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Re: L'Europe à vélo !

Publié : 08 déc. 2019, 19:03
par gradouble
loloherrera a écrit : 08 déc. 2019, 18:56 C'est clair, un vrai warrior Sugar :genance:
T'as pas mal au dos en te levant le matin ?
Il a mal au dos s'il dort dans un lit maintenant :wink:

Mais il est vrai qu'en cas de matelas totalement défoncé, parfois on est mieux par terre.

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 08 déc. 2019, 19:25
par Nopik
"ce lit ne m'inspire pas confiance, il est trop douillet pour moi qui suis habitué à dormir sur du béton"

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 08 déc. 2019, 19:50
par Le sucre sportif
:green: En fait j'ai eu une mauvaise surprise en arrivant à la douche. Du coup je n'ai pas cherché à prendre de risque. Déjà que niveau hygiène, je suis limite, l'idée est de ne pas choper des trucs avant de refaire 3 jours dans la cambrousse. C'est que je suis douillet :balloon:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 09 déc. 2019, 18:58
par Le sucre sportif
Jeudi 8 août – 6ème étape : La trans-Ardennes
Charleroi (B) – Charleville-Mézières (08) (180kms, D+ 800m) difficulté 2/5
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Les bords de Sambre, à Charleroi, en mode mad-Max !


Je repars en direction de Namur, bien reposé. La crème solaire a fait son effet, les brûlures sont parties :super: Les gourdes pleines, les compteurs remis à zéro après la journée plus tranquille d'hier et la bonne nuit que je viens de passer, au chaud. Mon objectif de la veille était d'atteindre Namur, mais je n'ai pas trop borner, si bien que je vais devoir compenser aujourd'hui en allant aussi loin que possible, jusqu'à Sedan au mieux, Charleville-Mézières au minimum :cheval:

Mais cet objectif sera difficile à atteindre car je m'attends à avoir un vent de face dès que je prendrais la direction du sud, à Namur, pour longer la Meuse :niark: Pourquoi vouloir faire autant de bornes alors que je suis censé être en mode glandouille, satisfait de mon Paris-Roubaix ? Parce que je veux me prouver que je suis capable de tenir la cadence de la transcontinental Race, dont j'ai été refoulé quelques mois plus tôt, ce qui m'a mis mon orgueil à rude épreuve :cheval:

Les premiers kilomètres sont tranquilles le long de la Sambre, mais il fait sombre, et les prévisions de semaine pluvieuse semblent s'avérer exactes. Jusque là j'ai été épargné mais voilà qu'une première averse pointe le bout de son nez. D'habitude, la pluie ne me dérange pas tant que cela : on perd un peu en visibilité, il faut rester concentré sur son pilotage mais quand on rentre chez soi, une douche, un lavage de la tenue et du vélo et le tour est joué. Mais là, je ne peux pas me permettre de prendre l'eau car mes vêtements doivent durer plusieurs jours et je dois protéger mon sac rempli de fringue et d'électroniques (éclairages que j'ai rechargé hier, téléphone) et surtout, mon calepin magique doit rester sec :study:

Sur les ravels, pas facile de s'abriter. Il n'y a guère que les ponts qui font l'affaire, mais ils ne sont pas nombreux. J'en trouve un, et en profite pour bâcher mon sac. Puis voilà la grosse averse. Je dois partager mon abri avec une nuée de pigeons, je ne sais pas si j'ai vraiment gagné au change :sylvain84: Soudain, un groupe de cyclotouristes arrivent, et s'arrête dans ce refuge on nous sommes maintenant une dizaine. Alors que je me restaure pour optimiser mes pauses, la conversation est lancée :
"vous faites combien de bornes aujourd'hui ?"
on me répond "Septante, septante-cinq" :belgique:
"Ah, ça doit faire beaucoup" :reflexion:
"Et toi tu pars loin avec ton sac ?
"Oui, je compte en faire nonante douze" :baguette:

Je repars, et atteint Namur vers 11h. Les voyants sont aux verts, et je prends un café pour remplir mes gourdes. Ils annoncent grand soleil toute la journée, ce qui n'est pas pour me déplaire, mais je devrais être vigilant pour ne pas prendre un coup de chaud comme hier :reglement: Je sors de Namur en longeant la Meuse donc, rive gauche, qui m'accompagnera jusqu'aux confins de la Lorraine. En passant, je vois un panneau "Huy", et me rappelle de ma journée où j'avais grimpé la citadelle puis m'être fait explosé les jambes et les godasses dans le célèbre mur :love:

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Citadelle de Namur

Mais aujourd'hui, le problème ne sera pas la pente, c'est le vent. Et il souffle fort ! Le ravel qui remonte la Meuse est bien plus beau et touristique que les bords de Sambre, plus gris, plus industriels (le temps a dû jouer aussi dans cette impression). Me voilà au vert, admirant les falaises et les citadelles qui me surplombent :love:

Le ravel est de meilleure qualité aussi, avec beaucoup de belges et de néerlandais comme moi, remonte ou descende le fleuve, avec le paquetage (sur plusieurs jours) ou en louant un vélo/se garant à proximité, pour la journée :super: J'y ai vu très peu de cyclistes s'entraînant pour la compétition, mais nous sommes en pleine journée, l'ambiance est plutôt glandouille que sportive. Je ne m'arrête quasiment pas sur cette portion, et je me mets dans la position la plus aéro que possible : le vent m'oblige à être efficace, et sans voiture, il y a moins de danger. Je n'hésites pas à me mettre en position CLM, les avant bras sur le guidons, comme si j'avais des prolongateurs. J'ai bien travaillé cette position à l'entraînement, le gain aéro est non négligeable et me permet, en étant le buste quasiment à l'horizontale, de répartir le poids de mon sac sur tout mon dos, plutôt que sur les lombaires comme à l'accoutumée :super: Mais cette position oblige une forte vigilance, car je n'ai pas les mains sur les freins bien que la qualité de la route, et l'absence de trafic me le permet :study:

Je prends une pause dans une friterie proche de la frontière française, il est environ 13h, je n'avance pas vite. Mais j'avance. Cela me permet de recharger les batteries, puis je vais grimper dans la forêt pour passer Agirmont et retomber sur Givet, en France. Arrivé en France, je m'arrête à un bar en espérant profiter du réseau pour prévenir mes proches de mon avancée :super:

Le tenant du bar est un grand sportif : triathton, marathon, trail :metalhead: On part sur une longue conversation, d'autant qu'il a une grande expérience de ces efforts. Il me demande combien de bornes je fais par jours et me réponds d'un "pas mal". J'ai trouvé à qui parlé :hate: Originaire du Var, il me raconte comment, avec son fils (ou son neveu), il a escaladé/couru jusqu'au sommet du mont Faron. En arrivant en haut, les gens sortant du funiculaire leur ont demandés par où ils étaient passés. Un fada, assurément :green: Il me conseille également sur la route pour la suite. Mais comme la pointe du département des Ardennes, et Givet, plus particulièrement, est encerclée par la Belgique, je n'ai pas encore de réseau français. Je vais devoir patienter un peu pour donner de mes nouvelles :evil:

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Bord de Meuse, vers Dinant. Regardez-moi cette autoroute pour vélos :love:

Je repars, et doit passer par Chooz. Comme je suis obsédé par le fait de suivre le fleuve jusqu'à sa source, je me retrouve tout au bout de Chooz, et là c'est une impasse :colere: Me voilà devant la centrale nucléaire, sans possibilité de longer le mur d'enceinte pour retrouver la Meuse un peu plus loin. Et comme je n'ai pas l'abnégation d'un militant de Greenpeace, je me résouds à faire demi-tour, 10kms de rab' :sweat:

Je me rends compte que le département des Ardennes a lui aussi mis le paquet, puisqu'il y a des "maisons des randonneurs" où l'on trouve des robinets, des paquets de chips, de quoi faire des réparations de fortunes, des cartes si on est perdu, des vélos à louer pour les novices, bref, le paradis :banana: J'arrive in extremis à Revin, il est 19h30, le bar va fermer, mais on m'accorde une boisson et le remplissage de gourdes avant la nuit :winner: Point essentiel pour la récupération, il me faut mes 2l d'eau pour passer la nuit et faire ma toilette ! Je trouve ensuite un camion qui fait des sandwichs, en prends un, et vais le manger sur le ravel, peu avant Charleville, quand la nuit tombe (optimisation des éclairages !) :study:

Là, je me rends compte que j'ai fait une grosse journée, avec le vent de face, et que je vais avoir des difficultés à rallier Sedan, à 50kms. Je préfère en rester là :tdf: Je prends aussi conscience que je suis à des années-lumières de faire ce que font les participants de la transcontinentale race, 100kms par jours précisément. Et sans compter la dénivelée. Mais mieux vaut y aller à son rythme si on veut aller loin :gafauvel:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 10 déc. 2019, 22:20
par Le sucre sportif
Vendredi 9 août – 7ème étape : Passer entre les gouttes
Charleville-Mézières (08) – Tilly sur Meuse (55), environ 150kms, D+ 700m, difficulté 2/5
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La place ducale de Charleville-Mézières


Après avoir débuté la nuit sur le banc où j'avais mangé mon dîner, aux alentours de 23h hier soir, c'est à dire dans un endroit peu abrité du vent, je suis réveillé par le froid, ma couverture de survie me lâchant définitivement :sweat: Je repars de nuit, et entre dans Charleville, mais où dormir ? :scratch: Après avoir cherché un coin calme et abrité, ce qui est rare dans une métropole, je finis la nuit dans un sas de banque, un peu comme lors de ma deuxième tentative de Paris-Roubaix. Je dors au chaud, et me lève avec le soleil. Il est environ 7h, je vais directement au troquet qui ouvre à quelques mètres de là :siffle: En me voyant, je vois que le gars au comptoir enchaîne les blagues misogynes puis commence à parler de ces cyclistes qui font n'importe quoi et ne respectent rien. Mais il n'a pas semblé écouté ma réponse :balloon: Cela me rappelle mon choix de rouler sur les voies vertes : il n'y a pas cette minorité d’automobilistes, qui ne voient les cyclistes que comme des ralentisseurs, et donc des problèmes, n'ayant pas conscience du danger qu'ils représentent :spamafote:

Je repars en direction de Sedan, j'ai eu droit à quelques averses ces derniers jours, mais le gros de la tempête ne devrait pas tarder à passer. Le département est en vigilance orange ou rouge, comme je l'ai vu aux infos ce matin donc prudence aujourd'hui ! J'ai le droit comme hier à un fort vent de face et prends l'eurovélo 19 qui longe la Meuse, en suivant les panneaux "sud". C'est une route toute nouvelle qui a été inaugurée au printemps, je vais pouvoir la tester :hate:

Passé Sedan, je quitte la TransArdennes, qui est un tronçon de cette E19 pour aller dans le département de la Meuse. Vers midi, je suis contraint de suivre toutes les méandres du fleuve et me rends compte que je suis en train de doubler le kilométrage. Mais je joue le jeu :cheval: En arrivant dans la Meuse, je quitte la piste cyclable pour me retrouver dans des routes secondaires, mais les voitures ne prennent pas les détours comme moi donc je suis tranquille :super:

Je me retrouve sur l'ancien front des tranchées de la guerre 14-18, d'abord du côté français, puis plus tard dans la journée du côté allemand, mais vu ma vitesse et mes détours, je ne fais pas trop de tourisme. D'ailleurs en sortant de Sedan, je me trompe d'affluent et commence à remonter la Chiers, qui me mène trop à l'est, après avoir passé une bosse et une descente sympa. Dégoûté, je trouve une route qui longe la dénivelée et fais toute une boucle pour rester sur le plat et retrouver la Meuse à Mouzon :study: Après une nouvelle boucle qui me fait perdre autour de Luzy-Saint-Martin, je traverse la Meuse et mange copieusement une quiche et un sandwich à Stenay.

Ayant pris un coup de chaud, je m'arrête longuement dans un troquet de Stenay, et pendant que je discute avec la barwoman, sa mère, sentant le danger de voir sa fille devenir une vagabonde, m'annonce qu'une cycliste belge ayant pour objectif de rallier Dijon dans les 3 jours, était partie ce midi :love: "Elle avait l'air motivée vous savez. Avec les sacs, et tout" :love: En toute modestie, je réponds "3 jours pour aller jusqu'à Dijon, ça va je peux rester là encore un peu" :fume: "Oui, mais elle déjà être à Verdun !" :w00t:

Au rythme où je vais, et vu comment je me perds, ça ne va pas être facile de la rattraper mais je décide de relever le défi :niark: Je manquais de motivation, avec ce fichu vent de face, et voilà que je repars concentré sur mon effort :metalhead: Je roule fort vers Verdun donc, où je souhaite arriver pour dîner puis je prolongerais le plus possible vers Commercy, l'objectif de la journée :cheval:

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Verdun s'éloigne :mouchoir:

Mais soudain, grosse pluie. Et pas de la petite averse comme j'avais eu dans la matinée, là, je dois m'arrêter :mouchoir: Je trouve un abribus à Wiseppe et m'y arrête, j'en profite pour manger mais je me suis déjà un peu trop arrêté aujourd'hui, à cause de la chaleur, cette pause forcée tombe mal. Mais on ne fait pas ce qu'on veut en pleine nature, on s'adapte :spamafote: D'ailleurs la tempête à fait pas mal de dégâts au Luxembourg non loin de là, et je vois la route s'inonder. Des automobilistes s'affolent pour rentrer chez eux au plus vite et un citadin, en refermant son portail, me regarde inquiet. Je lui fait signe que tout va bien, d'autant que l'abri que j'ai trouvé me protège dans le bon sens par rapport au vent. Je m'installe pour faire une sieste, car c'est spacieux ici :banana:

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C'est d'ailleurs tellement spatieux que je peux mettre mon vélo sur le banc, hors de la crasse et de la pluie qui commence à arriver dans mon abri :hole: Je me dis que c'est dommage de ne pas trouver ce genre d'abri le soir quand il y en a vraiment besoin, mais il est quand même tombé à pic :study:

Je repars, il fait à nouveau grand soleil, la tempête est passée, et le vent se calme. La pluie fait place à un grand soleil. J'arrive à une pizzeria à l'entrée de Verdun, mais il est déjà tard. J'en profite pour commander des panini pour demain matin, puis repars mais voilà qu'il fait nuit. Je compte donc, vu ma fraîcheur, et le fait que toute menace est écartée, rouler de nuit jusqu'à ce que l'éclairage cesse. J'ai environ 2h d'autonomie. Arriver jusqu'à Saint Mihiel serait bien :super:

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Bords de Meuse à Verdun

Tandis que je m'enfonce dans la piste cyclable qui longe la Meuse, je commence à rouler sur des brindilles. La lumière de la lune et des étoiles me suffisent, il n'y a pas de véhicules ici, ce qui me permet de préserver mes éclairages. Les brindilles deviennent de plus en plus grosses :reflexion: Je me mets en mode cyclocross, et sautille pour passer les petites branches :metalhead: Puis voilà des branches plus grosses. Je mets pied à terre puis enjambe :cheval: J'ai déjà fait pas mal de bornes et il n'y a plus du tout de vent, donc je ne me sens pas en danger. Puis je me rends compte que tous les arbres ont été couché au sol. Je vais parfois avoir du mal à passer, mais ça passe :sylvain84:

Puis je trouve un pont et quitte la piste cyclable. Je me dis que ça va être galère si d'autres sections sont dans le même état. Je me retrouve sur une grande route, avec des panneaux indiquant Nancy, Metz, Strasbourg, bref les autoroutes :sylvain84: Je mets les éclairages et continue. Je suis plus en sécurité ici que le long de la Meuse :spamafote:

Puis je trouve un nouveau pont et retraverse pour retrouver à Ancemont, la D34 qui m'amènera jusqu'à Saint Mihiel :super: Je traverse plusieurs villages et cherche un abribus. Mais ce n'est pas si facile quand il fait nuit. Vers minuit, je décide de m'arrêter, peut-être à Tilly sur Meuse, voyant un abribus où je me change (mais en plastique, avec un banc trop court, bref le truc qui sert à rien :paf-mur: ), fait le tour de l'Eglise mais pas de devanture pour m'abriter donc je continue et je trouve ... l'entrée de la salle des fêtes ! :banana: Qui elle est protégée, certainement pour ne pas que les fumeurs prennent l'eau lors de leurs pause-clope, et bien orientée face au vent :hole: Je vais donc passer la nuit là, je ne dois pas être trop loin de Saint-Mihiel, où je m'arrêterais déjeuner demain :tdf:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 10 déc. 2019, 23:22
par AlbatorConterdo
Bienvenue en Lorraine. :genance:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 10 déc. 2019, 23:37
par loloherrera
:green:
Le vent de face+la pluie, ça devait pas être toujours agréable j'imagine...ça me rappelle que pour ton "tour d'Europe, il me semble que t'avais quasi pas eu une goutte d'eau :w00t:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 11 déc. 2019, 16:56
par Le sucre sportif
Oui, j'ai payé pour toutes les fois où j'ai été chanceux :green:

Après, en juillet, il y avait la canicule (et le tour de France :siffle: ) ça aurait été du suicide de partir à ce moment-là. En août, pluie orageuse. Donc il faisait chaud et lourd, et quand il pleuvait, ça ne faisait pas semblant (inondations, chute d'arbres ... :w00t: )

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 11 déc. 2019, 17:11
par Le sucre sportif
Samedi 10 août – Etape 8 : A la recherche de la Source
Tilly sur Meuse (55) – Serqueux (52) environ 200kms D+1100m difficulté 3/5
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La Meuse à Saint-Mihiel (et la piste cyclable qui la longe)


Je me réveille avec le soleil, j'ai pas trop mal dormi et comme je n'ai pas roulé autant que je l'ai voulu la veille, je suis motivé à faire une grosse étape, et rallier la source de la Meuse dans la soirée :niark: Je compte profiter de m'enfoncer de plus en plus dans la campagne profonde, à la frontière de la Meuse, des Vosges et de la Haute-Marne pour progresser ce weekend alors que c'est le grand chassé croisé des vacanciers (donc beaucoup de circulation), et que l'on prévoit un beau soleil aujourd'hui, contrastant avec le temps de la veille :pompom:

Les premiers kilomètres sont un régal car au petit matin, le weekend, il n'y a personne sur la route. Je suis la D34 jusqu'à Saint-Mihiel où je prends mon petit-déjeuner, et fais mon rituel matinal. Je repars et il commence à faire bien chaud. Nouvelle pause sur la place principale de Commercy, mais de nombreux cafés/boulangerie sont en vacances, et je m'inquiète pour la suite, car c'est la dernière grande ville sur mon trajet avant Châlon sur Saône :sylvain84: Je prends donc un sandwich que je mets en réserve et continue mon trajet. C'est agréable d'être en court, et j'ai retrouvé la Meuse, que je suis avec les panneaux sud, qui me motivent : après la pluie, le beau temps :banana:

Nouvelle pause, vers midi, à Sepvigny, où j'arrive dans le territoire de Jeanne d'Arc puisqu'elle s'y serais préparée avant de partir guerroyer contre les Anglois :cheval: J'arrive dans un café, et je comprends que l'ambiance y est plus que tendue. La veille au soir, un gamin qui jouait à vélo sur la route a été heurté par une voiture (l'automobiliste n'y est pour rien), et le voilà entre la vie et la mort. Je compatis, ce n'est pas pour rien que je cherche à m'isoler quand je suis à vélo. Je veux être le plus tranquille possible, et fuir les problèmes. Ce gamin là était certainement trop jeune pour avoir conscience des risques qu'il prenait, à faire des roues pour impressionner les autres au milieu de la route, mais il ne mérite pas son triste sort :mouchoir:

Je repars donc, plus calmé et concentré que jamais. Il commence à faire très chaud, j'arrive à Domrémy-la-Pucelle. Je suis l'itinéraire touristique passant par des petites ruelles, mais un croisement sur deux est indiqué :colere: Pas toujours facile et les riverains sont là pour me donner parfois un coup de pouce. La direction à prendre pour celui qui a conçu l'E19 est peut-être évidente mais pas pour moi, qui progresse en terres inconnues. Soudain, en sortant du village, une côte ! Alors que la Meuse est en contre-bas, avec une belle route qui la suit. Mais pourquoi ? :evil:

A mi-pente, alors que je suis quasi à l'arrêt, et en pleine fournaise, je vois de l'ombre et un banc. Je me dis que ça serait une bonne idée de s'arrêter là et de faire une pause sandwich :sweat: Je repars frais comme un gardon, et atteint le sommet de la côte avec une chapelle et une statue de Jeanne-d'Arc dorée. L'endroit est très touristique, la vue sur la vallée de la Meuse est belle, mais je suis dégoûté de cette montée donc je ne m'arrête pas, je suis focalisé sur la Meuse, que je veux remonter jusqu'à sa source. Elle est encore large à cet endroit :cheval:

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Statue de Jeanne d'Arc, Basilique de Domrémy, tout en haut de la colline

Dans l'après-midi, je passe Neuchâteau, où la Meuse se sépare en deux affluent, je remonte par la D1, route assez prise par le trafic (surtout le samedi-après midi) mais doit tourner vers la D2, qui suit l'autre affluent avant de retomber plus tard sur la Meuse, lorsque la-dite D1 sera plus calme certainement :study: Je trouve globalement que le tracé de cette véloroute est bien conçu, entre petites routes tranquilles, voies vertes de type strade bianche, monuments historiques ... mais j'ai tendance à me perdre car les panneaux ne sont pas toujours visible et peuvent mettre être tournés dans tous les sens pour les petits malins qui veulent s'amuser. Plusieurs fois j'ai vu le nord et le sud vers la même direction :pt1cable: Méfiance donc !

