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Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 20 oct. 2025, 19:42
par runnz
Ça promet Fred... j'attends :hate:

Podium, 17e étape

1. Zoetemelk
2. Contador
3. Virenque

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 20 oct. 2025, 21:46
par fred30
De l'Ariège aux Hautes-Pyrénées : les cols et leur faune endémique.


Certains jugent de la difficulté d'une étape à l'ascension la plus difficile qu'elle comporte. Ils se trompent. C'est souvent à la lumière de l'ascension la plus accessible du jour que l'on peut anticiper la souffrance de ceux qui poseront leurs roues sur cet asphalte qui se cabre.

C'est donc peu dire que l'étape du jour devait être compliquée. Jugez plutôt : le dyptique bien connu Portet d'Aspet-Menté, placé en début d'étape, constituait alors la partie "accessible" du parcours ! Quiconque a déjà visité la région se rappellera la rudesse des pentes, les virages traîtres qui se referment au milieu des arbres, le goudron rugueux qui ne rend pas dans le Menté, au niveau de Ger-de-Boutx, pile dans la partie la plus raide du col haut-garonnais. C'était donc là le hors d'œuvre que les coureurs devaient considérer comme "facile".

C'est en tous cas dans ces pentes que l'échappée du jour se forma. Des grimpeurs expérimentés s'alliaient alors à de jeunes pousses prometteuses : Vietto, Botcharov, Casar, Perez-Frances, Pinot, côtoyaient les cadors Binda, Jimenez, Hinault ou le surprenant belge De Gendt, décidément très en forme.

Dans la transition qui mena les coureurs au pied du Peyresourde, une poignée de guerriers se mit en tête de rejoindre les hommes de tête. Certains étaient attendus aujourd'hui, comme Virenque ou Ugrumov. D'autres l'étaient moins, tels Argentin, Marie, ou Flecha.

Avec des machines comme Binda et Hinault dans les ascensions et de solides roule-toujours comme Flecha ou De Gendt dans les portions de transition, l'échappée progressa rapidement. Et pourtant...

A terrain d'exception, grimpeurs d'exception. C'est dans le col de Peyresourde que les purs escaladeurs furent libérés. Les isards pyréneens avaient pour noms Contador, Gaul, Bahamontes et Pantani. Ce quatuor de rêve n'eut besoin que d'une grosse dizaine de km pour combler les 3 minutes qui les séparaient de la tête. :ouch:

Quand les blaireaux ne sont pas là où on les attend.

Une surprise les attendait cependant. Alerté par son DS, Hinault avait pris la tangeante, ne souhaitant pas entraîner dans ses roues ces bouquetins de la bicyclette, ces rois de la danseuse au pied sûr quand les pentes atroces deviennent un défi à l'équilibre. Hinault s'était donc lancé dans un raid à la mesure de son orgueil. :metalhead:

40 secondes au sommet du Peyresourde. C'est le maigre matelas dont disposait le breton au moment de se lancer dans la descente. Impossible pour lui d'imaginer qu'il vivait alors ces derniers instants sur le Tour.
A l'approche du bas de la descente, une bande de "crétins" - le lecteur pardonnera cet élan de ... justesse dans la description - crut bon de se faire remarquer en "commettant" une blague de mauvais goût. Les motos avaient pris du champ, mesure logique quand les vitesses atteignent les 90 km/h dans les lignes droites qu'offre le Peyresourde sur ce versant. Ces idiots organisés profitèrent du laps de temps entre le passage des motos et l'arrivée de l'homme de tête pour barrer la route dans la joie et la bonne humeur, à hauteur de l'intersection qui mène au superbe lac voisin de Loudenvielle. Hinault tourna à gauche alors que le parcours devait continuer tout droit vers Arreau. Ce ne fut que lorsque la voiture du directeur de course se porta à hauteur du breton que ce dernier fit demi-tour, dans une colère qui n'avait rien d'une surprise au regard du caractère que chacun lui connaît désormais. Le reste de l'échappée avait déjà filé tout droit et Hinault savait un retour impossible. Et devant le chaos et les bousculades qui agitaient le bord de route, il reconnut le groupe d'amuseurs publics qui avait causé sa perte. Il descendit de son vélo et envoya une salve de crochets à l'un d'eux pris au hasard. La puissance des coups causa des blessures sérieuses à l'irresponsable et le directeur de course Adrien Leuvredufot se vit dans l'obligation d'exclure le quintuple vainqueur de l'épreuve. Si nous n'encourageons pas l'acte de colère, nous formulons ici nos vœux de justice la plus ferme possible pour les responsables de ce chaos. Le champion d'Yffiniac ne doit pas être le seul à payer.

