La Rotarienne, c'est tout simplement le parcours de 92 kilomètres, le parcours \"moyen\" donc. C'est un parcours qui s'annonce vallonné sans être trop dur, un parcours qui je pense, devrait me convenir. Il s'agit également d'un objectif, non pas pour une victoire, mais si ça veut bien sourire, je serais déjà très content de faire dans les 10 premiers.
Voici le parcours :
http://www.openrunner.com/index.php?id=4316280
La semaine avant se passe on ne peut mieux, je dors très peu les jours précédents et la veille au soir en face de chez moi, fête du lycée jusqu'à minuit, puis des slaves saouls dans la rue vers 3 heures qui gueulent avant coups de klaxon (des mêmes?) à 3h30, pour un réveil à 6h45 j'ai très peu dormi hum... Vu l'état de fatigue que j'ai en arrivant à l'Isle Jourdain, lieu du départ et d'arrivée, je me dis qu'on verra bien ce que je ferais. Je vais chercher mon dossard et roule un peu avant d'aller me placer pour le départ. J'arrive à me caler dans les 60/70 premiers (nous sommes 260 au départ), on part à côté du stade de rugby et je suis entre trois gars qui roulent une fois par semaine, les poils aux pattes, qui ne visent rien, et qui me bloquent au départ...
Le départ parlons en, une catastrophe, vu qu'on part à côté du stade, on doit passer un espèce de portail avec donc rétrécissement de la chaussée, du coup bouchon, du coup mode trottinette sur 200 mètres (une pédale enclenchée, le pied pour pousser avec l'autre jambe) puis petite route pour prendre la départementale. Au moment où je déboule sur cette départementale, il y a déjà un gros trou entre les 30 premiers et le reste, me voilà déjà à fond, à 40/45 km/h vent de face, pour revenir sur le peloton qui doit avoir 150 mètres d'avance (!) les premiers kilomètres sont neutralisés mais ils roulent tout de même à 35, pendant quelques secondes, grosse peur de ne pas rentrer. Mais heureusement je rentre assez vite.
Nous voilà assez vite sur de petites routes, ralentissements etc.heureusement ça ne dure pas, car après 6,5 kilomètres apparait la première bosse, le pied n'est pas facile, je suis moyen dedans, de plus le vent de 3/4 face fait mal. Il faut également éviter les coureurs qui reculent. 5 hommes se dégagent, on ne les reverra jamais!
La deuxième est un peu plus dure, mais peut être que le vent de face empêche de faire une plus grosse sélection, je subis encore un peu, jamais très bon en début de course, je vais même dire que je m'accroche à rester dans les 20 premiers, alors que d'autres reculent, voir explosent. Les descentes très pentues sur petites routes suivies de côtes, étirent, étirent... Mais ça ne s'organise pas.
La troisième côte me permet de remonter dans la roue d'un junior de l'Isle Jourdain, les gars viennent du Tour des 3 Vallées et sont les équipiers des Moncassin et Sivakov et ce junior va me mettre en difficulté, en haut de la côte montée fort, je le laisse prendre quelques mètres préférant l'abri du peloton. Lui se relève pour rouler en tête de celui ci. Il y a 3/4 équipes vraiment représentées : Balma, Caisse d'Epargne (Sorèze? en blanc et rouge), Peyragudes (mais ils ont un gars devant) et l'Isle Jourdain Junior.
La côte m'a permis de me retenir, on est 50 dans le peloton grand maximum.
Dans le peloton, pendant les 23 kilomètres suivants (on en a parcourus 20) ça va attaquer, se regarder etc. en boucle.
Moi j'ai un soucis, lorsque je relance en danseuse gros plateau, je sens la roue arrière qui appuie sur le frein jusqu'à faire le bruit du freinage, pourtant elle n'est pas voilée (non à l'Islam
En haut d'une bosse je place un démarrage, personne ne prend ma roue dans le peloton et je reviens dans la descente sur deux coureurs en contre, le but de tout ça? Manger une barre de fruits, trop de bordel dans le peloton, on est repris au pied d'une nouvelle bosse... RAS
Voici enfin, au 44ème kilomètre, la côte la plus dure du parcours, pour la deuxième fois du parcours, je passe le petit plateau, et là je me sens bien, le peloton explose, je suis dans les 5 premiers, et bien, surtout par rapport (dédicace à un junior de l'Isle Jourdain) qui reste sur le gros plateau à se déhancher. J'ai un peu plus de mal sur les faux plats suivants mais ensuite en me retournant je remarque qu'on est plus que 20. Toutefois une vingtaine d'autres coureurs rentreront sur la longue portion de plat.
