pied du Civiglio (encore une fois, en voyant l'édition 2017, je me suis rendu compte que j'avais grimpé le Civiglio du mauvais côté

Brunate, sur les hauteurs du Civiglio, à l'ouest de Côme
Je retombe dans le centre-ville, mets mes chaussures de ville, et décide de marcher en cherchant un hôtel. C'est 150 euros minimum, les autres sont complets. Merci, au revoir, je dormirai à la belle étoile
Il est 23h maintenant. Je m'éloigne du lac, où je crains le bruit, les mecs bourrés, et surtout les moustiques

Etant dans un renfoncement, ni moi, ni mon vélo ne sommes visibles des passants. La planque parfaite !
Pour plus de photos du parcours (comme le Muro di Sormano que j'ai lâchement contourné), tout se trouve dans la présentation très complète d'Albator
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Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 00:04, modifié 4 fois.