Perdu, je me retrouve dans un chemin de VTT car j'ai voulu éviter cette D1, et suis sorti au premier chemin sur ma droite, espérant descendre vers la D2. Finalement je dois refaire quelques kms en D1 puis peut redescendre vers la voie verte. Que de détours alors que la source de la Meuse me semble loin ! Sur cette D2, je me retrouve le long d'une petite rivière, dans l'ombre de la forêt et c'est très agréable. Mais mes bidons se vident, et j'entame mon troisième et dernier. Aucun point d'eau en vue, je suis dégoûté :sweat: Alors que je commence à me déshydrater, je vois à la sortie d'une ville, des campings cars près d'un gymnase. Un point d'eau :banana:

Les points d'eaux sont peut-être nombreux, mais pas indiqués, ces campings-cars m'ont sauvé la mise ! Je bois à volonté, rempli toutes mes gourdes et surtout, me rince abondamment le visage, j'avais pris un petit coup de chaud. Je repars trempé, mais ça devrait sécher vite. Je continue à m'enfoncer dans la vallée de la Meuse que j'aie retrouvée, mais c'est maintenant à manger qu'il me manque :elephant: Là encore, il est presque 20h quand je trouve une supérette à Breuvanes en Bassigny, dans les Vosges. Comme pour l'eau tout à l'heure, je fais une razzia sur la malbouffe, mange la moitié de mes achats et en garde le reste pour la fin de soirée et demain matin :hole:

Je grimpe sur les plateaux de la haute-Marne et il commence à faire nuit, je vais de plus en plus haut, la Meuse est de plus en plus petite mais pas de signes de la source. Alors que je pensais être arrivé (au village de Meuse) je me rends compte que c'est une communauté de communes et que la Source est encore loin :evil: Il se fait maintenant tard, je suis au village du Châtelet sur Meuse, là où doit être la source, après être passé dans des chemins de plus en plus paumés, mais en même temps près d'une autoroute. Je vois une fête au village, je continue en suivant les panneaux. Puis trouve un abribus où je m'arrête manger. Je suis cramé de tous ces faux plats. Les jeunes qui jouent au loin ont l'air de se demander ce que je fais là ! Après deux nuits dehors et 500kms de vélo, je dois faire peur :sylvain84:

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La source de la Meuse, pas sûr que je l'aurais vue en pleine nuit !

Arrivé à l'intersection suivante, je me trompe, fais un virage quasiment à l'arrêt et tombe, le genou a tapé droit dans le bitume. Ca craint :contador1: Je repars malgré mon genou douloureux, voit un couple rentrant chez eux, et leur demande où est la source de la Meuse. En me voyant, ils me disent que c'est un peu plus loin mais que dans la nuit, je ne verrais rien. J'ai compris, il est le temps d'arrêter les frais et d'aller se coucher :spamafote:

Mais je suis en haut du plateau, et il fait très froid. Je vais faire une bonne dizaine de kilomètres de descendre pour trouver un village plus abrité, et proche de la Bourbonne où j'irais prendre un café demain matin :study: Arrivé à Serqueux, toujours pas d'abribus mais je dois m'arrêter. Après avoir tourné un peu dans le village, je vois la salle des fêtes. Mais l'entrée n'est pas abritée du vent. En allant de l'autre côté du bâtiment, je vois un escalier menant à la sortie de secours :winner: Parfait, je vais aller me pelotonner au fond de cet escalier, bien planqué pour passer cette nuit qui s'annonce rude. Mais avant, je vire les feuilles qui étaient nombreuses au fond de ce trou, où j'arrive même à placer mon vélo, si bien que même les quelques riverains qui passeront dans la nuit noire pour rentrer/sortir de chez eux ne me calculerons pas. Je suis content de mon coup :banana: Demain, direction la vallée de la Saône, et la Bourgogne :niark:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 11 déc. 2019, 17:33
par damienleflahute
Le sucre sportif a écrit : 11 déc. 2019, 17:11
je trouve une supérette à Breuvanes en Bassigny, dans les Vosges.
:stereoking: En Haute-Marne.
Le sucre sportif a écrit : 11 déc. 2019, 17:11
un village plus abrité, et proche de la Bourbonne
Bourbonne-les-Bains, pas la Bourbonne. :non:

Bon sinon, :agenou:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 11 déc. 2019, 18:25
par Le sucre sportif
Merci pour ta vigilance ! Je suis passé dans une partie de la France que je ne connaissais pas du tout (en fait l'est de la France je connais très très peu) donc ça m'a particulièrement plu d'y aller et de visiter :super:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 11 déc. 2019, 19:24
par Nopik
J'espère que tu as pris la voie verte de Remiremont dans le prochain épisode :elephant:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 12 déc. 2019, 09:16
par metatron
Nopik a écrit : 11 déc. 2019, 19:24 J'espère que tu as pris la voie verte de Remiremont dans le prochain épisode :elephant:
Et celle de Dole dans le suivant !

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 12 déc. 2019, 11:06
par Le sucre sportif
metatron a écrit : 12 déc. 2019, 09:16
Nopik a écrit : 11 déc. 2019, 19:24 J'espère que tu as pris la voie verte de Remiremont dans le prochain épisode :elephant:
Et celle de Dole dans le suivant !
C'est ça dans l'esprit, on peut aller vraiment loin avec les voies vertes, mais je voulais mettre cap au Sud, été oblige :smile:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 12 déc. 2019, 17:33
par Le sucre sportif
Dimanche 11 août – Etape 9 : Au pays des pêcheurs !
Serqueux (52) – Gray (70) 130kms D+ 500m difficulté 1/5
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Station thermale de Bourbonne-les-bains


La nuit fut rude, car il fait particulièrement froid dans le plateau de Langres, bien que j'ai réussi à trouver un refuge bien abrité, ça n'a pas été une nuit très bonne niveau récupération, et je suis inquiet sur la gravité de ma blessure au genou :sweat: A chaud, je n'avais pas eu trop de soucis à roulotter une dizaine de kms en descente, mais là, il faut repartir direction la vallée du Doubs, de la Saône et du Rhône. Heureusement pour moi, je suis tombé lentement, et mon genou a tapé droit sur le bitume, en pleine sur la rotule. Rien de gênant pour les articulations, mais j'ai encore une fois montré ma capacité à me mettre en danger en fin de journée pour des erreurs de navigation :paf-mur:

Je repars vers Bourbonne les bains, qui n'est pas très loin et comme le trajet est en descente, je décide de rester en tenue de ville et de me changer dans un bar que je trouverais à la ville. Le plateau de Langres est particulièrement vide, j'ai pu voir hier soir des étendues vertes non exploitées, pas même pour de l'élevage. Mais quand je vois l'isolement des personnes y habitant, je peux le comprendre. Avec le gérant du café qui m'accueillent en cette fraîche matinée pour un café double, on discute des problèmes de la ruralité, alors que je m'attends à aller travailler dans les grandes métropoles à la rentrée, comme tout le monde.

Je prends maintenant la direction de Corre, par une grande route, mais nous sommes dimanche matin très tôt et je ne suis pas dérangé. Je croise même quelques cyclistes, c'est toujours sympa pour rompre la solitude. Pourtant, après avoir à peine fait quelques kms, à Fresnes sur Apance, je vois que le pont est fermé pour cause de travaux :colere: C'est dommage, car je vais devoir faire un gros détour, et vu que je suis à la bourre de plusieurs jours sur mon objectif ( :elephant: ), et que j'aimerais retrouver au plus vite la Saône sans me perdre, je décide de traverser après m'être assuré que je pouvais passer à vélo (le trottoir était praticable contrairement à la route). Je passe donc sans soucis et suis récompensé d'une vingtaine de kms sans aucune voiture, puisqu'elles ne peuvent pas traverser. Parfait, je peux arriver à Corre et à la Saône :hole:

Dès lors, je me retrouve sur l'échappée bleue :cheval: , et prends la direction du sud vers la Bourgogne. Comme pour l'E19 qui longe la Meuse, j'ai le droit à un mix de voies vertes et de routes secondaires partagées avec quelques automobilistes donc c'est parfait. J'arrive en haute-Saône, terre de Thibaut Pinot :agenou: Et je ne suis donc pas surpris en ce dimanche de voir au fil de la journée de nombreux pêcheurs, randonneurs à vélo, et des grillades fleurir en ce midi :super:

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Véloroute Charles le Téméraire/Echappée bleue

