Je suis complètement en phase avec toi. Le teasing sur Twitter est juste pour donner de la visibilité à leur investigation. Je n’ai toujours pas eu le temps d’écouter le podcast, mais j’ai trouvé que l’article donnait une bonne vue d’ensemble de la problématique: surmédicalisation, détournement de méthode borderline destiné à traiter des pathologies, problèmes de la détection des substances interdites, spectre du dopage génétique…MajorK03 a écrit : 25 oct. 2024, 17:36Ouin-ouin mais pourquoi on vient toujours taper sur le vélo bon sang de bondiou !levrai-dufaux a écrit : 25 oct. 2024, 16:16
Je suis globalement assez sceptique vis-à-vis des médias généralistes qui réservent un traitement de faveur au cyclisme vis-à-vis du dopage. On ne verrait jamais les mêmes "investigations" de ces médias vis-à-vis du tennis ou du football.Que ça me gave ce genre de commentaires (c'est pas spécialement contre toi hein, mais ce discours victimaire me sort par les yeux)... Beaucoup de journalistes d'investigation se sont penchés sur le dopage dans le foot, et j'en retiens une seule phrase d'un journaliste français : "Enquêter sur le dopage dans le football, c'est se confronter à une omerta encore plus présente que lorsqu'on enquête sur le milieu du grand banditisme." Alors si personne ne parle, qu'est-ce que tu veux sortir ? Le vélo a pour lui d'être un des rares sports où certaines consciences ont été éveillées sur les problèmes du dopage, ce qui fait que les témoignages se trouvent plus facilement qu'ailleurs, et encore... Faire une enquête journalistique sans personne qui ne veut témoigner, c'est quand même compliqué, les journalistes n'étant pas des magistrats.
Il n'est jamais mentionné dans l'article que "la bomba 1ère génération" était interdite.levrai-dufaux a écrit : 25 oct. 2024, 16:16 Dans le cas en question, le sérieux de "l'investigation" saute rapidement aux yeux. Lorsque la journaliste évoque la "bomba" en cours dans les années 1950-1960 (cocktails d'amphétamines), elle ajoute que celui-ci était interdit à l'époque... alors même qu'il n'y avait aucune interdiction avant la seconde partie des années 1960.
Pogacar et Vingegaard ont bien reconnu avoir utilisé ce procédé, maintenant si il faut qu'ils expliquent par A+B le pourquoi du comment pour donner un quelconque crédit à l'enquête d'Escape Collective sur le sujet du monoxyde de carbone, je pense qu'on peut attendre un moment. Ils vont pas dire "oui on utilise ça pour booster notre taux de globules rouges dans notre organisme en simulant l'hypoxie". Vu le prix de l'engin, ça ferait grincer des dents, et minimiser son utilisation est le meilleur moyen de ne pas trop alerter les instances et le grand public sur le sujet.levrai-dufaux a écrit : 25 oct. 2024, 16:16 Le reste me paraît du même tonneau : la journaliste se contente de colporter les bruits qui circulent en "off" dans le milieu sans réelle enquête derrière. Par exemple sur le monoxyde de carbone, elle présente les choses comme si Pogacar et Vingegaard avaient reconnu en avoir fait une pratique régulière au coeur de leur préparation. Or ce n'est pas le cas. On peut bien sûr douter de sa version, mais ce n'est pas ce qu'a dit Pogacar qui a simplement évoqué un test, test qui aurait été incomplet qui plus est : https://www.francetvinfo.fr/tour-de-fra ... 73452.html.
Il est pourtant bien expliqué dans l'article l'adaptation des sportifs pour ne pas se faire piéger par le passeport bio. Micro-doses journalières et poches de sang de quantité plus limitée pour garder des niveaux de variations "acceptables", plutôt que des doses de mammouths qui leur donneraient un profil hématologique similaire à celui de Deschamps à l'époque de la Juve. Et il est aussi bien expliqué que, contrairement au début des années 2000 quand le test de détection de l'EPO exogène est sorti, il existe aujourd'hui plusieurs dizaines d'EPO génériques, voire même plusieurs centaines, et il est donc impossible de toutes les détecter, à moins d'être capable de mettre au point des tests de détection pour chacune d'entre elles, ce qui est absolument impossible. T'as le logiciel des années 2000 là, sauf qu'on est en 2024. Et on ne parle même pas de la production d'EPO naturelle à partir d'une injection d'un gêne d'EPO par ARN, là aussi très difficile à détecter. Et l'AMA elle-même reconnait que ce scénario n'est plus de l'ordre de la science-fiction. On assiste à une explosion des perfs depuis 2020, année où ont été débloqués des fonds considérables pour booster la recherche autour de l'ARN _comme par hasard. Et on sait que les médecins qui gravitent autour du monde du sport ont toujours été très au faits des dernières avancées de la recherche médicale pour pouvoir en détourner l'usage principal.levrai-dufaux a écrit : 25 oct. 2024, 16:16 Je regrette par ailleurs que la journaliste présente l'ensemble de ces pratiques comme si les instances anti-dopage ne disposaient pas depuis un certain temps d'instruments pour contrôler l'évolution du taux d'hématocrite des coureurs sur le temps long et détecter les anomalies grossières. Tout comme elle semble ignorer que les laboratoires ont de techniques pour distinguer l'EPO synthétique de l'EPO naturelle qui empêchent les coureurs de pouvoir faire ce qu'ils veulent comme par le passé.
Rien de nouveau pourquoi ? Car booster son taux de globules rouges, et donc faciliter le transport de l'oxygène vers le muscle, reste la base pour améliorer les performances dans les sports d'endurance. Pas de révolution donc, mais bel et bien une évolution et une adaptation face aux contrôles. On utilise toujours les mêmes méthodes certes, la différence est qu'on les utilise de façon plus intelligente et moins risqué vis-à-vis des contrôles.levrai-dufaux a écrit : 25 oct. 2024, 16:16 Et, finalement, on en revient au même point : la plupart des méthodes évoquées dans la vidéo auraient pour objectif de booster la production d'EPO et de globules rouges. En bref, rien de nouveau sous le soleil dans le monde du dopage. Et c'est bien ça le fond de la question : à ce jour, aucune révolution des pratiques dopantes n'a été mis à jour qui pourrait permettre d'expliquer le niveau inégalé de performance atteint aujourd'hui dans le cyclisme.
C’est bien que tu soulèves l’injection d’ARNm car tu peux faire produire la protéine endogène sans aucune modification et donc rendre difficilement détectable ce dopage. La seule façon de le détecter serait de chercher les liposomes co-injectées pour faciliter la pénétration de l’ARNm dans les cellules.
Même si certains d’entre-vous n’ont rien appris de nouveau, cela a le mérite de faire un bilan des pratiques déviantes dans le cyclisme.
Certains voient le côté négatif d’une telle publication par un média généraliste. Il va certes renforcer le sentiment de tous dopés. Mais, si on souhaite que les choses changent, c’est ce type de canal d’information qui a le plus de chance d’avoir un impact et non des forums obscures ou des sites web dédiés aux suiveurs. Les instances du cyclisme ou ceux qui en vivent comme ASO sont affectés par la diffusion d’informations susceptibles de toucher un large public. Et ce sont eux qui ont les clés pour freiner les dérives actuelles de ce sport.

