jicébé a écrit : 22 avr. 2025, 10:37
Il est vrai que La Dernière Heure n'est pas vraiment un modèle en matière journalistique.
Concernant le projet, d'accord avec jimmy: un de plus mort-né dès lors que ASO ne suit pas.
N'empêche qu'il faudrait que toutes les parties prenantes (les équipes, ASO, RCS, Flanders, l'UCI) se mettent autour d'une table pour à la fois réformer un calendrier WT pléthorique et permettre aux équipes de ne plus être essentiellement dépendantes du bon-vouloir de sponsors.
Pour la réforme du calendrier WT, je ne vois pas bien ce qu'on pourrait véritablement changer qui améliorerait l'attractivité des épreuves déjà existantes, si ce n'est à la marge avec par exemple un déplacement des Strade en Octobre avant le Lombardia comme je l'avais suggéré il y a quelques temps pour venir solidifier encore un peu plus le bloc italien de fin de saison. Mais si quelqu'un a des théories qui infirment cela je suis preneur, sincèrement.
Ensuite, quant à la dépendance des équipes aux sponsors, le véritable soucis est la course à l'armement niveaux budgets. C'est sûr que c'est toujours plus difficile de trouver des sponsors qui apportent 30,40 ou 50 M€/an que d'en trouver qui apportent 10. Le modèle économique du cyclisme n'est pas fait pour garantir des retombées économiques à un investisseur qui dépense de telles sommes, et il ne le sera jamais je pense.
Je m'étais penché sur la chimère du partage des revenus nets générés par les principaux organisateurs du calendrier et les résultats étaient peu concluants, en prenant pourtant en compte toutes les hypothèses les plus optimistes dans mes calculs. En additionnant les R.N d'ASO, de Flanders Classics, de RCS, d'Unipublic et de Golazo, on atteint un montant d'environ 90M€ ; et en partant du principe (totalement utopiste) d'un reversement de 50% de cette somme, on atteint 45M€ à se partager pour les différentes équipes participantes aux épreuves de ces différents groupes. Et en sachant que dans ces 90M€, il y en a une partie qui provient de l’organisation de cyclosportives (Flanders Classic en organise 16 par an par exemple), voire d'épreuves n'ayant rien à voir avec le cyclisme, mais faisons comme si tout provenait des épreuves pros : cela nous donnerait donc 45M€ à se partager entre 25 équipes environs, et je vous laisse faire le calcul pour vous rendre compte que l'on serait sur des montants situés entre 1 et 2M€/équipes, en partant du principe d'une répartition égale. Sinon il y a la possibilité de faire un système proche de celui du foot avec une répartition en fonction des résultats, mais ce serait aller dans le sens d'un déséquilibre des forces qui nuirait là-aussi à l'attractivité du cyclisme en creusant encore plus des fossés déjà existants.
Alors oui, ces quelques millions de revenus supplémentaires (issus des hypothèses les plus optimistes possibles encore une fois) seraient certainement les bienvenus, mais rien de suffisamment conséquent si on compare aux budgets actuels des équipes et ainsi ne plus dépendre uniquement des sponsors. Les équipes à "faible" budget devraient êtres les plus intéressées par cela, mais, bizarrement, ce ne sont pas celles qui ont rejoint le projet "One Cycling", alors il faut peut-être se demander pourquoi.
Pour moi, la meilleure solution pour assurer la pérennité économique du système est de mettre en place un budget cap, et il faut le faire rapidement avant que les tops teams ne continuent de toujours plus de tirer les salaires vers le haut, sous peine d'atteindre un point de non retour très rapidement. Le modèle économique du vélo n'est pas fait pour verser des salaires se rapprochant de ceux distribués dans le foot, mais c'est pourtant la direction qui est prise depuis de nombreuses années déjà.