Carolo a écrit : 29 sept. 2022, 11:50
Ca peut paraitre anodin mais maintenant, Evenepoel a un énorme avantage psychologique sur ses adversaires.
Ils savent que si Remco prend 50m, c'est fini pour tout le monde et ça sur un MSR ça peut vite faire rideau dans le peloton.
Totalement d’accord!
J’ai tendance à penser que des Hinault et des Merckx ont gagné certaines courses sans meme à avoir eu à se battre, tellement une attaque de leur part à tel endroit/tel moment suffisait parfois à dégoûter tout un peloton, certain qu’il ne servait à rien d’aller ferrailler et qu’ils avaient sans doute bien davantage à gagner à bosser pour une seconde place que pour une hautement improbable 1ere place.
J’ai revu certaines images d’Hinault, sur des etapes du Tour: parfois il attaquait à plus de 100/150 bornes, sans vraiment forcer, limite au train…….et tout le monde le laissait partir! Tout le monde, pas un pour bouger une oreille, rien, juste une grosse masse de gars résignés d’avance, tellement l’autre est 4 jambes au-dessus.
Alors, c’etait une autre epoque, c’etait loin d’etre aussi professionnel, aussi organisé dans les equipes, et il y avait sans doute moyen de profiter de tout cela autrement plus qu’aujourd’hui.
N’empeche, Remco est en train de matérialiser ce qu’on n’osait imaginer: il est d’une porcivité absolument déconcertante, capable de répéter de tres gros efforts en course, de gérer les plus longues distances, capable d’une excellente récupération sur 3 semaines, capable de tenir seul un rythme absolument infernal sur de longues offensives (50, 60….100km bientot?), rythme auquel des groupes de cadors sont incapables de s’accrocher. Il faut prendre conscience que dans ce cas de figure, seul Colbrelli a réussi à le faire….. Il faut se souvenir d’un Campenaerts pendu comme jamais dans sa roue sur un Tour de Belgique, jusqu’à l’agonie, au point d’aller se foutre dans un fossé, broyé. Le mec dira apres course ne jamais avoir souffert comme cela dans la roue de quelqu’un. On en riait un peu à l’époque, considerant que c’etait juste de la ssr, que c’etait juste du Campenaerts…
Autant c’est tres beau à voir, autant ça reste quelque chose d’absolument dingue, en terme de performance athlétique, sans meme qu’on ait besoin de sortir la machine à calculer les watts. C’est le Van Vleuten au masculin, j’en ai vraiment tres peur…
Je vous invite à revoir la puissance qu’il met dans la seconde partie de la grosse bosse, juste apres avoir lâché Lutsenko (et alors meme que derriere, tous les autres sont pendus, apres avoir essayé en vain d’aller le rechercher). Voyez la puissance qu’il continue de mettre tout de suite apres cette bosse, il lui en reste énormement et peut encore relancer dans les parties plates/descendantes. Voyez l’écart qu’il ne va cesser de continuer de creuser. C’est dingue, le niveau qu’il a!
Bref, tout ça pour dire que moi aussi, je suis persuadé qu’il va pouvoir profiter, s’il en etait besoin, d’un gigantesque ascendant psychologique sur ses adversaires désormais. En plus, il ne pète meme plus un câble plus de 3 secondes pour deux bidons ratés, là où ça l’aurait sans doute occupé une bonne heure il y a encore un an. Il ne s’énerve meme plus contre les pauves types qui veulent pas lui prendre un relais dans ses offensives (il a meme réussi à faire passer un peu Lutsenko

), il sait qu’il va de toute façon les faire exploser sauf si ça s’appelle Colbrelli.
Y a presque plus qu’à espérer qu’il reste chez QS toute sa vie, en tout cas pour les GT, afin qu’il ait quand meme un petit désavantage dans ce qui pourrait manquer cruellement de suspense dès lors qu’il s’alignera sur une course de vélo. Encore heureux qu’il y ait d’autres monstres du vélo qui éclosent comme 4 en ce moment, sinon le suspense pourrait devenir de la pure SF pour ce sport avec un tel coureur.
PS: pour votre histoire de fatigue sur MSR et ses 300km, je n’ai jamais réussi à me faire un avis définitif, ayant entendu une chose et son exact contraire de la part de certains acteurs principaux: ainsi, un Fignon t’expliquait qu’il s’etait servi de cette tres longue distance, et donc de l’effet d’usure, pour profiter de son énorme caisse et aller la gagner deux fois consecutives pour son retour apres blessure; de l’autre côté, un Durand t’explique qu’avant la Cipressa, cette course a beau faire 300km, c’est une pure ballade de santé.