" We do need another hero !
We just need another Giiii-ro !"
Tube de Tina Turnera
INTRO
Il est là ! Le premier grand tour de la saison, celui qui suscite autant l’impatience que la frustration. Ici, les montagnes enchanteresses se parent parfois d’un manteau blanc bien embêtant pour faire du vélo, les villes au charme intemporel s’admirent telles des perles accumulées sur le parcours, et l’on attend parfois (trop) longtemps l’explication entre les cadors. La fameuse troisième semaine a fait la réputation du Giro, installée comme juge de paix dans le nord du pays dans l’espoir de donner au beau temps deux semaines de plus afin de s’installer sur les plus hautes montagnes. Et puis surtout, s’il est un repère immuable, une constante jamais démentie : un GPS original qui semble avoir une vie bien à lui.
MORCEAUX CHOISIS
Le Giro, qui vit le jour en 1909, attendit 1950 pour voir la victoire d’un non-italien. Hugo Koblet éclaboussait alors de sa classe la course transalpine. Avant lui, la mythologie italienne s’était écrite en lettres roses, à travers les exploits du premier campionnissimo Costante Girardengo, le premier triple vainqueur Giovanni Brunero, l’ère d’Alfredo Binda le premier des quintuples vainqueurs, et bien sûr la rivalité historique entre Gino Bartali et Fausto Coppi.
Les années 70 virent le règne du cannibale Merckx qui se sentait partout chez lui, même si les envolées de Fuente, grimpeur intouchable, ont aussi marqué cette période, où Gimondi réussit à inscrire son nom au palmarès trois fois en 9 ans. Hinault se trouva invaincu en Italie, avec trois victoires dans les années 80 en autant de participations.
L’édition 1984 resta dans les mémoires pour la controverse qu’elle généra lors de la victoire de Francesco Moser au détriment de Laurent Fignon.
Les années 90 et 2000 virent le renouveau des forces transalpines, avec des victoires ininterrompues entre 1997 et 2007.
Ces dernières années, les images marquantes restent l’étape de Bardonnecchia de Froome 2018 qui renversa la table après avoir eu 150 occasions de perdre ce Tour d’Italie, ainsi que les parties de poker menteur qui virent deux coureurs perdre la course par mauvaise stratégie : Nibali et Roglic au profit de Carapaz en 2019, et bien sûr Del Toro et Carapaz l’an dernier au profit de Simon Yates. Entre temps, un slovène glouton remit au goût du jour le doublé Giro-Tour en 2024.
LE PARCOURS
Le Tour d’Italie aime s’exporter. Après l’Albanie en 2025, c’est cette fois-ci depuis la Bulgarie qu’il s’élancera. Si vous aimez voyager mais que changer votre argent vous ennuie, allez donc en Bulgarie : depuis janvier 2026, le pays fait partie de la zone euro.
Après trois jours en Bulgarie et un jour de repos qui n'en sera pas vraiment un, le peloton posera ses roues dans le sud de la botte italienne avant de remonter progressivement vers l’arc alpin qui devrait voir, une fois de plus, les explications décisives se dessiner.
En résumé, 3468 km attendent les coureurs, pour un dénivelé supérieur à 48000 m.
Et pourtant … difficile de ne pas évoquer la déception à la vue du parcours en détail : une première grosse étape attendue au Blockhaus en étape 7, une étape 14 intéressante et bien sûr l’étape 19, l’étape-reine. Auxquelles il faudra bien sûr rajouter les conséquences du contre-la-montre. Une seule occurrence cette année, de 42 km tout de même. Et puis, sait-on jamais… L’adage le dit bien : ce sont les coureurs qui font la course.
