Et que les allemands crachaient sur les españols et italiens question dopage ...
Portraits de cyclistes oubliés
Modérateur : Modos VCN
Re: Portraits de cyclistes oubliés
Quant tu vois les jambes et le corp de Robert Fortesmann ...
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- levrai-dufaux
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Re: Portraits de cyclistes oubliés
Merci Fred pour l'hommage à Brankart
La trajectoire de sa carrière est assez mystérieuse. Après sa seconde place sur le Tour 1955 (dont Chany disait qu'avec plus d'audace en dernière semaine, il aurait pu renverser Bobet), obtenu à seulement 24 ans, nombreux sont ceux à avoir vu en lui un futur vainqueur de l'épreuve. Excellent rouleur, bon grimpeur, résistant, endurant, il avait toutes les qualités requises. Mais fiinalement, en dehors de son très bon Giro 1958, on ne l'a pas revu à ce niveau par la suite
La trajectoire de sa carrière est assez mystérieuse. Après sa seconde place sur le Tour 1955 (dont Chany disait qu'avec plus d'audace en dernière semaine, il aurait pu renverser Bobet), obtenu à seulement 24 ans, nombreux sont ceux à avoir vu en lui un futur vainqueur de l'épreuve. Excellent rouleur, bon grimpeur, résistant, endurant, il avait toutes les qualités requises. Mais fiinalement, en dehors de son très bon Giro 1958, on ne l'a pas revu à ce niveau par la suite
Re: Portraits de cyclistes oubliés
Il avait arrêté sa carrière en 1960 à cause de problèmes cardiaques.levrai-dufaux a écrit : 05 oct. 2020, 14:08 Merci Fred pour l'hommage à Brankart![]()
La trajectoire de sa carrière est assez mystérieuse. Après sa seconde place sur le Tour 1955 (dont Chany disait qu'avec plus d'audace en dernière semaine, il aurait pu renverser Bobet), obtenu à seulement 24 ans, nombreux sont ceux à avoir vu en lui un futur vainqueur de l'épreuve. Excellent rouleur, bon grimpeur, résistant, endurant, il avait toutes les qualités requises. Mais fiinalement, en dehors de son très bon Giro 1958, on ne l'a pas revu à ce niveau par la suite![]()
Re: Portraits de cyclistes oubliés
Loin de moi l’idée de dire qu’il n’est pas dopé, je ne m’y risquerais pas.GATO a écrit : 05 oct. 2020, 13:21 Quant tu vois les jambes et le corp de Robert Fortesmann ...
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Mais ayant moi-meme vomi sur ma moquette le jour où j’ai vu ses cuisses, littéralement atrophiées, j’avais fait ma petite sortie doutiste réguliere sur le forum. Et je crois que c’est un Bradounet qui m’avait indiqué que Förstemann avait une maladie genetique qui touche les muscles.
Depuis les Jeux olympiques de 2012, il est au centre de l'attention des médias en raison de la taille de ses cuisses, qui ont la circonférence de 73 centimètres. Il explique qu'il est porteur d'une mutation génétique particulière, la myostatine, qui inhiberait normalement la croissance musculaire, mais peut aboutir à une augmentation de la force en cas de surexpression.
Merci Albator 
Re: Portraits de cyclistes oubliés
Aujourd'hui c'est le 11 novembre !
J'ai écrit un article sur un ancien combattant. Je le poste dans quelques minutes.
J'ai aéré les paragraphes mais d'avance pardon pour le pavé.
J'ai écrit un article sur un ancien combattant. Je le poste dans quelques minutes.
J'ai aéré les paragraphes mais d'avance pardon pour le pavé.
Re: Portraits de cyclistes oubliés

JOSTEIN WILMANN
[instagram]Ce matin, Jostein Wilmann est inquiet. Il a ouvert les rideaux de sa chambre d’hôtel et a compris. La bande annonce de la journée donne envie de zapper. La journée sera longue et dure. Il est déçu mais il passe à autre chose. Pourquoi se plaindre ? Après tout, c’est lui qui a choisi cette vie. Si un jour elle lui cause trop de fatigue, il arrêtera. Il s’habille, rejoint ses coéquipiers dans la grande salle pour le petit-déjeuner, qui se veut copieux. Comme le menu de la course du jour. Assis autour de la table ronde, ils se regardent tous, sans rien dire. L’anxiété s’est emparée d’eux et les enveloppe comme une canadienne trop lourde pèserait sur leurs frêles épaules de coureurs cyclistes. Jostein mastique lentement. Ses yeux font le va-et-vient entre les céréales sur la table, les traits encore tirés de ses camarades, et la grande baie vitrée derrière laquelle un mauvais film déroule sa pellicule poussiéreuse. A la radio, on évoque les Américains et un raid aérien manqué. Les otages de Téhéran devront encore attendre et espérer une éclaircie dans leur destinée.
Il faut y aller. De toute façon, c’est un Norvégien. Il a l’habitude. C’est ce qu’il se dit pour se donner du courage. Sur la ligne de départ, il salue les quelques coureurs qu’il connaît déjà. Ils sont peu nombreux ; il est professionnel depuis deux mois seulement. C’est une époque particulière, où un néo-pro peut déjà courir (et terminer) l’étoile de Bessèges, Paris-Nice et même Milan-San Remo. Un bon bloc, comme on dit. Mais il a déjà vingt-sept ans, son corps n’est pas celui d’un jeune prodige de vingt ans que l’on couve comme un trésor jalousé afin qu’il rapporte plus quelques années plus tard.
Ils s’élancent. Tous concentrés et circonspects. Hésitants. Ceux qui aiment lire se rappellent peut-être leur lecture de Balzac en voyant le peloton se réduire comme peau de chagrin. Jostein est toujours là, il a l’impression d’être un soldat au front, courant comme il peut sous le sifflement du vent et la fureur des balles. Il ne réfléchit pas trop pour l’instant. Ca marquerait le début de la fin. Ceux qui réfléchissent trop tombent autour de lui. Ils sont évacués à la va-vite au milieu de l’hécatombe. Il y a dix jours, Jean-Paul Sartre est mort. Preuve qu’il ne faut pas trop réfléchir. Seulement appuyer sur les pédales et se cacher. De toute façon on ne reconnaît personne. On ne se reconnaît même plus soi-même. Ce doit être ça, la guerre. Les montures sont récalcitrantes et les multiples protections accumulées ne suffisent pas. Elles gênent plus qu’autre chose.
Un mauvais film, un vrai. Un qui terrorise, qui hante. Dans une semaine, Alfred Hitchcock mourra. Peut-être après avoir vu cette course, qui sait ? Après avoir constaté ce qu’un film angoissant pouvait provoquer de ravages sur les corps et les âmes. Jostein pédale comme un robot. Et voilà que ça grimpe en plus ! Les autres, ceux qui restent, s’éloignent petit à petit. Il paraît que Pévenage et Peeters se sont échappés. Cela veut donc dire que certains veulent « faire la course » ! Le petit fantassin ballotté par les événements fait seulement son boulot. Il est là pour apprendre. Il gère comme il peut, il emmagasine l’expérience et la confiance. Il ne le sait pas encore, mais dans deux ans il gagnera la Semaine Catalane et le Tour de Romandie. Deux victoires qui situent un bonhomme, et au milieu desquelles il trouvera l’énergie de faire deuxième sur la Flèche Wallonne.
Pour l’heure, il mange son pain noir. Il ne se plaint pas. Quatre décennies plus tard, il recevra peut-être la visite de journalistes attentifs qui viendront solliciter sa réaction après la grève de coureurs sur un tour d’Italie automnal, au motif que l’étape était trop longue, qu’il pleuvait. Une étape plate comme la main courue sous treize degrés. Le vieux Wilmann pestera peut-être. Il les insultera, éventuellement. Ou bien il ne dira rien, se montrant ainsi aussi digne qu’indigné, aussi inoffensif qu’offensé par le manque de respect des jeunes envers les vétérans. Il tournera peut-être les talons en silence en retournant à l’intérieur de sa maison, suivi de son vieux chien de berger boitillant. Il gardera pour lui les récits qu’il faisait à son fils, les soirs d’hiver. Ce fils devenu professionnel à son tour avec en tête l’image d’un père défendant le plus beau métier du monde.
