4. Richard VIRENQUE
Voilà sans doute le coureur le plus attendu de cette liste. Celui qui divise le plus en tout cas, entre ceux qui s’étonneront de ne pas le retrouver sur le podium et ceux qui le trouveront encore trop haut (l’essentiel étant que j’échappe au ban de justesse

)
Plus sérieusement et pour répondre à jimmy, je ne trouve pas que Virenque fasse tâche dans ce haut du classement qui n’est pas une liste des plus grands champions français mais des meilleurs grimpeurs. Dans ce domaine, on peut avoir tendance à déprécier quelque peu ce que l’on a vu et à idéaliser les récits d’anciennes épopées. Par sa régularité, sa longévité et la qualité de certains de ses victoires, j’espère convaincre les sceptiques dans les lignes qui suivent que Virenque appartient bien à la caste des meilleurs grimpeurs français de l’histoire.
Il y a bien sûr ses 7 maillots à pois sur le Tour (un record), acquis sur un intervalle de 10 ans qui témoigne d’une belle longévité. Il y a aussi ces deux maillots jaunes à 11 ans d’écart. Le premier, celui de la révélation en 1992, acquis suite à une échappée lors de la seule étape pyrénéenne que comptait ce Tour. Le second, celui du crépuscule en 2003, qu’il aura porté sur les pentes de l’Alpe d’Huez dans une montée mémorable.
Avec Virenque, il y a surtout plusieurs raids dans le Tour qui resteront dans les annales. Coureur offensif, il réalise le premier en 1994 en s'imposant au sommet de Luz-Ardiden. Certes acquis en échappée, la victoire de Virenque n’en est pas moins magnifique : la rediffusion récente de l’étape sur l’équipe 21 a permis de se souvenir que, malgré les nombreux kilomètres passés en tête (dont une large partie seul), il n’avait concédé qu’1’15 à Pantani dans la montée finale (celui-ci était parti en contre dans le Tourmalet) et moins de 2 minutes à Indurain qui avait pourtant bien fait le ménage derrière. Dans les meilleurs en montagne durant tout ce Tour, Virenque loupe son chrono final et termine finalement 5e au général.
L’année suivante, il termine encore dans les dix premiers en réalisant un nouveau raid dans l’étape de Cauterets. Après plus de 120 km en solitaire durant lequel il aura résisté à un trio de poursuivants composé d’Escartin, Chiappucci et Buenahora, il remporte un superbe succès qui sera logiquement occulté par la mort de Casartelli dans la descente du Portet d’Aspet.
En 1996, Virenque ne gagne pas d’étape mais sa régularité en montagne est récompensée par son premier podium sur le Tour.
L’année suivante, entourée par une équipe Festina surpuissante, il réalise son Tour le plus abouti mais tombe sur un Ullrich au sommet de sa forme. Il remporte son plus beau succès lors de l’étape de Courchevel qui avait vu les Festina dynamiter le peloton dans le Glandon, Virenque distancer Ullrich dans la descente, puis attaquer en solitaire dans la Madeleine après avoir bénéficié du relais de Dufaux avant de finalement s’imposer malgré le retour des Telekom au pied de la montée finale vers Courchevel.
Le quatrième et dernier grand succès de Virenque sur le Tour a lieu à Morzine en 2000, dans une étape largement animée par Pantani, "Richard cœur de lion" était parvenu à distancer Armstrong dans Joux-Plane en compagnie d’Ullrich qu’il décrochait un peu plus loin. Il revenait sur Heras, parti à l’avant, et profitait finalement d’une chute de l’Espagnol à proximité de l’arrivée pour s’imposer en solitaire.
Au total, Virenque a remporté 7 étapes sur le Tour de France dont une victoire en échappée au sommet du Ventoux où il résista au retour d’Armstrong. Signe de sa longévité, on peut noter qu'il fait partie des 19 coureurs à avoir gagné deux étapes sur le Tour à 10 ans d'intervalle.
Excellent descendeur, Virenque est catalogué comme un grimpeur endurant mais il était également capable de très bien figurer lorsque la bagarre se développait sur une montée sèche : 4e à Hautacam et Val Thorens en 1994, 6e à la Plagne en 1995, 2e à Hautacam et 3e à Sestrières en 1996, 2e à Morzine (Joux-Plane) et 3e à Arcalis et l’Alpe d’Huez en 1997…
Ces multiples places d’honneur rappellent l’exceptionnelle régularité de Virenque en montagne sur le Tour, une course dont il était un véritable spécialiste. Après sa fameuse exclusion sur le Tour 98, il est encore parmi les meilleurs lors des Tours 99 et 2000 (bien que légèrement rentré dans le rang).
En dehors du Tour, Virenque s’est distingué sur les routes du Dauphiné où il a remporté 4 étapes sont une au sommet du Ventoux en 1996. Il a également triomphé à Guzet-Neige devant Mottet sur la Route du sud en 1994. Enfin, on peut noter une belle 5e place lors de la Vuelta 1995, performance qui est restée dans l’ombre de la victoire de Jalabert.