Etape 1
Etape 2
Etape 3
Etape 4
Etape 5
Etape 6
Etape 7
Etape 8
Etape 9
Etape 10
Etape 11
Etape 12
Etape 13
Etape 14
Etape 15
Etape 16
Etape 17
Etape 18
Etape 19
Etape 20
Etape 21
Doit-on y voir là une volonté des organisateurs de proposer des parcours équilibrés afin de pouvoir doubler avec le Tour de France et ainsi attirer les grands noms du peloton ? En tous cas, après 2024, la start-list enregistre à nouveau la participation d’un ancien vainqueur du Tour de France.
LES FAVORIS
Jonas Vingegaard – Le danois s’avance en grandissime favori, libéré de son concurrent Pogacar qu’il retrouvera sur le Tour de France. Dans l’intervalle, le récent vainqueur cette année de Paris-Nice + Tour de Catalogne aura peut-être pris l’avantage sur le slovène sur un point : en cas de victoire, il deviendra alors le 8ème coureur de l’histoire à remporter les trois grands tours.
Giulio Pellizzari - En 2025 à 21 ans seulement, le classieux italien a terminé 6ème du Giro ET de la Vuelta. Remarquable de régularité, il vient de remporter le Tour des Alpes, sans assommer la concurrence mais en se montrant simplement au-dessus. L’avenir dira s’il n’a pas fait une Storer 2025, à savoir se montrer en forme trop tôt avant le Tour d’Italie. Accompagné d’Hindley et Vlasov notamment, le trident de la Bora pourrait peser sur la course si les DS se sont procurés un cerveau avant le grand départ.
Adam Yates – Le frère du dernier vainqueur (il faut suivre) a été appelé afin de pallier le forfait de Joao Almeida, en méforme en 2026. S’il devrait être un peu plus pénalisé par le chrono que le champion portugais, le vainqueur du Tour de Suisse 2024 a prouvé sa belle forme en dominant O Gran Camino il y a à peine trois semaines. Face à des perdreaux de l'année. Qui a dit ça ?
Egan Bernal – Le colombien était le dauphin de Pellizzari au Tour des Alpes. Difficile de l’imaginer sur la plus haute marche, mais son endurance et sa régularité pourraient l’emmener haut. Sa belle forme confirmée sur LBL (5ème) l’emmènera-t-elle sur le podium d’un grand tour, pour la première fois depuis son Giro victorieux en 2021 ?
Thymen Arensman – Coéquipier de Bernal, les deux pourraient former une doublette intéressante. Arensman s’est montré un peu moins bon que son coéquipier colombien sur le Tour des Alpes, terminant juste derrière lui au général. Mais il a prouvé que les raids en montagne ne lui faisaient pas peur et il arrive au départ avec une semaine de course en moins dans les jambes qu’en 2025.
Felix Gall – Habitué des top10 des courses par étapes auxquelles il participe, le grimpeur autrichien fera sans aucun doute mieux que pour sa seule participation au Giro en 2022 (50ème). Il devra toutefois s’accomoder d’une équipe mixte, articulée autour de lui mais aussi de Tobias L.Andresen pour les sprints.
Michael Storer – Celui qui avait impressionné lors du Tour des Alpes 2025 avait ensuite plié les ailes rapidement sur le Giro. Cette fois-ci, l’australien s’est montré plus en retrait, plus poussif. Signe d’un pic de forme retardé à propos ? Lui aussi forme un duo intéressant avec Mathys Rondel, le jeune français focalisé sur les courses à étapes. Reste à savoir s’ils courront en équipe, ou si chacun fera sa course au moins jusqu’à la fin de la deuxième semaine.
Enric Mas – On peut avoir fait top5 sur le Tour, trois podiums sur la Vuelta et participer au plus précoce des trois grands tours pour la première fois à 31 ans. L’espagnol a peu couru et a pour lui l’expérience de la course sur trois semaines. Pour autant, ses meilleures années sont derrière lui et il peine à être acteur lorsque ça compte.
Ben O’Connor – Le deuxième de la Vuelta 2024 a plus couru que les autres prétendants au général. Et pourtant, il cherche toujours la forme. Néanmoins ses classements s’améliorent doucement. Hors du coup aux Emirats, 13ème en Catalogne et 8ème sur le Tour des Alpes, un top5 serait un beau résultat.
