Pour plusieurs raisons. Déjà parce que ce n'est pas l'ADN d'un championnat du monde de proposer ce genre de circuit. Je serai autant opposé à ce genre de parcours qu'à un Tour de France sans CLM. Mais ce n'est pas qu'une histoire de conservatisme. Un championnat du monde doit être un minimum ouvert et proposer un circuit avec un vrai col ne va pas dans ce sens là. Sur une épreuve en montagne il y a peu de surprise, peu de mouvement tactique. Le plus fort gagne. Selon la forme du moment des coureurs on connaîtrait le Top 10 quasiment avant le départ.guigui22 a écrit : Pourquoi "beaucoup trop dur et totalement inapproprié à la discipline" ?? Un championnat tout plat c'est beaucoup trop dur pour les grimpeurs. Pourtant il y en a de temps en temps... Un championnat en montagne, ça serait beaucoup trop dur pour les sprinteurs, mais pour les grimpeurs c'est leur terrain de jeu, pourquoi n'y aurait-il pas le droit eux aussi ?
Il en faut pour tout le monde. La montagne fait partie du cyclisme, elle fait même partie des plus belles histoires du cyclisme. Les grimpeurs méritent leur chantier sur un CDM une fois de temps en temps. Je ne comprends vraiment pas le "inapproprié".
Un circuit de 30 bornes avec un col de 10km à 7-8% à faire 7 fois, soit 210km, c'est amplement suffisant, et ça permettrait aux grimpeurs de pouvoir avoir leur CDM une fois.
J'entends l'argument du CDM pour sprinteur qui revient (trop) souvent. Mais même sur une course plate plusieurs scénarios sont envisageables et la course reste un minimum ouverte. Même si l'exemple n'est pas idéal car ça ne se reproduirait pas dans un CDM, Virenque a bien gagné un Paris-Tours. Sur un parcours comme Copenhague un groupe de gros rouleurs peut très bien sortir et se jouer la gagne, Cancellara peut faire le kilomètre etc. Ca reste bien entendu difficile vu le niveau des coéquipiers dans le cyclisme actuel mais la probabilité existe.
Surtout les grimpeurs n'ont pas besoin d'un parcours avec 7 cols pour gagner. A Florence, par exemple, les mecs qui arrivent pour la gagne sont tous des grimpeurs, vainqueurs de GT et de courses d'une semaine. On peut leur faire des parcours adaptés sans tomber dans l'extrême et surtout sans nuire à la mixité du plateau et des coureurs pouvant s'illustrer. Car c'est aussi une notion importante qu'un CDM doit respecter. Sur le circuit de Florence, la gagne se joue entre grimpeurs, mais Sagan et Cancellara ne sont pas très loins derrière. Avant la course, Cancellara était un outsider sérieux. Un CDM doit maintenir cette forme d'incertitude pour offrir un beau plateau et motiver tout le monde. Sur un CDM montagneux combien seraient motivés ? Peu à mon avis. Même pas sûr que des Gilbert, Cancellara feraient le déplacement.
Autre point sur lequel je ne suis pas d'accord : réduire la distance pour augmenter la difficulté du parcours. A l'image des grandes classiques un CDM se doit d'être long et dépasser les 250 bornes. Le kilométrage est une donnée importante dans ces courses et ce serait malheureux d'y toucher. C'est comme si on amputait 50 bornes à MSR pour lui concocter un final type LBL. On toucherait à l'ADN de la course et ça m'ennuierait.
Je ne suis pas contre l'innovation et contre un peu de changement, au contraire. Je suis même assez déçu des parcours qu'on nous propose en ce moment, ne tenant absolument pas compte des données du cyclisme actuel. Et j'aimerais vraiment voir des circuits plus difficiles, plus sinueux, sur des routes moins belles. J'aimerais voir des circuits type Duitama plus régulièrement, afin que les grimpeurs puissent s'y exprimer et se motiver pour cette course. Mais je n'aimerais pas tomber dans l'extrême du circuit de haute montagne.

