-La procession de la première semaine, une mise en jambe comme on n'en a jamais vu en GT (enfin depuis 40 ans que j'en suis). Des souvenirs ? Des échappées dès le km 0, sans la traditionnelle bagarre de la première heure. Des échappées à 2-3 Fortuneo, pas du Jens Voigt grande cuvée avec dix Flandriens à toute allure. Des pelotons qui récupèrent à 5 kms, pas à 30 kms de l'arrivée. Des préparations de sprint dans les 3 derniers kms, pas aux 20 kms. Une grosse chute collective le premier jour et basta... Et Jalabert qui nous sortait \"les coureurs sont fatigués\" alors que je parie que 95% des coureurs étaient plus en forme au pied des Pyrénées que dans le Cotentin.
-Les géants de la montagne escamotés. \"Le Tour le plus montagneux de l'Histoire\" ? Je fais partie aussi des petits plaisantins qui l'ont cru. On nous a tellement survendu le Grand Colombier (mais par d'autres faces) ou Finhaut-Emosson qu'on en avait oublié l'Iseran, le Galibier, le Tourmalet ou la Bonnette-Restefond. La montée d'Envalira ou le tiers de Ventoux derrière derny, c'était l'habituelle casse bien déserte cette année. Quand on y ajoute le gruppetto à 20 minutes des meilleurs, on comprend que si Bardet est chargé (comme le sous-entendent ceux qui croient au radar du Bettex), alors Greipel et Kittel sont devenus des grimpeurs supersoniques.
-Les temps d'ascension ? Il n'y a pas d'à-coup, tout le monde est monté au train. On a eu le droit à 100 mètres de pétard mouillé en compilant toutes les attaques. Le terrible tempo des Astana ou Movistar pour terrasser Froome épargnait 50 coureurs en moyenne. Wouter Poels le magnifique a eu du mal à reprendre 30 secondes à un grimpeur des cimes (ardennaises) comme Alaphilippe dans \"les cols les plus durs de l'Histoire de l'univers\".
Si ce Tour est la preuve d'un dopage de masse, ce n'est pas le niveau extraordinaire des performances qui le révèle, mais leur très grande médiocrité. Privés de leurs micro-potions magiques, certains cadors ont grimpouillé comme des cadets, et des gars bien comme Bardet et Dan Martin ont pu se hisser à leur niveau. Quand on voit des centenaires grabataires comme Valvpiti et Joaquin R. encore au contact des meilleurs, faut être passablement imbibé pour imaginer que Raymond a chargé la mule. J'ajoute un petit