Il restait alors 3 ascensions et pas des moindres, ainsi que des cyclistes remarquables pour les gravir.
Rapidement dans l'Aspin, l'escadrille de rêve - Gaul, Bahamontes, Pantani, Contador - fit la différence. Le vieillissant Binda s'accrocha à eux et dut puiser dans ses réserves pour passer le sommet en leur compagnie. Au passage de l'Aspin, panorama exceptionnel sur le Pic du Midi de Bigorre qui semblait appeler les coureurs tels une sirène les marins imprudents, les 5 hommes comptaient 2'30" d'avance sur un groupe Anquetil, Ocana, Coppi, Bobet, Thevenet, Van Impe et le jeune Pinot, rescapé de la première échappée.

Dans le Tourmalet Binda paya ses efforts et céda dans les tunnels paravalanches précédant La Mongie. Il n'y avait guère plus que les aigles pour voler plus haut que ces quatre-là. Et contre toute attente ce fut celui de Tolède qui plia les ailes en premier, quelques hectomètres au-dessus de la Mongie.

Contador, Pantani, Gaul.
Pistolero braqueur, Pirate pilleur d'ambitions, Ange mystérieux passeur de montagnes. Ces trois champions nous ont donné un superbe spectacle, se toisant sans jamais se cacher pour passer leur relais, se testant en appuyant parfois les relais sur quelques dizaines de mètres de plus, usant même de bluff pour Contador qui fit semblant de se rasseoir en grimaçant lors d'une accélération de Charly Gaul.

Dans la montée de Luz-Ardiden la route se fit de plus en plus étroite, réduite qu'elle était par les murs ondulants de supporters déchaînés. Le soleil de fin d'après-midi paraissait presque pâle au-dessus des drapeaux rouge et vert des colonies basques, jamais rancuniers de ne pas voir un des leurs fendre leurs rangs en premier.

Contador attendit les derniers hectomètres, barriérés, pour porter une ultime attaque, violente. Quand il eut ouvert un écart de 30m avec ses concurrents, il sut que c'était gagné. Pantani et Gaul hesitèrent à faire l'effort pour revenir, un effort violent qui aurait pu leur coûter la victoire si près de l'arrivée. Ils durent se résigner devant le successeur de Bahamontes perdu dans la pampa pyrénéenne. Celui-ci se dandine aussi, mais en danseuse plus souvent que son aîné vissé sur sa selle. Et devant son geste signature en passant la ligne, les suiveurs que nous sommes ne peuvent que souhaiter être sa cible aussi souvent que possible. Tirez ici, pistolero. Là, en plein cœur.

1 - Contador
2 - Gaul
3 - Pantani

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 21 oct. 2025, 07:13
par runnz
Une prose de grande qualité ce dernier compte-rendu de Fred, avec les détails qui nous fait vivre les lieux, le caractère d’un Hinault et tout le reste. Merci.
C’était vraiment l’étape Hors Catégorie cette étape. :green:

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 21 oct. 2025, 08:58
par jicébé
Etape 18: Argelès-Gazost - Pamplona (Tour 1996): 262 km

Image

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 21 oct. 2025, 09:03
par jicébé
Mon podium: 1) Indurain; 2) Ocana; 3) Anquetil

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 21 oct. 2025, 10:18
par AlbatorConterdo
étape 18 :
1 Mottet
2 Cubino
3 Virenque

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 21 oct. 2025, 18:26
par fred30
J'ai un podium très semblable à celui de Jicébé !

Journée marathon avec des gros pourcentages dans la première moitié d'étape, et des coups tactiques dans la seconde. Il y en avait partout ! Des grappes de 5, de 6, de 3 ...

Tout ça combiné à la journée d'hier, rien d'étonnant à retrouver sur le podium des gars qui tiennent la distance en général ! Ce sont aussi des coureurs qui peuvent compter sur des équipiers très performants pour les épauler dans les échappées !

1 - Indurain à domicile (2)
2 - Virenque (3)
3 - Anquetil (2)

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 21 oct. 2025, 19:58
par runnz
PODIUM 18e étape

1. Virenque
2. Rominger
3. Nibali

J'ai retrouvé le spoiler de la valeur des places du podium (mon premier message de la page 7 de l'Histoire du Tour de France). :study:

édit.
je reposte mon message de la page 3 sur ce topic
runnz a écrit : 05 oct. 2025, 19:39 Merci à tous de vos choix et des petits résumés bien sympathiques. :applaud:

Avant de donner mon podium (j'hésite encore), je vous livre le détail de la valorisation des 9 étapes-clés (en théorie).

étape 2 : 5%,
etape 7 : 10%,
étape 9 : 10%,
étape 10 : 15%,
étape 12 : 15%,
étape 15 : 10%
étape 17 : 20%,
étape 18 : 10%,
étape 20 : 10%
Vous remarquerez que j'ai arrondi en chiffre simple pour faciliter mon calcul à la fin. Sachant que je risque de galérer pour jongler avec la formule "pourcentage", on se comprend. :siffle:

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 22 oct. 2025, 09:35
par jicébé
Etape 19: Bayonne - Bordeaux (Tour 1964): 189 km

Image

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 22 oct. 2025, 09:58
par jicébé
Mon podium: 1) Van Steenbergen; 2) Maertens; 3) Freire

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 22 oct. 2025, 10:04
par fred30
Décidément Jicébé, nos podiums se ressemblent en cette fin de Tour !
Petit résumé à suivre !

