ça se tient, je comprends qu'on trouve l'intervention de Reichenbach déplacée.Nonoms a écrit : 10 janv. 2018, 13:22Je suis d'accord avec ton message dans l'ensemble. Je vais juste te répondre là dessus.Richard a écrit : 10 janv. 2018, 12:55
Pour le contentieux entre les deux, c'est quand même gros de considérer que c'est Reichenbach qui l'a démarré, dans quel monde une réaction condamnant une faute avérée commise au sein d'une communauté, par un de ses membres, lié à la "victime", démarre-t-elle un contentieux ?
On pourrait à la rigueur considérer qu'il a donné un écho public néfaste pour l'image de Moscon, mais si ce dernier considère ça comme un préjudice, c'est fort de café, il faut assumer ses actes hein !
Ce n'est pas le problème de la mauvaise image donnée à Moscon.
C'est juste que pour moi c'est une affaire entre Kevin et Gianni. On ignore ce qui s'est passé avant l'insulte. L'insulte est débile (c'est rarement intelligent une insulte), mais ce n'est qu'une partie de l'histoire. Rendre seulement une partie de l'histoire publique sur un sujet tabou où l'ont sait que Moscon va en ramasser plein la tronche, alors que lui (Reichenbach) en est seulement spectateur, c'est selon moi en faire une affaire personnelle. Comme s'il voulait s'y mêler et y jouer un rôle.
Je ne comprend pas en quoi c'est une bonne chose.
Est-ce que ça aide Reza? Je ne vois pas en quoi.
Est-ce que ça fait reculer le racisme? J'ai l'intime conviction comme expliqué par ailleurs que c'est plutôt l'inverse.
Reza lui-même aurait voulu régler ça de son côté, et a déclaré l'incident clos après les excuses, sans en rajouter.
Mais je ne comprends pas qu'il n'ait "pas le droit" de s'exprimer ?
S'il en a envie, tant qu'il évite la diffamation... (de toute façon il n'avait nommé personne)
Il n'aurait pas dû s'exprimer du tout ?
Sans se laisser entraîner sur le terrain du dévoiement de l'antiracisme et de ses effets pervers (dont je suis convaincu), je trouve bien qu'il ait osé s'exprimer, dans un milieu où les histoires s'étouffent et s'éteignent en silence, où à force de laver son linge sale en famille, on contourne un peu trop les choses qui fâchent.
C'est vrai que c'est violent pour Moscon, car il se prend la vague de l'infamie, mais bon je ne vois pas pourquoi il devrait en tenir rigueur à Reichenbach, les propos sont publics, et s'il est seulement "spectateur", il ne l'est pas au sens de "désengagé" de ce qu'il se passe dans le peloton, même relativisé dans son contexte de moment chaud de course, sous haute tension.
Pour le côté partiel/partial, je n'ai pas l'impression qu'il y ait d' "historique" particulier de l'insulte, cf. plus bas.
Peut-être que Reza avait en fait traité Moscon de "blanco" auparavant ?
L'histoire relatée par Reza (itw l'Equipe juillet)
Il manque une question sur le tweet de Reichenbach, dommage !
Deuxième problème, en avril au Tour de Romandie, avec l'Italien Gianni Moscon.
On est à une dizaine de kilomètres de l'arrivée (de la 3e étape). Il y a du mouvement, les équipes placent leur sprinteur, ça frotte. Moscon s'occupait de Viviani. Je le sens entre moi et le bas-côté. Il n'y a pas la place pour passer, c'est dangereux. Je me retourne vers lui. J'entends : "Negro" et quelque chose en italien. Je me mets à sa hauteur, je sens qu'il a peur, il dévisse (il se laisse glisser vers l'arrière).
À l'arrivée, vous êtes allé vous expliquer.
Je me suis mis sur le côté pour éviter d'être dans le champ des caméras. Je suis énervé, je vois rouge, je le prends par le maillot, il ne bronche pas, ne dit pas un mot. Comme il flippait, ça ne servait à rien d'insister.
Et la photo circule sur les réseaux sociaux.
Comme en 2014, je voulais régler l'affaire sans qu'elle prenne d'énormes proportions. C'est très grave, mais je ne voulais pas passer pour une pleureuse. Je ne suis pas le porte-parole d'une organisation qui lutte contre le racisme. Je veux qu'on parle de moi comme d'un coureur cycliste.
Le lendemain, Gianni Moscon est venu à votre rencontre avec son directeur sportif, Nicolas Portal. Que s'est-il passé ?
Il s'est excusé. Je lui ai simplement dit : "Ne recommence plus, ça peut mal se terminer pour toi, pour ta carrière."
Il été suspendu six semaines par son employeur.
Oui, pendant sa coupure. Il a repris à la Route du Sud en juin. Je ne sais pas s'il a eu une amende. L'UCI m'a demandé de relater les faits. Peut-être devrait-elle prévoir dans ses règlements une sanction en cas d'insultes racistes.
Avez-vous évoqué ce sujet en famille ?
Même pas deux minutes. Avec les miens, j'évite déjà de parler vélo.
Quelle a été l'attitude de votre équipe ?
Ils m'ont laissé gérer cette affaire en me disant : "Comme tu le sais, on est à 100 % derrière toi." Ç'a dépassé le cadre de l'équipe, j'ai senti le sponsor concerné.
Avez-vous reçu des messages de soutien du peloton ?
Le lendemain, des coureurs sont venus me demander comment j'allais. Des coureurs que je ne connaissais pas. Moi, je veux seulement continuer à réaliser mon rêve de gamin : faire du vélo. »

