Les grimpeurs français

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didierk
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Re: Les grimpeurs français

Roger Pingeon :scratch:
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CPTmatros
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Re: Les grimpeurs français

Non mais je pense que lolo est dans le vrai (dufaux).
biquet
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Re: Les grimpeurs français

Pour trouver cet intrus mystère, faut essayer de reprendre l'histoire des montagnards français décennie aprés décennie (à compléter, car j'en oublie obligatoirement):

2010-2020: Pinot, Bardet, Rolland,Gadret, Barguil...
2000-2010: Moncoutié, Virenque, Moreau..
1990-2000: Fignon, Mottet, Claveyrolat, Leblanc, Virenque...
1980-1990: Hinault, Alban, Martin, Bernaudeau, Fignon, Simon..
1970-1980: Thévenet , Martinez, Labourdette, Letort, Delisle, Martin, Santy..

Thévenet, il figure déjà dans le classement, au fait ?? Il me semble que oui.

(aprés vérif, il n'y était pas. Bon, plus la peine de chercher, c'est Nanard, le tombeur du grand Merckx. J'étais persuadé qu'il avait déjà été évoqué :genance: )
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levrai-dufaux
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Re: Les grimpeurs français

Certains semblent sur une bonne piste... :genance:

5. Louison BOBET

Image
(Coppi photographie Bobet lors de l’ascension de l’Izoard en 1953. Aujourd’hui, les deux champions sont réunis dans une stèle située juste après la Casse Desserte)

Le roi de l’Izoard. L’histoire avait pourtant mal commencé : sur le Tour 1948, le jeune Bobet, qui porte le maillot jaune, y casse son pédalier et ne peut rien face à au récital délivré par Bartali ce jour-là dans l’ascension. Il cède 18 minutes au transalpin et finit ce Tour 4e.
En 1950, bien aidé par Géminiani, il s’échappe à 6 km du sommet et s’impose en solitaire avec pratiquement 3 minutes d’avance sur Kübler et Ockers qui le devanceront tout de même sur le podium final à Paris. Il s’offre également le Grand Prix de la Montagne cette année-là.
En 1953, Bobet signe peut-être son plus beau numéro. Nous sommes dans la dernière étape de montagne et il compte plus de 3 minutes de retard sur Malléjac au général. Dès le col de Vars, il s’échappe avec Lorono. Dans la descente, il lâche l’Espagnol et retombe sur son équipier Deledda positionné en point d’appui. Dans l’Izoard, Bobet poursuit seul et, sous l’œil de Coppi venu en spectateur, creuse des écarts très importants. Il s’impose à Briançon avec près de 5’30 sur Nolten et 6’ sur Lorono. Malléjac finit à plus de 10 minutes. Bobet vient de s’assurer son premier Tour.
L’année suivante, Bobet réalise le triplé sur l'Izoard. Au sommet, il devance d’une minute un tout jeune professionnel, débutant sur le Tour : Bahamontes, et arrive une nouvelle fois en solitaire à Briançon.

En dehors de l’Izoard, c’est sur le Ventoux que Bobet s’est également distingué dans le Tour. En 1951, il s’impose à Avignon au terme de l’étape intégrant la première ascension du Géant de Provence sur le Tour, abordé par le versant de Malaucène.
En 1955, sous un soleil de plomb, il franchit le sommet du Ventoux seul en tête, l’emporte de nouveau à Avignon et profite de la défaillance de Gaul pour prendre un avantage décisif sur le Luxembourgeois dans ce Tour. La montée est également marquée par l’effondrement de Kübler parti trop fort et le malaise de Malléjac qui s’en tirera mieux que Simpson.

Bobet a également brillé dans les montagnes du Giro dont il remporte une étape dans les Dolomites devant Coppi en 1951, année où il gagne également le Grand Prix de la Montagne. Il s’impose sur autre étape dans les Alpes en 1957 mais doit finalement s’incliner au général face à Nencini pour 19 petites secondes.