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 22 oct. 2025, 10:51
par fred30
La montagne passée, c'est l'étape 19, c'est la remontée vers Paris. Autant de lieux communs que l'on entend volontiers chaque année à la même période.

Et qu'attendre de plus d'un parcours plat comme la main - les coureurs l'ont bien mérité - qui traverse les Landes du sud au nord avant de se jeter dans la capitale girondine pour un sprint entre survivants des Pyrénées ?

Heureusement nous pouvons compter sur quelques entêtés comme Dierckxsens, Durand, Offredo pour tenter l'impossible et bousculer un peu les évidences (et la sieste du téléspectateur)

Un salut amical à Darrigade, installé en famille sur le bord de la route, égaye la journée. Dédé aurait aimé cette étape dans sa région qui lui aurait permis d'ajouter un succès de plus à sa longue collection de victoires sur le Tour.

Évidemment les trois fuyards ne peuvent rien face à des sprinters qui enfin peuvent s'exprimer, et qui voient cette étape 19 comme un chien errant aperçoit un os à ronger. Les échappés sont repris à 15 km du but.

Mais le parcours de cette année fut terrible et il a laissé des traces. Plusieurs sprinteurs ont quitté la course (Sercu, Altig, Petacchi) et ceux qui restent sont forcément moins fringants. Si nous pouvons le voir, alors les choses doivent être encore plus évidentes au sein du peloton.

Il n'en faut pas plus au champion de Suisse pour tenter l'impossible. A 1300m de l'arrivée, profitant d'un virage à angle droit negocié à haute vitesse, Cancellara se dresse sur sa machine et accélère. La puissance de ce bonhomme est admirable et la croix blanche sur son dos rétrécit aux yeux de la meute.

Van Looy fatigué n'a pas tous ses équipiers et la garde rouge n'a pas eu sa relève. Kelly, en dépit de ses qualités, a eu du mal à digérer les Pyrénées copieuses. Il a même du mal à tenir sa place. Cancellara tente le coup du kilomètre et le suspense est au plus haut. Le peloton est rapproche toutefois. Il reste quelques équipiers pour se dépouiller totalement. La croix blanche sur le large dos du Suisse grossit à nouveau. Il reste 200m et McEwen lance le sprint, Freire à ses côtés. Cancellara appuie toujours très fort et ne se retourne pas : il sait que ça se jouera à un cheveu. Derrière les deux "débrouillards du sprint" déboîtent pour sprinter le long de l'autre balustrade. C'est l'ouverture dont rêvaient Van Steenbergen et Maertens ! Les deux belges profitent de l'aubaine et laissent parler leur puissance ! Sur la ligne, ils prennent les deux premières places et Cancellara conserve une troisième place au goût amer. Il porte sa croix trop lourde à présent.

1 - Van Steenbergen (3)
2 - Maertens (3)
3 - Cancellara (3)

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 22 oct. 2025, 20:04
par runnz
En effet, plusieurs sprinters se présente à Bordeaux, avec la fatigue des Pyrénées. Mais les cinq ou six plus forts se retrouvent ensemble dans les 200 derniers mètres. Jalabert prend une 3e place in-extrémis devant Kelly et Zabel.

1. Maertens
2. VanLooy
3. Jalabert

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 22 oct. 2025, 20:17
par AlbatorConterdo
étape 19 :
1 Zabel
2 Maertens
3 Freire

Re: Le Tour imaginaire, le retour

Publié : 23 oct. 2025, 06:58
par runnz
Il ne reste plus que deux étapes. Quatre pour levrai-dufaux :green:

Donc, si je vais avoir plusieurs de mes coureurs avec cinq podium, c’est que je me suis restreint à jouer avec l’idée d’avoir un peloton assez réduit, en ayant peu de choix, je devais reprendre souvent les même, ça explique aussi que je ne pouvais pas souvent présenter le podium idéal comme avec un large choix pour y placer les types de coureurs parfaits pour telle ou telle autre étape.
Et puis avec trop de super dominants il m’aurait fallu éviter de prendre des coureurs d’un niveau très inférieur pour donner la priorité aux meilleurs. Mais ça, c’est ma façon personnel de voir le déroulement et c’est très heureux de compter sur la participation de divers managers ayant une approche différente de la mienne, ce qui rendra un résultat final beaucoup plus intéressant que de ne compter que sur deux ou trois managers virtuels. 

Dimanche je compte bien compiler tous les points aux divers coureurs ayant obtenu au moins un podium. Finalement, ils seront bien autour de 60 gars différents à classer. Ce que j'aime faire. :tonton: