Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

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charlix
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Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?


Déjà à son acmé ou encore à découvrir ? Reconnu internationalement grâce à la victoire de Richard Carapaz sur le Giro 2019, le cyclisme équatorien reste finalement très méconnu. Alors que son voisin colombien n’en finit pas d’attirer tous les recruteurs européens, paradoxalement, tout est encore à faire dans ce pays de la cordillère des Andes alors qu’il a déjà atteint le sommet en mai 2019. L’Équateur n’a sans doute pas encore épuisé toutes ses ressources, ni même commencé à les épuiser.

L’histoire de Carapaz est connue parmi les fans de cyclisme. Son nom dit désormais quelque chose au simple suiveur du Tour de France. Toutefois, hors Équateur, trop rares sont les papiers sur ce « microcosme équatorien ».

Cet article, petit dossier ou compte-rendu, appelez-le comme vous voulez, ne pourra pas rendre compte entièrement du cyclisme équatorien. Quelques centaines de pages seraient nécessaires pour le faire. Mais si vous ressortez de la lecture avec l’envie de partir à la découverte d’un cyclisme encore exotique (mais pour combien de temps ?), l’objectif sera amplement réalisé.

Années 1970 – 1990 : les pionniers


Lorsque Richard Carapaz pose une deuxième fois le pied sur le sol européen, chez Lizarte en 2016, s’attend-il à devenir le grand artisan du cyclisme équatorien sur la scène européenne ?

Avant lui, l’Équateur ne comptait que quelques coureurs de renom. Loin de faire parler d’eux en Europe. Ce pays d’actuellement 17 millions d’habitants possède un léger passé cycliste. Hipólito Pozo, premier vainqueur du Tour de l’Équateur en 1966. Son frère, Jaime, qui poursuivra l’œuvre d’Hipólito en 1967 puis lors des éditions 1971 et 1972. Pedro Rodríguez ‘’El Águila de Tulcán’’, détenteur du record du nombre de victoires sur la même épreuve, cinq fois entre 1988 et 1995. Juan Carlos Rosero, vainqueur de son tour national en 1986, 1989 et 1992. Ces quatre coureurs ne sont autres que les pionniers du cyclisme équatorien. Pionniers à l’intérieur de leur territoire dans un premier temps. Puis, au nord, chez le voisin colombien où Rosero et Rodríguez rivalisent avec les meilleurs cyclistes locaux sur le Tour de Colombie ou le Clásico RCN. Enfin, pionniers en Europe pour avoir été les premiers à fouler le sol du Vieux continent. Pour Rosero, la découverte d’un cyclisme tout nouveau se fait le temps de quelques mois, au cours de la saison 1987, chez Pepsi Cola – Alba Cucine puis à l’occasion des Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Quelques années plus tard, l’Espagne accueille Rodríguez pour une découverte des routes du Tour de Navarre et du Circuit Montañes.

Ces premiers bâtisseurs ne marquent pas les esprits en Europe mais leurs brèves expériences à l’étranger suffiront pour les propulser au sommet du panthéon de ce cyclisme local encore à bâtir. Vainqueurs d’étapes sur le Tour de Colombie ou le Clásico RCN, du classement général sur le Tour de Mendoza, proche de la première place sur le Tour de Colombie et celui de Táchira, ces coureurs ont détenu l’intégralité du palmarès national pendant de nombreuses années. À jamais les premiers, il était tout naturel de les voir former les générations suivantes. Avant son décès en 2013, Rosero était encore le mentor de Carapaz. Rodríguez entraîne désormais les jeunes tout comme Paulo Caicedo qui, avec Rodríguez, avait pris part aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1997.

La transition en attendant le prodige ?


Une lueur d’espoir réapparaît à la fin des années 2000 et début des années 2010. Une nouvelle génération peut se targuer de s’imposer sur les épreuves étrangères. Colombie, Guatemala, Bolivie, Brésil, Mexique. Byron Guamá, Segundo Navarette et José Ragonessi ont été, pendant longtemps, les têtes d’affiche d’une deuxième version du cyclisme équatorien. Mais un cyclisme qui peinait à passer un cap. Parmi ces trois coureurs, seul le nom de Byron Guamá a pu être aperçu sur les classements des courses européennes. Présent chez Burgos Monumental-Castilla y León puis Burgos 2016-Castilla y León, actuelle Burgos BH, Guamá n’aura couru que deux petites saisons en Europe. Le talent était pourtant là. Vainqueur du Tour de l’Équateur en 2005, à seulement 21 ans, puis trois autres fois par la suite, il accumule toujours les succès en Amérique du Sud et centrale. Coureur très complet, Guamá avait sans doute les qualités requises pour continuer de courir en Europe. Était-il celui qui devait faire la transition en attendant le prodige équatorien ? C’est à se demander si celui né en 1985 n’est pas venu au monde un peu trop tôt.

Mais Guamá n’est pas seulement le coureur passant le flambeau à Richard Carapaz. Lors du dernier Tour de l’Équateur, chaque étape était dédiée à un cycliste équatorien important de notre ère. Byron Guamá a remporté trois étapes. Parmi-elles, une étape lui était dédiée. À ses côtés, on retrouvait Jorge Montenegro, vainqueur de l’édition 2019, Miryam Nuñez, récente vainqueur du Tour de Colombie qui, par la même occasion, est rentrée dans l’histoire du cyclisme équatorien en étant la première équatorienne à s’imposer sur l’épreuve féminine. Trois autres étapes portaient le nom de Richard Carapaz, Jonathan Caicedo et Jhonatan Narváez.

À l’ombre de Carapaz


Alors qu’il pointait le bout de son nez lors du Giro 2018, qu’il a confirmé la saison suivante, le cyclisme équatorien s’est bel et bien installé en Europe au cours de la précédente édition. Définitivement ? Certes, les résultats de son porte-drapeau Richard Carapaz facilitent le processus. Pourtant l’Équateur a montré que son cyclisme ne se résumait pas qu’au coureur d’Ineos. Les victoires de Caicedo et Narváez l’attestent. Tout comme celle d’Alexander Cepeda lors de la dernière étape du Tour de l’Avenir 2019. Il serait aussi difficile de négliger le dernier élément, Jefferson Cepeda, cousin du coureur d’Androni Giocattoli-Sidermec, qui a participé à la dernière Vuelta avec la Caja Rural – Seguros RGA.

Au total, seulement cinq coureurs sont présents dans les deux premières divisions de l’élite. Mais en une saison, les cyclistes équatoriens auront participé aux trois grands tours. Une explosion rapide et une première dans l’histoire de ce pays encore émergent.

Les équipes équatoriennes : entre difficultés et projets d’avenir


Le plus jeune des Cepeda, Jefferson Alexander, s’est révélé avec la sélection nationale équatorienne. Quelques années auparavant, en 2013, Richard Carapaz faisait ses premiers résultats en Europe avec RPM Ecuador. Entre ces deux périodes, le peloton professionnel n’a pourtant vu émerger aucune équipe équatorienne. Aujourd’hui, il est toujours aussi peu probable de voir une structure du pays parcourir les plus grandes courses européennes à l’instar des équipes colombiennes Colombia es Pasión, ses prolongements 4-72 Colombia et Manzana Postobón, ou encore Colombia.

En Europe, la première à avoir tenté l’expérience est RPM Ecuador (RPM pour Revoluciones Por Minuto). Issue d’un club amateur, et devenue par la suite Team Ecuador puis, aujourd’hui, Movistar Team Ecuador – Eagle Bikes, elle a pu intégrer dans son effectif, par le passé, aussi bien Carapaz, Caicedo que les cousins Cepeda. Fin 2015, deux ans seulement après sa création, l’équipe décide de ne plus venir courir en Europe. Avec à sa tête, jusqu’en 2019, Santiago Rosero, actuel sélectionneur de l’Équateur – et une des figures de proue du cyclisme local – l’équipe a cessé d’être continentale. Jusqu’à sa descente en catégorie ‘’élite’’/amateur, elle comptait dans ses rangs Byron Guamá, Santiago Montenegro, Martín López, Steven Haro ou encore Benjamín Quinteros. Faisant aujourd’hui toujours partie des deux meilleures équipes équatoriennes, c’était à partir de là que se constituait la sélection équatorienne sur les courses espoirs.

Remplaçant Movistar Team Ecuador au niveau continental, le Team Best PC Toscana, dirigée par Juan Andrade et Santiago Rosero, en tant que directeur technique, est désormais la mieux placée pour sortir des frontières sud-américaines. Avec une saison réduite à cause de la pandémie, Best PC n’a pas pu courir sur toutes les courses de l’America Tour. Pourtant ses quelques résultats suffisent à en faire une des meilleures équipes d’Amérique du Sud lors de l’année 2020. En faisant venir Byron Guamá et Martín López, l’équipe équatorienne a pu s’imposer à plusieurs reprises sur le Tour du Guatemala et le Tour de l’Équateur. Un projet qui se veut aussi formateur. En effet, la structure, créée seulement en 2019, possède aussi une équipe junior ainsi que cadet. De quoi former des jeunes et les faire progresser doucement mais surement. Une structure « pas-à-pas » qui se fait bien rare en Amérique du Sud. Sa dernière recrue, Erick Caiza, âgé seulement de 18 ans, a été signé pour quatre saisons. Illustration du but de ce projet.

Si on parcourt le pays, difficile de trouver des structures mieux organisées. Pour compléter ce panorama des équipes équatoriennes, nous pouvons aussi citer Eagle Bikes, sponsor présent aussi dans la Movistar Team Ecuador, ainsi que le Team Saitel. Tous les meilleurs coureurs locaux se retrouvent à courir pour ces équipes.

Mais, comme de nombreux pays, elles sont aussi victimes de problèmes économiques. Pourtant soutenue financièrement par la Préfecture de Carchi, Coraje Carchense, qui a pour historique d’avoir vu courir sous ses couleurs Carapaz, Caicedo et Alexander Cepeda, a dû s’arrêter brusquement en début d’année. L’ancien entraîneur de l’équipe, Paulo Caicedo, avait permis à plusieurs athlètes d’aller courir en Colombie. Le triplé au sommet du Cristo Rendentor (arrivée située à 3800m d’altitude) sur le Tour de Mendoza 2019 et les différents succès sur les quelques courses équatoriennes n’auront pas suffit à sauver l’équipe formatrice de Carapaz.
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charlix
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Oro nous a fait un très bon dossier sur le cyclisme équatorien, publié en 3 parties et à ne pas louper :love:
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Orodreth
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Le cyclisme colombien est devenu "has been", passons maintenant à son voisin équatorien. :elephant:
Carapaz89
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Très bel article effectivement! Merci à toi ;)
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charlix
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

On passera la suite demain matin, je vous la mettrai sur le forum également.
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Nopik
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Je suis toujours largué par les noms hispanophones, mais j'ai quand même lu avec intérêt, et j'attends la suite :wink:
*Chouchou*
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Nopik a écrit : 02 janv. 2021, 18:14 Je suis toujours largué par les noms hispanophones, mais j'ai quand même lu avec intérêt, et j'attends la suite :wink:
Tout pareil que toi.
Au moins on se cultive ici.
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wallers
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Nopik a écrit : 02 janv. 2021, 18:14 Je suis toujours largué par les noms hispanophones, mais j'ai quand même lu avec intérêt, et j'attends la suite :wink:
Il suffit d'un peu d'entraînement.
Une fois que tu auras appris à ne pas confondre Jefferson Cepeda et Jefferson Cepeda, tu verras que ce n'est pas si compliqué. :wink:
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

wallers a écrit : 03 janv. 2021, 00:02
Nopik a écrit : 02 janv. 2021, 18:14 Je suis toujours largué par les noms hispanophones, mais j'ai quand même lu avec intérêt, et j'attends la suite :wink:
Il suffit d'un peu d'entraînement.
Une fois que tu auras appris à ne pas confondre Jefferson Cepeda et Jefferson Cepeda, tu verras que ce n'est pas si compliqué. :wink:
Surtout qu'il y en a qui s'appelle Alexander, l'autre Jefferson. :genance:
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charlix
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Investir dans la jeunesse

Comme pour le Team Best PC, c’est à la base et par la formation que Carapaz et Caicedo veulent développer le cyclisme équatorien. Simplement résumer les structures formatrices par celles de Carapaz et Caicedo serait faux. Néanmoins, leur aura fait que leurs clubs sont maintenant les plus importants. Le Tour de la Juventud Tierra de Campeones, course réservée aux juniors masculins et féminins et cadets masculins, a vu la domination du Club Ciclista Richard Carapaz- Fédéracion Deportiva del Carchi. Apparue en février 2017, l’école de cyclisme de Richard Carapaz a passé un accord avec la Fédération sportive de Carchi après que Carapaz ait remporté le Tour d’Italie. L’objectif de l’école de Carapaz est bien évidemment de former les talents équatoriens de demain. Celui de la Fédération sportive de Carchi, de payer les différents frais, que ce soit pour les déplacements, le matériel ou les entraînements.

Quant à Jonathan Caicedo, celui-ci a créé le Club de Alto Rendimiento Jonathan Caicedo ou plus simplement le Team JC. Tout comme Carapaz, il tente de construire un plus vaste projet. Après sa victoire d’étape lors du Giro, Caicedo a passé un accord avec la Préfecture de Carchi et la Liga Deportiva Universitaria de Quito, connu en Amérique du Sud pour son équipe de football, pour créer une équipe portant le nom de Team LDU. En septembre dernier, Carlos Narváez Gordón, manager du Club Jonathan Caicedo, expliquait au journal El Universo que l’objectif était la formation de coureurs dans toutes les catégories, de développer un programme pour partir en quête des talents dans tout le pays et, enfin, de courir en Europe à long terme. Finalement, un petit mois plus tard, l’accord se rompt. La Ligue Universitaire de Quito n’aurait pas respecté ses engagements dans le contrat signé.

Ce dernier revers montre qu’il est encore difficile d’avancer en Équateur mais ce que nous propose des acteurs comme Carapaz, Caicedo ou Rosero n’est rien d’autre que la constitution d’un cyclisme local encore à découvrir.

Un cyclisme équatorien dépourvu de toute aide

En effet, les différentes ‘’institutions’’ équatoriennes prennent très rarement, pour ne pas dire jamais, des initiatives pour permettre au cyclisme de grandir. En dehors du football, cette situation se retrouve aussi dans les différents sports, avec des fédérations ou ligues sportives parfois fantoches. Les résultats des coureurs professionnels équatoriens ne suffisent-ils pas à investir bien plus dans le cyclisme ? Les différents messages du président Lenín Moreno après les exploits équatoriens n’ont rien changé ? Surprenant. La suppression des taxes sur l’importation des vélos de compétition est une des rares démarches qui a été réalisée. Que ce soit Carapaz, Caicedo ou Narváez tous trois ont déploré, dans les différents médias nationaux, qu’il n’y avait aucune aide pour le cyclisme local. La fédération équatorienne de cyclisme, bien qu’organisatrice du Tour de l’Équateur, semble finalement peu présente.

Un calendrier bien terne

À contrario d’un circuit colombien, certes sensible face aux différentes crises, ce qui est le lot des différents circuits, mais proposant un calendrier s’étalant sur l’ensemble de l’année, celui équatorien est quasiment inexistant.

Quelques points positifs sont à retenir. De nouveau organisé en 2018, grâce à Pedro Rodríguez, et revenu dans le giron UCI pour 2019, les organisateurs, la Concentración Deportiva de Pichincha (CDP) et la Fédéracion équatorienne de cyclisme (FEC), du Tour de l’Équateur ont réussi à organiser l’édition 2020. La course s’est déroulée avec la présence des meilleurs coureurs équatoriens, sauf les coureurs professionnels malgré la volonté de Richard Carapaz d’y participer, plusieurs équipes étrangères et avec un public, certes modeste mais présent, sur le bord des routes. En pleine pandémie du Covid, organiser des courses sur le continent sudaméricain relève de l’exploit. Avoir eu une bien meilleure couverture médiatique que les années précédentes, aussi. Même si de nombreux efforts sont encore à faire, cette dernière édition confirme les progrès qui sont effectués depuis quelques saisons. De plus, l’édition 2021 pourrait se dérouler sur dix étapes avec pour ambition de devenir la course sudaméricaine la plus importante. Enfin, la CDP et la FEC assurent l’organisation jusqu’en 2023. Une stabilité dans un cyclisme encore instable.