Sa fin de carrière est marquée par un adieu au Tour à la hauteur de son parcours avec un abandon au sommet de l’Iseran en 1959.
Dernière modification par levrai-dufaux le 08 juil. 2020, 10:55, modifié 1 fois.
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Re: Les grimpeurs français

loloherrera a écrit : 07 juil. 2020, 22:01 Ah mais je viens de penser à un coureur non cité il me semble...
Ex consultant sur France tv :reflexion:
J'avais pas tiqué sur ex, je croyais que tu pensais à Jalabert. Mais tu as raison, c'est Thévenet, et c'est totalement logique. Entre 70 et 75, il a réalisé un joli nombre de numéros. Et comme Robic et Vietto, il s'est montré capable de distancer "à la pédale" de trés grands montagnards comme Merckx, Van Impe, Zoetemelk. On pourrait même citer Ocana et Fuente sur la montée de Méribel les Allues, sur le Tour 73.
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Re: Les grimpeurs français

Oui pour Thévenet :jap:

Par contre, Virenque il va quand même faire sacrément tache au milieu de tout ces grands champions :spamafote:
:elephant:
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Re: Les grimpeurs français

Thévenet c'est sur s'il n'est pas déjà cité dans les 25-5
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loloherrera
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Re: Les grimpeurs français

Bobet mérite sa stèle de l'Izoard.
Si Virenque est 1er, je demande un ban de Levrai-Dufaux :green:
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Re: Les grimpeurs français

CPTmatros a écrit : 07 juil. 2020, 20:33 Ne cherchez pas c'est pour Pascal Hervé. :elephant:
:love:
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levrai-dufaux
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Re: Les grimpeurs français

4. Richard VIRENQUE

Image

Voilà sans doute le coureur le plus attendu de cette liste. Celui qui divise le plus en tout cas, entre ceux qui s’étonneront de ne pas le retrouver sur le podium et ceux qui le trouveront encore trop haut (l’essentiel étant que j’échappe au ban de justesse :elephant: )

Plus sérieusement et pour répondre à jimmy, je ne trouve pas que Virenque fasse tâche dans ce haut du classement qui n’est pas une liste des plus grands champions français mais des meilleurs grimpeurs. Dans ce domaine, on peut avoir tendance à déprécier quelque peu ce que l’on a vu et à idéaliser les récits d’anciennes épopées. Par sa régularité, sa longévité et la qualité de certains de ses victoires, j’espère convaincre les sceptiques dans les lignes qui suivent que Virenque appartient bien à la caste des meilleurs grimpeurs français de l’histoire.

Il y a bien sûr ses 7 maillots à pois sur le Tour (un record), acquis sur un intervalle de 10 ans qui témoigne d’une belle longévité. Il y a aussi ces deux maillots jaunes à 11 ans d’écart. Le premier, celui de la révélation en 1992, acquis suite à une échappée lors de la seule étape pyrénéenne que comptait ce Tour. Le second, celui du crépuscule en 2003, qu’il aura porté sur les pentes de l’Alpe d’Huez dans une montée mémorable.

