Alex.stru a écrit :
Mais la question sur wiggins est plutôt de savoir si l'on peut être mauvais en montagne. Y être l'un des meilleurs. Puis y être mauvais.
Passer de rouleur à grimpeur, même lorsque l'on a le rapport puissance/poids avec soi pour faire partie de l'élite, demande un temps d'adaptation.
De même, un grimpeur, qui ne fait que grimper à l'entraînement mais qui a la puissance pure pour rivaliser avec les meilleurs rouleurs sur les chronos, devra aussi passer par un travail spécifique.
L'inertie du coup de pédale est différent, la fréquence également, les muscles travaillent différemment, et il faut donc une adaptation neuro-musculaire : "le fameux coup de pédale du grimpeur", on ne parle souvent que de l'aspect technique, mais les changements se situe surtout au niveau physiologique.
De toutes les adaptations sur le plan physiologique, l'adaptation neuro-musculaire est celle qui se fait le plus rapidement : c'est par exemple ce qui explique les très rapides progrès que peut faire une personne qui se met à la musculation alors qu'elle ne prend pourtant presque pas de muscles dans les premières semaines.
Donc, avec un entraînement intense en montagne, il est possible de progresser sur ce plan là rapidement.
Pour Wiggins, il vient se greffer également la question du poids, ce qui lui a permis une économie de 30 à 40W, la différence entre un Nibali et un Tanel Kangert par exemple.
Un coureur comme Tony Martin ne pourra jamais jouer un top5 de GT s'il ne travaille pas son coup de pédale, c'est un rouleur qui adore enrouler des énormes braquets et il suit le même mode en haute montagne, ça passe un col, mais pas deux, car mobiliser sa force maximale induit une fatigue musculaire plus importante, même si le rendement énergétique est meilleur.
Gerdemann faisait pareil, Rohan Dennis risque de connaître quelques problèmes aussi sur une enchaînement de difficultés. Wiggins n'a pas eu ce problème d'adaptation de fréquences car il tourne déjà les jambes sur le plat.