Classements historiques

Forum consacré à l’histoire du cyclisme : palmarès de coureurs, récits de courses, classements anciens et jeux thématiques. Un espace pour débattre entre passionnés de la Petite Reine et redécouvrir les grandes heures du vélo.

Modérateur : Modos VCN

slava.borodin
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Classements historiques

Bonsoir,

J'aimerais un avis des experts sur mon classement historique pour l'année 1946.

20 épreuves sélectionnées soigneusement, les 20ers coureurs de chaque épreuve récompensés. Le barème est mixte : épreuves par étapes (120-90-72, etc.) , courses d'un jour (120-72-60, etc.), championnats du monde (120-84-60, etc.) et course contre le chrono (120-66-42, etc.). Le TDF vaut 100%, le Giro 90%, la Vuelta 70%, les classiques 50%, etc. Je me suis un peu inspiré de Daniel Marszalek, mais j'ai affiné le système de sorte qu'il corresponde à la réalité historique (par exemple Liège-Bastogne-Liège ne vaut pas Paris-Tours en 46, et d'ailleurs l'épreuve ne sera pas choisie pour les 3 représentants la Belgique pour le Challenge Desgranges-Colombo en 48, mais bien la Flèche Wallonne, dont le parcours est d'ailleurs plus long). Mon but est plus ou moins de créer une encyclopédie des meilleurs cyclistes d'après-guerre, ni trop fournie, ni pas assez, si bien que tout coureur classé un jour dans le Top-20 d'une épreuve importante figurera dans l'encyclopédie. J'aime bien les seconds couteaux, et surtout il m'importe de pouvoir comparer ce type de coureurs sur des épreuves semblables à travers le temps. Si ça vous intéresse, je posterai ensuite le calendrier, puis je posterai mon classement pour 1947. Je soigne le travail autant que je peux.

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JeanMarieC
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Re: Classements historiques

Par rapport au classement sur mon site, la grosse différence est Camellini qui, chez moi est 9°. Il n'apparait pas du tout ici. A quelle place figure-t-il ? Il a quand même gagné Paris Nice et A travers Lausanne notamment.

J'ai aussi du mal à comprendre la 10° place de Bonduel.
slava.borodin
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Re: Classements historiques

Camellini est 37ème avec 47,5 pts. Il a pris 42 pts sur Paris-Nice et 5,5 sur Paris-Tours. Il est 7ème en 47.
Bonduel prend 24 pts sur Paris-Roubaix, 5,5 pts sur Paris-Bruxelles, 29,4 pts sur Paris-Nice, 24 pts sur Paris-Tours et 9,6 pts sur la Flèche Wallonne.

Paris-Nice en 46 ne vaut que 35% chez moi (soit 120*0,35 pour son vainqueur). Les classiques où Bonduel a pris des points, sauf la Flèche wallonne, valent 50% (et la Flèche 40%, parce que courue exclusivement par des Belges, jusqu'en 48 et son entrée dans le Challenge D-C qui amène des Italiens, dont... Camellini qui l'emportera cette année-là et où l'épreuve sera cotée comme les autres classiques du Challenge.

J'ai oublié de dire que le vainqueur d'étapes des épreuves par étape prend 10% du barème (soit 12 pts*... selon le niveau de l'épreuve).
slava.borodin
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Re: Classements historiques

J'ajoute que la course À Travers Lausanne n'est pas retenue. Je vais donner mon calendrier 46 ci-dessous.
slava.borodin
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Re: Classements historiques

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runnz
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Re: Classements historiques

Ton travail s'annonce passionnant et très bien construit.
Mais ton calendrier sera difficile à tenir en approchant les années 70' et encore plus après 1988 où le nombre de courses importantes sera doublé par rapport à 1946. Ce fut mon grand soucis dans mon classement "les Coureurs de l'Année" en page 2. J'ai dû virer Paris-Bruxelles en 2010, et Paris-Tours en 2012 (remplacé par le GPE3 Harelbeke) pour ne pas dépasser ma limite de 30 courses. Mais tu verras et sans doute as-tu déjà une précise là-dessus.

En tous cas, ton exemple 1946 reflète très bien les coureurs les plus en vue cette année-là.

Je donne à titre de comparaison mon classement "annuel", puis, plus bas le TOP10 ayant servi de concours où j'ai incrusté mon propre barème avec celui de CyclingRanking pour favoriser les vainqueurs des grandes courses, aspect très négligé sur ce site.

1946
1 F. Coppi .. 238
2 G. Bartali .. 221
3 B. Schotte .. 119
4 G. Bresci .. 97
5 V. Ortelli .. 96
6 E. Masson jr .. 85
6 A. Ronconi .. 85
8 F. Bonduel .. 84
9 L. Teisseire .. 82
10 S. Crippa .. 81
11 M. Desimpelaere .. 80
12 H. Knecht .. 78
13 J. Berrendero .. 75
13 R. VanSteenbergen .. 75
15 M. Kint .. 71
16 S. Grysolle .. 69
17 M. Ricci .. 68
18 A. Baito .. 65
18 M. Demuer .. 65
20 G. Cottur .. 62
20 L. Vlaemynck .. 62
22 B. Pasquini .. 61
23 A. Leoni .. 60
24 E. Bertocchi .. 59
24 E. Cecchi .. 59

TOP10 1946
1 . G. Bartali 4007
2 . F. Coppi 3694
3 . D. Langarica 2047
4 . J. Berrendero 1844
5 . B. Schotte 1689
6 . V. Ortelli 1370
7 . G. Bresci 1259
8 . R. VanSteenbergen 1246
9 . A. Ronconi 1231
10 . H. Knecht 1223


Une question aussi, que feras-tu des nombreux cas d'ex-equo jusqu'à la fin des années 50' sur certaines courses ?


Le plus difficile pour moi restant de concilier un classement annuel où il faut valoriser "tous" les coureurs ayant eu certains succès, et un classement historique où doivent inévitablement se maintenir dans les premiers rangs les plus grands champions, or, avec l'addition des résultats annuels, des Rebellin, Bitossi et Lasa devancent même des VanSteenbergen, Koblet et autres légendes, tel Gaul ou Bahamontès.
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runnz
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Re: Classements historiques

Notez.
Si Langarica n'est pas dans les 25 premiers (plutôt 30e) c'est que c'est seulement à partir de 1955 que je donne les points actuels à la Vuelta, avant, cette course avait le même barème que Paris-Nice ou le Tour de Suisse.
slava.borodin
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Re: Classements historiques

Je sais que les difficultés vont arriver avec l'apparition de courses aujourd'hui importantes ou qui le furent (Amstel, Tirreno, Francfort, Semaine Catalane, Pays Basque, pour ne rien dire des plus récentes comme les courses du Québec ou les merveilleuses Strade Bianche). L'idée est globale est : jamais moins de 20 courses, jamais plus que 30, et peut-être un ajustement au niveau des points attribués globalement. D'un autre côté, ne pas perdre de vue ceci que le peloton des années 46/50 n'est pas très étoffé et qu'il était par conséquent plus facile de remporter le Tour de Suisse en 46 avec 60 partants qu'en 2017 avec le triple de coureurs au départ. Je suis attentif aussi à la valeur réelle des courses (leur réputation) à l'époque. Pour nous, Liège-Bastogne-Liège fait partie des "big 5", mais en 46 l'épreuve n'est pas très prisée, elle fait à peine 200 km et ne sera pas retenue pour le Challenge Desgranges-Colombo. Et curieusement, elle ne sera pas hautement considérée ensuite par le Super Prestige Pernod. Certaines anciennes courses sont aussi trompeuses. Prenons le Championnat de Zurich en 46 : Bartali vainqueur ! Ce doit être une grande course ! Or, la course ne fait que 180 km et il y a 30 mecs au départ. Autant dire une kermesse. Nous sommes parfois trompés par le palmarès. C'est comme si nous regardions aujourd'hui Halle-Ingooigem comme une grande épreuve historique parce qu'on trouve à son palmarès Van Steenbergen, Van Springel, De Vlaeminck ou Vanderaerden. Pas oublier que jusque dans les années 80, le salaire des coureurs n'était pas ce qu'il est devenu et que les primes de victoire n'étaient pas à négliger, d'où présence forte de cadors sur des courses de second et troisième niveau.

