Bradounet_ a écrit :Que l'EPO soit morphosélectif, je n'y crois guère.
Les coureurs légers bénéficient tout autant que les lourds de son usage.
Si on voit moins de gros costauds dans les classements des grands tours qu'avant, c'est surtout à cause de la gueule des parcours. Le chrono plat est désormais soutenu par la WWF car elle ne compte tout au plus que 40 km par an sur le Tour de France, dans dix ans, ce sera l'extinction de l'espèce.
Tu reviens au 110 bornes de chrono annuel comme au temps de sa splendeur, à cela tu réimplantes toutes les étapes jeanmarieleblanesques de la première semaine qui fusillaient les jambes des grimpeurs, et crois-moi que les gros culs vont vite se repointer dans le top 10.
Si, quand même, l'EPO a ouvert des portes pour certains gros moteurs, handicapés par leur corpulence pour passer la haute-montagne, sur la durée (un GT compte 6 ou 7 étapes de montagne). Le poids est un gros dilapideur énergétique, quand il faut escalader régulièrement des grands cols. Plus facile pour l'oxygène de fournir régulièrement un corps de 60kg qu'un gros morceau de 85kg. Avec l'EPO, le costaud n'était plus à court de carburant, il pouvait imposer sa force sur la durée. (attention: pas de miracle non plus, il fallait quand même avoir certaines qualités de grimpeur, à la base. Jacky Durand n'a jamais grimpé, par exemple)
Certains gros moteurs ne se sentaient plus, dans les grosses années transfusions sanguines, et se mettaient carrément à rêver d'une victoire dans le Tour. Puis le passeport biologique est arrivé, et c'était la fin des illusions.
Mais c'est vrai que, de la même manière, l'EPO a sans doute permis à des grimpeurs purs de passer sans problèmes les étapes de plaine qui auraient pu les envoyer dans les cordes. L'EPO a bouleversé tous les repères physiologiques.
En ce moment, on est dans une période bien plus crédible, sur ce plan, faut le reconnaitre. Si l'on enlève ces problèmes de dopage mécanique ( qui ne vont pas durer ), le cyclisme est dans une bien meilleure situation qu'il y a 8 ou 9 ans. Même s'il y a eu cette histoire de toubib british, et que le sport cycliste a été évoqué dans la fameuse liste des 150, n'oublions pas que les mecs ne peuvent plus se baffrer d'EPO ou de stéroides comme à la belle époque. Les gains de performance ont sérieusement baissé, malgré des styles de course beaucoup plus orientés vers la prudence et une concentration de l'effort porté sur une durée beaucoup plus courte (20 à 30' maxi).
C'est bon signe, même si les étapes de montagne sont globalement devenues plus chiantes. (quoique les Astana, l'an dernier..)
La pesanteur se dirige toujours vers le bas et le pognon vers la frontière suisse. (cavanna)