Alessandro Pinarello – L’espoir italien (22 ans) effectue sa première année dans une équipe WT et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il se débrouille fort bien. Top10 à Tirreno avant de faire 3 sur O Gran Camino, il sera à surveiller en second rideau. Comment encaisse-t-il trois semaines de course ? On ne sait pas : pour sa première participation l’an dernier, il n’était pas reparti au matin de l’étape 6.
Lennert Van Eetvelt - Il n'a rien fait de l'année, mais au moins il ne s'est pas fatigué

Il a surtout un bon profil pour faire un fond de top15 voire un peu mieux en cas de vague d'abandons devant lui.
Chez les sprinteurs, on retrouvera Milan, Magnier, Groenewegen, Groves, Andresen, De Lie, Aular, Vernon, Van Uden, Ackermann, Blikra ...

START-LIST COMPLETE :
https://www.procyclingstats.com/race/gi ... /startlist
QUELQUES POINTS DE REGLEMENT (merci le post de Delgato

)
LE LIVRE DE ROUTE :
https://t.co/YaSOzDLC12
QUIZ DECALE
Pour ceux qui veulent se tester sur quelques connaissances relatives au Tour d’Italie, voici un petit quiz façon
Questions pour un Champion. Réponses en spoiler.
Je suis un chiffre, relativement petit. Même si des courses de vélo se jouent parfois à peu, on ne s’attend pas à un tel écart entre le 1er et le deuxième après trois semaine de course. Je suis …
En 1988, vous m’avez vu dans des images inoubliables. Les coureurs m’ont détesté pour la souffrance que je leur ai infligée. Situé au nord du pays, je suis le troisième plus haut col (routier) d’Italie. Je suis …
Redoutable sur les routes italiennes, j’ai su me montrer tenace avec Eddy Merckx. C’est finalement moi que le cannibale a eu le plus de mal à lâcher dans les années 70. J’étais pourtant déjà vieux, puisque ma première participation au Giro date de 1931. Je suis …
Dernière année du 20ème siècle, l’an 2000 vit les JO de Sydney, le sacre de Cathy Freeman fierté de la communauté aborigène, sur le 400m. Elle vit aussi la fuite de sa rivale Marie-Josée Pérec avant la compétition. La gazelle française n’a plus tourné rond après ça. Un peu comme le cyclisme italien, dont le mois de mai vit le chant du cygne. Pour la dernière fois le 4 juin 2000, trois italiens montaient sur le podium du Giro. Mais … qui sont ces italiens ?
Grand col de la compétition, ma difficulté est de nature à sacrer un coureur, à causer les défaillances, à décider du sort de la course. Je suis un monstre dépassant les 20 km d’ascension, surplombé par le Pain de Sucre et le pic d’Asti. Je suis un colosse, une vraie armoire à glace, qui créé facilement des chantiers ! L’ennui avec les armoires mal rangées, c’est que parfois les cintres s’y cassent la gueule…
Je suis …
On connaît le record de victoires de Mario Cipollini, 42 étapes ! Ah, si j’avais su. J’aurais appuyé un peu plus fort sur les pédales, ne serait-ce qu’un jour ou deux, quand j’étais dominant. Cela m’aurait évité de rester deuxième dans ce classement. En plus, en ce qui me concerne, mes 41 victoires ne reposaient pas sur mes qualités au sprint !
Je suis …
Construction mentale autant que matérielle, symbole de compétition, je suis l’objet de nombreuses convoitises. Ma solidité est éprouvée lorsque je me déplace sur les théatres de compétition de boxe poids lourds notamment. J’apprécie beaucoup plus le cyclisme, les pratiquants étant plus faciles à porter. Sur le Giro, c’est Felice Gimondi que j’appréciais le plus. Je suis …
DIFFUSION TV
Eurosport 1, tous les jours. Horaire adapté selon le kilométrage de l’étape.