Avec Virenque, il y a surtout plusieurs raids dans le Tour qui resteront dans les annales. Coureur offensif, il réalise le premier en 1994 en s'imposant au sommet de Luz-Ardiden. Certes acquis en échappée, la victoire de Virenque n’en est pas moins magnifique : la rediffusion récente de l’étape sur l’équipe 21 a permis de se souvenir que, malgré les nombreux kilomètres passés en tête (dont une large partie seul), il n’avait concédé qu’1’15 à Pantani dans la montée finale (celui-ci était parti en contre dans le Tourmalet) et moins de 2 minutes à Indurain qui avait pourtant bien fait le ménage derrière. Dans les meilleurs en montagne durant tout ce Tour, Virenque loupe son chrono final et termine finalement 5e au général.
L’année suivante, il termine encore dans les dix premiers en réalisant un nouveau raid dans l’étape de Cauterets. Après plus de 120 km en solitaire durant lequel il aura résisté à un trio de poursuivants composé d’Escartin, Chiappucci et Buenahora, il remporte un superbe succès qui sera logiquement occulté par la mort de Casartelli dans la descente du Portet d’Aspet.
En 1996, Virenque ne gagne pas d’étape mais sa régularité en montagne est récompensée par son premier podium sur le Tour.
L’année suivante, entourée par une équipe Festina surpuissante, il réalise son Tour le plus abouti mais tombe sur un Ullrich au sommet de sa forme. Il remporte son plus beau succès lors de l’étape de Courchevel qui avait vu les Festina dynamiter le peloton dans le Glandon, Virenque distancer Ullrich dans la descente, puis attaquer en solitaire dans la Madeleine après avoir bénéficié du relais de Dufaux avant de finalement s’imposer malgré le retour des Telekom au pied de la montée finale vers Courchevel.
Le quatrième et dernier grand succès de Virenque sur le Tour a lieu à Morzine en 2000, dans une étape largement animée par Pantani, "Richard cœur de lion" était parvenu à distancer Armstrong dans Joux-Plane en compagnie d’Ullrich qu’il décrochait un peu plus loin. Il revenait sur Heras, parti à l’avant, et profitait finalement d’une chute de l’Espagnol à proximité de l’arrivée pour s’imposer en solitaire.

Au total, Virenque a remporté 7 étapes sur le Tour de France dont une victoire en échappée au sommet du Ventoux où il résista au retour d’Armstrong. Signe de sa longévité, on peut noter qu'il fait partie des 19 coureurs à avoir gagné deux étapes sur le Tour à 10 ans d'intervalle.

Excellent descendeur, Virenque est catalogué comme un grimpeur endurant mais il était également capable de très bien figurer lorsque la bagarre se développait sur une montée sèche : 4e à Hautacam et Val Thorens en 1994, 6e à la Plagne en 1995, 2e à Hautacam et 3e à Sestrières en 1996, 2e à Morzine (Joux-Plane) et 3e à Arcalis et l’Alpe d’Huez en 1997…
Ces multiples places d’honneur rappellent l’exceptionnelle régularité de Virenque en montagne sur le Tour, une course dont il était un véritable spécialiste. Après sa fameuse exclusion sur le Tour 98, il est encore parmi les meilleurs lors des Tours 99 et 2000 (bien que légèrement rentré dans le rang).

En dehors du Tour, Virenque s’est distingué sur les routes du Dauphiné où il a remporté 4 étapes sont une au sommet du Ventoux en 1996. Il a également triomphé à Guzet-Neige devant Mottet sur la Route du sud en 1994. Enfin, on peut noter une belle 5e place lors de la Vuelta 1995, performance qui est restée dans l’ombre de la victoire de Jalabert.
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gradouble
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Re: Les grimpeurs français

Le plus gros problème pour Virenque est l'époque lors de laquelle il a performé.
Il a EPO "tatoué sur le front" en quelque sorte; il est très difficile de dire ce qu'il aurait fait si cette molécule n'avait jamais été utilisée à des fins de dopage.
Et puis il y avait le côté fanfaron, surtout entre 94 et 97 qui a pu être insupportable pour certains; d'autant plus que sur une montée "sèche" il n'était pas le meilleur, n'arrivant que difficilement à la cheville de Pantani, par exemple, ou même des gros culs comme Ullrich.
Moi, en tout cas, il m'agaçait clairement en tant que coureur; d'ailleurs beaucoup de ses contemporains cyclistes ne pouvaient pas le voir :spamafote:

Mais je reconnais que sa régularité, sa longévité et son endurance sont indéniables et signent à mon avis de biens réelles qualités intrinsèques. Et puis ce mental énorme; donc a posteriori on ne peut qu'être admiratif.

