tuco a écrit :Super_Cuvet a écrit :levrai-dufaux a écrit :Quand au déclin d'Indurain sur CLM, je ne suis pas convaincu. En 94 Ugrumov fait une démonstration, et même Pantani le devance largement mais le profil était très atypique. En 95, Riis finit tout près également sur le dernier chrono. Cela étant, le fait que ces coureurs aient appartenu à la Gewiss, et disposaient du meilleur préparateur à l'époque relativise leurs fins de Tour en boulet de canon.
En 94, Indurain écrase encore le premier chrono du Tour. Et personnellement, je ne l'ai jamais trouvé aussi fort qu'en 95. Ce qu'il réalise à la Plagne est sans doute sa plus grande performance en montagne. Il réalise également une montée de l'Alpe exceptionnelle, asphyxiant complètement ses adversaires. Je n'ai pas le sentiment qu'il ait décliné en CLM cette année-là.
En plus de la Plagne, Indurain fait aussi un gros numéro à Sestrière en 92. On ne se souvient que de Chiappucci, mais derrière Indurain revenait comme une fusée avant de connaitre une fringale dans les 2-3 derniers kilomètres.[b:3qdk7g87] (Au passage, pour moi, cette étape est un des faits marquants des années EPO)[/b:3qdk7g87]
On a beaucoup reproché à Indurain de ne pas avoir remporté d'étape en ligne pendant son règne, mais il a tout de même fait de sacrés numéros en montagne (Val Louron en 91 aussi) ou en plaine (95 dans les Ardennes comme déjà mentionné).[b:3qdk7g87] Il ne se contentait pas uniquement de choisir un chanceux qui l'accompagnait et à qui il offrait l'étape sans combattre comme il a été souvent dit.[/b:3qdk7g87]
Concernant les chronos, il a tout de même été battu en 93 par Rominger sur le dernier chrono, ce qui est sa seule défaite "à la régulière" sur un chrono pendant ses 5 victoires. En 94, il est battu sur un chrono en bosse, ça ne compte pas vraiment.
Sur ces deux points
sur le un, pourquoi seul chiappucci a fait ce qu'il a fait si les autres étaient à l'EPO ? Et pourquoi ne pas en filer à ses équipiers, car tout seul, c'est dur. Et on voit qu'il a souffert.
D'ailleurs, lors de ces années-là, j'en oublis peut-etre, mais j'ai pas souvenir d'aussi formidable épopée
sur le 2e point, c'est tout à fait vrai qu'induain ne faisait pas que suivre, des fois il prenait l'initiative, et, malgré les soupçons (que j'avais pas à l'époque) il était beau, le salaud ! ses dents blanches, lunettes noires, rictus de souffrance et casquette, oui, indurain était beau
et oui donc, il attaquait, "la grande lessive" comme disait l'autre, et oui encore, c'est pas de sa faute s'il se trouvait toujours quelqu'un pour l'accompagner.
Mais il n'en reste pas moins vrai que, étant accompagné, il laissait délibérément son ou ses comparses gagner l'étape. Et ça, c'est sans doute bien joué, mais (à mon avis) il avait pas besoin de ça pour gagner, et (de l'avis général), c'est un manque de respect, et pas du tout DU TOUT une attitude de grand seigneur.
Selon un article de l'excellent "Sport et Vie", la première intrusion de l'EPO dans le sport date de 1988. Idem pour le vélo, mais contrairement à ce qu'on pense, c'est par le nord que la molécule miracle s'est imposée. D'abord par les Fondeurs nordiques ( norvégiens et suédois) et ensuite par des cyclistes néerlandais, dont certains sont morts dans des circonstances mystérieuses (Draaijer, de PDM, et le grand rouleur Oosterbosch).
Après, c'est Conconi et sa clique (notamment ses élèves, parmi lesquels Michele Ferrari) qui ont pris le relais, et qui ont "affuté" l'efficacité et les posologies, au fil des années.
Déjà en 88, quand on voit le duo Rooks-Theunisse, on est surpris. Mais c'est vraiment en 90 que ça devient un peu n'importe quoi, notamment avec une ultra-domination italienne (et des équipes Hollandaises qui faisaient mieux que résister ). D'ailleurs, Eddy Planckaert a avoué qu'il avait remporté Paris-Roubaix 90 en tournant à l'EPO.
Au début des années 90, y a pas grand chose à garder, en fait. Un Tour des Flandres gagné par Van Hooydonck, peut-être. Même pour Duclos, y avait une histoire d'un médecin palois qui avait de bonnes infos..
Mais au niveau des GT, si on excepte la 3è victoire de Lemond, on peut tout jeter: Giovanetti, Bugno, Indurain, Rominger, Mauri, Chioccioli, ça porte la même marque, celle de l'EPO.
Certes, les doses étaient bien plus limitées que lors des années 94-96. Mais la différence était énorme entre la minorité de coureurs qui connaissait déjà le nouveau produit à la mode, et les ringards qui continuaient à marcher au dopage de papa (corticoïdes, amphétamines). Et puis il y avait certains coureurs, notamment chez les anciens, qui refusaient de passer le pas par simple trouille, la peur de ne pas se réveiller.
Une terrible période, à tous les niveaux. :sad: