En tout cas bienvenue à toi, et merci au sucre d'avoir su attirer d'autres pratiquants des longues distances qui pourront nous régaler de leurs récits.JohanMusée a écrit : 20 déc. 2019, 11:22 Super agréable de lire ce genre de récit ! Ça doit faire 15/16 ans que je lis assez souvent ce forum (surtout pour m’informer des pépites étrangères - comprendre pas belges - dans les topics Juniors/Espoirs) mais ,vu le sujet, j’ai envie de participer.
L'Europe à vélo !
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Re: L'Europe à vélo !
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Re: L'Europe à vélo !
Sud-américaines, donc.JohanMusée a écrit : 20 déc. 2019, 11:22 Super agréable de lire ce genre de récit ! Ça doit faire 15/16 ans que je lis assez souvent ce forum (surtout pour m’informer des pépites étrangères - comprendre pas belges - dans les topics Juniors/Espoirs) mais ,vu le sujet, j’ai envie de participer.
Soyons magnanimes : Pour un arrêt de la pratique cycliste professionnelle en Italie
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Re: L'Europe à vélo !
Oué, il y en bcp par là depuis quelques années, mais je trouve que c'est pas si déséquilibré que ça à ce niveau. Il me semble que c'est surtout qu'une proportion énorme de ces pépites essentiellement colombiennes confirme un minimum chez les pros par rapport à celles venant, au hasard, d'Italie ou des pays scandinaves. Mais c'est pas le sujet du topic 
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Re: L'Europe à vélo !
Bienvenu Johan !
Au plaisir de lire tes récits : il fait moche, il bruine, il fait nuit donc ça pourrait être sympa de lire tes périples en attendant le printemps
Concernant les balkans, j'ai surtout fait le bord d'Adriatique. Et je n'ai pas aimé la Croatie : trop de trafic, trop touristique. Mais en t'éloignant du littoral, tu pourrais te faire plaisir ! Ce que je retiens des Balkans, ce sont les lacs du nord de la Grèce, de l'Albanie (très peu touristique, très sauvage) et surtout le lac de Kotor au Monténégro
Si tu y vas en VTT, tu pourrais te faire plaisir en faisant le tour du lac de Kotor
Au plaisir de lire tes récits : il fait moche, il bruine, il fait nuit donc ça pourrait être sympa de lire tes périples en attendant le printemps
Concernant les balkans, j'ai surtout fait le bord d'Adriatique. Et je n'ai pas aimé la Croatie : trop de trafic, trop touristique. Mais en t'éloignant du littoral, tu pourrais te faire plaisir ! Ce que je retiens des Balkans, ce sont les lacs du nord de la Grèce, de l'Albanie (très peu touristique, très sauvage) et surtout le lac de Kotor au Monténégro
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Tout le monde attend Pogacar, mais Pogacar n'attend personne
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Re: L'Europe à vélo !
J’ai déjà fait avec mon sac à dos la Slovénie, la Bosnie, le Monténégro et la Serbie (La Croatie, je l’ai juste traversée en train mais je l’avais faite en voyage de rhétorique et ça ne m’intéresse pas pour le mêmes raisons que toi). Du coup, j’ai déjà fait la baie de Kotor et, effectivement, ça envoie du pâté... Si jamais je fais un périple dans le coin, j’hésiterai plus entre un Vienne-Sud de la Serbie ou relier la Grèce à la Serbie en passant par l’Albanie et le Kosovo. Mais si je fais ça je pense que je devrai investir dans un gravel.
Je vais p-ê raconter mon voyage en Suisse ou mon premier ultra que j’ai fait fin septembre pour passer le temps et la grisaille
. En passant, je m’appelle pas Johan, c’était juste pour le jeux de mot moisi sur mon idole de jeunesse ;)
Je vais p-ê raconter mon voyage en Suisse ou mon premier ultra que j’ai fait fin septembre pour passer le temps et la grisaille
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Re: L'Europe à vélo !
Bon, je vais tenter de faire le récit de ma saison, qui s’est retrouvée un peu par hasard toute orientée vers un but : terminer mon premier ultra.
L’an dernier, alors que je lis les récits d’un vieux pote d’unif grand pratiquant d’ultra-endurance en cyclisme, je tombe sur le site d’un groupe organisant des courses longue-distances. Les gars semblent avoir un esprit tout à fait pas prise de tête ni « m’as-tu vu », loin du côté marchand de rêve et commercial à la sauce Instagram qu’on retrouve beaucoup trop à mon goût dans ce secteur.
Je vois qu’ils organisent une course traversant le pays du Nord au Sud : 360 bornes avec une fin de parcours pas facile-facile. Pour un premier pas vers les longues distances, voilà qui semble intéressant. La date ? Le 22 juin… Petit check rapide de l’agenda… Manque de bol, c’est une semaine seulement après le Doudou et donc beaucoup trop proche de l’ingurgitation de beaucoup trop de bières
( Doudou = fête folklorique de la ville de Mons, à 20 bornes de chez moi. Si vous voulez voir à quoi ça ressemble, faites une petite recherche google, ça en vaut la peine
). Deux lignes plus bas, je lis que ce même groupe organise sa première course ultra en autonomie sur 725 bornes fin septembre. Banco ! 5 minutes plus tard, voilà mon inscription payée et validée. On est en avril, je viens de reprendre les sorties début du mois après une saison carnavalesque tardive (oui, on a un rapport à la fête et au folklore assez intense dans mon coin…), il y a plus qu’à !
… Il y a plus qu’à me concocter un programme d’entraînement crédible jusque-là, surtout. Le temps de quelques calculs et voilà mon premier test consistant fixé au 9 juin. J’ai un ami qui vit à Differdange au Luxembourg, j’irai de sa maison à la mienne d’une traite sur un parcours un minimum salé, avec un chargement supposé équivalent à ce que j’aurai pour la course. 250 bornes pour a priori plus ou moins 3.500m de dénivelé.
Deuxième gros test : fin juillet/début août, je profiterai de la proximité relative des maisons de campagne familiales avec la Suisse pour me faire un petit tour de ce pays de 5/6 jours en autonomie.
A ce stade, une question m’obsède. Faire un ultra, est-ce qu’il s’agit d’une très mauvaise bonne idée ou d’une très bonne mauvaise idée ? Elle me poursuivra avec plus ou moins de doutes jusqu’au moins la moitié de l’ultra en lui-même.
Suite au prochain épisode
;-)
L’an dernier, alors que je lis les récits d’un vieux pote d’unif grand pratiquant d’ultra-endurance en cyclisme, je tombe sur le site d’un groupe organisant des courses longue-distances. Les gars semblent avoir un esprit tout à fait pas prise de tête ni « m’as-tu vu », loin du côté marchand de rêve et commercial à la sauce Instagram qu’on retrouve beaucoup trop à mon goût dans ce secteur.
Je vois qu’ils organisent une course traversant le pays du Nord au Sud : 360 bornes avec une fin de parcours pas facile-facile. Pour un premier pas vers les longues distances, voilà qui semble intéressant. La date ? Le 22 juin… Petit check rapide de l’agenda… Manque de bol, c’est une semaine seulement après le Doudou et donc beaucoup trop proche de l’ingurgitation de beaucoup trop de bières
… Il y a plus qu’à me concocter un programme d’entraînement crédible jusque-là, surtout. Le temps de quelques calculs et voilà mon premier test consistant fixé au 9 juin. J’ai un ami qui vit à Differdange au Luxembourg, j’irai de sa maison à la mienne d’une traite sur un parcours un minimum salé, avec un chargement supposé équivalent à ce que j’aurai pour la course. 250 bornes pour a priori plus ou moins 3.500m de dénivelé.
Deuxième gros test : fin juillet/début août, je profiterai de la proximité relative des maisons de campagne familiales avec la Suisse pour me faire un petit tour de ce pays de 5/6 jours en autonomie.
A ce stade, une question m’obsède. Faire un ultra, est-ce qu’il s’agit d’une très mauvaise bonne idée ou d’une très bonne mauvaise idée ? Elle me poursuivra avec plus ou moins de doutes jusqu’au moins la moitié de l’ultra en lui-même.
Suite au prochain épisode
- JohanMusée
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Re: L'Europe à vélo !
Yep ! Un compatriote ?
Re: L'Europe à vélo !
Et moi aussi, j'habite à 20km de Mons, vers la frontière française.
Et le Doudou, je connais évidemment: j'en ai de nombreux souvenirs, dont certains disons ... brumeux (c'est l'Doudou, c'est l'Mama ...
)
Bienvenue au Club!
Et le Doudou, je connais évidemment: j'en ai de nombreux souvenirs, dont certains disons ... brumeux (c'est l'Doudou, c'est l'Mama ...
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- JohanMusée
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Re: L'Europe à vélo !
Braine-le-Comte, je vois bien mais je connais pas du tout. J'y passe parfois à vélo et tous les jours en train... Je viens de La Louvière, donc à 20km de Mons mais côté intérieur des terres.
Bon, voilà le premier récit : le premier test dans la préparation de l'Ultra.
Après deux gros mois de reprise, voilà mon premier gros test qui se profile : Differdange – Chez moi.
250km de prévus pour 3.500m de dénivelé.
Ça s’annonce costaud mais je suis plutôt confiant. Deux semaines plus avant, j’ai enchaîné 14 répétitions de la plus grosse côte de la région sur une sortie de 5h pour presque 1.800m de dénivelé à une fc basse, le tout sous la drache, le vent et 10°. J’y ai pris beaucoup de plaisir et je n’ai pas senti mes réserves s’entamer.
J’espère pouvoir tester trois choses :
1. Le matériel : j’inaugure mes sacoches et mon matériel de nuit ;
2. Le ravitaillement : j’ai déjà fait des dizaines de sorties de 5/6h de selle mais jamais plus. A voir comment mon corps digère des repas plus consistants pendant l’effort et maintenir mes réserves d’énergie le mieux possible ;
3. Le corps : j’estime l’effort à 10 ou 12h de selle. Avec pas mal de dénivelé, ça devrait suffire pour souligner des faiblesses musculaires là où je ne vais jamais assez loin pour les sentir et savoir quoi travailler dans les mois à venir. Tenant le renforcement musculaire en horreur, j’ai pour ambition de le travailler de la manière la plus ciblée et la plus efficace possible (comprendre, en faire le minimum
) .
La veille, je rejoins le Luxembourg en train avec mon vélo chargé comme si je devais commencé mon tour de Suisse (il le sera moins pour la course mais autant faire ça dans ce sens-là). Il y a un match des Diables et je compte le regarder avec mon ami avant de dormir quelques bonnes heures et de partir autour 3h30 du matin, histoire de vérifier mes luminaires. Après 4h de train et un petit 28km de vélo au départ d’Arlon, me voilà à Differdange. Un bon plat de pâtes et un bon match des Diables au calme, voilà qui semble raisonnable et agréable. En plus des pâtes, on me propose une soupe typique luxembourgeoise, assez grasse. Etant plutôt gourmand, j’accepte. Grosse erreur, voilà que je passe ma nuit sur le pot, une bouteille d’eau à la main afin de ne pas me déshydrater, le papier-cul dans l'autre..
J’arrive à peine à fermer l’œil et à 2h du matin, l’éjection de la soupe s’étant calmée et en ayant marre d’attendre, je décide de partir. Le temps d’avaler un gatosport , à 2h30, je suis dehors. J’entame la route par une belle petite côte de 1,5km avec un mur de 500m à 14% pour passer la frontière française. Parfait pour se mettre en jambe et voir si le cœur ne monte pas trop vite
.
Adorant prendre les petites routes, je suis du genre à préparer mes parcours assez minutieusement. Malheureusement, ça ne prévient pas toujours des galères et voilà que je me retrouve avec une route coupée infranchissable au bas de la descente suivant le premier mur. Pas le choix, retour en arrière, remontée de la côte, et itinéraire bis pour rejoindre l’affreuse ville de Longwy par des nationales plus larges . Voilà qui commence très bien.
https://images2.imgbox.com/cb/b7/nlnvWOa2_o.jpg
Une fois Longwy passé, je suis de retour sur l’itinéraire prévu et des route plus accueillantes. La nuit, il fait froid mais la route semble nous appartenir. On croise 2/3 voitures de gens fêtards sur le retour mais surtout des chats. Après un départ un peu chaotique, les kilomètres commencent à défiler et, au bout de 2h30, je passe Virton et le ciel s’éclaircit petit à petit, laissant place à une lumière fantastique à l’approche des premiers méandres de la Semois et de Florenville. Le dénivelé était très doux de Longwy à Virton, il l’est toujours assez jusque Florenville. Florenville est atteint après 75km et 4h15 de route et j’en profite pour faire une pause déjeuner dans une boulangerie. La moyenne est en dessous des 20km/h en comptant les pauses et je me trouve assez lent, mais je me focalise sur mes pulsations. J’ai pour objectif de rester à 65% de fcm jusqu’au bout. Par contre, même si je m’y attendais, je constate que le poids du chargement influe pas mal le rendement dans les côtes.
https://cdn.pixabay.com/photo/2019/12/23/18/36/fumay-4715173_960_720.jpg
https://cdn.pixabay.com/photo/2019/12/23/18/37/cycling-4715176_960_720.jpg
Passé Florenville, les paysages sont magnifiques. Particulièrement entre Herbeumont, Mortehant et les Hayons. Mon tracé passe sans cesse des méandres de la Semois, où la lumière du soleil levant perce la brume pour donner une ambiance de tableau paysagiste au décors, aux plateaux la surplombant elle et la brume pour offrir des points de vue fantastiques. Ça monte dur, mais ça en vaut la peine et, vu mon rythme, ça passe facile. Ces routes devraient figurer en sens inverse sur le fin du parcours de mon ultra, ce passage fait donc un peu office de reconnaissance.
https://cdn.pixabay.com/photo/2019/12/23/18/37/fumay-4715175_960_720.jpg
https://cdn.pixabay.com/photo/2019/12/23/18/36/cycling-4715174_960_720.jpg
https://cdn.pixabay.com/photo/2019/12/23/18/36/cycling-4715172_960_720.jpg
Après les Hayons, je suis sur un plateau jusque Gedinne et la descente sur la Meuse pour un court repassage en France. La route monte et descend de manière beaucoup plus courte et facile mais le vent souffle de face. Heureusement, il est assez faible ce jour-là et il sera en réalité plutôt favorable sur l’ensemble du parcours. A l’approche de Paliseul, je fais une pause casse-croûte. Je n’ai encore fait que 110km mais l’essentiel du dénivelé est derrière moi. Je suis bien mais je sens que la nuit a été quasiment inexistante et je me doute que je le paierai à un moment ou un autre. Mais tant que le coup de bambou n’est pas là, eh bien il n’existe pas et pas de raison de s’angoisser plus que ça J ! La nature est belle, je suis en pleine santé et je profite à fond du fait de rouler sur des routes toutes nouvelles pour moi.
Mine de rien, le soleil commence à taper et je tarde un peu trop à m’arrêter pour enduire ma vilaine peau de roux de crème solaire. Cette enfoirée se trouvait au fond de mon sac, que j’ai dû vider en entier pour la retrouver. Résultat, je me tape un coup de chaud et j’ai la peau qui brûle un peu. Dommage, tout était vraiment agréable jusqu’ici. Une petite côte précède la longue descente vers la Meuse. Au bas de la descente, je passe les 150km et je longe le fleuve sur 7/8 km et une très agréable piste cyclable en direction de Fumay où je compte faire une petite pause-café avant une sacrée côte pour ressortir de la vallée de la Meuse pour rejoindre le Viroinval. Petite discussion avec un cafetier :
Lui : D’où vous venez comme ça ?
Moi : De Differdange, au Luxembourg.
Lui : Non, pas où vous habitez, mais d’où vous venez en vélo ?
Moi : C’est ce que je viens de vous dire
https://cdn.pixabay.com/photo/2019/12/23/18/36/fumay-4715171_960_720.jpg
Je fais moins le malin quelques minutes plus tard en remontant la vallée. La côte est bien connue du coin et s’appelle le Trou du Diable- 3km et 8% de moyenne. Après 160 bornes et avec le chargement, elle pique aux jambes et, pour la première fois, ça ne tourne plus rond du tout. Pourtant, j’y prend un certain plaisir, c’est plus long que tout ce que j’ai chez moi et il y a des faux airs de montagne.
Malheureusement, les sensations moyennes ressenties présagent un gros passage à vide de deux bonnes heures. Alors que j’attendais la traversée du Viroinval avec impatience, y ayant passé plusieurs de mes camps scouts durant mon enfance et mon adolescence, celle-ci ne sera qu’un long calvaire. Coup de barre et douleur piquante aux lombaires dès que ça grimpe, je me rassure en me disant que c’est ce que j’étais venu chercher. J’ai respecté à la lettre mon plan de ravitaillement mais la mauvaise nuit et le coup de chaud n’ont pas dû aider.
J’avoue ne pas trop me souvenir de mon trajet jusque Philippeville et les abords du Lac de L’Eau d’Heure. Il y a des moments où on se met en mode pilote automatique et où on se vide l’esprit. Je n’avais plus connu ça depuis ma période trails d’il y a quelques années, sur un vélo c’est la première fois. Plus question de profiter de paysage et prendre des photos. Je commence à avoir envie d’arriver.
Presque heureusement, le temps se couvre et, à Philippeville, la pluie s’invite. Je me demande si elle ne me réveille pas un peu, mais en tout cas je reprends du plaisir. D’ici quelques kilomètres, je me retrouverai vers sur mes routes d’entraînement et ça me rassure. Un peu comme quand, sur le retour des vacances, on voit réapparaître des noms familiers sur des plaques d’autoroute. Me voilà dans l’entre Sambre et Meuse et, une fois Walcourt derrière moi, je retrouve un ravel (chemin de promenade adapté aux vélos en Belgique) bien connu qui descend lentement vers Thuin, la Sambre et ses jardins suspendus. Pourtant, ici non plus pas question de profiter du paysage, la pluie s’est transformée en bonne vieille drache nationale et ne s’arrête plus.
Petite péripétie, en plein milieu du ravel vers Thuin et au milieu de nulle part (je connais bien le coin), je tombe nez à nez avec un très jeune chaton. Il n’a pas l’air bien fier sous cette drache et je m’arrête pour essayer de le récupérer. Après une approche progressive et alors qu’il s’est approché à un mètre de moi, voilà un coup de tonnerre qui met à plat ma tentative. La bête a fui danse les taillis en dessous du pont sur lequel je me trouvais et je ne la reverrai plus. Tant pis pour la mission sauvetage, il est temps de boucler les trente derniers km.
L’air de rien, il y en déjà 220 dans les pattes.
Maintenant, plus rien à battre de la gestion, c'est le déluge et ça caille sévère. En danseuse dès que ça ressemble à un peu plus qu'un faux plat, premièrement parce que ça me fait aller plus vite, deuxièmement parce que ça soulage les lombaires. Remontée de Thuin vers Binche, 8 bornes pour chez moi. J'ai plus qu'une image en tête : une bonne douche chaude.
J'arrive chez moi très content de pouvoir retirer le maelstrom qu'à créer ma transpiration, la crème solaire et les couches agglomérées de vêtements. Tout ça dans un évier et ma tronche sous la douche, content d'être arrivé mais satisfait d'une première bonne mauvaise idée accomplie.
Bilan de l'affaire :
Récap' :
251,34km, 3.630m de dénivelé positif, 14h10 en comptant les pauses et 11h21 sans, et entre 65 et 70% de fcm.
La semaine suivante, j'ai pu profiter à excès du Doudou la conscience plus que tranquille
PS: si on m'explique comment, il y a moyen que j'insère des images.
Bon, voilà le premier récit : le premier test dans la préparation de l'Ultra.
Après deux gros mois de reprise, voilà mon premier gros test qui se profile : Differdange – Chez moi.
250km de prévus pour 3.500m de dénivelé.
Ça s’annonce costaud mais je suis plutôt confiant. Deux semaines plus avant, j’ai enchaîné 14 répétitions de la plus grosse côte de la région sur une sortie de 5h pour presque 1.800m de dénivelé à une fc basse, le tout sous la drache, le vent et 10°. J’y ai pris beaucoup de plaisir et je n’ai pas senti mes réserves s’entamer.
J’espère pouvoir tester trois choses :
1. Le matériel : j’inaugure mes sacoches et mon matériel de nuit ;
2. Le ravitaillement : j’ai déjà fait des dizaines de sorties de 5/6h de selle mais jamais plus. A voir comment mon corps digère des repas plus consistants pendant l’effort et maintenir mes réserves d’énergie le mieux possible ;
3. Le corps : j’estime l’effort à 10 ou 12h de selle. Avec pas mal de dénivelé, ça devrait suffire pour souligner des faiblesses musculaires là où je ne vais jamais assez loin pour les sentir et savoir quoi travailler dans les mois à venir. Tenant le renforcement musculaire en horreur, j’ai pour ambition de le travailler de la manière la plus ciblée et la plus efficace possible (comprendre, en faire le minimum
La veille, je rejoins le Luxembourg en train avec mon vélo chargé comme si je devais commencé mon tour de Suisse (il le sera moins pour la course mais autant faire ça dans ce sens-là). Il y a un match des Diables et je compte le regarder avec mon ami avant de dormir quelques bonnes heures et de partir autour 3h30 du matin, histoire de vérifier mes luminaires. Après 4h de train et un petit 28km de vélo au départ d’Arlon, me voilà à Differdange. Un bon plat de pâtes et un bon match des Diables au calme, voilà qui semble raisonnable et agréable. En plus des pâtes, on me propose une soupe typique luxembourgeoise, assez grasse. Etant plutôt gourmand, j’accepte. Grosse erreur, voilà que je passe ma nuit sur le pot, une bouteille d’eau à la main afin de ne pas me déshydrater, le papier-cul dans l'autre..
J’arrive à peine à fermer l’œil et à 2h du matin, l’éjection de la soupe s’étant calmée et en ayant marre d’attendre, je décide de partir. Le temps d’avaler un gatosport , à 2h30, je suis dehors. J’entame la route par une belle petite côte de 1,5km avec un mur de 500m à 14% pour passer la frontière française. Parfait pour se mettre en jambe et voir si le cœur ne monte pas trop vite
Adorant prendre les petites routes, je suis du genre à préparer mes parcours assez minutieusement. Malheureusement, ça ne prévient pas toujours des galères et voilà que je me retrouve avec une route coupée infranchissable au bas de la descente suivant le premier mur. Pas le choix, retour en arrière, remontée de la côte, et itinéraire bis pour rejoindre l’affreuse ville de Longwy par des nationales plus larges . Voilà qui commence très bien.
https://images2.imgbox.com/cb/b7/nlnvWOa2_o.jpg
Une fois Longwy passé, je suis de retour sur l’itinéraire prévu et des route plus accueillantes. La nuit, il fait froid mais la route semble nous appartenir. On croise 2/3 voitures de gens fêtards sur le retour mais surtout des chats. Après un départ un peu chaotique, les kilomètres commencent à défiler et, au bout de 2h30, je passe Virton et le ciel s’éclaircit petit à petit, laissant place à une lumière fantastique à l’approche des premiers méandres de la Semois et de Florenville. Le dénivelé était très doux de Longwy à Virton, il l’est toujours assez jusque Florenville. Florenville est atteint après 75km et 4h15 de route et j’en profite pour faire une pause déjeuner dans une boulangerie. La moyenne est en dessous des 20km/h en comptant les pauses et je me trouve assez lent, mais je me focalise sur mes pulsations. J’ai pour objectif de rester à 65% de fcm jusqu’au bout. Par contre, même si je m’y attendais, je constate que le poids du chargement influe pas mal le rendement dans les côtes.
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Passé Florenville, les paysages sont magnifiques. Particulièrement entre Herbeumont, Mortehant et les Hayons. Mon tracé passe sans cesse des méandres de la Semois, où la lumière du soleil levant perce la brume pour donner une ambiance de tableau paysagiste au décors, aux plateaux la surplombant elle et la brume pour offrir des points de vue fantastiques. Ça monte dur, mais ça en vaut la peine et, vu mon rythme, ça passe facile. Ces routes devraient figurer en sens inverse sur le fin du parcours de mon ultra, ce passage fait donc un peu office de reconnaissance.
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Après les Hayons, je suis sur un plateau jusque Gedinne et la descente sur la Meuse pour un court repassage en France. La route monte et descend de manière beaucoup plus courte et facile mais le vent souffle de face. Heureusement, il est assez faible ce jour-là et il sera en réalité plutôt favorable sur l’ensemble du parcours. A l’approche de Paliseul, je fais une pause casse-croûte. Je n’ai encore fait que 110km mais l’essentiel du dénivelé est derrière moi. Je suis bien mais je sens que la nuit a été quasiment inexistante et je me doute que je le paierai à un moment ou un autre. Mais tant que le coup de bambou n’est pas là, eh bien il n’existe pas et pas de raison de s’angoisser plus que ça J ! La nature est belle, je suis en pleine santé et je profite à fond du fait de rouler sur des routes toutes nouvelles pour moi.
Mine de rien, le soleil commence à taper et je tarde un peu trop à m’arrêter pour enduire ma vilaine peau de roux de crème solaire. Cette enfoirée se trouvait au fond de mon sac, que j’ai dû vider en entier pour la retrouver. Résultat, je me tape un coup de chaud et j’ai la peau qui brûle un peu. Dommage, tout était vraiment agréable jusqu’ici. Une petite côte précède la longue descente vers la Meuse. Au bas de la descente, je passe les 150km et je longe le fleuve sur 7/8 km et une très agréable piste cyclable en direction de Fumay où je compte faire une petite pause-café avant une sacrée côte pour ressortir de la vallée de la Meuse pour rejoindre le Viroinval. Petite discussion avec un cafetier :
Lui : D’où vous venez comme ça ?
Moi : De Differdange, au Luxembourg.
Lui : Non, pas où vous habitez, mais d’où vous venez en vélo ?
Moi : C’est ce que je viens de vous dire
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Je fais moins le malin quelques minutes plus tard en remontant la vallée. La côte est bien connue du coin et s’appelle le Trou du Diable- 3km et 8% de moyenne. Après 160 bornes et avec le chargement, elle pique aux jambes et, pour la première fois, ça ne tourne plus rond du tout. Pourtant, j’y prend un certain plaisir, c’est plus long que tout ce que j’ai chez moi et il y a des faux airs de montagne.
Malheureusement, les sensations moyennes ressenties présagent un gros passage à vide de deux bonnes heures. Alors que j’attendais la traversée du Viroinval avec impatience, y ayant passé plusieurs de mes camps scouts durant mon enfance et mon adolescence, celle-ci ne sera qu’un long calvaire. Coup de barre et douleur piquante aux lombaires dès que ça grimpe, je me rassure en me disant que c’est ce que j’étais venu chercher. J’ai respecté à la lettre mon plan de ravitaillement mais la mauvaise nuit et le coup de chaud n’ont pas dû aider.
J’avoue ne pas trop me souvenir de mon trajet jusque Philippeville et les abords du Lac de L’Eau d’Heure. Il y a des moments où on se met en mode pilote automatique et où on se vide l’esprit. Je n’avais plus connu ça depuis ma période trails d’il y a quelques années, sur un vélo c’est la première fois. Plus question de profiter de paysage et prendre des photos. Je commence à avoir envie d’arriver.
