Tour des Alpes (2.Pro)
Du 20 au 24 avril 2026

Quand les pavés sont finis,
Que la route se cabre
Moi ça m’fait quelque choooose
Ils sont rouverts, tous ces cols
Les gringalets ressortent
Et voient la vie en rooooose !
A deux semaines du départ du Giro, et alors que les ardennaises occupent encore tous les esprits en Belgique, certains choisissent de faire du volume en s’engageant ici, dans une course devenue incontournable au fil du temps à cette époque de l’année.
HISTOIRE
Disputé pour la première fois en 1962, ce qui était à l’époque le Tour du Trentin n’a pu se courir que deux ans, avant de connaître une longue interruption d’une quinzaine d’années. C’est en 1979, que le Tour de Sardaigne connaissant de grosses difficultés d’organisation, le Tour du Trentin a pu revenir sur le devant de la scène italienne. Depuis lors, il s’est couru sans interruption. Le palmarès a belle allure, avec parmi les vainqueurs Moser (Francesco mais aussi un de ses frères Enzo lors de la 1ère édition), Chiappucci, Argentin, mais aussi Savoldelli, Cunego ou Nibali. Parmi les vainqueurs non italiens, Zimmermann, Evans, Porte ou Landa notamment. Enfin, alors qu’il y a quelques jours encore nous attendions un vainqueur français dans les courses à étapes majeures, le Tour du Trentin / Tour des Alpes vit trois d’entre eux s’imposer : Luc Leblanc en 1997, Thibaut Pinot en 2018, et Romain Bardet en 2022.
Recordman de victoires : Damiano Cunego – 3 victoires ( 2004-2006-2007)
Les trois derniers podiums :
2025 – Michael Storer / Thymen Arensman / Derek Gee-West
2024 - Juan-Pedro Lopez / Ben O’Connor / Antonio Tiberi
2023 – Tao Geoghegan Hart / Hugh Carthy / Jack Haig
Depuis 2016, le changement de nom de la course implique un changement dans la géographie des étapes. Les coureurs ne se contentent plus du Trentin, cette région montagneuse au nord-est de l’Italie. Elle s’aventure plus au nord encore et jusqu’en Autriche, multipliant les terrains de jeu montagneux cinq jours durant. D’ailleurs cette année, la course s’élance depuis Innsbruck.
C’est alors une préparation idéale pour le Tour d’Italie. Bien aidée par le Tour de Romandie dont les parcours et parfois la météo sont bien tristounets, le Tour des Alpes a progressivement supplanté la course suisse et elle est aujourd’hui la référence pour quiconque rêve de la vie en rose.
La recette est connue et efficace : cinq étapes, un kilométrage très raisonnable, peu ou pas d’arrivée au sommet, mais une grosse densité de difficultés avec des successions de cols propices aux coups tactiques, aux raids solitaires. Néanmoins les puncheurs ne sont pas en reste. En témoigne Ciccone l’an dernier sur la 1ère étape
FLASHBACK
L’an dernier, la course avait été animée avec deux grands numéros : d’abord Storer, qui avait endossé le maillot de leader à la 2ème étape. Puis Arensman à l’étape 4, qui avait fait cavalier seul, laissant derrière lui un chantier. Les images d’Arensman seul à l’avant, et de Derek Gee le 3ème homme, seul lui aussi, puis de Storer, à nouveau seul, avaient marqué la course et la saison. La veille de l’arrivée, Arensman avait donc endossé le maillot de leader, avec 11 petites secondes d’avance sur Michael Storer. Et lors de la dernière étape, voilà ce qui s’était passé. (in English, sorry
LE PARCOURS
Etape 1

Boucle de 144,3 km autour d’Innsbruck. Ce parcours de 1 900 m de dénivelé est idéal pour les puncheurs. Après le Mieminger Plateau escaladé deux fois en début d’étape (6,2 km à 3,7 %), le scénario du final sera incertain avec les ascensions de Gotzens (4 km à 6,9 %)
Etape 2

Une fois n’est pas coutume, la seconde étape entre Telfs et Val Martello se concluera par une arrivée au sommet. Avec 2 630 m de dénivelé, elle marque l’entrée dans la haute montagne. Les coureurs franchiront la Pillerhöhe (9 km à 6,2 % - attention les 2500 derniers mètres sont annoncés à 8,3 %) et feront leur entrée en Italie lors de l’ascension du Passo Resia (16 km à 3,3 %). Une montée toute raisonnable qui permettra de récupérer avant le final. En effet, la décision ne devrait se faire que lors de l’arrivée au sommet vers Martell, dont les 5 km d’ascension frôlent les 9 % de moyenne.
Etape 3

La plus longue de la compétition : 174,5 km entre Latsch et Arco. Le peloton devra digérer près de 3800 mètres de dénivelé, marqué par l’imposant Passo Castrin (22,4 km à 5,7 %) en début de journée
Etape 4

Voici l’étape reine, entre Arco et Trente. Sur 167,8 km, les coureurs cumuleront un dénivelé considérable de presque 4 200 m. Le tracé enchaîne le Passo Bordala (14,8 km à 6,9 %), le Vigolo Vattaro (8,4 à 6,1%) et le redoutable Passo Redebus (13 km à 6,7 %). Quatre « repecho » sont parsemés dans le final, rien que ça. L’arrivée sera explosive après la courte montée de Povo (1,6 km à 6,5 %) et une plongée rapide vers Trente. Pellizzari dit avoir bien reconnu cette étape. On verra si le Redebus donne des ailes ?

Entre Trente et Bolzano, l’étape sera courte ! 128,6 km seulement, et pourtant 3000 mètres de dénivelé. Le juge de paix sera la double ascension vers Oberglaning (12,7 km à 7,1 %), avec des passages sévères à plus de 10 %.
Avec la fatigue des longues ascensions de la veille, des écarts au classement général final sont à prévoir.
LES FAVORIS
Storer essaiera de défendre son titre.
Pellizzari portera les espoirs italiens afin de succéder à Nibali vainqueur en 2013.
Il sera épaulé par Vlasov et Finn, le champion du monde espoirs.
Arensman pour concrétiser son magnifique échappée de l’an dernier et cette fois-ci empocher le général. Le néerlandais a déjà terminé 3ème, 2ème. Une seule marche manque à son parcours ici.
Derek Gee, 3° l’an dernier, se montre bien discret depuis son transfert chez Lidl-Trek. Cela devrait être bien compliqué d’exister ici, mais peut-être avance-t-il masqué ?
Ben O’Connor poursuivra sa montée en puissance, puisque lui aussi est prévu sur le Giro.
Egan Bernal fait son retour. Il n’a pas couru depuis la Faun Ardèche Classic en février.
Max Poole aussi a peu couru. Ce sera sa première course depuis le Tour d’Algarve.
Enfin, on surveillera l’évolution de Jakob Omrzel, vainqueur du Giro Next Gen en 2025.

Diffusé sur Eurosport 2 à partir de 13h40 tous les jours. Et sur l'Equipe également !