Pour l’heure, il courbe l’échine. Son directeur sportif l’encourage, lui dit que c’est dur pour tout le monde, qu’il n’est pas si mal que ça. Même des gars comme Duclos-Lassalle, lui dit-on, connaissent une journée horrible. Si le récent vainqueur de Paris-Nice a mal aux jambes (et ailleurs) et qu’il est lâché lui aussi, alors ça veut dire qu’il est dans le vrai ! Il n’a plus qu’un seul équipier encore en course, un dénommé Toso, et il aimerait le rejoindre. Il est un peu moins fort mais on ne sait jamais. Peut-être pourrait-il tenir les roues et rallier l’arrivée, épuisé mais heureux ? A quoi pense-t-il en voyant les roues des autres disparaître, cent mètres devant lui, au détour d’un virage ? Il se dit que ce n’est que du vélo, que ce n’est pas si dur. Cette année, Tabarly tentera de battre le record de la traversée de l’Atlantique. Ça, c’est dur ! Ça, c’est angoissant. De l’eau à perte de vue et rien pour s’abriter. Ça, c’est héroïque. Le vélo, comme disent ceux qui n’en font pas, on est quand même assis. Ils ont raison après tout : il faut relativiser.
Quand même … ses jambes brûlent. Sa poitrine aussi. Il ventile trop pour ces circonstances. Il paraît qu’à l’avant, Pévenage et Peeters ont été rejoints par un groupe de trois. Derrière, Kuiper enrage. Au moment où les trois hommes ont formé la contre-attaque, il a glissé et s’est retrouvé le cul par terre. Il doit être beau, tiens : la bave aux lèvres et le cul tout blanc, en chasse-patate comme un fou furieux … Du calme, Hennie. Il y a un mois, un certain Ceausescu a pris le pouvoir en Roumanie. Du calme, Hennie … La colère est mauvaise conseillère.
Jostein Wilmann n’est plus au rapport. Il est seul. Ses oreilles entendent courage, abnégation, mais son corps dit douleurs, tétanie. Abandon. Abandon ? Il ne va quand même pas abandonner une course lors de sa première année professionnelle ! Que vont dire les autres ? Et puis merde, il a fait trois au Tour de l’Avenir ! C’est peut-être un tout bon ! C’est ça, l’avenir ? Perdu, seul, dans une campagne paumée, avalé par les bois alourdis qui menacent de cracher leur cargaison sur son dos ? La voiture-balai pour seule compagne de route ? Si seulement elle pouvait s’approcher plus près, au moins pourrait-elle souffler la chaleur de son moteur sur ses mollets.
Il a l’énergie de l’espoir. L’espoir que ça se termine. Il reste quelques habitants dans cette contrée, qui frappent des mains chaleureusement, qui le poussent, parfois. Dans les côtes. Il faut bien ça. Il les bénit autant qu’il maudit l’organisateur. Si jamais il a assez de force et de caractère pour terminer, il ira lui dire le fond de sa pensée. Que personne ne lui mette une arme dans les mains à ce moment-là, sinon cela finira aussi mal que les attentats contre les synagogues en Italie et en Allemagne qui émaillent ce début de décennie. Allons, du calme, Jostein. Ne t’énerve pas comme Kuiper : tu n’as pas sa force. Il faut rester lucide.
A l’avant, Pévenage a abandonné. Peeters est lâché. Peut-être qu’il va connaître une défaillance et connaîtra l’effet boomerang qui renvoie un attaquant précoce derrière le peloton. C’est comme ça que ça marche, non ? Et alors Jostein Wilmann retombera sur lui et les ennemis fraterniseront pour arriver à destination. Non ? Il n’y a plus de peloton, lui dit-on. C’est chacun pour sa peau de chagrin. Peu sont les coureurs encore en groupe. Tout le monde baisse les yeux et regarde ses chaussettes. Cela fait longtemps que la solidarité a disparu, la torpeur a envahi les corps comme l’URSS a envahi l’Afghanistan, et même si l’on est en Europe, ici aussi se joue une guerre froide. Glaciale, même.
Ça tombe bien : Jostein est un guerrier. Un guerrier anonyme, comme l’écrasante majorité de ceux qui exercent le même métier que lui. Il sent l’arrivée approcher. Le blaireau est sorti du bois et s’est imposé en solitaire, lui terminera seul à terre. Mais il terminera. Il rentrera dans l’histoire, dans une sorte de panthéon éphémère, comme une célébration tacite. Il n’aura pas les honneurs dont bénéficiera Marguerite Yourcenar, première femme à intégrer l’Académie française cette année-là, mais on se rappellera de lui pour ce jour-là. C’est sûr.
Ca y est, il est dans la ville ! La nuit tombe, mais de toute façon il a fait nuit tout le jour. Une nuit blanche pour une danse macabre. A l’orgueil, Kuiper a fait deuxième, à plus de neuf minutes. Van Springel a pris douze minutes, Duclos-Lassalle aussi … Le soldat Wilmann rejoint le camp clairsemé en 21ème et dernière position, à vingt-sept minutes. Trois minutes après le vingtième, son coéquipier Toso. Jostein Wilmann a gagné le respect de ses pairs, de sa génération et des suivantes.
Il est l’heure pour lui de célébrer l’armistice.
C’était le 24 avril 1980.
C’était la bataille de Liège.
[/instagram]
Dernière modification par fred30 le 12 nov. 2020, 21:20, modifié 4 fois.
Re: Portraits de cyclistes oubliés
très joli récit de ce LBL 1980 inoubliable
- trevorphilips
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Re: Portraits de cyclistes oubliés
clair que dans 50 ans, lorsque des passionnés de vélo regarderont les images des cyclistes du passé et qu'ils tomberont sur les années 2010 après avoir vu celles du 20e siècle ils se demanderont ce qu'il s'est passé
- levrai-dufaux
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Re: Portraits de cyclistes oubliés
Merci Fred, je me suis régalé à la lecture de ton billet. Tu as un vrai talent pour l'écriture
Un bel hommage et un joli contre-pied sur ce Liège-Bastogne-Liège au sujet duquel tant a déjà été dit.
Un bel hommage et un joli contre-pied sur ce Liège-Bastogne-Liège au sujet duquel tant a déjà été dit.
- PuncheurFou
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Re: Portraits de cyclistes oubliés
L'hyperprofessionalisation, tout simplement. Tout le monde veut chercher la réponse dans le dopage pour expliquer l'ennuie actuelle, mais on écarte souvent cette explication. Jusque dans les années 1990 (inclus dedans), il y avait encore ce coté un peu amateur à certains niveau, le coté cyclisme à papy, le coté cycliste qui est admiré par tout le bistrot du quartier où il est né. Après est arrivé la professionnalisation à outrance, où tout est millimétré, où tout est calcul au centième de seconde prêt, où on économise ses moindres forces car l'enjeu (surtout financier car la gloire tout le monde s'en fiche) est énorme. Bref, cette professionnalisation excessive qui a chassée la folie individuelle des coureurs. Parfois on la retrouve, comme avec Voeckler en 2011 qui donna tout jusqu'au bout alors qu'il devait savoir en son for intérieur que c'était vain (mais n'est-ce pas bien plus beau lorsque c'est inutile), comme avec De Gendt en 2012 sur le Giro qui dans une attaque de folie failli faire basculer le Giro, comme en 2019 avec Alaphilippe qui fit la même chose que Voeckler quelques années auparavant... J'en oublie des moments de bravoure, pourtant ils sont si rare ces dernières années...trevorphilips a écrit : 11 nov. 2020, 18:15 clair que dans 50 ans, lorsque des passionnés de vélo regarderont les images des cyclistes du passé et qu'ils tomberont sur les années 2010 après avoir vu celles du 20e siècle ils se demanderont ce qu'il s'est passé
Très beau texte Fred30
Re: Portraits de cyclistes oubliés
Merci d'avoir lu, et pour le complimentlevrai-dufaux a écrit : 12 nov. 2020, 16:51 Merci Fred, je me suis régalé à la lecture de ton billet. Tu as un vrai talent pour l'écriture![]()
Un bel hommage et un joli contre-pied sur ce Liège-Bastogne-Liège au sujet duquel tant a déjà été dit.
Je suis parti dans l'idée d'ériger le dernier de la course en personnage de fiction, mais ces choses-là ont existé et pour moi qui n'ai pas connu cette époque, c'est fascinant.
(un peu comme ton billet sur Victor Fontan, que j'ai apprécié aussi. C'est dingue, ces règles de l'époque)
Je me suis seulement permis une entorse involontaire à la réalité. J'ai découvert après avoir écrit ce texte que Hennie Kuiper n'était probablement pas tombé, mais il aurait eu un accrochage avec une moto impliquant d'autres coureurs. Dans le mur de Stockeu. Il a donc mis pied à terre et vu les pourcentages n'a pas pu remonter sur le vélo tout de suite.
Re: Portraits de cyclistes oubliés
Merci.PuncheurFou a écrit : 13 nov. 2020, 02:02
L'hyperprofessionalisation, tout simplement. Tout le monde veut chercher la réponse dans le dopage pour expliquer l'ennuie actuelle, mais on écarte souvent cette explication. Jusque dans les années 1990 (inclus dedans), il y avait encore ce coté un peu amateur à certains niveau, le coté cyclisme à papy, le coté cycliste qui est admiré par tout le bistrot du quartier où il est né. Après est arrivé la professionnalisation à outrance, où tout est millimétré, où tout est calcul au centième de seconde prêt, où on économise ses moindres forces car l'enjeu (surtout financier car la gloire tout le monde s'en fiche) est énorme. Bref, cette professionnalisation excessive qui a chassée la folie individuelle des coureurs. Parfois on la retrouve, comme avec Voeckler en 2011 qui donna tout jusqu'au bout alors qu'il devait savoir en son for intérieur que c'était vain (mais n'est-ce pas bien plus beau lorsque c'est inutile), comme avec De Gendt en 2012 sur le Giro qui dans une attaque de folie failli faire basculer le Giro, comme en 2019 avec Alaphilippe qui fit la même chose que Voeckler quelques années auparavant... J'en oublie des moments de bravoure, pourtant ils sont si rare ces dernières années...
Très beau texte Fred30. Le cyclisme est pour moi le sport romantique par excellence, c'est un sport de chevalier
, et quoi de plus beau que l'écriture pour restaurer tout le romantisme de ce sport, puisqu'après tout, le romantisme est né essentiellement à travers l'écriture !
Je te rejoins totalement sur l'hyper-professionnalisation. Ce qui est flagrant, c'est le niveau des seconds couteaux, et des "simples" équipiers, qui sont tous capables de s'imposer sur de belles courses selon les circonstances. Et sur un simple point de vue athlétique, ils sont très costauds.
Finalement, tout a progressé sauf une chose : l'émotion.
Les moments que tu listes en ont apporté, c'est vrai. J'y ajouterai la victoire de Gilbert sur le Ronde en 2017. Là il y avait une ampleur, un souffle, une tension, une symbolique avec ce maillot tricolore sur son dos, la bagarre déclenchée dans le mur de Grammont, l'attaque décisive sur le Vieux Quaremont, le Wallon chez les Flamands, et puis la chute des 3 poursuivants près de l'arrivée ... Un vrai thriller
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Re: Portraits de cyclistes oubliés
Pour faire simple, dans les années 1960-1980, au départ d'une course tu avais dix gars qui pouvaient prétendre à la victoire (en comptant les seconds couteaux et les outsiders). Aujourd'hui, potentiellement, tout les coureurs peuvent prétendre à une victoire. Bien sûr, on peut s'en réjouir, cela signifie que des porteurs d'eaux peuvent avoir leurs moments de gloire, mais cela signifie qu'il y a un niveau plus homogène, ce qui aboutit à avoir presque des sprints de 30 gars au sommet du Mont Ventoux.fred30 a écrit : 13 nov. 2020, 19:23Merci.PuncheurFou a écrit : 13 nov. 2020, 02:02
L'hyperprofessionalisation, tout simplement. Tout le monde veut chercher la réponse dans le dopage pour expliquer l'ennuie actuelle, mais on écarte souvent cette explication. Jusque dans les années 1990 (inclus dedans), il y avait encore ce coté un peu amateur à certains niveau, le coté cyclisme à papy, le coté cycliste qui est admiré par tout le bistrot du quartier où il est né. Après est arrivé la professionnalisation à outrance, où tout est millimétré, où tout est calcul au centième de seconde prêt, où on économise ses moindres forces car l'enjeu (surtout financier car la gloire tout le monde s'en fiche) est énorme. Bref, cette professionnalisation excessive qui a chassée la folie individuelle des coureurs. Parfois on la retrouve, comme avec Voeckler en 2011 qui donna tout jusqu'au bout alors qu'il devait savoir en son for intérieur que c'était vain (mais n'est-ce pas bien plus beau lorsque c'est inutile), comme avec De Gendt en 2012 sur le Giro qui dans une attaque de folie failli faire basculer le Giro, comme en 2019 avec Alaphilippe qui fit la même chose que Voeckler quelques années auparavant... J'en oublie des moments de bravoure, pourtant ils sont si rare ces dernières années...
Très beau texte Fred30. Le cyclisme est pour moi le sport romantique par excellence, c'est un sport de chevalier
, et quoi de plus beau que l'écriture pour restaurer tout le romantisme de ce sport, puisqu'après tout, le romantisme est né essentiellement à travers l'écriture !
Je te rejoins totalement sur l'hyper-professionnalisation. Ce qui est flagrant, c'est le niveau des seconds couteaux, et des "simples" équipiers, qui sont tous capables de s'imposer sur de belles courses selon les circonstances. Et sur un simple point de vue athlétique, ils sont très costauds.
Finalement, tout a progressé sauf une chose : l'émotion.
Les moments que tu listes en ont apporté, c'est vrai. J'y ajouterai la victoire de Gilbert sur le Ronde en 2017. Là il y avait une ampleur, un souffle, une tension, une symbolique avec ce maillot tricolore sur son dos, la bagarre déclenchée dans le mur de Grammont, l'attaque décisive sur le Vieux Quaremont, le Wallon chez les Flamands, et puis la chute des 3 poursuivants près de l'arrivée ... Un vrai thriller![]()
On notera aussi que certains ont déjà un suivi de pro chez les amateurs, ou même tout simplement dans les catégories jeunes, à tel point que cela aboutit au fait qu'il n'existe plus véritablement de catégorie amateur. Ce qui aboutit que malheureusement, des gars qui voudraient faire de la compet avec un bon niveau, juste pour s'amuser, ne pourront plus vraiment le faire (bon ça c'est un autre débat). On peut aussi dire que ce n'est pas particulier au cyclisme ça, car même dans des clubs obscurs de foot, on voit des gars qui se prennent pour des pros...
Sinon des moments héroïques on en a eu dans les années 2000 et 2010, et tu fais bien de citer ce magnifique Tour des Flandres de notre bon Gilboule ! J'adore ce coureur, heureusement qu'il était là pour ensoleiller ces années 2010 si endormante. Et comme je l'ai dis sur un autre topic, je regrette tant qu'un Ricco se soit fait chopper par patrouille (surtout quand on voit ceux qui n'ont pas été suspendu mais qui ont une éthique bien douteuse), on aurait peut-être eu quelques moments héroïques à l'ancienne.
En tout cas, encore une fois, beau texte, la fiction n'est pas malvenue dans celui-ci, ça montre à quel point le cyclisme est un sport qui malgré ses pages sombres, a quelque chose d'héroïque et de romantique, qu'on ne retrouve pas forcément dans les autres sports !