De plus, à l’ouest, sur l’archipel des îles Galápagos, Jaime Calderón, a pour ambition que sa course, le Tour de Galápagos, soit classée 2.1 les prochaines années. Cette année, Jhonatan Narváez, Jefferson Cepeda et des personnalités comme Giovanni Lombardi, champion olympique en 1992, et l’ex-cycliste colombien Víctor Hugo Peña ont pris part à l’épreuve.

Il serait inutile de lister les différentes courses équatoriennes, même si la Clásica Richard Carapaz, course de plusieurs étapes malgré son nom, et le Tour de la Juventud mériteraient de l’être, tant le calendrier de courses pouvant, malheureusement, fluctuer d’une année sur l’autre.

Carchi, l’âme de l’Équateur

Carchi revient fréquemment dans cet article. C’est simple. Carchi, ainsi que Sucumbios, est le cœur du cyclisme équatorien. La très grande majorité des coureurs équatoriens, actuels et anciens, sont originaires de ces deux provinces. Au cours de l’année 2018, Carchi est même déclaré capitale du cyclisme équatorien. La raison n’a rien de surnaturelle. Situées tout au nord du pays, ces deux provinces ; cumulant 416 000 habitants sur les 17 000 000, sont frontalières avec la Colombie. Une diffusion géographique s’est faite peu à peu avec le cyclisme colombien. Par ailleurs, les coureurs du département de Nariño, situé à la frontière avec l’Équateur, au sud de la Colombie, ont souvent été invités à courir sur les courses équatoriennes.

L’importance de la province de Carchi a grandi à la suite des exploits de Carapaz. Aujourd’hui, le cyclisme équatorien pourrait presque se résumer à cette province et sa capitale Tulcán. Entre coureurs, structures et fédérations, comme la Fédération sportive de Carchi, la province est celle qui est le moteur de ce cyclisme. Les derniers Tour de l’Équateur ont montré l’importance de Carchi. Les différents parcours pouvaient se résumer à un Tour de Carchi, Sucumbios et Imbabura, province au sud de Carchi et troisième approvisionneuse de cyclistes équatoriens. Elles représentent tout le cyclisme équatorien.

Colombie et Espagne, des passerelles pour les cyclistes

De Carapaz, chez Canapro et vainqueur de la Vuelta de la Juventud avec Strongman, à Narváez et Brayan Obando dans la Fundación Everet, et Caicedo, lui aussi chez Strongman puis vainqueur du Tour de Colombie 2018 avec Medellín, en passant par Alexander Cepeda, chez Avinal GW, un des seuls moyens pour les jeunes équatoriens de se faire remarquer par les recruteurs internationaux était d’aller courir en Colombie, physiquement proche du cyclisme équatorien. Mais depuis quelques saisons et le passage de Carapaz chez Lizarte, l’Espagne semble être un nouveau terrain de jeu.

Un lien avec la « mère-patrie » pas si surprenant que ça. Plus de 255 000 Équatoriens ont été naturalisés Espagnols entre 2004 et 2014. Ici, il n’est pas question de naturalisation. Mais, dans un contexte plus global, il n’est pas étonnant de voir la présence d’Équatoriens, et de ce fait de sportifs, en Espagne. À la suite de la saison 2016 de Carapaz chez Lizarte, plusieurs coureurs ont porté et porteront les couleurs des équipes espagnoles : Jefferson Cepeda (depuis 2019), Steven Haro (2020) et Richard Huera (2021) avec la Caja Rural, Santiago Montenegro (depuis 2020) chez Escribano, Benjamín Quinteros (depuis 2020) chez Valverde Team-Terra Fecundis, équipe soutenue par Alejandro Valverde, Steven Haro (2021) chez ESSAX et chez les juniors avec Richard Huera (2017) avec Arte en Transfer – Léon et enfin Martín López (2018) pour l’équipe OID Ciudad de Talavera. Sans avoir couru pour des équipes espagnoles, Jhonathan Narváez, vainqueur de la Vuelta al Besaya en 2015 et Joel Fuertes, ancien coureur de l’U.C Monaco, ont posé leurs roues sur les terres ibériques. Désormais, les différents cyclistes équatoriens vivant en Espagne peuvent conseiller des équipes amateurs sur les coureurs à recruter.

Toutefois, l’Italie aussi aurait pu accueillir les Équatoriens. Juan Carlos Rosero n’est-il pas le premier à avoir couru dans une équipe européenne, en Italie ? Alexander Cepeda, dernier arrivé en date dans une équipe professionnelle européenne, court chez Androni, équipe italienne. Peu avant sa disparition, l’équipe Nippo Vini Fantini, par l’intermédiaire d’un de ses directeurs sportifs Valerio Tebaldi, passé aussi par l’équipe Colombia, avait l’ambition d’aller faire son mercato en Équateur.

Peu à peu, les liens entre l’Équateur et quelques pays étrangers se tissent. D’ici quelques années, voir un afflux de coureurs équatoriens dans ces pays-là ne serait que la suite logique des choses. Mais, comme pour la Colombie, on peut surtout espérer voir des équipes World Tour jeter leur dévolu sur des coureurs venant d’équipes équatoriennes. L’Équateur franchirait alors une nouvelle étape.

Le cyclisme équatorien peut-il devancer son voisin colombien les prochaines années ? Peu probable. Mais la domination des espoirs équatoriens lors des derniers championnats panaméricains et leur présence, peu à peu, sur les grandes courses espoirs montrent que ce pays possède des talents. La dynamique existante avec les coureurs professionnels est pour l’instant suffisante pour voir des équipes colombiennes et européennes s’intéresser au cyclisme local. Avec un cyclisme qui se rapprocherait, au niveau du calendrier et des structures, de celui colombien, suffirait pour que le cyclisme équatorien devienne la nouvelle place forte du vélo en Amérique du Sud. Finalement, on peut se demander si Carapaz, Caicedo, Narváez et les cousins Cepeda ne sont pas ceux qui vont lancer une armada équatorienne en Europe comme l’a fait Nairo Quintana pour la Colombie au début de la dernière décennie.

En attendant, tous les acteurs du cyclisme, qu’ils soient coureurs, entraîneurs, managers, organisateurs, journalistes et même suiveurs ont le devoir de mettre en lumière ce cyclisme équatorien qui n’attend que de franchir le dernier cap.
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Orodreth a écrit : 03 janv. 2021, 09:51
wallers a écrit : 03 janv. 2021, 00:02 ...
Une fois que tu auras appris à ne pas confondre Jefferson Cepeda et Jefferson Cepeda, tu verras que ce n'est pas si compliqué. :wink:
Surtout qu'il y en a qui s'appelle Alexander, l'autre Jefferson. :genance:
Oui mais, sauf erreur de ma part, celui d'Androni qu'on appelle communément Alexander s'appelle à l'état civil Jefferson Alexander (Cepeda Ortiz), tandis que son cousin de Caja Rural s'appelle Jefferson Albeiro (Cepeda Hernandez).

Ce qui est trop compliqué pour beaucoup de monde, notamment pour l'UCI.
En 2020, le site de l'UCI les appelait tous les deux Jefferson Cepeda tout court.
En 2021, le Jefferson Cepeda de Caja Rural a disparu et a été remplacé par un nouveau coureur nommé "Jefferson Cepeda Ortiz". :rabbit:

Pour ne rien simplifier, le Cepeda d'Androni s'appelle Alexander sur son twitter personnel, Jefferson sur le site web d'Androni, Alexander Jefferson sur sa page wikipedia et Jefferson Alexander partout ailleurs. :wink:
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

wallers a écrit : 03 janv. 2021, 14:58
Orodreth a écrit : 03 janv. 2021, 09:51
Surtout qu'il y en a qui s'appelle Alexander, l'autre Jefferson. :genance:
Oui mais, sauf erreur de ma part, celui d'Androni qu'on appelle communément Alexander s'appelle à l'état civil Jefferson Alexander (Cepeda Ortiz), tandis que son cousin de Caja Rural s'appelle Jefferson Albeiro (Cepeda Hernandez).