Mais en haut de cette bosse, une vague avec freinage, et je touche la roue du gars devant moi, gars qui a, comme bien trop de coureurs dans le peloton, mis le bout de fer qui permet de serrer la roue (me rappelle plus du nom) non pas collé au vélo mais vers le bas, du coup, le rayon choppe et clac, pas voilé car costaud le rayon, mais roue avant complétement voilée (Allah philippe!). Pour vous dire après la course, en faisant tourner la roue à la main en roue libre, il fait max 5 tours avant d'être bloquée... Séance de force sur la deuxième moitié de la course donc.
Sur le plat je suis en queue de groupe, plus occupé à regarder l'état de mon vélo que la course. Ça roule par à coups et me voilà au pied de la bosse suivante, sur une route bien trop petite, à l'arrière, très difficile de remonter, surtout quand deux coureurs lâchent en même temps et occupent toute la route. Je comble un trou, mais le groupe que je reprends a pété, et j'en rebouche un autre, seul, avec la roue arrière qui refait du bruit, je me suis vraiment fait la peau et après mon retour, ça ralenti, je crois que quasiment tout le monde rentre. Sur les faux plats suivant, je souffre. Dans une petite bosse, je vois un pote attaquer, je sors de l'arrière, sans y croire, ben si, je croyais être mort, mais finalement on sort à 4, bon ça sera de courte durée puisque on est repris juste après la bosse. Un coureur sort en contre, il finira 6ème.
Et nous revoilà dans les faux plats montants, descendants... Et le cul vissé sur la selle (les bruits de la roue arrière m'inquiètent), je serre vraiment les dents. Finalement ça passe et dans une descente pas très prononcée mais assez dangereuse, je me replace, pour au final me faire enfermer. Un autre coureur est sorti, le gars a attaqué toute la course et va aller chercher la 7ème place, il a désorganisé le peloton... car il avait un coéquipier à l'avant et sa 7ème place est totalement méritée. A l'abord de la ligne droite finale, me voilà plein vent. Je récupère deux, trois places, et me voilà à sprinter totalement dans le vent, à bloc, je ne remonte pas un centimètre sur mon voisin de gauche, qui lui est abrité. Je perds une ou deux places dans les 10 derniers mètres... 20ème!
Satisfait, un top 10 était prenable sans soucis mécanique, mais je ne suis pas vraiment déçu, la victoire était hors de portée, même sans soucis, les 5 de devant étaient au dessus, je ne me crois pas (encore?) capables de faire une échappée de 80 kilomètres aujourd'hui.
Le détail de la course :
https://www.strava.com/activities/319429847
Au final, je continu à me surprendre en côte, surtout lorsqu'il faut mettre le petit plateau, la perte de poids (je suis à 67,6 kg pour 72 au 1er de l'an) y est pour quelque chose. Je manque du coup un peu de puissance sur les faux plat. Et j'aurais préféré un parcours plus dur.
Le parcours, les petites routes, la remontée des commissaires en moto, les dangers... la course ne m'a pas plu. A choisir, l'an prochain, je fais l'Albigeoise qui propose des côtes plus longues et plus dures. C'est également mon premier top 20 en cyclo et je suis satisfait de la moyenne par rapport au parcours, je vois que je progresse et que le travail paie, c'est donc encourageant, à un peu moins de deux semaines de mon gros objectif de la saison (le Tour du Tarn Sud), c'est bon pour la confiance, surtout que la semaine passée, j'avais abandonné. Et puis, quel plaisir d'être parmi les meilleurs en bosse, c'est quelque chose qui m'était jamais arrivé (chez les jeunes sous entrainés je prenais cher, et j'étais content de tenir sur parcours plats), ça fait vraiment, vraiment du bien.