Si je n'avais pas voulu qu'il y ait au moins 20 courses minimum dans mon calendrier, j'aurais dû écarter le Championnat de Zurich, Liège-Bastogne-Liège (faible kilométrage par rapport aux standards de l'époque) et même la Flèche Wallonne (qui n'intéresse que les Belges avant 48, tout comme Gand-Wevelgem qui, jusque tout récemment, n'était jamais qu'une course de consolation, une séance de rattrapage pour les perdants de Ronde, et pas du tout un objectif, sinon pour les seconds couteaux comme Hoban, Karstens, Van Linden, etc.). Paris-Bruxelles et Paris-Tours étaient par contre des objectifs en 46. Mon idée, c'est qu'il est plus facile de faire un top-10 dans une classique en 46 pour un Prosper Depredomme qu'en 2017 pour un Van Avermaet. Sinon je pense que, à palmarès moindre, un coureur qui gagnait une course avec 10 minutes d'avance sera toujours plus considéré qu'un coureur actuel avec un plus gros palmarès mais qui gagne avec 12 secondes d'avance, parce qu'aujourd'hui on ne gagne plus avec même deux minutes d'avance. Alors évidemment, on regardera toujours des Coppi/Bartali avec des yeux grands comme ça.

L'internationalisation des courses est aussi un critère. D'où exclusion des semi-classiques italiennes. Je n'exclus d'ailleurs pas de revoir le calendrier ou le barème de certaines courses après coup (ma manière de travailler le permet sans y passer une année). Pour la valorisation de la Vuelta... Je l'ai mise à 70%, parce que si la course est peu achalandée (48 partants), elle dure trois semaines (23 étapes) et son kilométrage est de 3847 km (contre 3039 pour le Giro en 46, avec 79 partants). Pour moi, il y a trois niveaux de courses par étapes : les GT, les courses d'au moins une semaine, et le reste. Il n'est donc pas possible que le Tour de Suisse puisse valoir autant que le la Vuelta. Maintenant, si le TDF est à 100 et la Tour de Suisse à 50, à combien mettre la Vuelta en 46 ? 60, 70, 75 ? C'est peut-être d'ailleurs une mauvaise question pour cette année-là, puisque le TDF ne reprend qu'en 47. D'ailleurs si le TDF est la course-étalon, fixée à 100, est-ce que le Giro est à 90% ou à 80% ? Est-ce que désormais le Giro ne vaut pas autant que le TDF, et la Vuelta pas loin ? Je ne dois pas être le seul à trouver que le TDF est actuellement survalorisé et qu'il vit sur son passé. Autre remarque : la nationalité du compilateur. Je suis Belge, donc tendance à valoriser, parce qu'elles me sont plus familières, les courses de mon pays. Se méfier de ça.

Pour la problématique du classement historique global, il est certain que les coureurs à la longue carrière et toujours bien placés un peu partout (Zoetemelk, Poulidor, Bitossi, et) finiront toujours dans un tel classement devant les coureurs à la carrière plus courte et qui furent des cadors. D'un autre côté, est-il possible de comparer Ocaña, coureur génial mais pour le moins fantasque et à éclipses, avec, pour prendre un coureur de la même époque, et qui je crois se situe plus ou moins de même niveau question points pris, Raymond Delisle ? Est-ce que Indurain, coureur focalisé sur le Tour de France et qui en a gagné 5, est un plus grand coureur que Gimondi qui n'en a gagné qu'un seul ? Je ne pense pas, car Gimondi était présent partout ailleurs. Et était-il au fond un plus grand coureur que Nencini ou Bitossi ou Zilioli ? Au vu du TDF, oui. Sinon, ben, bof. Il y aussi ceci : nous nous accorderons pour dire que la période 65/75 était certainement la plus riche en cadors. Quel aurait été le palmarès des autres coureurs sans Merckx ? Est-ce que Merckx les a étouffés ou au contraire poussés ? Sans la volonté de battre Merckx, quid de Verbeeck, Godefroot, De Vlaeminck et consorts ?

Additionner les points purement et simplement pour faire un classement global ne doit pas être l'objet final, sinon, de fait, on va se retrouver avec des aberrations et une forte présence de coureurs à longue carrière et une dévalorisation apparente de coureurs à la carrière plus brève ou spécialisés. Mais doit-on punir Poulidor et Zoetemelk d'avoir duré tout en demeurant performants ? Après tout, Bartali aussi a eu une longue carrière, et malheureusement la guerre l'a pénalisé fortement. On ne saura donc jamais ce qu'aurait fait Bartali sans la guerre. Et les coureurs dont la carrière a été brisée (accident, décès prématuré), comment leur faire justice ? Rivière, Monseré ? Impossible.

Idéalement, il faudrait s'en tenir aux 20 meilleures courses d'une année donnée, en prenant pour base la valeur des mêmes courses les 5 années précédentes. Il existe une méthode pour y parvenir, mais c'est long. Cela signifierait aussi qu'une course ne pourrait pas être prise en compte avant d'avoir fait ses preuves au moins 3 années sur les 5 années précédentes. Pour utiliser cette méthode que j'ai mise au point, je dois attendre d'avoir 5 années, donc pas avant 51. Et cette méthode permet de connaître la réelle valeur d'une course à une époque (j'ai utilisé cette méthode à partir de 2011, donc en prenant comme base toutes les courses du calendrier, jusqu'aux courses 1.1 et 2.1, de 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010). Et idéalement aussi, il faudrait qu'il y ait un ratio entre les courses d'un jour et celles par étapes (qui se multiplient depuis des années, inutilement à mon goût), afin de respecter une certaine équité. Ça veut dire que sur 20 courses de référence, il y aurait un ratio strict, calculé sur la réalité du calendrier, du genre 12/8, qui signifierait en pratique que je m'en tiendrait aux 12 meilleures épreuves en ligne et aux 8 meilleures par étapes. Avec ce système, on se passe du World Tour où la preuve est faite (mon expérience que certaines épreuves ne méritent pas de figurer à ce niveau : Tour de Pologne, Down Under et Tour du Benelux dans une moindre mesure, preuves sportives à l'appui.

Je pense que tout classement compilatif est à relativiser de toutes manières et qu'il faut toujours mettre en parallèle certaines données : le palmarès du coureur au moment de la course (quand Van Steenbergen gagne son premier Ronde en 44, il a 19 ans, si bien que pour les spectateurs de l'époque, ce n'était pas le grand Rik qui gagnait, mais un petit jeune, peut-être une erreur de parcours), les écarts, voire la météo, car cela joue : la Doyenne de Hinault sous la neige est entrée dans la légende, tout comme l'étape du Giro gagnée par Hampsten.

Si on regarde les autres sports, par exemple la F1 ou le rallye, ce n'est jamais le pur génie qui est récompensé en fin de saison, mais le plus régulier. Parfois, ça concorde. Alors s'il s'avère que Zoetemelk figure plus haut dans les classements que Bartali (j'ai un doute quand même), un coup d’œil sur le palmarès permet de rétablir la justice. On ne trompera de toutes façon pas un spécialiste. Tout le monde adorait Lucho Herrera. Mais voilà, ce n'était pas Gaul ni Bahamontès.

Pour les exæquos, je les traite normalement. Si la douzième place accorde 13 pts, eh bien les 8 coureurs classés 12ème auront chacun 13 pts (*0,5 dans le cas d'une classique). Je ne peux faire autrement, hélas ! Ou alors il faut additionner les points de la place 12 à 20 et faire la moyenne (donc 13 + 11 + 9 + 7 + 5 + 4 + 3 + 2 + 1 = 55 ; 55/8 = 6,875). C'est peut-être plus juste ainsi, d'ailleurs, je vais y réfléchir.

Pardon d'avoir été si long et peut-être confus.
slava.borodin
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Re: Classements historiques

Pour les exæquos, c'est en effet plus cohérent de faire selon ma dernière suggestion. Je viens de tester ça sur Paris-Bruxelles 1948. 18 coureurs exæquo entre la 9ème et la 27ème place. en suivant la méthode 1 : tous les coureurs ont 21 pts. Selon la méthode 2 : 109 pts/18 = 6,05.
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runnz
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Re: Classements historiques

Dans le genre, tu me semble un cador. :smile:

Le point que tu sembles cependant négliger c'est la valeur absolument supérieure du TDF au Giro (même les plus difficiles), surtout depuis sa diffusion planétaire. À en juger le nombre de journalistes, de télés, de fréquentations sur les sites du net dédié au sport, le Tour est 3 fois plus important que le Giro en terme de publicité. Cela se répercute inévitablement sur la pression des favoris qui veulent obtenir une réputation mondiale avec leurs équipes qui poussent derrière.
En fait le Tour ne peut presque pas se comparer aux deux autres en terme d'importance, le Tour de France à lui seul représente le cyclisme pour la moitié de la planète. Les Classiques restant inconnues hors de la vielle Europe je ne souhaites pas évaluer. Je comprends cependant que pour l'évaluation des champions entre experts et archivistes, on se doit de donner un portrait plus réaliste en accordant aux autres épreuves un barème permettant de comparer les meilleurs sur la saison complète. Juste pour dire que niveau pression médiatique (qui se reflètent sur la tension des favoris) le Giro à 90% du Tour (actuellement) c'est pas très sérieux puisque les candidats espérant faire podium en juillet misent toutes leur préparation hivernale en vue du Tour et rien d'autres pratiquement.
Mais bon 70 ou 75% me semble un bon compromis. Mon humble opinion. :jap:

La Vuelta de par son passé peu glorieux, est bien en dessous malgré leur orgie de courses de côte qui a la beauté de faire varier le CG presque à chaque jour, mais où la plupart n'y sont que pour se tester sur 3 semaines.
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JeanMarieC
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Re: Classements historiques

Je ne suis pas d'accord sur le passé "peu glorieux" de la Vuelta.
Certes, les participants étaient surtout espagnols à l'exception de quelques courageux (belges notamment), mais les parcours étaient très difficiles (voir l'histoire de ces Vuelta dans Coups de Pédales).
C'est pourquoi je donne le même score à la Vuelta depuis le début de son existence jusqu'à nos jours.
:wink:
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Re: Classements historiques

JeanMarieC a écrit : 07 juil. 2017, 13:41 (voir l'histoire de ces Vuelta dans Coups de Pédales).
Nous avons les mêmes références !
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Re: Classements historiques

J'ai mis au point une méthode très complexe pour connaître la valeur sportive d'une course. Elle demande énormément de travail, mais elle est fiable et c'est une excellente base de travail pour les courses historiques. J'explique en gros.

Elle consiste à admettre une convention au départ, pour les 5 premières années (car le système ne marche bien que si on juge une course sur les résultats des 5 années précédentes) : choisir "arbitrairement" 20 courses de référence pour les cinq premières années, ensuite ça roule tout seul. Mais il faut bien commencer quelque part.

Pour 1946, je prends les courses de mon calendrier (assez peu discutable, et d'ailleurs je pourrais enlever les plus faibles), et j'applique un barème strictement égal pour toutes les courses, aux 20ers :

100, 75, 60, 50, 45, 40, 35, 30, 25, 20, 15, 13, 11, 9, 7, 5, 4, 3, 2, 1. Étapes : 10% du vainqueur, dont 10 pts.

J'obtiens donc une hiérarchie de coureurs :

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Elle va me servir pour hiérarchiser les courses de l'année suivante. Je ne conserve pas les points bruts, tout d'abord. Je réduis le score du premier à la valeur 100 (donc Coppi 480 = 100). Et ainsi de suite, les suivants hiérarchisés par rapport à la valeur réduite du premier. Donc Bartali avec 403 pts obtient 403*100/480 = 83,96. On fait tout le classement 46 ainsi. Quand j'ai commencé cette méthode, je considérais les points bruts, mais Merckx cannibalisait tout et les trois-quarts des courses des années 66/75 devenaient des courses de la plus haute catégorie, parce qu'il suffisait que Merckx fasse un top-10 dans les courses pour propulser la course au sommet, même après 5 ans ! Ce c... (*) m'a foutu tout par terre.

(*) cannibale :genance:

Pour l'année 47 qui m'intéresse, voici la méthode. L'idéal est de faire tout le calendrier (et c'est là qu'il y a du travail !). Les points pris par les coureurs en 46 vont me donner la valeur d'une course donnée en 47. Je m'en tiens aux dix premières places. Le premier prend 100% de ses points, le second 75, le troisième 60, et ainsi de suite jusqu'au 10ème qui rapporte à la course 20% de ses points réduits de l'année précédente. Prenons un exemple concret avec Paris-Roubaix 47.

