
HISTOIRE
LA COURSE
Ce samedi 28 février 2026 marque le « vrai début de saison ». Après plus ou moins trois mois d’hibernation, les fauves seront lâchés. 208 km entre Gand et Ninove pour laisser éclater leur frustration, leur talent, leur ambition. Treize difficultés pour éprouver à nouveau cette horrible douceur piquante dans les cuisses, ces deux syllabes qui claquent comme un élastique sur l’arrière du mollet et emplissent le mental de tous les maux : le lactique !
Enfin, on retrouvera le plaisir de trouver de la ferveur au bord des routes. A nouveau, on s’étonnera de notre sadisme à voir les coureurs secoués par ces pavés plus ou moins disjoints à la fonction ambivalente selon qui les chevauchent. Sont-ils des passeports obligatoires pour des sursauts d’orgueil menant au Nirvana ? Ou bien sont-ils le Cerbère du vrai cyclisme, gardant la porte des Enfers contre quiconque voudrait y triompher ?
Ici les pavés sont rois mais ils ne règnent pas seuls. Les monts pavés côtoient les monts asphaltés, les pavés s’exportent sur des bouts droits et plats, dans la campagne ou au sein des villages.
C’est le temps de célébrer. Le temps de la bière qu’on engloutit en attendant les coureurs. On a le temps et on le prend. Quand ils seront là, il faudra applaudir et soutenir longtemps. Car les derniers seront loin, tellement loin des premiers malgré un dénivelé tellement raisonnable.
C’est le temps de s’emballer. Première course d’importance du calendrier, on ponctuera son déroulement et son résultat de conclusions hâtives inévitables.
C’est le temps de frémir. De constater la chair de poule sur ses avant-bras quand les premiers entreront dans Geraardsbergen, en direction de la chapelle où tous mettront à l’épreuve leur foi de coureur, mais où peu seront exaucés.
C’est le temps de s’emmitoufler. Le contraste est toujours frappant entre des coureurs souvent au cuissard court et les spectateurs cachés sous leurs bonnets, leurs écharpes, là sur les bas-côtés. Ici les frimas de l’hiver n’ont pas abdiqué. On voit les durs au mal et les solides.
C’est le temps de raconter. La mémoire de chacun sera agitée de souvenirs impérissables sur ces lieux sacrés, cette terre sainte du vélo où la légende s’écrit tous les ans de février à avril.
Car oui, la particularité des courses par ici, c’est qu’elles partagent leurs difficultés, ces monts infâmes au revêtement parfois défoncé. Quand on aime, on ne compte pas. Alors si on ouvre la saison fin février, on y repassera quelques semaines plus tard. Un peu comme des amis qui paient une tournée chacun leur tour.

Les nostalgiques de l’ancien parcours du Tour des Flandres auront le sourire et pourront de nouveau apprécier l’ancien final du Ronde Mur de Grammont / Bosberg, dans les 20 derniers kilomètres.
Mais il ne faudra pas s’endormir avant cela. Ici, la course peut se jouer partout. Nous ne sommes plus aux Emirats à attendre Jebel Hafeet pour se dresser sur les pédales. Que l’on égrène les noms des difficultés, et l’on se rendra compte des possibilités de gagner ou de perdre la course. Eikenberg (le premier de la journée dont le pourcentage moyen dépasse les 5%), Wolvenberg … Puis le Molenberg où l’on change de catégorie, au-delà des 7%.
Et puis comment ne pas s’attarder sur ces 35 derniers kilomètres ?
Le Berendries, dressé tout droit, comme un hommage aux sauteurs à skis qui viennent de vivre leur rêve olympique.
Le Tenbosse, et le fantôme d’un Museeuw sur le Ronde 98 qui s’était envolé parachever sa sainte Trinité.
Le Parikeberg seulement 3 km plus loin
Et enfin le dyptique Kapelmuur (mur de Grammont) et Bosberg. Un juge de paix bicéphale qui rendit la justice cycliste en bien des occasions.
De quoi faire exploser le peloton dans un cocktail détonant ? De toute évidence. Mais les 12 kilomètres après le Bosberg pourraient aussi donner lieu à un regroupement, et la course accoucher d’un sprint quasi-massif, comme en 2025 où la victoire s’était jouée lors d’un sprint à 50. Soren Waerenskjold y avait signé sa plus belle victoire devant Paul Magnier et Jasper Philipsen.
Les 3 derniers podiums :
2025 : S.Waerenskjold / Paul Magnier / Jasper Philipsen
2024 : J.Tratnik / N.Politt / W.Van Aert
2023 : D.Van Baarle / A.De Lie / C.Laporte
LES FAVORIS
Le tenant du titre Waerenskjold est là pour remettre son titre en jeu. Derrière lui les sprinteurs puissants passant bien les bosses sont légion : Philipsen, Magnier en pleine confiance, Brennan qui devrait se trouver à l'aise sur ce terrain, mais aussi Kubis, De Lie, Girmay, Vacek, Ballerini ... Il y a du choix.
Les coureurs complets pouvant tirer leur épingle du jeu ne sont pas en reste, puisqu'on annonce Pidcock, Mohoric, Skujins, Sheffield, une belle formation Soudal Quick-Step comme au bon vieux temps Lampaert, Stuyven, Van Baarle autour de Magnier, une doublette Bettiol / Ballerini intéressante, et de solides gaillards pour épauler Pidcock (Van Moer, 4ème l'an dernier + Fred Wright). Faites vos jeux ! La start-list : https://www.procyclingstats.com/race/om ... /startlist
Diffusé sur Eurosport (Max & 2) Live à 13H30

Attention, mesdames et messieurs
Dans un instant on va commencer
Installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment
5, 4, 3, 2, 1, 0, partez, tous les projecteurs vont s'allumer
Et tous les acteurs vont s'animer en même temps
Attention, mesdames et messieurs
C'est important, on va commencer
C'est toujours la même histoire depuis la nuit des temps
L'histoire de la vie et de la mort
Mais nous allons changer le décor
Espérons qu'on la jouera encore dans deux mille ans
Dans un instant on va commencer
Installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment
5, 4, 3, 2, 1, 0, partez, tous les projecteurs vont s'allumer
Et tous les acteurs vont s'animer en même temps
Attention, mesdames et messieurs
C'est important, on va commencer
C'est toujours la même histoire depuis la nuit des temps
L'histoire de la vie et de la mort
Mais nous allons changer le décor
Espérons qu'on la jouera encore dans deux mille ans




