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Modérateur : Modos HP

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Par biquet
#3187069
levrai-dufaux a écrit :
05 juil. 2020, 12:50
11. Luc LEBLANC


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Bien que champion du monde en 1994 sur le parcours accidenté d’Agrigente, Luc Leblanc est essentiellement associé au Tour de France. Maillot jaune en 1991, vainqueur de deux belles étapes en 1994 et 1996, c’est sur cette épreuve qu’il signe ses performances les plus mémorables.

1991, c’est la révélation au grand public. Il termine 5e du Tour après avoir porté le maillot jaune dans l’étape Jaca-Val Louron. Il connait ce jour-là une grosse défaillance dans l’Aspin mais se rattrape quelques jours plus tard dans l’Alpe d’Huez en étant le seul à pouvoir accompagner Bugno et Indurain jusqu’au sommet. Il peut d’ailleurs regretter un accrochage avec un spectateur dans l’ascension qui lui fit perdre une énergie précieuse pour recoller à ses deux adversaires.

L’année suivante, il réalise une grosse saison, ponctuée d’un titre de champion de France controversé, d’une victoire au général sur le GP du Midi-Libre et de 2e places sur le Dauphiné et la Classique des Alpes.

Après une année 93 loupée, il effectue en 1994 la meilleure saison de sa carrière.
Il réalise tout d’abord une solide Vuelta qu’il termine 6e en remportant le Grand Prix de la Montagne. Puis, sur le Tour de France, il s’impose au sommet d’Hautacam, gravie pour la première fois, en devançant au sprint Indurain, après avoir rattrapé et distancé Pantani.
Leblanc se montre très fort dans toutes les ascensions cette année-là, faisant étalage de ses qualités de grimpeur, à la fois endurant et capable d’accélérations brutales dans les cols. Il aurait bien mérité une place sur le podium final mais subit le retour d’Ugrumov dans les derniers jours et termine seulement 4e (et premier Français).

Passé chez Polti après le couac le Groupement, c’est finalement en 1996 qu’il remporte sa victoire la plus marquante au terme de l’étape des Arcs qui vit la chute d’Indurain. Dans l’ascension finale, il rattrape et dépose le pauvre Dufaux :elephant:
Encore très fort dans l’ascension d’Hautacam, il est globalement le plus costaud dans les Pyrénées avec les "Festina Boys", derrière l’intouchable Riis évidemment.

Leblanc termine sa carrière sous les couleurs de la formation italienne, avec laquelle il remporte le montagneux Tour du Trentin en 1997 et brille une dernière fois sur le Tour en étant l’un des animateurs de l’étape des Deux Alpes lors de l’édition 1998 (il tente en vain de suivre l’attaque de Pantani dans le Galibier notamment).
Il paiera ses efforts le lendemain en abandonnant 25 minutes, avant de se retirer de la course.
Les patates qu'il mettait, celui-là, et avec de ces braquets de dinosaure !! L'EPOque aidait bien, mais quand même. :genance:

Parmi les grimpeurs purs (à la différence des montagnards comme Fignon, Bobet, Hinault, voire même Virenque, le Vietto 34 étant trés bon dans les 2 registres) , je le vois comme un des meilleurs français, derrière Robic (pour moi le n°1), Faure et Apo Lazaridès notamment. Sur une montée sèche, il pouvait être pratiquement irrésistible. Comme pour les 3 autres, les descentes lui coutaient souvent trés cher. Et il ne brillait pas par sa régularité.
#3187159
Leblanc était vraiment très impressionnant sur le Tour 1994 à l' image de l' étape d' Hautacam.

Sur la régularité il aurait mérité d' etre sur le podium avec Pantani et Indurain, Ugrumov a béneficié d' un petit effet de surprise puis il a réalisé une performance incroyable sur le chrono en montagne.

Il avait un super démarrage.
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Par levrai-dufaux
#3187166
10. Raphaël GÉMINIANI

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Réputé pour sa gouaille, ses innombrables anecdotes et son sens de la formule, Géminiani était aussi un sacré coureur, véritable spécialiste des GT.

Régulier en montagne tout au long des années 50, ce lieutenant de Bobet gagne 7 étapes sur le Tour de France, la plupart sur terrain accidenté, et remporte le Grand Prix de la Montagne en 1951, année où il se classe 2e au général derrière Koblet ("s’il existait deux Koblet, je changerais de métier dans l’heure", disait-il à son sujet :genance: ). Originaire d’Auvergne, il met un point d’honneur à s’imposer lors de la première étape arrivant à Clermont-Ferrand en 1949.

Mais sa plus belle victoire est sans doute celle qu’il obtient en 1955 à Monaco. Le journaliste et grand historien du cyclisme Pierre Chany considérait qu’il s’agissait tout simplement de l’un des cinq plus grands exploits de l’histoire du Tour.
La veille, Gaul s’était imposé avec un quart d’heure d’avance sur le groupe des favoris, laissant Bobet stupéfait. Le soir, Gem fanfaronne pourtant devant ses copains de l’équipe de France : "Ce Gaul, moi, je vais lui faire sa fête ! Et pas plus tard que demain !". L’étape commence mal : au sommet du col de la Cayolle, le grand fusil pointe déjà à 9’30 d’un Gaul virevoltant. C’est alors que Robic le mit en rage en essayant de le distancer alors qu’ils étaient tous deux loin des premières loges. Piqué au vif, Géminiani entame alors une remontée incroyable, parvient à rentrer sur le groupe de tête à Nice et s’impose finalement en solitaire à Monaco :w00t:

En 1955, Gem était dans l’une de ses meilleures années : 3e de la Vuelta en ayant dû respecter les consignes d’équipe et laisser la victoire à Dotto alors qu’il était le plus fort, 4e du Giro puis 6e du Tour de France en l’espace de quelques mois, sacrée santé !
Sur le Giro, il se distingue en remportant deux fois le Grand Prix de la Montagne (en 1952 à la barbe de Bartali alors qu’il était équipier de Coppi ainsi qu’en 1957) et il me semble (je peux me tromper) qu’il est le premier français à avoir porté le maillot rose.

Ses empoignades avec Gaul demeurent l’un des fils rouges de sa fin de carrière. Sur le Giro 1957, c’est lui qui profite d’une pause pipi du Luxembourgeois pour lancer une offensive fatale à celui-ci. Furieux, Gaul se mettra ensuite au service de Nencini pour faire perdre Bobet.
Rebelote sur le Tour 1958 que Géminiani court survolté dans une équipe régionale (Anquetil ne voulait pas avoir Bobet et Géminiani ensemble dans l’équipe de France). Entre Carpentras et Gap, il profite d’un changement de vélo de Gaul pour attaquer et lui reprend 11 minutes ce jour-là. Anquetil, 3e au général, est à 8 minutes : le grand fusil semble bien parti pour enfin remporter le Tour. Hélas pour lui, dans la dernière étape alpestre courue sous une pluie battante, Gaul réalise une étape d’anthologie et s’impose avec pratiquement 15 minutes d’avance sur Gem. "Tous des judas !" lâche ce dernier, en pleurs à l’arrivée, à l’encontre des coureurs de l’équipe de France qui n’ont pas voulu (pu ?) l’aider en cours d’étape. Il conclut ce Tour à une belle 3e place néanmoins.

Atteint comme Coppi de la malaria suite à une série de critériums disputés au Burkina-Faso fin 1959, il fut bien soigné contrairement à l’Italien mais dut mettre un terme à sa carrière de coureur, se reconvertissant avec succès en directeur sportif auprès d’Anquetil quelques années plus tard.
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Par El_Pistolero_07
#3187169
marooned a écrit :
05 juil. 2020, 13:50
levrai-dufaux a écrit :
05 juil. 2020, 12:50
Leblanc termine sa carrière sous les couleurs de la formation italienne, avec laquelle il remporte le montagneux Tour du Trentin en 1997 et brille une dernière fois sur le Tour en étant l’un des animateurs de l’étape des Deux Alpes lors de l’édition 1998 (il tente en vain de suivre l’attaque de Pantani dans le Galibier notamment).
Mais non, il lui prépare le terrain. C'est grâce à lui si Pantani gagne le Tour !
"Je suis pas raciste, mais bon, je voulais pas que les allemands gagnent !" :green:
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Par levrai-dufaux
#3187174
9. Thibaut PINOT

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LE grand grimpeur français actuel se démarque par une relation assez originale avec le Tour de France, tant il a alterné les hauts et les bas, ce qui est parfaitement condensé dans son Tour 2019.

Tout avait bien commencé en 2012, lorsqu’il remporte à 22 ans sa première étape et apparaît dans les plus forts en montagne derrière le duo Sky Froome-Wiggins.
L’année suivante, première claque : tétanisé dans la descente de Pailhères, il perd toute chance de bien figurer au général et finit par abandonner après une course anonyme.
En 2014, il retrouve le sourire en réalisant un grand Tour, achevé à la 3e place, ce qui reste son meilleur résultat à ce jour. Il se permet même de prendre quelques mètres à un grand Nibali sur le sommet du Port de Balès.
Par la suite, le yoyo continue : 2015 et 2016 sont de nouveaux échecs malgré une belle victoire en échappée au sommet de l’Alpe d’Huez.

C’est sur le Tour d’Italie que Pinot parvient à se relancer. En 2017, il est le plus fort parmi les favoris dans l’ascension de Piancavallo puis l’emporte le lendemain. Il achève ce Giro à la 4e place finale au général.
L’année suivante, il est en course pour le podium jusqu’à la veille de l’arrivée, se distinguant notamment dans l’étape du Finestre où il se montre parmi les plus forts derrière Froome, mais il abandonne et doit renoncer au Tour dans la foulée.

Vainqueur du Tour de Lombardie en 2018 au terme d’un duel haletant face à Nibali dans le Civiglio, il revient pour jouer le général sur le Tour 2019 avec plus de sérénité et de certitudes. Auteur d’un début de Tour exceptionnel qui le voit triompher au Tourmalet et dominer ses adversaires au Pras d’Albis, il est encore en course pour la victoire finale malgré une bordure, mais doit finalement abandonner dans les Alpes en raison d’une blessure musculaire.
Avec une trajectoire aussi imprévisible, difficile de savoir ce qu’il nous réserve pour l’avenir et j’en appelle sur ce point aux nombreux "Pinotologues" que compte ce forum :elephant:

Parmi ses autres grands succès en montagne, on peut mentionner sa victoire en solitaire à Sölden sur le Tour de Suisse en 2015, ainsi que deux étapes sur la Vuelta 2018 dont une au sommet des Lagos de Covadonga (il termine d’ailleurs 7e de cette Vuelta).
A l’échelle nationale, il a également levé les bras aux sommets du Grand Colombier sur le Tour de l’Ain et du Mont-Faron sur le Tour du Haut-Var.
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Par levrai-dufaux
#3187291
8. Bernard HINAULT

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L'un des plus inclassables de cette liste tant il m'a paru difficile de dissocier ses performances de grimpeur du reste de son immense carrière.

En montagne, Hinault connaît grosso modo deux périodes : une première de 1977 à 1982 pendant laquelle il est globalement en contrôle et dominateur, puis une seconde de 1984 à 1986 consécutive à sa blessure au genou contractée sur la Vuelta 83 durant laquelle il subit davantage dans les ascensions.

En la matière, son premier coup d’éclat remonte au Dauphiné 1977. Après avoir distancé Van Impe et Thévenet dans le col de Porte, il fait une chute de plusieurs mètres dans la descente puis, encore sonné, pose pied à terre dans la Bastille et ses pentes à 18% qui restaient à escalader. Il songe à abandonner, parcourt quelques mètres à pied, soutenu par le public, avant de remonter sur son vélo et de s’imposer.
Le Dauphiné est une course qui inspirait Hinault, il y réalise plusieurs démonstrations notamment lors des étapes de Chambéry en 79 et de Villard-de-Lans en 81.