Et par ailleurs, je l'ai bien plus apprécié en tant que commentateur sur Eurosport, où il m'est apparu sous un autre jour : grand enfant sympa, déconneur, marrant et un peu insouciant.

Et surtout, c'est ton topic, si les autres ne sont pas contents, ils n'avaient qu'à en avoir l'idée :elephant:
biquet
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Re: Les grimpeurs français

Virenque a sa place dans le top 5, peut même être sur le podium. Mais davantage comme montagnard que comme pur grimpeur, selon moi.

C'était un montagnard exceptionnel, car il avait tout pour ça: il grimpait, il descendait, il avait le coffre. Comme grimpeur spécifique, je le pense inférieur à un Thévenet, voire même un Hinault (qui gagnait des chronos en côte, ne l'oublions pas) ou les cabris du genre Faure-Lazaridès. Mais comme montagnard, je vois que le Vietto 34 et Hinault meilleurs que lui, car Robic, même s'il a réalisé de grands numéros ( Pau 47 et Luchon 53, mais Avignon 52 était pas mal non plus), n'était pas un descendeur hors pair. Il a souvent mangé du gravier (notamment lors de sa chevauchée vers Luchon, en 53), et ces chutes lui ont coûté trés cher durant sa carrière. Par contre, en tant que grimpeur, c'était un phénomène, au point d'être redouté par Bartali et Coppi, selon les dires de Jacques Marinelli (confirmés par les paroles de Gino le pieux, d'ailleurs).
JoeSaginowski
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Re: Les grimpeurs français

C'est dommage qu'un topic aussi intéressant soit un peu gâché par des commentaires qui font "tache" c'est souvent le même je trouve, enfin bref...

Sinon @biquet, totalement d'accord avec ton post.

Et @levraidufaux, travail remarquable :super:, hâte de découvrir le podium.
marcella

Re: Les grimpeurs français

C'est vrai que l'on avait tous oublié Thévenet.

J'ai tout de même trouvé le 4ème.
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Re: Les grimpeurs français

runnz a écrit : 07 juil. 2020, 20:37 Très beau sujet et présentation fort intéressante de l'ami levrai-dufaux, dans ceux que j'avais classé uniquement sur la base des grandes étapes, il reste Virenque, Bobet et Robic, si on exclu Anquetil (qui savait s'accrocher en montagne aussi bien en France ou en Italie) et qui gagnait beaucoup de points, il reste alors deux coureurs d'avant-guerre, Vietto le plus récent, mais le très Ancien, je croyais bien que c'était Pottier le plus fort. On va découvrir ce héros sous-estimé.

Excellent en tous cas! :super:

J'avais cru voir Thévenet passé dans les pages précédentes, heureusement il est toujours en course! :flags:
C'était mon 3e Français avec les plus de points sur les étapes montagneuses du Tour depuis 1946.

1 L. VanImpe .. 8236
2 E. Merckx .. 7658
3 J. Zoetemelk .. 7302
4 L. Armstrong .. 6579
5 :france: R. Virenque .. 5493
6 :france: R. Poulidor .. 5386
7 P. Delgado .. 5023
8 :france: B. Thévenet .. 4942
9 C. Froome .. 4583
10 S. Ockers .. 4487
11 M. Pantani .. 4475
12 :france: B. Hinault .. 4403
13 :france: L. Bobet .. 4342
14 F. Bahamontès .. 4338
15 G. Bartali .. 4177
16 :france: R. Geminiani .. 4096
17 J. Ullrich .. 3896
18 :france: J. Anquetil .. 3780
19 M. Indurain .. 3678
20 J. Agostinho .. 3665
21 :france: L. Fignon .. 3638
22 C. Gaul .. 3603
23 F. Gimondi .. 3546
24 :france: J. Robic .. 3513
25 V. Nibali .. 3353
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