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Modérateur : Modos VCN

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Par levrai-dufaux
#3186688
wallers :applaud: :green:

Même si je ne suis pas inquiet pour le Giro (ce serait plus à la Vuelta de s'inquiéter...), j'espère qu'il n'y a rien de prophétique là-dedans, d'autres illustres courses ont déjà subi ce triste sort par le passé !
Par fred30
#3237103
Un solide parmi les géants
Difficile de passer à la postérité au pays de Merckx, De Vlaeminck, De Bruyne, Criquelion, Museeuw, Boonen, Gilbert … D’autant plus quand on est coureur par étape et que l’on court dans une ère dorée, peuplée de grands champions. Mais certains parviennent à laisser une trace plus modeste qui mérite tout notre respect également.

En plein mois de juillet 2020, les amoureux du vélo étaient orphelins du Tour de France, leur jouet préféré qu’ils critiquent autant qu’ils l’aiment, qu’ils décortiquent avec soin en tentant de rationaliser les exploits des champions cyclistes.
C’était oublier que la Belgique était orpheline d’un de ses champions. Pas le plus connu, pas le plus incontournable, mais pas le moins talentueux et qui avait su, en 7 ans seulement, se construire un beau palmarès.
Image
Jean Brankart est décédé en juillet 2020 dans une indifférence quasi-générale (un forumeur a quand même pris le temps de nous informer de son décès dans le topic « Ils nous ont quittés »)
Professionnel de 1953 à 1960, il dût arrêter sa carrière en raison de problèmes cardiaques. Il eut « seulement » le temps de remporter plusieurs contre-la-montre, sa spécialité, de devenir 3 fois champion de Belgique de la poursuite, de remporter le GP du Midi-Libre et de monter sur le podium de trois courses par étapes majeures : 2ème du Tour de France 1955, 3ème de Paris-Nice 1957, et 2ème du Tour d’Italie 1958, avec le titre de meilleur grimpeur ( alors que Charly Gaul était au départ et à l’arrivée cette année-là, c’est tout sauf anecdotique.)

Croyant à tort que les écarts entre les premiers du général étaient énormes dans les années 50 sur le Tour de France, j’ai été surpris de voir que Brankart n’avait été battu par Bobet que de 4.53 min. Après m’être penché sur la question, il s’avère que trois autres tours de France de cette décennie se sont achevés avec un écart encore plus petit. Mais tout de même : la performance n’est pas anodine.
Oui, Bobet était diminué par une blessure à la selle, oui il a joué la course d’équipe pendant une partie de la course car son équipier Antonin Rolland avait le jaune, mais Brankart ne s’est jamais écroulé en prenant 1/4h de retard sur une étape. Au contraire, toujours placé dans les étapes de plaine, aux alentours de la 30ème place, il a couru à l’avant, avec ses armes. Même lorsque Bobet s’échappa dans le Ventoux et s’imposa 60km plus loin (vous avez dit panache ? ), Brankart s’accrocha, régulier, et termina à 49 secondes. Il récolta de beaux lauriers en 3ème semaine : une étape de montagne + le dernier chrono, où il colla 2.12 min à Bobet.

En regardant le classement de chaque étape, on s’aperçoit qu’il a perdu 1.07 en début de Tour (clm par équipe + victoire de Bobet à Namur) mais qu’il a beaucoup perdu sur l’étape Briançon-Monaco : une balade de 275 km ( :w00t: ) remportée par Geminiani : 2.25 perdues ce jour-là sur le Breton triple vainqueur de la Grande Boucle.

Les Pyrénées l’auront vu perdre presque 2 minutes le jour où Gaul s’imposait à Saint Gaudens et où Bobet endossait le maillot jaune, mais le lendemain Brankart partit à l’attaque et s’imposa devant un trio sympathique : Bobet, Gaul, Geminiani. Dis-moi devant qui tu gagnes, je saurai la valeur de ta victoire … Trois jours plus tard, il remporta le chrono de 68 km.