Entre temps, il avait confirmé sur les GT en 1978, remportant une étape montagneuse sur la Vuelta, puis en étant le plus constant en montagne avec Zoetemelk sur le Tour. En 79, il est de nouveau le meilleur en montagne avec le Hollandais, il gagne notamment le chrono en côte de Superbagnères puis écrase ses adversaires dans celui de Morzine, réalisant de loin le meilleur temps dans l’ascension.

Sur le Giro 1980, il réalise l’une de ses performances les plus mémorables dans le Stelvio. Après plusieurs attaques, il parvient à distancer un coriace Panizza puis, avec l’aide de Bernaudeau parti en éclaireur à l’avant, il creuse des écarts importants sur ses adversaires et récupère le maillot rose.
Cette année-là, il devient champion du monde à Sallanches après avoir abandonné sur le Tour, blessé au genou (son seul abandon en 13 GT, pour le reste : 10 victoires et deux fois 2e, il est invaincu sur le Giro et la Vuelta :w00t: ). Dans une ambiance incroyable, il se défait de Baronchelli dans la sévère côte de Domancy et franchit la ligne d’arrivée en solitaire.

Sa domination se poursuit sur le Tour 1981 où, derrière l’éternel Van Impe, il éparpille ses adversaires dans le Pla d’Adet puis remporte le chrono vallonné de Pau le lendemain, un exercice dans lequel il excellait. Il s’impose ensuite dans la dernière étape alpestre après avoir été 2e au sommet de l’Alpe d’Huez derrière Winnen dans une étape où il avait fait exploser le peloton dans la Madeleine.
Sur le Giro 1982, il signe une nouvelle victoire de prestige en montagne en s’imposant en solitaire au sommet du Monte Campione où il reprend le maillot rose à Contini qu’il l’en avait dépossédé la veille.

Après une très difficile victoire lors de la Vuelta 83, décrochée sur les pentes du Serranillos avec l’aide de Fignon, Hinault connaît une fin de carrière plus difficile en montagne.
En 1984, il est dominé par les Colombiens sur le Dauphiné puis par son ancien équipier sur le Tour (Hinault ayant rejoint la Vie Claire en début d'année)
Il réalise néanmoins encore quelques belles performances, en particulier une belle chevauchée avec Herrera dans les Alpes sur le Tour 1985 qui lui assure la victoire cette année-là. En 1986, il est le premier Français à s’imposer au sommet de l’Alpe d’Huez, main dans la main avec Lemond.
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Par jimmy39
#3187293
levrai-dufaux a écrit :
07 juil. 2020, 08:11
8. Bernard HINAULT

...

Cette année-là, il devient champion du monde à Sallanches après avoir abandonné sur le Tour, blessé au genou (son seul abandon en 13 GT, pour le reste : 10 victoires et deux fois 2e, il est invaincu sur le Giro et la Vuelta :w00t: ). Dans une ambiance incroyable, il se défait de Baronchelli dans la sévère côte de Domancy et franchit la ligne d’arrivée en solitaire.

...
J'y étais, il a attaqué GB sous mes yeux, je confirme pour l'ambiance incroyable :pt1cable:
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Par levrai-dufaux
#3187294
7. René POTTIER

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L’homme du Ballon d’Alsace où une stèle figure aujourd'hui à son nom au sommet.
Plus qu’aux performances brutes qu’il a pu accomplir, il doit davantage son rang élevé dans ce classement à l’empreinte qu’il a laissée et à la marge impressionnante qu’il possédait sur ses adversaires. Il est en effet souvent considéré comme le premier grand grimpeur de l’histoire.
Vainqueur du Tour 1906, il faut dire que Pottier courait à une époque où la montagne était pratiquement absente du parcours et où l’ascension du Ballon d’Alsace faisait figure de véritable expédition. Desgrange nous en donne en aperçu dans ce compte-rendu de l'ascension en 1905 :

Nous avons vécu là 40 minutes que nous n’oublierons jamais, car 40 minutes ont suffi à celui qui est sorti vainqueur de cet âtre combat pour atteindre le sommet, ce qui équivaut à dire que la formidable rampe a été gravie à une allure variant entre 18 et 20 kilomètres à l’heure.
Les quatre ou cinq premiers kilomètres se passent sans incidents. Puis c’est soudain Cornet qui démarre furieusement, essayant de lâcher ses concurrents, et, à notre surprise indicible, c’est Trousselier qui cède le premier.
Plus que quatre ! C’est encore trop pour Cornet, dont le dos se courbe soudain en une cadence plus accentuée, tandis que les trois autres répondent à l’assaut. Mais ses forces trahissent Georget, qui se relève à son tour. Et un peu plus loin, Cornet, qui jette derrière lui des regards sauvages, a la satisfaction de voir son grand rival Aucouturier décollé à son tour. Nous ne pouvons en croire nos yeux.
Mais la grosse surprise de ce véritable drame sportif est réservée pour la fin car nous voyons tout d’un coup Pottier, dans une détente de tout son être, passer Cornet. Un duel féroce s’engage entre les deux survivants.
Haletants, ruisselants de sueur, tous deux pèsent de tout leur corps à chaque coup de pédale, tandis que de leur poitrine sortent des "han !" qui nous rappellent ceux des rudes mitrons étreignant la pâte devant le four rougi à blanc. Cornet perd deux longueurs, puis recolle et décolle encore, et ça y est. La victoire reste à Pottier, qui s’en va tout seul, admirable de vigueur désespérée, le buste plié en deux sur le guidon, l’œil sur le sol, pour ne le relever que tout en haut, au moment où les grands sapins s’enfonçant sur le versant opposé du Ballon sont atteints.


L’année suivante, Pottier améliora son temps d’ascension du Ballon d’Alsace, le franchissant à 20,5 km/h, ce qui constitue une performance ahurissante pour l’époque, avant de réaliser un solo de 250 km jusqu’à Dijon où il s’impose avec trois quarts d’heure d’avance sur ses poursuivants.
Il fera encore plus fort dans l’étape Grenoble-Nice où, après s’être envolé dans la côte de Laffrey, il s’impose après 325 d’échappée solitaire, pratiquement une demi-heure devant Passerieu et Christophe (déjà là !).

Alors âge de 27 ans, la domination de Pottier dans le Tour semble amener à se prolonger avec la montagne qui prend de l’importance d’années en années. Il n’en sera rien : en janvier 1907, "l’homme qui ne rit jamais" est retrouvé pendu au crochet où il rangeait son vélo. La cause de son acte demeure relativement mystérieuse, même si son frère, également coureur, évoqua un chagrin d’amour.
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Par levrai-dufaux
#3187298
jimmy39 a écrit :
07 juil. 2020, 08:29
levrai-dufaux a écrit :
07 juil. 2020, 08:11
8. Bernard HINAULT

...

Cette année-là, il devient champion du monde à Sallanches après avoir abandonné sur le Tour, blessé au genou (son seul abandon en 13 GT, pour le reste : 10 victoires et deux fois 2e, il est invaincu sur le Giro et la Vuelta :w00t: ). Dans une ambiance incroyable, il se défait de Baronchelli dans la sévère côte de Domancy et franchit la ligne d’arrivée en solitaire.

...
J'y étais, il a attaqué GB sous mes yeux, je confirme pour l'ambiance incroyable :pt1cable:
Je n'ai pas eu la chance dy être, mais c'est effectivement l'impression que je m'étais faite à partir des vidéos de la course :w00t:

On peut en voir la fin ici (avec Anquetil en consultant) :
Par biquet
#3187314
levrai-dufaux a écrit :
07 juil. 2020, 08:11
8. Bernard HINAULT

Image

L'un des plus inclassables de cette liste tant il m'a paru difficile de dissocier ses performances de grimpeur du reste de son immense carrière.

En montagne, Hinault connaît grosso modo deux périodes : une première de 1977 à 1982 pendant laquelle il est globalement en contrôle et dominateur, puis une seconde de 1984 à 1986 consécutive à sa blessure au genou contractée sur la Vuelta 83 durant laquelle il subit davantage dans les ascensions.

En la matière, son premier coup d’éclat remonte au Dauphiné 1977. Après avoir distancé Van Impe et Thévenet dans le col de Porte, il fait une chute de plusieurs mètres dans la descente puis, encore sonné, pose pied à terre dans la Bastille et ses pentes à 18% qui restaient à escalader. Il songe à abandonner, parcourt quelques mètres à pied, soutenu par le public, avant de remonter sur son vélo et de s’imposer.
Le Dauphiné est une course qui inspirait Hinault, il y réalise plusieurs démonstrations notamment lors des étapes de Chambéry en 79 et de Villard-de-Lans en 81.

Entre temps, il avait confirmé sur les GT en 1978, remportant une étape montagneuse sur la Vuelta, puis en étant le plus constant en montagne avec Zoetemelk sur le Tour. En 79, il est de nouveau le meilleur en montagne avec le Hollandais, il gagne notamment le chrono en côte de Superbagnères puis écrase ses adversaires dans celui de Morzine, réalisant de loin le meilleur temps dans l’ascension.

Sur le Giro 1980, il réalise l’une de ses performances les plus mémorables dans le Stelvio. Après plusieurs attaques, il parvient à distancer un coriace Panizza puis, avec l’aide de Bernaudeau parti en éclaireur à l’avant, il creuse des écarts importants sur ses adversaires et récupère le maillot rose.
Cette année-là, il devient champion du monde à Sallanches après avoir abandonné sur le Tour, blessé au genou (son seul abandon en 13 GT, pour le reste : 10 victoires et deux fois 2e, il est invaincu sur le Giro et la Vuelta :w00t: ). Dans une ambiance incroyable, il se défait de Baronchelli dans la sévère côte de Domancy et franchit la ligne d’arrivée en solitaire.

Sa domination se poursuit sur le Tour 1981 où, derrière l’éternel Van Impe, il éparpille ses adversaires dans le Pla d’Adet puis remporte le chrono vallonné de Pau le lendemain, un exercice dans lequel il excellait. Il s’impose ensuite dans la dernière étape alpestre après avoir été 2e au sommet de l’Alpe d’Huez derrière Winnen dans une étape où il avait fait exploser le peloton dans la Madeleine.
Sur le Giro 1982, il signe une nouvelle victoire de prestige en montagne en s’imposant en solitaire au sommet du Monte Campione où il reprend le maillot rose à Contini qu’il l’en avait dépossédé la veille.

Après une très difficile victoire lors de la Vuelta 83, décrochée sur les pentes du Serranillos avec l’aide de Fignon, Hinault connaît une fin de carrière plus difficile en montagne.
En 1984, il est dominé par les Colombiens sur le Dauphiné puis par son ancien équipier sur le Tour (Hinault ayant rejoint la Vie Claire en début d'année)
Il réalise néanmoins encore quelques belles performances, en particulier une belle chevauchée avec Herrera dans les Alpes sur le Tour 1985 qui lui assure la victoire cette année-là. En 1986, il est le premier Français à s’imposer au sommet de l’Alpe d’Huez, main dans la main avec Lemond.
C'était peut-être le meilleur montagnard (montagnard, pas grimpeur) de tous. Un métronome dans les ascensions, un super descendeur, et un phénomène d'endurance. Je sais pas si on a déjà eu, dans le cyclisme moderne, un leader qui avait aussi peu besoin d'équipiers en montagne. Même Merckx se servait beaucoup des Vandenbossche, Janssens, De Schoenmacker, Huysmans, etc. Mais Hinault, dès qu'on arrivait au pied d'un col important, il prenait la tête du peloton et imposait un rythme trés soutenu. Derrière, c'était du sauve qui peut.

Le grand démantèlement de Burdincurutcheta 86, c'est Hinault tout seul. La grande chevauchée avec Herrera dans le Pas de Morgins 85, c'est Hinault tout seul . Je n'ai pas connu le Blaireau d'avant 84, mais grâce au site de l'INA, j'ai pu me rendre compte que c'était souvent le même scénario durant l'essentiel de sa carrière. Les numéros qu'il a réalisé lors du Tour 1981 sont impressionnants, même s'il a du attendre la dernière étape de montagne pour en claquer une.

Hinault dans la montagne, c'était trés simple: je prends la tête du peloton, et je durcis le rythme. Peu importe s'il éliminait ses équipiers, il voulait vraiment imposer une épreuve de force.
Par biquet
#3187315
levrai-dufaux a écrit :
07 juil. 2020, 08:33
7. René POTTIER

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L’homme du Ballon d’Alsace où une stèle figure aujourd'hui à son nom au sommet.
Plus qu’aux performances brutes qu’il a pu accomplir, il doit davantage son rang élevé dans ce classement à l’empreinte qu’il a laissée et à la marge impressionnante qu’il possédait sur ses adversaires. Il est en effet souvent considéré comme le premier grand grimpeur de l’histoire.
Vainqueur du Tour 1906, il faut dire que Pottier courait à une époque où la montagne était pratiquement absente du parcours et où l’ascension du Ballon d’Alsace faisait figure de véritable expédition. Desgrange nous en donne en aperçu dans ce compte-rendu de l'ascension en 1905 :

Nous avons vécu là 40 minutes que nous n’oublierons jamais, car 40 minutes ont suffi à celui qui est sorti vainqueur de cet âtre combat pour atteindre le sommet, ce qui équivaut à dire que la formidable rampe a été gravie à une allure variant entre 18 et 20 kilomètres à l’heure.
Les quatre ou cinq premiers kilomètres se passent sans incidents. Puis c’est soudain Cornet qui démarre furieusement, essayant de lâcher ses concurrents, et, à notre surprise indicible, c’est Trousselier qui cède le premier.
Plus que quatre ! C’est encore trop pour Cornet, dont le dos se courbe soudain en une cadence plus accentuée, tandis que les trois autres répondent à l’assaut. Mais ses forces trahissent Georget, qui se relève à son tour. Et un peu plus loin, Cornet, qui jette derrière lui des regards sauvages, a la satisfaction de voir son grand rival Aucouturier décollé à son tour. Nous ne pouvons en croire nos yeux.
Mais la grosse surprise de ce véritable drame sportif est réservée pour la fin car nous voyons tout d’un coup Pottier, dans une détente de tout son être, passer Cornet. Un duel féroce s’engage entre les deux survivants.
Haletants, ruisselants de sueur, tous deux pèsent de tout leur corps à chaque coup de pédale, tandis que de leur poitrine sortent des "han !" qui nous rappellent ceux des rudes mitrons étreignant la pâte devant le four rougi à blanc. Cornet perd deux longueurs, puis recolle et décolle encore, et ça y est. La victoire reste à Pottier, qui s’en va tout seul, admirable de vigueur désespérée, le buste plié en deux sur le guidon, l’œil sur le sol, pour ne le relever que tout en haut, au moment où les grands sapins s’enfonçant sur le versant opposé du Ballon sont atteints.


L’année suivante, Pottier améliora son temps d’ascension du Ballon d’Alsace, le franchissant à 20,5 km/h, ce qui constitue une performance ahurissante pour l’époque, avant de réaliser un solo de 250 km jusqu’à Dijon où il s’impose avec trois quarts d’heure d’avance sur ses poursuivants.
Il fera encore plus fort dans l’étape Grenoble-Nice où, après s’être envolé dans la côte de Laffrey, il s’impose après 325 d’échappée solitaire, pratiquement une demi-heure devant Passerieu et Christophe (déjà là !).

Alors âge de 27 ans, la domination de Pottier dans le Tour semble amener à se prolonger avec la montagne qui prend de l’importance d’années en années. Il n’en sera rien : en janvier 1907, "l’homme qui ne rit jamais" est retrouvé pendu au crochet où il rangeait son vélo. La cause de son acte demeure relativement mystérieuse, même si son frère, également coureur, évoqua un chagrin d’amour.
Le Ballon d'Alsace à 20,5km/h en 1907.. :pt1cable: C'est quoi ce monstre ??

Je m'intéresse trés peu au cyclisme d'avant les années 30 (période ou on commençait à sortir un peu du pur hard labour), mais on se rend compte que les phénomènes n'ont pas attendu cette période pour exister. Il me semble que Christophe et Lapize étaient également 2 sérieux clients en montagne.
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Par gradouble
#3187319
Il devrait donc rester, outre Virenque donc :siffle: :
- Robic, Vietto, bien sûr
- Poulidor et Bobet, je pense
- et puis :reflexion:
...
Charteau :elephant:

Non peut-être encore un ancien, style Petit-Breton ou du Lapébie :confused:
Par biquet
#3187323
gradouble a écrit :
07 juil. 2020, 10:49
Il devrait donc rester, outre Virenque donc :siffle: :
- Robic, Vietto, bien sûr
- Poulidor et Bobet, je pense
- et puis :reflexion:
...
Charteau :elephant:

Non peut-être encore un ancien, style Petit-Breton ou du Lapébie :confused:
Lapébie, non, pas assez grimpeur. Mais un grand ancien, oui, un Petit Breton, un Christophe, un Lapize (vainqueur de la mythique étape Luchon-Bayonne 1910).
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Par levrai-dufaux
#3187357
J'ai peur de vous induire en erreur avec mon précédent commentaire.
Disons simplement que c'est un nom que vous connaissez tous bien et qui n'étonnera personne une fois révélé :hehe:

En attendant, voici un autre nom qui ne surprendra personne :

6. Raymond POULIDOR

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A l’aise sur pratiquement tous les terrains, c’est en montagne que Poulidor a le plus brillé. La qualité de ses victoires et sa longévité exceptionnelle en font l’un des meilleurs grimpeurs français de l’histoire.

En 1962, pour son premier Tour, il parvient à monter sur le podium suite à sa victoire lors de la dernière étape alpestre au terme d’un joli raid solitaire dans la Chartreuse, au cours duquel il parvient à contenir le contre de Bahamontes.

Dans le Tour de France 1964, célèbre pour son duel avec Anquetil, il remporte l’une de ses plus belles victoires à Luchon après s’être dégagé dans le col du Portillon, au lendemain de la fameuse étape du Port d’Envalira où Poulidor a probablement perdu ce Tour (après avoir compté plus de 4 minutes d’avance sur un Anquetil au bord de l’abandon, il avait finalement perdu plus de 2’30 sur celui-ci suite à une crevaison et une chute dans le final).

En 1965, Poulidor est le premier vainqueur de l’histoire du Tour au sommet du Ventoux lors d’une étape en ligne (Gaul l’avait emporté contre-la-montre en 58). Poupou y domine l’excellent grimpeur espagnol Jimenez et, revenu sur les talons de Gimondi au général, semble alors parti pour prendre une revanche sur l’année précédente…

En 1966, il est l’auteur d’une splendide attaque dans la Forclaz, que seul Jimenez parvient laborieusement à suivre dans un second temps, mais il était déjà trop loin au général pour espérer revenir sur Aimar.

Bien qu’il se montre encore le plus fort après Jimenez dans le Ventoux en 1967 (montée au cours de laquelle Simpson laissa la vie), c’est paradoxalement dans les années 1970, alors qu’il dépasse allégrement les 35 ans, que Poulidor réalise ses meilleures performances en montagne.
En 1972, il renverse Merckx sur Paris-Nice dans la dernière étape en réalisant une ascension extraordinaire du col d’Eze (son temps d’ascension est de 20 minutes et 04 secondes). Outre le Belge, Poulidor domine ce jour-là des coureurs du calibre d’Ocana ou Fuente.

Son plus beau succès est peut-être celui qu’il décroche à 38 ans, sur les pentes du Pla d’Adet lors du Tour 1974. A 8 km du sommet, il laisse Merckx sur place et remonte un à un les quelques coureurs qui s’étaient échappés. A l’arrivée, le Cannibale concède près de deux minutes au vétéran français.
Celui-ci avait encore de beaux restes puisque deux ans plus tard, il est encore tout près des meilleurs en montagne, à tel point qu’il termine encore sur le podium du Tour à 40 ans passés ! Ironie de l’histoire, c’est en distançant Delisle dans la montée du… Puy de Dôme que Poulidor parvient à le déloger de la 3e place à quelques jours de l’arrivée.
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