Ce qui est trop compliqué pour beaucoup de monde, notamment pour l'UCI.
En 2020, le site de l'UCI les appelait tous les deux Jefferson Cepeda tout court.
En 2021, le Jefferson Cepeda de Caja Rural a disparu et a été remplacé par un nouveau coureur nommé "Jefferson Cepeda Ortiz". :rabbit:

Pour ne rien simplifier, le Cepeda d'Androni s'appelle Alexander sur son twitter personnel, Jefferson sur le site web d'Androni, Alexander Jefferson sur sa page wikipedia et Jefferson Alexander partout ailleurs. :wink:
C'est ça pour Jefferson Alexander et Jefferson Alveiro. Mais concernant Alexander Cepeda, à partir du moment où il s'est toujours fait appeler Alexander, c'est Alexander. :green: Quand il était en Equateur, c'est Alexander. Sur son compte twitter, c'est Alexander. Donc, on l'appelle Alexander même si ça risque de mettre longtemps à être corrigé lorsque son nom apparaitra pendant les courses. :elephant:

Dans le même cas, il y a un jeune coureur équatorien qu'on pourrait voir dans une équipe pro un jour ou l'autre. À l'état civil c'est Harold Martín López, López étant son nom. Donc sur n'importe quel site, on le retrouve sous le nom d'Harold López ou Harold Martín López. Sauf qu'il se fait appeler uniquement Martín López et donc Equateur il est appelé comme ça.

Il y a rien de compliqué. À partir du moment où le coureur se fait appeler "x" c'est "x", pas "y". :elephant:
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Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Articles très intéressants. Bravo pour ce travail :super:
marcella

Re: Le cyclisme équatorien à la loupe. Une future grande nation de cyclisme ?

Orodreth a écrit : 03 janv. 2021, 15:51
wallers a écrit : 03 janv. 2021, 14:58
Oui mais, sauf erreur de ma part, celui d'Androni qu'on appelle communément Alexander s'appelle à l'état civil Jefferson Alexander (Cepeda Ortiz), tandis que son cousin de Caja Rural s'appelle Jefferson Albeiro (Cepeda Hernandez).

Ce qui est trop compliqué pour beaucoup de monde, notamment pour l'UCI.
En 2020, le site de l'UCI les appelait tous les deux Jefferson Cepeda tout court.
En 2021, le Jefferson Cepeda de Caja Rural a disparu et a été remplacé par un nouveau coureur nommé "Jefferson Cepeda Ortiz". :rabbit:

Pour ne rien simplifier, le Cepeda d'Androni s'appelle Alexander sur son twitter personnel, Jefferson sur le site web d'Androni, Alexander Jefferson sur sa page wikipedia et Jefferson Alexander partout ailleurs. :wink:
C'est ça pour Jefferson Alexander et Jefferson Alveiro. Mais concernant Alexander Cepeda, à partir du moment où il s'est toujours fait appeler Alexander, c'est Alexander. :green: Quand il était en Equateur, c'est Alexander. Sur son compte twitter, c'est Alexander. Donc, on l'appelle Alexander même si ça risque de mettre longtemps à être corrigé lorsque son nom apparaitra pendant les courses. :elephant:

Dans le même cas, il y a un jeune coureur équatorien qu'on pourrait voir dans une équipe pro un jour ou l'autre. À l'état civil c'est Harold Martín López, López étant son nom. Donc sur n'importe quel site, on le retrouve sous le nom d'Harold López ou Harold Martín López. Sauf qu'il se fait appeler uniquement Martín López et donc Equateur il est appelé comme ça.

Il y a rien de compliqué. À partir du moment où le coureur se fait appeler "x" c'est "x", pas "y". :elephant:
Va expliquer ça à l'UCI !

Sinon joli travail ! :super:
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