Les Grands Tours de jadis

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nostradamus--dans--le--bus
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Re: Les Grands Tours de jadis

Pour ceux qui connaissent la période Indurain, quel fut le Tour qu' il gagna avec le plus de difficulté ?

Je me pose la question car ses 5 victoires m' ont paru vraiment facile, il n' a jamais rencontré d' adversaire à sa taille et n' a jamais eu de pépin.
Nous devons apprendre à vivre tous ensemble comme des frères, sinon nous allons tous ensemble mourir comme des idiots. La fin approche ... Le mur se rapproche ...
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Re: Les Grands Tours de jadis

Difficile à dire, Indurain a rarement été mis en difficulté entre 91 et 95. Peut-être en 1992 à Sestrières, mais il avait une telle marge en clm sur Chiappucci! Et il restait encore le clm de Blois. En 1993, je crois que Rominger, s'il avait attaqué davantage, aurait peut être pu le mettre en difficulté en montagne.

En 1995, je trouve qu'il n'a plus la même marge qu'avant, surtout en clm.
Chavaloin
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Re: Les Grands Tours de jadis

En 93 Indurain est toujours le meilleur, en plus son plus grand adversaire est malchanceux (Rominger).
Mais à la fin de l'étape à Saint Lary l'espoir renait pour Rominger, à 300 m du sommet lâche un peu. Certes ce n'est qu'une goutte dans l’océan mais le lendemain y a l'enchainement Tourmalet-Aubisque-Soulor.
Dans le Tourmalet (il reste près de 150 km avant l'arrivée à Pau) Rominger et le surprenant Zenon Jaskula (3ème alors) attaquent Indurain, l'écart approche la minute au sommet mais voilà après la descente Le polonais ne veut plus relayer à la grande surprise du Suisse, tout rentrera dans l'ordre avant et Indurain va gagner le Tour...
Je ne sais pas si Jaskula aurait cela aurait changer la face du Tour mais on a vu un Indurain faible qu'on reverra aux Arc 3 ans plus tard.
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marooned
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Re: Les Grands Tours de jadis

levrai-dufaux a écrit : 13 mai 2020, 10:38
marooned a écrit : 13 mai 2020, 02:06
La différence c'est qu'à l'époque, les mecs faisaient la course quasiment tous les jours et quel que soit le terrain. Ils n'attendaient pas la montagne pour se livrer. Lors du Tour 1991, Lemond avait collé 2' à tous les autres favoris du Tour dès la première étape autour de Lyon. Ca laisse rêveur...

Tu prends l'étape de Gap du Tour 1991 et celle du Tour 2019, c'est grosso modo la même difficulté. L'étape de 2019 est même peut être un peu plus dur dans le final. Elles arrivent toutes les deux avant les étapes alpestres. Et au final, on a une belle étape de transition en 2019 où il ne se passe rien entre les leaders alors qu'on a une étape où ça bourrine toute la journée en 1991 et où Lemond reprend un peu de temps aux autres favoris à l'arrivée.

Tu proposes l'étape de Jaca aujourd'hui, tu as une purge immonde. En 1991, il y en a partout dès le Soudet à plus de 100km de l'arrivée. Et tout est comme ça :spamafote:

Bref, tout ça pour dire qu'il n'y avait pas besoin d'avoir 10 étapes de montagne pour que les mecs se fassent la guerre. C'était une autre époque. Et globalement, on s'ennuyait beaucoup moins qu'aujourd'hui.
Oui, enfin, l'étape de Jaca, ce fut loin d'être un chantier (le lendemain en revanche...). Une échappée avec un outisder gagne l'étape mais aucune bagarre entre les leaders qui arrivent groupés. Honnêtement, on aurait le même genre de scénario sur ce type d'étape aujourd'hui. La différence, c'est qu'on aurait un peloton de favoris peur-être un peu plus garnis. Et que l'on verrait l'étape en intégralité au lieu des 50 derniers kms.
Oui enfin parmi les trois qui arrivent au sprint pour la victoire, on a le 4ème et le 5ème à Paris. Et Mottet avait déjà terminé 4ème et 6ème du Tour les années précédentes. C'était peut être pas un favori mais c'était un outsider très sérieux. Et c'était dingue de le voir à l'attaque dans cette étape alors qu'il y avait une tappone de 230 bornes le lendemain. Jamais un outsider du niveau de Mottet prendrait un tel risque dans le cyclisme actuel.

C'est ça qui était extraordinaire à l'époque. Les mecs n'hésitaient pas à prendre des initiatives. Parfois il en tirait profit et parfois ça leur pétait à la gueule.
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RemcoAlafpolak
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Re: Les Grands Tours de jadis

Globalement de ce que j'ai lu des années Indurain, on a pas l'impression que le navarrais ait eu de grandes difficultés à l'emporter. 91, l'adversaire principal est Lemond, il tient tête lors du 1er clm mais craque en montagne. En 92, c'est Chiappucci, l'italien est pulvérisé comme tout le monde lors du clm de Luxembourg. En 93, c'est là qu'Indurain est le plus friable. En 94, Indurain, suite à l'abandon de Rominger, il est tranquille. En 95, Zülle est encore trop tendre pour affronter le navarrais et Riis semble un gros cran en dessous en montagne.
Si des gars ont vu en réel ces Tours, confirment ils mes propos ou les nuancent ils?
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Re: Les Grands Tours de jadis

RemcoAlafpolak a écrit : 13 mai 2020, 21:57 Globalement de ce que j'ai lu des années Indurain, on a pas l'impression que le navarrais ait eu de grandes difficultés à l'emporter. 91, l'adversaire principal est Lemond, il tient tête lors du 1er clm mais craque en montagne. En 92, c'est Chiappucci, l'italien est pulvérisé comme tout le monde lors du clm de Luxembourg. En 93, c'est là qu'Indurain est le plus friable. En 94, Indurain, suite à l'abandon de Rominger, il est tranquille. En 95, Zülle est encore trop tendre pour affronter le navarrais et Riis semble un gros cran en dessous en montagne.
Si des gars ont vu en réel ces Tours, confirment ils mes propos ou les nuancent ils?
Moi, je les ai vu et tu as en globalement raison. Effectivement, en 93 il est prenable, mais Rominger n'en profite pas et a aussi beaucoup de poisse cette année là. La seule fois où il l'attaque vraiment, il lui met 1 minute au Tourmalet, mais on est à 70km de l'arrivée et plus aucune grosse difficulté après. C'était la dernière difficulté de la dernière étape de montagne du Tour...En 94, il perd beaucoup de temps sur Ugrumov et Pantani les derniers jours dans les Alpes.

En 91, son principal adversaire est Bugno, mais il est un peu inférieur au Navarrais dans tout. Et Bugno n'avait pas un tempérament de leader. Il a toujours eu un complexe Indurain, surtout à partir de Luxembourg 92
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Re: Les Grands Tours de jadis

Je confirme tes impressions car pour moi c' est en 93 et 95 qu' il a le moins de marge sur ses adversaires.

En 1993 Rominger est dans une forme incroyable et il est quasiment au meme niveau qu' Indurain en montagne.

En 1995 il a un jour de grace à la plagne mais sinon il a très souvent Riis et Zulle qui parviennent à accrocher sa roue.

En 1992 chiappucci est incroyable en montagne il arrivera meme à mettre Indurain en difficulté.

En 1991 et 1994 il est le meilleur rouleur mais aussi le meilleur grimpeur, il tue le Tour 94 dès la première étape de montagne, il fait la meme chose en 91.

Hormis Sestrières et le cas Pantani Indurain était toujours le meilleur grimpeur du Tour en plus d' etre sur une autre planète en chrono.

Lors de l' ascension de La plagne en 95 il met 2 minutes 35 à son premier poursuivant Pantani.

Il paraissait indestructible sur le Dauphiné 96, sa défaite face à Riis reste toujours un mystère.
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Re: Les Grands Tours de jadis

En 1994 il est victime d' un refroidissement dans les Alpes, cette année il était très fort.

Il a 8 minutes d' avance sur le second après un chrono et deux étapes de montagne.
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Re: Les Grands Tours de jadis

Pouah...
Ça a dû être dur aussi, les années Indurain :genance:
Merci Albator :jap:
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Re: Les Grands Tours de jadis

nostradamus--dans--le--bus a écrit : 13 mai 2020, 21:11 Pour ceux qui connaissent la période Indurain, quel fut le Tour qu' il gagna avec le plus de difficulté ?

Je me pose la question car ses 5 victoires m' ont paru vraiment facile, il n' a jamais rencontré d' adversaire à sa taille et n' a jamais eu de pépin.

Franchement aucun, grand patron intouchable pour chacun de ses 5 Tours.
Surtout avec les distances en chrono de l'époque, où il avait 10 minutes de marge sur les purs grimpeurs (minimum).

Par élimination, je dirais peut-être...
Non, je n'y arrive pas en fait.
Il n'a rien eu à craindre le temps de son régne.


Edit, un peu plus dans le détail :
- 91 : Il est très fort, le plus dangereux est Bugno, mais ce dernier est moins bon en chrono et faible stratége; facile à contrôler.
- 92 : Il est très, très, très fort. Légère défaillance dans Sestrières (très légère), mais Chiappucci, le plus dangereux prend des valises en chrono, rien à craindre pour Miguel.
- 93 : Rominger est quasi au même niveau qu'Indurain, mais le suisse à un débour de 6 minutes avant la montagne (chrono par équipe catastrophique et tant mieux :sarcastic: ), Indurain n'a qu'à le suivre en montagne, c'est tout. Il me semble de plus que "le Dromadaire" gagne le dernier chrono. Oui, finalement, c'est peut-être là qu'Indurain a été le plus inquiété.
- 94 : Indurain tranquille, il regarde les petits français (Virenque et Leblanc) et Pantani s'agiter. Lui est dans une autre dimension. Intouchable.
- 95 : A part son curieux coup de panache vers Liège (moment de doute?), il a maîtrisé de bout en bout; malgré une Once (Zülle, Jalabert) très offensive.

Donc pour répondre à la question : 1993.
Tour qui fut infâme, cependant.
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Re: Les Grands Tours de jadis

En 1993, Rominger est au moins aussi fort qu'Indurain mais vraiment malchanceux: le chrono par équipes catastrophique fait qu'il doit partir très tôt et sous un monstrueux orage pour le 1er CLM individuel alors que les derniers à partir, dont Indurain, bénéficient du beau temps. Il limite quand même les dégâts (4 ou 5ème ?) mais doit quand même se prendre 2/3 min dans la vue.
Ensuite, il est très légèrement supérieur à Indurain en montagne et il gagne le dernier CLM avec 40" d'avance, je crois.
De toutes façons, c'est l'année où Rominger est vraiment au top physique avec son record de l'heure stratosphérique.
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levrai-dufaux
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Re: Les Grands Tours de jadis

RemcoAlafpolak a écrit : 13 mai 2020, 21:57 Globalement de ce que j'ai lu des années Indurain, on a pas l'impression que le navarrais ait eu de grandes difficultés à l'emporter. 91, l'adversaire principal est Lemond, il tient tête lors du 1er clm mais craque en montagne. En 92, c'est Chiappucci, l'italien est pulvérisé comme tout le monde lors du clm de Luxembourg. En 93, c'est là qu'Indurain est le plus friable. En 94, Indurain, suite à l'abandon de Rominger, il est tranquille. En 95, Zülle est encore trop tendre pour affronter le navarrais et Riis semble un gros cran en dessous en montagne.
Si des gars ont vu en réel ces Tours, confirment ils mes propos ou les nuancent ils?
Je crois que tu as raison, c'est en 1993 qu'Indurain est le plus prenable et surtout la seule fois qu'il a un adversaire aussi complet que lui à sa hauteur en la personne de Rominger.

Contrairement à nostradamus, j'ai le sentiment que 1995 est l'année où Indurain fut le plus fort. C'est vrai que cette année-là, il gagne avec moins de marge sur ses adversaires en chrono (d'ou des écarts finaux pas forcément plus grands) mais n'oublions pas que la veille du premier CLM, Indurain avait fait une démonstration dans le "mini-LBL" proposé par les organisateurs. Sur le 30 derniers km, il tient seul en respect ce qu'il reste du peloton. Pour une fois qu'il avait fait preuve de panache, c'est dommage qu'il n'ait pas été récompensé par une victoire d'étape. Gagner le chrono le lendemain, ça montre la marge énorme qu'il avait sur les autres.
Après le jour de repos, viennent ensuite les Alpes. On insistera jamais assez sur le caractère insensé de ce que fait Indurain à la Plagne. C'est sans doute moins mémorable que d'autres démonstrations car la victoire d'étape est pour Zülle qui avait anticipé mais en 12 km d'ascension, Indurain colle 2'30 à Pantani et Gotti, 4 minutes à Virenque, Chiappucci et Rominger, 5'30 à Jalabert et Riis. Des écarts pareils sur une seule ascension, même Pantani et Armstrong ne l'ont pas fait dans la décennie 90.
Et pour couronner le tout, le lendemain à l'Alpe d'Huez : Indurain est encore le plus fort avec Pantani. Il revient comme il le souhaite sur Riis lorsque celui-ci attaque puis il décroche pratiquement tout le monde au train pour finir encore 2e d'étape. Jamais Indurain ne m'a semblé aussi fort en montagne que cette année-là. Le reste du Tour, il n'est pas inquiété et peut se contenter de gérer, sauf sur l'étape de Mende où les Banesto laissent 10 minutes d'avance à Jalabert.

En 1994, il était aussi très fort en montagne (il domine Pantani à Hautacam) mais avec la marge qu'il avait suite au contre-la-montre, il n'avait vraiment aucun rivaux. On dit souvent qu'Indurain a mal fini en mentionnant le temps que lui reprend Ugrumov sur la fin, mais le Letton avait plus de 15 minutes de retard en abordant les Alpes et n'était absolument pas une menace pour Indurain qui pouvait se contenter de gérer.

En 91, Bugno me semblait légèrement plus fort en montagne qu'Indurain tout comme Chiappucci en 92 et Rominger en 93.
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dolipr4ne
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Re: Les Grands Tours de jadis

Quand je vous lis à propos d’Indurain, particulierement le fait que ce monstre absolu du chrono n’etait, en plus, jamais inquiété en montagne, je me pose cette question: est-ce qu’Indurain n’etait pas le coureur de GT ultime, le prototype-même du gars absolument im-ba-tta-ble (peu importe les causes, epo toussa...)?
Merci Albator :jap:
Tremiti
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Re: Les Grands Tours de jadis

Akaïon pris en flagrant délit de fanboyisme pro-Luc Leblanc :green:

Priceless comme aurait dit l'autre.
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Re: Les Grands Tours de jadis

En 95, il y a l'étape le lendemain du décès de Casartelli qui est neutralisée. Riis était plutôt énervé, je pense qu'il aurait pu passer Zulle, au programme il y avait Aubisque, Marie Blanque dans l'autre sens et Soudet par la grande route de la Pierre Saint Martin. Il n'aurait pas inquiété notre ami navarrais mais, sait on jamais :smile: ?
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