fred30 a écrit : 24 avr. 2026, 12:43
Je n'ai pas encore lu le lien que tu as posté, Xav. Je le ferai quand j'aurai un peu plus de temps.
Mais ce qui est sûr, c'est que l'être humain a des ressources incroyables et souvent insoupçonnées. ComtéPoire tu posais la question si l'on s'était parfois demandé si telle ou telle activité était hors-norme ? Bien sûr !
Quand j'étais gamin, le fait de faire le Tour de France à vélo me paraissait dingue ! Je parle là des cartes devant lesquelles je rêvais, où les gars des temps héroïques faisaient vraiment le Tour de la France. Et des étapes façon Bayonne - Luchon, Lyon-Paris ...

Je trouvais ça admirable et pour moi tous ceux qui terminaient étaient de grands champions. C'est ce qui m'a amené à aimer le vélo dans un premier temps.
Après j'ai entendu parler de Paris-Brest-Paris.
J'ai vu que c'était désormais des cyclos qui le faisaient, dans un temps imparti, mais finalement accessible si tu t'entraînes régulièrement (je crois). D'ailleurs je ne sais pas si ça existe encore.
Et puis dernièrement, la semaine dernière ! Un collègue qui s'est mis à courir l'année dernière. Il a perdu du poids, je pense que c'était l'objectif de cette soudaine régularité dans l'activité physique. Eh bien la semaine dernière il a bouclé son premier semi-marathon en 1h49. J'avoue, ça m'a fait réfléchir. Il n'a jamais été sportif dans sa vie, simplement il vient de s'apercevoir qu'il était mieux dans son corps en faisant du sport. Moi qui ai toujours été sportif - avec des capacités physiques très modestes mais qui ai toujours aimé ça, et je sais ce que signifie repousser un peu ses limites, faire un effort et tenir, optimiser les temps forts et faibles - eh bien je n'ai jamais fait de semi-marathon. Seulement quelques 10 km et deux triathlons pour le défi. J'avoue donc que ça m'a surpris qu'il fasse ça et qu'il le termine a priori sans être dans le mal. Ca m'a presque donné envie de m'y remettre.
Ca doit bien être la preuve qu'un individu lambda peut tout à fait parvenir à de très belles choses quand il s'entraîne régulièrement. Maintenant comme c'était dit dans le post initial, parvenir à gravir une montagne, à pied ou à vélo, pourquoi pas. Mais dans quel état termine-t-on ? Certains repartiront pour la même chose après 48h. D'autres seront à moitié handicapés pendant 10 jours et auront été dégoûtés de l'expérience. Et le temps imparti pour le faire compte beaucoup. S'il n'y a pas de limite de temps, je fais partie de ceux qui pensent que tout le monde peut y arriver.
Oui, ça existe encore ! Je dirais même qu'il y a un vrai regain d'intérêt.
Il y a encore quelques décennies, c'était surtout vu comme un truc de vieux (tu le dis toi-même : juste boucler dans un temps imparti et basta). On imaginait assez facilement des papys moustachus sur de vieilles randonneuses acier ou titane surmesures, avec les sacoches hors d'âge, etc.
Mais avec le regain de tout ce qui est ultra, ça parle beaucoup aux plus jeunes générations ce type de défi. Et donc maintenant, il ne s'agit plus de boucler simplement dans un temps imparti, mais il s'agit de faire un temps, faire un chrono, etc.
Sauf erreur de ma part, il y a tout un processus de sélection via les "brevets des randonneurs mondiaux". Ainsi, tout au long de l'année, tu dois boucler un certain nombre d'épreuves (200, 300, 500km...) pour avoir un droit de t'engager sur un PBP.
Ceci dit, au-delà des considérations de temps ou de chrono, je tiens à préciser qu'il y a dans l'ultra quelques écueils auxquels on ne pense pas nécessairement quand on est loin de tout ça.
Pour avoir pas mal de connaissances à s'y être mis autour de moi, au-delà du défi, la face cachée de l'iceberg se sont tous les petits ou plus gros bobos en cours d'épreuve. Les boutons au cul (ça peut faire rire, mais à un moment quand tu dois encore faire quelques dizaines d'heures de selle avec un bouton au derche qui fait que tu ne peux plus t'asseoir, ça devient vite un problème majeur

), le genou qui finit par dire "stop", trouver une pharmacie en urgence pour les éventuels maux de ventre, maux de tête et plus si affinités.
Tout ça pour rebondir sur le post de ComtéPoire : Je ne pense pas qu'on puisse considérer les Cinglés du Ventoux comme de l'ultra. Pour quelqu'un d'entraîné, ça ressemblera à une cyclo longue distance. Mais pour quelqu'un de non-entraîné, on va vite basculer côté ultra je pense. Et là, vont s'ajouter tous ces bobos que tu ne connais pas nécessairement sur de la cyclo longue durée "classique".
Aux bobos, va s'ajouter le côté mental. Si on considère que tout le monde peut terminer "physiquement" une telle épreuve, qu'est-ce qui motiverait monsieur tout le monde à aller au bout ? Moi, je sais ce qui me motive à terminer. Mais celui qui n'a pas d'amour particulier pour le vélo, va falloir trouver une sacrée carotte pour qu'il termine sans raison particulière !
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