Page 2 sur 32

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 10:29
par Nopik
frikkadell a écrit : 20 juin 2022, 09:50 Je m'y connais pas du tout en watts ou watts etalon etc. Je trouve ça assez compliqué, dailleurs j'ai vraiment l'impression que vous avez fait spé watts et puissance au bac !

Petite question, vous dites que le l'enrobé de la route ne joue pas, parce que les capteurs prennent la puissance développée en amont. La puissance capteur sera la même. La vitesse sera différente. La puissance calculée sera différente.

Mais la plupart des watts qu'on voit traîner sur Twitter ou ici, sont souvent calculer par rapport au temps de montée, non ?
J'ai pas l'impression que les coureurs partagent souvent leur watts :reflexion:. (j précise que je ne vais pas sur strava)

Si on calcule les watts parce qu'elle ne sont pas publiées par le coureur, l'enrobé, le vent viennent forcément dans l'équation si on veut se rapprocher des bons chiffres?


Et aussi pour pointer que très rarement il est précisé que les watts annoncés sont une mesure du capteur de puissance ou un calcul par un suiveur...

Bref, toujours du mal avec les watts et les conclusions qu'on en tire.

Sans compter qu'on a defini (arbitrairement ?) ce qui était normal et ce qui ne l'était pas.

Mais j'aime bien vous lire, j'ai l'impression d'en apprendre
En fait c'est ce qu'on (je) dit ! :wink:
1- la puissance via les capteurs: pour une même puissance mise dans les pédales, on peut potentiellement aller plus vite si la route est meilleure / le vent plus favorable / le matos plus performant

2- la puissance calculée: le but c'est pas forcément de se rapprocher des "bons" chiffres mais plutôt d'avoir un truc qui permet de comparer les différents coureurs et les différentes montées. Alors on part de la vitesse (enfin la durée d'ascension) et avec des variables arbitraires et constantes on calcule une "puissance étalon" (qui est juste théorique). Alors oui c'est possible que dans une montée pourrie le max qu'on puisse atteindre c'est 6.0 et dans une belle montée c'est 6.2, à cause des variables extérieures comme la route et le vent.

3- du coup pour la puissance calculée, sur une montée en particulier la qualité de l'enrobé on s'en fout. Tous les coureurs ont la même. Enfin, non, pas quand on compare 1997 et aujourd'hui... donc oui si on gagne de la vitesse grâce à la qualité de l'enrobé, on va avoir 0.1 ou 0.2 w/kg en plus dans le calcul !

4- la puissance réelle elle sert pas à grand chose pour nous les observateurs finalement, parce que difficilement comparable d'un coureur à l'autre. Ca sert surtout au coureur et à son entraineur.

5- le seuil du normal, de l'acceptable, et du mutant, en effet c'est un peu arbitraire et ça laisse un peu sceptique. Déjà ça dépend de la durée bien sûr, genre 6.5 sur 20' ça va mais 6.5 sur 40' ça commence à faire beaucoup. Mais difficile de dire que pour une montée en particulier, 6.4 c'est ok et 6.5 c'est abuser. Bon on peut quand même se dire que 6.8 c'est vraiment too much par exemple. (valeurs prises au pif, encore une fois ça dépend des durées)


Bon j'espère que j'ai pu éclaircir certains points :tonton:

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 10:34
par Excess
Bah les valeurs étalon sont justement censées valider l'idée selon laquelle un coureur léger aura plus de facilité à développer des gros watts par rapport à son gabarit en montée et un coureur plus lourd aura plus de difficulté à le faire même s'il produira plus de watts en réalité.
De la même façon qu'on est choqué/dégoûté/horrifié (pick one) quand une crevette écrase un chrono alors qu'on pourrait dire "mais ça va le type n'a roulé qu'à 55km/h" :siffle:
Oui mais un Ganna et un Vingegaard qui roulent à 55/h c'est pas la même chose :elephant:
De même, et ce n'est pas pour revenir sur le cas Küng en particulier, mais quand Jimmy dit que Küng a fait 5.8 W/kg, on peut dire "bah 5.8 une paille quoi" :green:
Sauf que 5.8 pour son gabarit...c'est énorme !

Parce que sinon je mets un sumo dans un col et je dis "bah ça va il n'a fait que 5 watts/kg" :elephant:
Alors qu'il a en réalité produit assez de watts pour alimenter mon quartier en électricité pendant 3 jours.

C'est là ou le modèle trouve ses limites même si l'étalon gomme en apparence ces disparités .
Je dis en apparence car prendre un poids étalon ça reste arbitraire et appliquer à partir de là un modèle linéaire l'est encore plus.

EDIT pour reformuler plus clairement :
On a un biais à la fois historique et "logique" pour dire qu'un grimpeur plus léger sera plus performant en montée, mais il est difficile de définir à partir de quel moment on est trop léger ou trop lourd pour sortir telle ou telle perf.
Je suis donc pour la comparaison entre coureurs mais définir des valeurs étalons à partir desquelles on est "normal", "anormal", "mutant" ça me paraît pour le coup de la pseudo-science.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 10:45
par blouss_
Pour moi, la valeur étalon sert juste à facilité la comparaison et la lecture. C'est plus facile de comparer 403W à 407W, que 5.76W/kg à 5.81W/kg, mais c'est exactement la même chose. Il y a juste un cas où on multiplie les valeurs par 70.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:08
par frikkadell
Nopik a écrit : 20 juin 2022, 10:29
frikkadell a écrit : 20 juin 2022, 09:50
En fait c'est ce qu'on (je) dit ! :wink:
1- la puissance via les capteurs: pour une même puissance mise dans les pédales, on peut potentiellement aller plus vite si la route est meilleure / le vent plus favorable / le matos plus performant

2- la puissance calculée: le but c'est pas forcément de se rapprocher des "bons" chiffres mais plutôt d'avoir un truc qui permet de comparer les différents coureurs et les différentes montées. Alors on part de la vitesse (enfin la durée d'ascension) et avec des variables arbitraires et constantes on calcule une "puissance étalon" (qui est juste théorique). Alors oui c'est possible que dans une montée pourrie le max qu'on puisse atteindre c'est 6.0 et dans une belle montée c'est 6.2, à cause des variables extérieures comme la route et le vent.

3- du coup pour la puissance calculée, sur une montée en particulier la qualité de l'enrobé on s'en fout. Tous les coureurs ont la même. Enfin, non, pas quand on compare 1997 et aujourd'hui... donc oui si on gagne de la vitesse grâce à la qualité de l'enrobé, on va avoir 0.1 ou 0.2 w/kg en plus dans le calcul !

4- la puissance réelle elle sert pas à grand chose pour nous les observateurs finalement, parce que difficilement comparable d'un coureur à l'autre. Ca sert surtout au coureur et à son entraineur.

5- le seuil du normal, de l'acceptable, et du mutant, en effet c'est un peu arbitraire et ça laisse un peu sceptique. Déjà ça dépend de la durée bien sûr, genre 6.5 sur 20' ça va mais 6.5 sur 40' ça commence à faire beaucoup. Mais difficile de dire que pour une montée en particulier, 6.4 c'est ok et 6.5 c'est abuser. Bon on peut quand même se dire que 6.8 c'est vraiment too much par exemple. (valeurs prises au pif, encore une fois ça dépend des durées)


Bon j'espère que j'ai pu éclaircir certains points :tonton:
Oui un peu je crois.

Ce que tu dis c'est que les watts calculés le sont avec des variables d'ajustement. OK. Bon le vent, l'abri derrière un van baarle, l'usure de l'enrobé, est ce qu'il y a eu 200 km avec 5000d+ couru à fond en fin de GT ou est ce que c'est la 4e étape du giro (c'est tjs l'etna en montée seche :rabbit:) et j'en oublie... Tout ça me paraît très difficile à évaluer, à chiffrer. Pour comparer une montée à une autre.

Plus j'y pense plus je me dis que ce n'est pas fiable du tout. Les variables sont nombreuses, et elles s'influencent pour bcp les unes les autres. (exemple, un bon vent de face, mais devant toi y'a toutes l'ineos qui fait le forcing)

Des qu'on veut modéliser un phénomène réel, on simplifie tjs, on arrondie... Le tout c'est de savoir si on arrive à un résultat fiable ou pas. Bon je commence à avoir du mal à y croire.

Ce qui serait pas mal ce serait de comparer les watts du capteur d'un coureur avec celles calculées .

Et juste pour rire, pour parle du facteur humain, du gars qui calcule, parce qu'il peut ajouter un biais et prenant les coefficients qui l'arrangent. Surtout si il est partial.

A qui on pourrait penser :reflexion:, je ne sais pas, qq un qui ne parle que de watts, qui cherche à démontrer que tous les coureurs sont dopés ou presque, un gars sérieux qui lorsqu'un coureur par enterrer sa belle mère, annonce quil va dans une clinique pour se faire perfuser.

Rien que parce que vayer ne jure que par les watts, et sur le coup, c'est lui qui les calcule il me semble, jai du mal a savoir ce que je dois en penser de tout ça.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:09
par jimmy39
Excess a écrit : 20 juin 2022, 10:34 ....
De même, et ce n'est pas pour revenir sur le cas Küng en particulier, mais quand Jimmy dit que Küng a fait 5.8 W/kg, on peut dire "bah 5.8 une paille quoi" :green:
Sauf que 5.8 pour son gabarit...c'est énorme !
....
Merci de ne pas me faire dire ce que je n'ai pas voulu dire. Il a été mesuré à 5.6 W/kg. 5.8 W/kg c'était dans l'hypothèse que la thèse de Bradounet qui parlait de 80kg était juste, ce qui pour l'instant n'a pas été confirmé :wink:

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:15
par Nopik
frikkadell a écrit : 20 juin 2022, 11:08
Ce que tu dis c'est que les watts calculés le sont avec des variables d'ajustement. OK. Bon le vent, l'abri derrière un van baarle, l'usure de l'enrobé, est ce qu'il y a eu 200 km avec 5000d+ couru à fond en fin de GT ou est ce que c'est la 4e étape du giro (c'est tjs l'etna en montée seche :rabbit:) et j'en oublie... Tout ça me paraît très difficile à évaluer, à chiffrer. Pour comparer une montée à une autre.
Je n'ai pas vraiment parlé de ça. Oui il y a des variables d'ajustement, mais c'est arbitraire et surtout c'est constant dans tous les calculs

Plus j'y pense plus je me dis que ce n'est pas fiable du tout. Les variables sont nombreuses, et elles s'influencent pour bcp les unes les autres. (exemple, un bon vent de face, mais devant toi y'a toutes l'ineos qui fait le forcing)

Des qu'on veut modéliser un phénomène réel, on simplifie tjs, on arrondie... Le tout c'est de savoir si on arrive à un résultat fiable ou pas. Bon je commence à avoir du mal à y croire.
Oui c'est simplifié, mais le but c'est vraiment et uniquement de comparer les différents calculs entre eux. Pas autre chose. Alors oui un jour 6.0 sur 30' pourra être considéré comme élevé (route fondue, vent de face) et un jour ce sera faible (belle route, vent dans le dos, train sky), et on dira toujours "il y avait vent de dos et la route était refaite. Et ça sera à raison puisqu'il faut contextualiser

Ce qui serait pas mal ce serait de comparer les watts du capteur d'un coureur avec celles calculées .
Oui ils le font parfois (les types sur twitter) pour situer leurs calculs et l'écart. Mais encore une fois, à part pour voir comment on se situe, ça ne sert pas à grand chose en soi.

Et juste pour rire, pour parle du facteur humain, du gars qui calcule, parce qu'il peut ajouter un biais et prenant les coefficients qui l'arrangent. Surtout si il est partial.
Comme je le disais, ils prennent des variables fixes "communément admises" pour tout ça. Si tu vois ce que je veux dire. Genre, x% pour les frottements/perditions. Et ils ne changent pas à chaque fois

A qui on pourrait penser :reflexion:, je ne sais pas, qq un qui ne parle que de watts, qui cherche à démontrer que tous les coureurs sont dopés ou presque, un gars sérieux qui lorsqu'un coureur par enterrer sa belle mère, annonce quil va dans une clinique pour se faire perfuser.

Rien que parce que vayer ne jure que par les watts, et sur le coup, c'est lui qui les calcule il me semble, jai du mal a savoir ce que je dois en penser de tout ça.
Non ce sont des gars un peu plus sérieux et lui il vient juste commenter. Mais n'importe qui peut le faire, voici un calculateur par exemple
https://www.bergfreunde.eu/cycling-wattage-calculator/
Ah ben non je ne dis pas ça :genance:
Je réponds dans le quote :wink:

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:25
par blouss_
frikkadell a écrit : 20 juin 2022, 11:08 Oui un peu je crois.

Ce que tu dis c'est que les watts calculés le sont avec des variables d'ajustement. OK. Bon le vent, l'abri derrière un van baarle, l'usure de l'enrobé, est ce qu'il y a eu 200 km avec 5000d+ couru à fond en fin de GT ou est ce que c'est la 4e étape du giro (c'est tjs l'etna en montée seche :rabbit:) et j'en oublie... Tout ça me paraît très difficile à évaluer, à chiffrer. Pour comparer une montée à une autre.

Plus j'y pense plus je me dis que ce n'est pas fiable du tout. Les variables sont nombreuses, et elles s'influencent pour bcp les unes les autres. (exemple, un bon vent de face, mais devant toi y'a toutes l'ineos qui fait le forcing)

Des qu'on veut modéliser un phénomène réel, on simplifie tjs, on arrondie... Le tout c'est de savoir si on arrive à un résultat fiable ou pas. Bon je commence à avoir du mal à y croire.

Ce qui serait pas mal ce serait de comparer les watts du capteur d'un coureur avec celles calculées .

Et juste pour rire, pour parle du facteur humain, du gars qui calcule, parce qu'il peut ajouter un biais et prenant les coefficients qui l'arrangent. Surtout si il est partial.

A qui on pourrait penser :reflexion:, je ne sais pas, qq un qui ne parle que de watts, qui cherche à démontrer que tous les coureurs sont dopés ou presque, un gars sérieux qui lorsqu'un coureur par enterrer sa belle mère, annonce quil va dans une clinique pour se faire perfuser.

Rien que parce que vayer ne jure que par les watts, et sur le coup, c'est lui qui les calcule il me semble, jai du mal a savoir ce que je dois en penser de tout ça.
Les puissances calculées (ou plutôt estimées) le sont à partir de modèles mathématiques, avec effectivement des variables d'ajustement. Comme dans tout modèle, il y a des limites et des hypothèses. Mais c'est un travail sérieux, évalué par des pairs. Il y a des publications scientifiques dans le domaine. Et les puissances réelles mesurées permettent d'ajuster et de valider les estimations. Bref, je ne crois pas qu'on puisse rejeter le truc en disant : "non, mais moi je n'y crois pas."

Et il me semble que Vayer ne fait qu'interpréter les valeurs estimées par d'autres.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:25
par Teteoo
Nopik a écrit : 20 juin 2022, 10:29
En fait c'est ce qu'on (je) dit ! :wink:
1- la puissance via les capteurs: pour une même puissance mise dans les pédales, on peut potentiellement aller plus vite si la route est meilleure / le vent plus favorable / le matos plus performant

ou si tu roules derrières quelqu’un, ou si tu es plus petit, plus aéro, etc. Mais justement, la seule chose pour laquelle Vayer met en valeur la puissance, c'est qu'elle permettrait de détecter les tricheurs. Donc la seule chose sur laquelle on devrait se focaliser, c'est la puissance développée par le coureur, pas le "résultat" de cette puissance (son temps)

2- la puissance calculée: le but c'est pas forcément de se rapprocher des "bons" chiffres mais plutôt d'avoir un truc qui permet de comparer les différents coureurs et les différentes montées.
Alors on part de la vitesse (enfin la durée d'ascension) et avec des variables arbitraires et constantes on calcule une "puissance étalon" (qui est juste théorique). Alors oui c'est possible que dans une montée pourrie le max qu'on puisse atteindre c'est 6.0 et dans une belle montée c'est 6.2, à cause des variables extérieures comme la route et le vent.

je ne sais pas où est ce que tu as lu ça mais ça m'a l'air un peu bancal. Déjà, je ne vois pas pourquoi tu parles de puissance étalon dans ce cas là.


3- du coup pour la puissance calculée, sur une montée en particulier la qualité de l'enrobé on s'en fout. Tous les coureurs ont la même. Enfin, non, pas quand on compare 1997 et aujourd'hui... donc oui si on gagne de la vitesse grâce à la qualité de l'enrobé, on va avoir 0.1 ou 0.2 w/kg en plus dans le calcul !

comment comparer si on a pas les bons chiffres? Si les chiffres que l'on obtient ne sont pas fiables et n'ont qu'une valeur ""théorique"", et qu'ils varient en fonction du vent/de l'enrobé, ils ne peuvent être utilisés, ... que pour comparer des coureurs courant dans les mêmes conditions, le même jour. Et pour ça on a un autre indicateur : le temps d'ascension.

4- la puissance réelle elle sert pas à grand chose pour nous les observateurs finalement, parce que difficilement comparable d'un coureur à l'autre. Ca sert surtout au coureur et à son entraineur.

pas du tout d'accord, cf le point 1.

5- le seuil du normal, de l'acceptable, et du mutant, en effet c'est un peu arbitraire et ça laisse un peu sceptique. Déjà ça dépend de la durée bien sûr, genre 6.5 sur 20' ça va mais 6.5 sur 40' ça commence à faire beaucoup. Mais difficile de dire que pour une montée en particulier, 6.4 c'est ok et 6.5 c'est abuser. Bon on peut quand même se dire que 6.8 c'est vraiment too much par exemple. (valeurs prises au pif, encore une fois ça dépend des durées)


Bon j'espère que j'ai pu éclaircir certains points :tonton:
Je précise : je ne pense pas que les estimations de puissance sont inutiles ou largement fausses. Elles sont généralement plutôt justes (cf le thread du finlandais sur twitter). Et c'est en ça qu'elles sont utiles. D'où mon désaccord avec Nopik.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:34
par Nopik
Je ne suis pas sûr de comprendre tes points Teteoo...

Sinon j'ai retrouvé cet article qui date un peu mais qui explique pas mal : https://www.lemonde.fr/sport/article/20 ... _3242.html

Et le simulateur de Portoleau avec les variables: https://www.chronoswatts.com/simulateur/1

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:38
par Nopik
Et voici un article plus complet avec les variables et les w/kg
https://www.chronoswatts.com/img/mag/P_ ... cience.pdf

Extrait:
Le rapports watts/kg est très utilisé en cyclisme par les entraîneurs
et les coureurs afin d’évaluer le
potentiel pour l’escalade des cols.
Si on s’intéresse à un seul coureur,
plus son rapport watts/kg sera
élevé, plus il grimpera vite les cols,
surtout sur les forts pourcentages
où il faut lutter principalement
contre la pesanteur.
De plus, il est lié directement
à la consommation maximale
d’oxygène spécifique (en ml/min/
kg) via le rendement énergétique.
Dès lors, on peut effectuer un
rapprochement avec des limites
physiologiques.
Le problème vient quand on cherche à comparer plusieurs coureurs
et leurs performances réalisées
sur le terrain. Deux coureurs qui
ont un rapport watts/kg équivalent
mais de masse corporelle assez
différentes ne vont pas grimper les
cols à la même vitesse. Prenons
l’exemple de Pantani (56 kg) et
d’Indurain (80 kg).
Pour escalader l’Alpe d’Huez
en 40 minutes, Pantani doit
développer 6,3 watts/kg tandis
qu’Indurain peut se contenter de
5,9 watts /kg, soit une différence
de plus de 9%.
Le rapport watts/kg serait
directement lié à la performance
faite sur le terrain si il n’y avait
pas de vélo à transporter, pas de
forces de frottement de roulement
et pas de frottement de l’air.
Le « rapport poids puissance »
reste néanmoins valide si on
compare des coureurs qui ont
à peu près la même masse
corporelle.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:49
par Xav_38
blouss_ a écrit : 20 juin 2022, 11:25
Les puissances calculées (ou plutôt estimées) le sont à partir de modèles mathématiques, avec effectivement des variables d'ajustement. Comme dans tout modèle, il y a des limites et des hypothèses. Mais c'est un travail sérieux, évalué par des pairs. Il y a des publications scientifiques dans le domaine. Et les puissances réelles mesurées permettent d'ajuster et de valider les estimations. Bref, je ne crois pas qu'on puisse rejeter le truc en disant : "non, mais moi je n'y crois pas."

Et il me semble que Vayer ne fait qu'interpréter les valeurs estimées par d'autres.
Je serais ravi de voir des publications scientifiques qui présentent cette problématique avec les connaissances établies versus les limites connues de l'exercice, si jamais tu as des refs sous la main je suis vraiment preneur.

Mais le soucis c'est que je ne crois pas que ce soit ces publis qui sont utilisées en général, mais un chiffre balancé sur un compte twitter dans les heures qui suivent l'ascension, et ça j'ai un doute que ce soit aussi sérieux concernant les discussion des paramètres et hypothèses choisis. Dans tout les cas un résultat d'un modèle scientifique doit être accompagné d'une barre d'erreur illustrant notamment les inconnues sur certains paramètres, et ces barres d'erreurs me semblent inexistantes dans tout les chiffres publiées que nous voyons passer.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 11:57
par Excess
jimmy39 a écrit : 20 juin 2022, 11:09
Excess a écrit : 20 juin 2022, 10:34 ....
De même, et ce n'est pas pour revenir sur le cas Küng en particulier, mais quand Jimmy dit que Küng a fait 5.8 W/kg, on peut dire "bah 5.8 une paille quoi" :green:
Sauf que 5.8 pour son gabarit...c'est énorme !
....
Merci de ne pas me faire dire ce que je n'ai pas voulu dire. Il a été mesuré à 5.6 W/kg. 5.8 W/kg c'était dans l'hypothèse que la thèse de Bradounet qui parlait de 80kg était juste, ce qui pour l'instant n'a pas été confirmé :wink:
Autant pour moi alors, j'ai lu un peu vite :wink:
Mais je ne voulais pas débattre des valeurs précises en elles-mêmes ou de ce cas particulier, simplement souligner le fait que notre perception des chiffres est selon moi trop biaisée pour pouvoir conclure de manière définitive que telle valeur est anormale ou non selon le poids/profil/... du coureur.

Si ce n'est en comparant les valeurs à d'autres coureurs de même profil, ce qui est possible quand on dispose de beaucoup de données.
Mais les rouleurs "lourds" qui se mettent à grimper reste un truc relativement nouveau, difficile donc à mon sens de définir clairement une norme.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 12:06
par Iguane
Sur le débat pertinence des calculs de watts, je trouve les valeurs de portoleau et du twittos finlandais plutôt raisonnable. Celles du twittos qui fait les graphes, des fois c'est un peu chelou. Et j'avais dit l'autre jour au tour de Suisse, l'étape du test PMA, qu'à mon avis le twittos finnois c'était un pu craqué. Mais c'est rare et souvent il tombe juste car il fait l'effort de croiser ses hypothèses de calculs pour le vent et le coeff de roulement avec les valeurs Strava de coureurs qui publient leurs puissances. Il l'avait fait avec Thymen Arensman au giro par exemple.

Si vous voulez faire l'exercice, calculateur de watts online.

Sport et Performance
http://sportech.online.fr/sptc_idx.php? ... r_esy.html

Utilisez les Strava des pros, utilisez windfinder pour le vent, testez des hypothèses de coeff pour tenir compte du drafting, la plupart des inconnus sont vîtes levés. La principale hésitation au final ça reste le poids du coureur, entre le mec à 65 ou à 63 des fois on sait pas, comme ils font des régimes régulièrement... Mais quand tu reviens en watts/kg ça te fait une incertitude bien inférieure à 0,1 au final.

L'autre s'est le vent, tant que y'a pas 10% de pente ça peut faire bouger de plus de 0. 1. Windfinder est précieux mais pas sur que tous les twittos calculateur de watts l'utilisent, portoleau de mémoire des fois il dit qu'il regarde les drapeaux au bord de la route, c'est trop aléatoire. Mais il a l'honnêteté pour un ventoux par exemple d'arrêter son radar au chalet Reynard, à la limite de la forêt.

Pour le cr de roulement ça peut faire varier de 0,1 watt/kg entre 0,06 et 0,08...moi quand je fais mes verifs je me mets à 0,06 histoire d'être secu.

Quand malgré toutes les précautions sur les valeurs de calcul, ça continue d'avionner, bein... :spamafote:

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 12:16
par Iguane
Sur les routes faudra que je trouve une doc solide et étudier précisément le truc.
Mais je pense qu'on demande une adhérence minimale pour les enrobés et donc une certaine résistance au roulement. Une RD en montagne, ça doit pas être le trophée Andros tous les jours.
A vérifier bien entendu, mais le but des entreprises de TP et des gestionnaires de voirie c'est pas que Pogi explose le record de montée de l'alpe d'huez, mais que Jean-Pierre et Jeaninne arrivent à la station sans partir dans le ravin. Du coup j'ai un a priori sur un statu qui des valeurs de roulement pour des enrobés sur les dernieres décennies.

Évidemment il peut y avoir grosse différence si on passe d'une route en enduit d'usure (gravillonnnée) à une route en enrobé, ça c'est indéniable. Quand on repasse 10 ans après sur une route en enrobé aussi, forcément le revêtement s'est dégradé. Mais entre un enrobé de 2000 et 2000 et un enrobé de 2020 en 2020,pas sûr que la différence.

Re: Dopage 2022

Publié : 20 juin 2022, 12:20
par blouss_
Xav_38 a écrit : 20 juin 2022, 11:49
blouss_ a écrit : 20 juin 2022, 11:25
Les puissances calculées (ou plutôt estimées) le sont à partir de modèles mathématiques, avec effectivement des variables d'ajustement. Comme dans tout modèle, il y a des limites et des hypothèses. Mais c'est un travail sérieux, évalué par des pairs. Il y a des publications scientifiques dans le domaine. Et les puissances réelles mesurées permettent d'ajuster et de valider les estimations. Bref, je ne crois pas qu'on puisse rejeter le truc en disant : "non, mais moi je n'y crois pas."

Et il me semble que Vayer ne fait qu'interpréter les valeurs estimées par d'autres.
Je serais ravi de voir des publications scientifiques qui présentent cette problématique avec les connaissances établies versus les limites connues de l'exercice, si jamais tu as des refs sous la main je suis vraiment preneur.

Mais le soucis c'est que je ne crois pas que ce soit ces publis qui sont utilisées en général, mais un chiffre balancé sur un compte twitter dans les heures qui suivent l'ascension, et ça j'ai un doute que ce soit aussi sérieux concernant les discussion des paramètres et hypothèses choisis. Dans tout les cas un résultat d'un modèle scientifique doit être accompagné d'une barre d'erreur illustrant notamment les inconnues sur certains paramètres, et ces barres d'erreurs me semblent inexistantes dans tout les chiffres publiées que nous voyons passer.
Je n'ai pas dit que je connaissais cette littérature, juste qu'il y en avait :genance: J'avais fait une recherche une fois pour je ne sais quelle raison et j'avais été surpris du nombre de publis dans le domaine. Pas trop le temps de m'y recoller en ce moment.

L'article de chronowatts cité par Nopik donne cette référence, qui date de 1998, et elle a pas mal de citations.

Validation of a mathematical model for road cycling power
Martin, JC; Milliken, DL; (...); Coggan, AR
Aug 1998 | JOURNAL OF APPLIED BIOMECHANICS 14 (3) , pp.276-291



Et sinon, bien sûr, il y a le développement de l'outil et la manière dont les gens l'utilisent...