Intéressante suggestion !Iguane a écrit : 08 avr. 2020, 09:31 Pour les plus anciens, la comparaison Kelly vs Moser, vous en pensez quoi ?
Parce que j'ai voté Moser sur la base des palmarès et des récits de sa carrière, notamment ses exploits à Roubaix et sa victoire face à fignon au Giro, bien magouilleuse je sais, ainsi que ses records. Mais je serai intéressé par des retours de ceux qui ont vécu un peu la chose du coup ?
En tant que 4x4 il n'y a pas photo pour moi… Mais en y réfléchissant de ton point de vue ça suscite le débat…
Ce qui m'a marqué dans la carrière de Kelly c'est sa constance : dès 78 il gagne une étape du Tour devant Knetemann et, à partir de 80 il entre dans les sprinters capables de briller sur tous les terrains (les 4x4 donc): 4ème et maillot vert de la Vuelta avec 5 victoires d'étape, 3ème du Het Volk et de l'Amstel, 4ème de MSR... Il se met à moissoner les succès majeurs sur les saisons 83/84 (MSR, Lombardie, TdS, Paris-Roubaix, LBL, Paris-Nice... Il va rester au top 5 mondial jusqu'en 92 (où il regagne MSR!) sans avoir jamais changé de registre (il n'a jamais fait partie des favoris au départ du TdF car il n'était pas un attaquant capable de faire des écarts décisifs).
Moser apparait dans un autre registre "à l'italienne". En 75 il est LE grand espoir italien capable de briller dans les courses d'un jour (champion d'Italie, vainqueur en Lombardie, 2ème de Paris-Roubaix) mais aussi de jouer un rôle dans les courses par étapes (2ème du Dauphiné, 7ème du TdF) c'est surtout un formidable rouleur (CdM de poursuite) il reste ensuite dans ce registre de spécialiste de PR et des classiques italiennes qui flirte avec la possibilité de décrocher un Giro… Jusqu'à sa découverte des apports des méthodes et des outils de la modernité qu'il est le premier à oser tester en 84 alors qu'il était plutôt sur un lent déclin ! Je me souviens du scepticisme qui accompagnait ses méthodes d'entrainements révolutionnaires (se forcer à monter des cols sur un seul braquet géant pour acquérir plus de force, etc.) . Résultats de cette préparation d'avant-garde (matériel compris): un hallucinant record de l'heure et la victoire enfin au Giro (en associant les tricheries "traditionnelles" de l'épreuve aux préparations d'avant-garde !). Une fin de carrière en apothéose tel le Phénix renaissant de ses cendres avant de s'éteindre à nouveau…
Au final une carrière moins constante au sommet, plus irrégulière… Mais avec plus de coups d'éclats spectaculaires (ses victoires sur PR!
Non : pour moi le meilleur 4x4, c'est Kelly !