Je n'avais pas encore mis de photos des portions voies vertes que j'ai pu avoir le long de la Meuse et de la Saône, ce sont pour la plupart des chemins blancs, propres ou du bitume donc ça passe nickel, même en pneu lisse (attention c'est pas le cas partout non plus ,un VTC/gravel est recommandé sur certaines sections). Et du coup, je vais aussi moins vite que sur le bitume :study:

L'après-midi voit les nuages gris revenir, avec quelques averses. De la grosse pluie orageuse et peu d'endroits pour s'abriter (comme on le voit sur la photo précédente). Et contrairement à la Belgique industrielle, trop peu de ponts en vue. Je décide à un moment de m'arrêter sous un arbre :saoul: Je suis plus ou moins abrité et commence à faire une sieste, quand les rafales me rabattent de l'eau, plus moyen de se cacher, me voilà trempé :genance: C'est mon quatrième jour de suite sans hôtel, et je commence à en avoir gros.

Après m'être arrêté dans un secteur en sous-bois, ou je me change carrément sur la véloroute, faute de bas côté sec, je repars en direction d'un endroit pour m'abriter pour de bon, en espérant que je puisse faire une fin d'après-midi plus tranquille, comme ma journée dans la Marne, après la tempête Je fais des détours dans des villages lorsque la pluie tombe, et le temps de trouver un abri, voilà que le beau temps est revenu :paf-mur: Je me dis que ce petit manque de chance compense le fait que j'ai eu un temps parfait à Roubaix, compte tenu des prévisions météo, et que c'est mieux qu'il fasse moche ici, alors que je n'ai plus vraiment d'objectif sportif :jap:

A Ray-sur-Saône, je trouve un bar pour m'abriter, il y a des cyclotouristes anglais, des vacanciers allemands, ce qui fait contraste avec le côté vieillot de l'établissement. Je demande un chocolat chaud, car je suis tout trempé, et je me les caille mais dois me rabattre sur un café long. De l'eau chaude vaut mieux que rien :spamafote: Pendant que je discute au téléphone avec mes proches, j'entends dans la conversation du couple qui tient le bar "gitan" et un peu plus tard "viking". Ils ne sont pas loin du compte :elephant: Malgré le côté austère, ils m'auront bien conseillé pour la suite, puisque freinant ma volonté d'aller rouler jusqu'à Auxonne (environ 100kms de là) pour assurer et aller prendre un hôtel à Gray, a environ 50kms de là :super:

Reprenant la route pour un CLM de 50 kms, je prends des successions d'averses, de rafales de vent, toujours aussi défavorable à mon grand désarroi, et d'éclaircies. Mais comme je suis à bloc, que je sais que je vais dormir au chaud ce soir, je fais un dernier effort pour atteindre Ray Sur Saône vers 18h30 :cheval:

Là, je trouve un hôtel "le fer à cheval" qui est spécialisé dans l'accueil des vélotouristes. J'entre, et alors que je demande si il y a un garage pour mon vélo, on me répond : "pas de soucis, prenez du papier journal et placer le sous votre vélo dans votre chambre". Je ne peux que conseiller cet hôtel si vous êtes à vélo, j'ai été très satisfait, d'autant que les prix ne sont pas élevés, c'est un peu veillot mais il y a tout le nécessaire pour un cycliste fatigué qui ne souhaite qu'un endroit chaud pour dormir :banana:

On me conseille également un lavomatique dans une zone commerciale, alors je me change, commande une pizza en chemin, et arrive devant le lavomatique après 20' de marche, mes tenues de vélo pelotonnées dans la bâche de mon sac, qui va aller dans la machine elle aussi. Mais manque de bol, le système électronique pour payer ne fonctionne pas, et nous somme dimanche soir :saoul:

Je repars dépité vers ma pizza et l'hôtel, je vais devoir faire la machine à la main, mais la chambre étant moins spacieuse qu'à Charleroi, je risque de dormir dans la jungle ce soir :sylvain84: Sauf que j'avais éteins les radiateurs et que je n'arrive plus à les rallumer. Il fait chaud dans la chambre, mais ça va être galère pour sécher tout ça. Je lave mes tenues au savon dans la baignoire, étends le tout, mange ma pizza, prend un bain, essore les fringues de temps en temps et il est déjà tard. Je ne serais pas reposé tant que cela mais je peux faire une nuit au calme une fois n'est pas coutume :super: