Allez, je me lance dans le récit de ma course du jour également. Pour une fois, j'en ai des choses à raconter ! :sweat-lol:
Il s'agit d'une course UFOLEP. Circuit de 10 bornes, qui forme une sorte de triangle dans mon esprit (ouai parce que sur Strava, c'est pas ça

). En gros, sur les deux longs côtés du triangle, ce sont de longues lignes droites. L'une avec un vent défavorable (3/4 face, qui souffle bien), heureusement on a une belle et longue descente sur plus de la moitié de la ligne droite. Pour l'autre ligne droite, vent plutôt de côté mais pas plus gênant que ça.
Et sur le petit côté ? Une belle côte qui doit faire plus d'un kilomètre, avec une moyenne de 5% mais quelques passages un peu plus ardus au milieu.
Pas vraiment de passages pour les acrobates, les virages sont larges, la route est propre et en bon état.
Autant dire que c'est un circuit qui me convient vraiment, contrairement aux courses toutes plates faites depuis le début de l'année. Je ne me fais pas d'illusion non plus, je n'ai pas l'expérience, mais j'aimerais y faire une place.
J'entends pas le réveil le matin (6h) qui sonne visiblement pendant 20 minutes ... Bon, ça va, je suis pas du genre à me préparer dans la précipitation, donc j'ai du temps malgré ce retard à l'allumage.
Cette fois je n'oublie pas mon porte-feuille avec ma licence et ma tune pour m'inscrire (si si, ça m'est arrivé :sweat-lol: ) et je suis parti.
J'arrive sur place, je retrouve 3 collègues de club. On sera notamment 3 en 3ème caté. Tous avec un profil similaire plutôt puncheur/grimpeur. On est armé et on a tous coché cette course.
On se prépare, je sors le vélo de la voiture, je monte les roues, je check la pression (boyaux gonflés hier avant la sortie tranquille). Tiens ? La roue arrière est presque à plat ? La prolongateur de valve ne s'est pas dévissé (et là, je sens inévitablement la loose monter en moi), j'examine le boyau, il y a bien un mini-trou, mais ça a pas l'air bien profond ? Je regonfle histoire de voir, je colle mon oreille ... ouai OK, c'est bien là que ça a percé, j'entends le sifflement. -_-
Et dire que j'ai pris cette connerie hier sur ma mini-sortie de déblocage. Je check pourtant rapidement les roues en rentrant après chaque sortie, mais j'avais rien vu (simplement noté que les boyaux, malgré leur jeunesse, commençaient à être coupés).
J'enrage inévitablement, je demande aux collègues s'ils ont une roue arrière (arrière en plus putain !) en rab', évidemment personne n'a. On me conseille de le tenter au culot auprès d'autres gars et de l'organisation ...
Ça signifie trouver une roue en 11 vitesses Shimano à 30 minutes du départ, ne pas arriver chaud, et courir avec un matos mal réglé que je ne connais pas ...
En regonflant, j'ai constaté qu'il restait 2-3bars dans le boyau. Bref, la crevaison est plutôt lente. En \"aplanissant\" la gomme du boyau au niveau de la crevaison, je n'entends plus le sifflement ... MacGiver style, juste avec mon doigt. :copain:
Bon, je prends le risque tant pis, je ne me suis pas levé à 6h du mat un Dimanche pour rentrer la queue entre les jambes avant la course.
Puis dès que je sens que c'est trop mou, je m'arrête et je rentre. Putain, il faut que ça arrive sur la seule course qui me convienne et où le temps n'est pas pourri !
Autant dire que tout mon esprit est occupé par ce problème mécanique de dernier moment. Je m'échauffe comme je peux, sans avoir reconnu le circuit. Mais je n'hésite pas à taper dedans, j'ai besoin d'un bon gros déblocage avant de partir, surtout si ça envoie du bois d'entrée de jeu.
Je me place sur la ligne, je suis parmi les premiers de ma catégorie. Je ne vois pas trop combien on est au départ, un peu moins de 70 selon un collègue.
Le départ est lancé ... on dirait du cyclotourisme avec des papys. Ça roulotte tranquille a même pas 28km/h. C'est assez singulier de ce type de parcours, les bonnes grosses bosses à venir ont tendance à calmer les ardeurs des gars, au moins au début. Très honnêtement, je ne vais m'en plaindre.
Avec tout ça, je me retrouve rapidement à emmener, parce que c'est une blague de roulotter comme ça. Puis je me dis qu'au moins, j'aurai bien tapé dedans quand je devrai mettre pied à terre à cause de la mécanique. Bref, après un petit virage, je commence à envoyer devant. Je fais toute une partie du circuit comme ça, je relaye 2/3 types devant, ça c'est du déblocage grandeur nature !
Nous voici au pied de la première bosse. Un petit jeune colle une banderille quaisment d'entrée de jeu. Je suis immédiatement dans la roue (oui, je n'ai toujours pas lâché les premières positions :copain: ). Il fait une Bjarne Riis/Christophe Brandt, il n'arrête pas de se retourner pour voir les dégâts qu'il fait, alors que je suis couché sur la machine concentré dans l'idée de ne pas le laisser partir (et mine de rien, le coeur est resté très haut sur ce premier tour).
Arrivé en haut, on finit par tourner à droite, et on peut constater que le vent est bien présent. Sur les premiers tours, j'essaie de rester placé en tête. Il m'arrive même de continuer à rouler devant lorsqu'un type me signifie qu'il faut pas laisser partir 2 gars, \"sinon on ne les reverra pas\".
Bref, je m'en fous, je suis là pour me faire mal avant l'arrêt, donc je roule. Et si ça peut servir, d'une manière ou d'une autre à mes équipiers, tant mieux.
Lors du troisième passage de la bosse, je suis bien loin, j'ai reculé un peu naturellement. C'est le moment que choisit un collègue pour secouer le cocotier. Même si je suis content de voir que mes 2 collègues sont chauds (ils ne lâchent pas les 10/15 premières places de toute la course), je constate que je subis comme une quiche à l'arrière alors que ça fait mumuse devant.
Et en haut de la côte, je dois boucher des trous, et je constate des petits écarts dans les groupes devant. Avec la partie vent de défavorable qui arrive, je crains le pire. Fausse alerte, tout le monde se fait mal pour ramener, mais ce n'est pas passé loin ! À ce moment, je me voyais déjà battu sur une erreur de placement à la con.
Les tours s'enchaînent. J'essaie constamment de me replacer pour aborder la bosse, mais je me sens tout de même moins frais qu'au départ. Je constate surtout que ce sont toujours les 10 mêmes gars aux avant-postes (dont un collègue), je me dis qu'ils doivent avoir la socquette légère.
J'ai l'occasion de constater qu'on est une quarantaine dans le peloton. Et vue comme la course avance, sauf aléa, ils joueront tous la gagne dans le dernier tour. Je constate également qu'un de mes 2 collègues a bien reculé dans le peloton (il me confirmera après la course qu'il était vidé).
Sur les parties plates, spécialement en haut de la bosse, un type (toujours le même) n'arrête pas de foutre des mines. Il doit être sacrément costaud le bougre. Et c'est toujours les 2 mêmes clubs qui vont le chercher (belle course d'équipe de leur part).
Finalement la cloche retentit, mon boyau aura donc tenu jusque là, c'est déjà une bonne nouvelle. Ça tente de faire un peu le forcing dans le dernier tour, mais à part faire sauter les types qui n'avaient plus rien, ça ne change pas grand chose.
Sur la dernière ligne droite, je commence à me replacer. J'ai l'occasion de constater qu'il y a un type seul devant, et qu'il a une belle avance. Deux, trois mecs échangent autour de moi en parlant de lui comme un costaud.
Néanmoins, le peloton se rapproche avant la dernière bosse. Il sera avalé dans celle-ci.
Dernier virage à droite, qui débouche directement dans la bosse. Et là je constate que je suis un peu loin, peut-être 20 ou 25ème.
Un gars fout une mine dès le pied de la bosse (qui est bien longue, on a bien 1,2km jusqu'à la ligne), je vois mon collègue directement dans la roue. Et là, je me dis qu'il y avait bien des gars au-dessus du lot. Bref, à ce moment, je me dis que c'est sauve qui peut et qu'on va finir comme on peut car je suis vraiment trop loin.
Finalement, devant ça a attaqué trop tôt, et forcément ça se calme un peu. Derrière, je ramasse les morts, beaucoup de types qui ont abordé la bosse mieux placés que moi commencent à péter.
À ce moment, mes jambes m'indiquent que ça commence à piquer. Je me rassieds et je suis tenté de lâcher prise, puis je me rappelle que c'est le dernier tour et qu'il doit rester un demi kilomètre, puis merde, c'est une course qui me convient celle-là ...
Alors je fais une Jens Voigt, et je dis à mes jambes de la fermer.
Je ne vois plus tellement ce qui se passe devant, car ça serpente pas mal. Tout ce que je sais, c'est que le cul posé sur la selle avec une bécane qui performe à mort sur les pentes du type, je file comme le vent ( :sweat-lol: ), je fais l'extérieur à bloc à des types qui sont scotchés, et j'ai des étoiles dans les yeux.
Je constate que l'écart est fait avec un petit groupe devant, mais qu'on est pas si mal les 3/4 types et moi-même dans notre groupe. Le type qui est devant n'avance plus tellement, mais je suis un peu \"bloqué\" derrière lui et un aute. Tant pis, on finit comme ça et je me fais violence et je saute un gars (à bloc comme moi) sur la ligne. Réflexe de coursier, je compte rapidement les gars qui ont passé la ligne avant moi, j'en compte 8, ce qui signifierait que je termine 9.
Un collègue, sur le bord de la route, m'annonce que je dois faire quelque chose comme 10ème. Ça confirme donc ce que j'avais rapidement vu.
Bon voilà, malgré ma connerie de boyau (atelier décollage/collage cet après-midi), je fais une place, comme espéré dans la semaine.
Alors après-course, quand tu sais que tu fais une place, tu te demandes ce que tu aurais pu faire de mieux (genre déboîter les 2 types qui m'ont un peu bloqués dans les 200 derniers mètres), mais bon, je suppose que tous les mecs autour de moi peuvent se trouver les mêmes excuses et ça m'aurait fait gagner 2 places au mieux car il y avait un écart devant.
Ah, puis quand on lit les récits sur VCN où les gars font des places, on a pas l'impression que ça fait mal. Je confirme qu'une fois arrêté t'as plus mal, mais quand tu bouches des bordures sur le plat avec vent défavorable, tu pries pour que ça s'arrête vite car t'as mal.
