J'ai retrouvé l'interview de l'époque de Hubert, en cherchant des infos plus récentes. C'est assez laconique mais ça permet de se remettre dans le bain. Je vous mets les bons morceaux ici
https://www.ouest-france.fr/sport/cycli ... rt-7061641
Emmanuel Hubert, comment allez-vous ?
Ça va bien. Pourquoi, vous pensiez que j’étais malade peut-être ?
Non, mais allons droit au but : la fin de saison a été agitée, pour votre équipe, avec l’enquête ouverte pour des soupçons de dopage dans l’entourage de Nairo Quintana, de son frère Dayer. Et vous êtes resté silencieux ces derniers mois…
Si j’ai été silencieux, c’est parce que je n’avais rien à dire de plus, en fait.
Comment vivez-vous tout cela ?
Quand ça te tombe dessus, tu te dis « Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Chez nous, on a toujours essayé de faire bien les choses, donc je n’ai pas compris. On n’a rien à se reprocher, nous, en tout cas. C’est pour ça, donc, qu’on s’est mis tout de suite à disposition de la police. Aujourd’hui, je n’en sais pas beaucoup plus. La seule chose que je constate, c’est que tout le monde est libre, et tout le monde a le droit d’exercer son métier.
Parce que selon vous, il y a encore trop de zones d’ombre ?
Mais même les athlètes, Nairo, Dayer, ils ne comprennent pas… Ils sont allés en audition, ils ont été libérés, ils n’ont même pas été en garde à vue…
C’est sous enquête préliminaire, et il faut donc savoir qu’on n’a pas accès à la moindre pièce du dossier. Comme nous l’a dit la police, la vie continue. Sauf qu’aujourd’hui, je désire savoir le fond de la chose.
La vie continue, vous dites, mais pour une équipe, ça ne peut pas continuer normalement…
C’est pour ça qu’il faut savoir. Soit il y a quelque chose, et d’accord, soit c’est classé sans suite. Je demande que la justice soit faite, dans un sens ou dans l’autre… Mais malheureusement, je crois que des enquêtes préliminaires peuvent parfois durer des mois…
Comment interprétez-vous ces deux mois sans nouvelle de la justice ? Au fond de vous, n’avez-vous pas le sentiment que si des éléments avaient été compromettants, l’équipe ne serait par exemple pas repartie le lendemain de la perquisition sur le Tour de France, à Méribel ?
Peut-être… Si le tableau était effectivement très noir, je pense qu’on aurait déjà su beaucoup de choses. J’ose espérer une erreur d’interprétation…
Vous n’avez pas de doutes concernant la probité de Nairo Quintana ?
Moi, je n’ai pas de doute.
Je n’ai pas de faits, je n’ai rien…
Comment expliquez-vous que la police ait retrouvé des « produits de santé, dont des médicaments, et une méthode pouvant être qualifiée de dopante », selon les termes du parquet ?
Je n’ai pas eu accès au dossier. Je n’en sais donc strictement rien.
Faire venir un médecin étranger, que l’on ne connaît pas, pour le Tour de France, ce n’est pas risqué ?
Il y a plusieurs choses à savoir. D’une part, sur le Tour, Jean-Jacques (Menuet, le médecin officiel de l’équipe) était absent pour des raisons de santé (il a notamment eu le Covid). On s’est retrouvé en dette de médecin pour le Tour, on avait seulement Christian Buard en médecin référent. Mais il y avait cette barrière de la langue (avec les étrangers). Et ce médecin (mis en cause dans l’affaire) avait l’avantage d’avoir suivi la rééducation de Nairo après sa chute en Colombie en juillet, cela s’est donc fait comme ça. Mais il ne faut pas non plus se faire de film à la Hitchcock là-dessus…