1. Georges Claes (100% de ses points 46, donc 27,08 pts)
2. Adolf Verschueren (75% de 3,13, donc 2,35 pts)
3. Louis Thiétard (60% de 18,75, donc 11,25 pts)
4. Raymond Impanis (50% de 0, donc 0 pts)
5. Albéric Schotte (45% de 65,63, donc 29,53 pts)
6. Olimpio Bizzi (40% de 2,08, donc 0,83 pts)
7. Edouard Fachleitner (35% de 12,5, donc 4,38 pts)
8. Maurice De Muer (30% de 38,13, donc 11,44 pts)
9. Lucien Teisseire (25% de 33,71, donc 8,43 pts)
10. Lucien Vlaemynck (20% de 26,25, donc 5,25 pts)

Avec cette méthode, plus un cador de l'année précédente est classé haut, plus il donne de points à la course.

On fait l'addition des points de la course : 100,54 pts. voilà ce que vaut le Tour des Flandres en 47. On peut comparer avec les courses au calendrier cette année-là. On obtient une hiérarchie annuelle précise, et des rapports de force entre les courses. Évidemment, une seule année pour juger une course, ce n'est pas assez, car il peut y avoir une année blanche ou faible (échappée bidon de 8 coureurs). D'où l'idée des 5 années (pour ma part, je considère qu'il faut au moins 3 courses sur les 5 années précédentes pour être pris en considération, ce qui revient à dire qu'une course qui existe depuis moins de trois ans ne peut pas être prise en considération : elle doit faire ses preuves). Si j'ai tous mes résultats sur 5 ans de toutes les courses du calendrier (je m'en tiens aux niveaux 1.1 et 2.1 et supérieurs pour les courses actuelles), je peux faire la moyenne pour chaque épreuve. Ainsi, si je fais ça (avec mes 20 courses de référence choisies "arbitrairement" ces années-là) pour 46, 47, 48, 49 et 50, j'obtiendrai pour 1951 une hiérarchie sportive stricte, et ainsi le problème de Runnz est réglé quant à connaître, pour aujourd'hui, les courses à considérer pour ses classements historiques, qu'il veuille s'en tenir à 20, 25 ou 30. Et si je continue, pour 52 l'année 46 tombera et 51 sera prise en considération.

Maintenant, nous n'avons que des chiffres et nous avons besoin de catégories pour appliquer un barème. C'est ici qu'apparaît la notion de course parfaite. La course parfaite serait une épreuve de 1947 qui verrait arriver dans cet ordre les 10 meilleurs coureurs de l'année précédente, ce qui n'arrive jamais. La course parfaite en 47 résulterait donc de l'addition :

100,00*1
83,96*0,75
65,63*0,6
52,08*0,5
47,92*0,45
43,96*0,4
38,13*0,35
37,46*0,3
36,46*0,25
33,71*0,2

Soit : 307,97 pts. C'est à partir de cette valeur que je positionne les courses de l'année pour déterminer les catégories. Pour mon exemple, le Tour des Flandres vaut 100,54 pts par rapport à la perfection qui est 307,97 pts. Je ne vous dis pas comment je fais pratiquement pour créer mes catégories (c'est mon petit secret breveté !), mais ensuite on peut faire pour les temps passés un classement UCI fiable, soit en prenant toutes les courses du calendrier ou seulement 50 ou 40 ou 30 ou 20, mais toujours les meilleures d'après la réalité et non reconstruit d'après les courses actuelles. Donc une fois que je sais ce que vaut le Tour des Flandres une année donnée (moyenne des 5 années précédentes), je sais ce qu'il vaut dans sa catégorie (courses d'un jour par rapport aux autres courses : Halle-Ingooigem, Plouay, Trois Vallées Varésines, etc.). C'est objectivement un travail fascinant à faire, et passionnant... mais loooooong !
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runnz
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Re: Classements historiques

Bravo, je comprends le principe et il est excellent. J'avais tenté une hiérarchie des courses aussi, mais je n'étais pas satisfait du résultat. Mais ton système sera très fiable, je n'ai pas trop de doutes là-dessus.
* C'est Paris-Roubaix ton exemple 1947, mais tu dis le Tour des Flandres par la suite, simple lapsus.

Pour le statut de la Vuelta, je juge que les premières éditions sans continuité, malgré leur dureté, avait d'un point de vue international (disons plus Europe des champions (France, Belgique, Italie, Suisse...)) la même valeur qu'on peut accorder au Tour d'Autriche aujourd'hui. Et puis elle favorisait beaucoup trop les Espagnols qui sont pratiquement seuls à ramasser de gros points durant la guerre ce qui fait une sacrée distorsion. C'est pourquoi mon choix de la mettre sur le même pied que le Tour de Catalogne qui était bien mieux organisé et plus régulier. Mais bon, finalement, par facilité, mes derniers classements historiques, je fais comme vous deux, je donne les mêmes points à la Vuelta 1942 qu'à l'édition 2016. Un cran en dessous des deux autres GT vraiment historique ceux-là.
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Re: Classements historiques

On dirait que j'ai une particulière appétence pour le Ronde ! :belgique:

Mon système peut être adapté et surtout il ne faut pas trop de rigidité non plus. Je l'ai utilisé à partir de 2011 (sur base des saisons 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010) jusqu'à 2015 et ça marche très bien. Seulement j'ai commis une erreur : choisir pour références les courses de l'UCI World Tour (dont le nombre augmentait chaque année) et utiliser les points bruts de l'année précédente. Je me suis aperçu du piège en faisant un test sur les années Merckx. Alors j'en ai eu gros sur la patate : mon beau système tombait à l'eau. Mais j'ai une petite cervelle et je m'en sers, et puis je suis têtu, donc j'ai persévéré, creusé et mis au point la méthode des 20 courses de référence (pour déterminer le niveau des courses de l'année suivante) et surtout celle des points réduits à 100. Je vais refaire tout le travail, mais à partir de 46, et de 51 pour les moyennes de courses sur 5 ans (il n'y a pas de dégât, puisque le choix des courses pour les premières années d'après-guerre n'est pas très difficile, donc fort peu arbitraire).

J'ai instauré quelques règles de base, comme par exemple que si la plus haute course (un GT, forcément) valait 100, une classique valait 50, jamais plus. Le plus faible des GT, jamais en dessous de 70 (sauf si très faible, c'est à voir : le cas de la Vuelta juste après guerre — mais alors 65 ou 60%). Pour les courses par étapes, j'ai 4 niveaux : les GT, les courses de la grande semaine (7 jours et plus), celle de la petite semaine (5 jours), et le reste. Par exemple une course de 5 jours pourrait valoir autant qu'une course de 7 jours et plus, mais pas une course de niveau inférieur, qui pourrait atteindre le niveau immédiatement supérieur (sur la base de la moyenne sur 5 ans). Ceci, pour éviter de se retrouver avec un Critérium International au niveau de Paris-Nice ou du Tour de Suisse. Pour les courses d'un jour, il est possible de protéger certaines épreuves, mais en réalité elle n'en n'ont pas besoin. Pour les années 2011/2015, j'avais protégé le C-5 (les 5 classiques historiques) et gagner l'une d'elle rapportait 280 pts au vainqueur (500 pts moins les étapes pour le TDF). C'était une super catégorie. La catégorie en dessous était à 240 pts, puis 200 pour les 2.HC. 4 courses d'un jour se détachaient : Liège-Bastogne-Liège, Amstel Gold race, Flèche Wallonne et CM s/route (barème particulier pour ce dernier).

PS - le critère "que des Espagnols" n'est pas forcément pertinent, parce qu'en 46, Milan San Remo, c'est un Top-20 de 19 Italiens et un Français. Top-20 de la Flèche Wallonne 46, 20 Belges. Top-20 de Liège-Bastogne-Liège 46, 19 Belges, un Français. 40 coureurs classés au classement final du Giro 46, tous Italiens ! J'entends bien toutefois que Bartali et Coppi, ça donne plus à rêver que Langarica et Berrendero, mais néanmoins, il n'y a pas un seul étranger classé au Giro 46. Le Top-20 de la Vuelta 46, c'est 15 Espagnols, 2 Hollandais, 2 Suisses, un Portugais. Comme quoi...
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