Jean Brankart
GP du Midi Libre 1959
2 étapes du Tour de France (1955)
Classement Montagne du Tour d’Italie 1958
2 ème du Tour de France 1955
2 ème du Tour d’Italie 1958
2 ème du GP des Nations 1954
3 ème de Paris-Nice 1957
3 ème de Liège-Bastogne-Liège 1955
3 fois champion de Belgique de poursuite 1955, 58, 59
3 ème championnat du monde de poursuite 1959

C'est toujours intéressant de voir qui a devancé les abonnés au podium, ceux qui courent après LA grande victoire. Jugez un peu :
Tour 1955 : 2 ème derrière Bobet
Giro 1958 : 2 ème derrière Baldini
Paris-Nice 1957 : 3 ème derrière Anquetil et Désiré Keteleer ( ? )
Championnat du Monde poursuite 1959 : 3 ème derrière Rivière et Bouvet.
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Par wallers
#3237569
fred30 a écrit :
02 oct. 2020, 18:57
Avec plaisir.
Ce n'était pas de la science-fiction / dystopie de Wallers, mais on fait ce qu'on peut ! :elephant:
Oui, c'est sympa de remettre en mémoire ce genre de bon coureur des temps anciens (et ce coureur tout court, sans parler de genre).

Tiens au fait, pour ceux qui auraient oublié, la dystopie ça commence samedi.
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Par PuncheurFou
#3237634
fred30 a écrit :
01 oct. 2020, 21:02
Un solide parmi les géants
Difficile de passer à la postérité au pays de Merckx, De Vlaeminck, De Bruyne, Criquelion, Museeuw, Boonen, Gilbert … D’autant plus quand on est coureur par étape et que l’on court dans une ère dorée, peuplée de grands champions. Mais certains parviennent à laisser une trace plus modeste qui mérite tout notre respect également.

En plein mois de juillet 2020, les amoureux du vélo étaient orphelins du Tour de France, leur jouet préféré qu’ils critiquent autant qu’ils l’aiment, qu’ils décortiquent avec soin en tentant de rationaliser les exploits des champions cyclistes.
C’était oublier que la Belgique était orpheline d’un de ses champions. Pas le plus connu, pas le plus incontournable, mais pas le moins talentueux et qui avait su, en 7 ans seulement, se construire un beau palmarès.
Image
Jean Brankart est décédé en juillet 2020 dans une indifférence quasi-générale (un forumeur a quand même pris le temps de nous informer de son décès dans le topic « Ils nous ont quittés »)
Professionnel de 1953 à 1960, il dût arrêter sa carrière en raison de problèmes cardiaques. Il eut « seulement » le temps de remporter plusieurs contre-la-montre, sa spécialité, de devenir 3 fois champion de Belgique de la poursuite, de remporter le GP du Midi-Libre et de monter sur le podium de trois courses par étapes majeures : 2ème du Tour de France 1955, 3ème de Paris-Nice 1957, et 2ème du Tour d’Italie 1958, avec le titre de meilleur grimpeur ( alors que Charly Gaul était au départ et à l’arrivée cette année-là, c’est tout sauf anecdotique.)

Croyant à tort que les écarts entre les premiers du général étaient énormes dans les années 50 sur le Tour de France, j’ai été surpris de voir que Brankart n’avait été battu par Bobet que de 4.53 min. Après m’être penché sur la question, il s’avère que trois autres tours de France de cette décennie se sont achevés avec un écart encore plus petit. Mais tout de même : la performance n’est pas anodine.
Oui, Bobet était diminué par une blessure à la selle, oui il a joué la course d’équipe pendant une partie de la course car son équipier Antonin Rolland avait le jaune, mais Brankart ne s’est jamais écroulé en prenant 1/4h de retard sur une étape. Au contraire, toujours placé dans les étapes de plaine, aux alentours de la 30ème place, il a couru à l’avant, avec ses armes. Même lorsque Bobet s’échappa dans le Ventoux et s’imposa 60km plus loin (vous avez dit panache ? ), Brankart s’accrocha, régulier, et termina à 49 secondes. Il récolta de beaux lauriers en 3ème semaine : une étape de montagne + le dernier chrono, où il colla 2.12 min à Bobet.

En regardant le classement de chaque étape, on s’aperçoit qu’il a perdu 1.07 en début de Tour (clm par équipe + victoire de Bobet à Namur) mais qu’il a beaucoup perdu sur l’étape Briançon-Monaco : une balade de 275 km ( :w00t: ) remportée par Geminiani : 2.25 perdues ce jour-là sur le Breton triple vainqueur de la Grande Boucle.

Les Pyrénées l’auront vu perdre presque 2 minutes le jour où Gaul s’imposait à Saint Gaudens et où Bobet endossait le maillot jaune, mais le lendemain Brankart partit à l’attaque et s’imposa devant un trio sympathique : Bobet, Gaul, Geminiani. Dis-moi devant qui tu gagnes, je saurai la valeur de ta victoire … Trois jours plus tard, il remporta le chrono de 68 km.

Jean Brankart
GP du Midi Libre 1959
2 étapes du Tour de France (1955)
Classement Montagne du Tour d’Italie 1958
2 ème du Tour de France 1955
2 ème du Tour d’Italie 1958
2 ème du GP des Nations 1954
3 ème de Paris-Nice 1957
3 ème de Liège-Bastogne-Liège 1955
3 fois champion de Belgique de poursuite 1955, 58, 59
3 ème championnat du monde de poursuite 1959

C'est toujours intéressant de voir qui a devancé les abonnés au podium, ceux qui courent après LA grande victoire. Jugez un peu :
Tour 1955 : 2 ème derrière Bobet
Giro 1958 : 2 ème derrière Baldini
Paris-Nice 1957 : 3 ème derrière Anquetil et Désiré Keteleer ( ? )
Championnat du Monde poursuite 1959 : 3 ème derrière Rivière et Bouvet.
Je ne connaissais pas ce coureur, et j'étais tombé dessus par hasard en regardant les podiums du Giro, et dans les années 1950 je tombe sur ce coureur belge, je me demandais justement pourquoi il n'était pas plus connu que ça.

Une carrure incroyable et tout en muscle quand on compare aux cyclistes actuels.
Par fred30
#3239046
C'est clair que pour le diamètre des cuisses, dans le peloton actuel je ne vois guère qu'un Sagan pour ne pas avoir l'air ridicule à côté ... ou Greipel !

En plus je trouve ça paradoxal quand on voit le morphotype des poursuiteurs. A le regarder comme ça, on aurait plutôt imaginer Brankart faire de la vitesse individuelle. :w00t:
#3239083
Merci Fred pour l'hommage à Brankart :jap:
La trajectoire de sa carrière est assez mystérieuse. Après sa seconde place sur le Tour 1955 (dont Chany disait qu'avec plus d'audace en dernière semaine, il aurait pu renverser Bobet), obtenu à seulement 24 ans, nombreux sont ceux à avoir vu en lui un futur vainqueur de l'épreuve. Excellent rouleur, bon grimpeur, résistant, endurant, il avait toutes les qualités requises. Mais fiinalement, en dehors de son très bon Giro 1958, on ne l'a pas revu à ce niveau par la suite :scratch:
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Par wallers
#3239609
levrai-dufaux a écrit :
05 oct. 2020, 14:08
Merci Fred pour l'hommage à Brankart :jap:
La trajectoire de sa carrière est assez mystérieuse. Après sa seconde place sur le Tour 1955 (dont Chany disait qu'avec plus d'audace en dernière semaine, il aurait pu renverser Bobet), obtenu à seulement 24 ans, nombreux sont ceux à avoir vu en lui un futur vainqueur de l'épreuve. Excellent rouleur, bon grimpeur, résistant, endurant, il avait toutes les qualités requises. Mais fiinalement, en dehors de son très bon Giro 1958, on ne l'a pas revu à ce niveau par la suite :scratch:
Il avait arrêté sa carrière en 1960 à cause de problèmes cardiaques.
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Par dolipr4ne
#3240651
GATO a écrit :
05 oct. 2020, 13:21
Quant tu vois les jambes et le corp de Robert Fortesmann ...
Et que les allemands crachaient sur les españols et italiens question dopage ...
:elephant:
Loin de moi l’idée de dire qu’il n’est pas dopé, je ne m’y risquerais pas.
Mais ayant moi-meme vomi sur ma moquette le jour où j’ai vu ses cuisses, littéralement atrophiées, j’avais fait ma petite sortie doutiste réguliere sur le forum. Et je crois que c’est un Bradounet qui m’avait indiqué que Förstemann avait une maladie genetique qui touche les muscles.

Depuis les Jeux olympiques de 2012, il est au centre de l'attention des médias en raison de la taille de ses cuisses, qui ont la circonférence de 73 centimètres. Il explique qu'il est porteur d'une mutation génétique particulière, la myostatine, qui inhiberait normalement la croissance musculaire, mais peut aboutir à une augmentation de la force en cas de surexpression.

:wink:
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