Presque heureusement, le temps se couvre et, à Philippeville, la pluie s’invite. Je me demande si elle ne me réveille pas un peu, mais en tout cas je reprends du plaisir. D’ici quelques kilomètres, je me retrouverai vers sur mes routes d’entraînement et ça me rassure. Un peu comme quand, sur le retour des vacances, on voit réapparaître des noms familiers sur des plaques d’autoroute. Me voilà dans l’entre Sambre et Meuse et, une fois Walcourt derrière moi, je retrouve un ravel (chemin de promenade adapté aux vélos en Belgique) bien connu qui descend lentement vers Thuin, la Sambre et ses jardins suspendus. Pourtant, ici non plus pas question de profiter du paysage, la pluie s’est transformée en bonne vieille drache nationale et ne s’arrête plus.
Petite péripétie, en plein milieu du ravel vers Thuin et au milieu de nulle part (je connais bien le coin), je tombe nez à nez avec un très jeune chaton. Il n’a pas l’air bien fier sous cette drache et je m’arrête pour essayer de le récupérer. Après une approche progressive et alors qu’il s’est approché à un mètre de moi, voilà un coup de tonnerre qui met à plat ma tentative. La bête a fui danse les taillis en dessous du pont sur lequel je me trouvais et je ne la reverrai plus. Tant pis pour la mission sauvetage, il est temps de boucler les trente derniers km.
L’air de rien, il y en déjà 220 dans les pattes.
Maintenant, plus rien à battre de la gestion, c'est le déluge et ça caille sévère. En danseuse dès que ça ressemble à un peu plus qu'un faux plat, premièrement parce que ça me fait aller plus vite, deuxièmement parce que ça soulage les lombaires. Remontée de Thuin vers Binche, 8 bornes pour chez moi. J'ai plus qu'une image en tête : une bonne douche chaude.
J'arrive chez moi très content de pouvoir retirer le maelstrom qu'à créer ma transpiration, la crème solaire et les couches agglomérées de vêtements. Tout ça dans un évier et ma tronche sous la douche, content d'être arrivé mais satisfait d'une première bonne mauvaise idée accomplie.
Bilan de l'affaire :
- 1.
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Récap' :
251,34km, 3.630m de dénivelé positif, 14h10 en comptant les pauses et 11h21 sans, et entre 65 et 70% de fcm.
La semaine suivante, j'ai pu profiter à excès du Doudou la conscience plus que tranquille
PS: si on m'explique comment, il y a moyen que j'insère des images.
Dernière modification par JohanMusée le 27 déc. 2019, 09:59, modifié 6 fois.
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Re: L'Europe à vélo !
Lorsque tu postes, tu peux utiliser la balise
située en haut entre l'icone de la "bulle" et celui de la "chaîne"
dans cette balise, tu insères alors l'adresse de l'image
si c'est une image provenant de ton ordi, il faut préalablement la mettre sur un site de banque d'image, afin de lui donner une adresse
sinon, la balise [img-resize=][/img-resize] permet de régler en + sa taille (mettre un nombre,généralement compris entre 200 et 800 après "resize")
https://nsm07.casimages.com/img/2017/08/02//17080212184418405115190028.jpg
dans cette balise, tu insères alors l'adresse de l'image
si c'est une image provenant de ton ordi, il faut préalablement la mettre sur un site de banque d'image, afin de lui donner une adresse
sinon, la balise [img-resize=][/img-resize] permet de régler en + sa taille (mettre un nombre,généralement compris entre 200 et 800 après "resize")
https://nsm07.casimages.com/img/2017/08/02//17080212184418405115190028.jpg
Soyons magnanimes : Pour un arrêt de la pratique cycliste professionnelle en Italie
- JohanMusée
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Re: L'Europe à vélo !
Merci!
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Ilnur majka
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Re: L'Europe à vélo !
Wahou beaux recits ,j'adooooooooore
le moment du passage a vide après la longue cote a du être vraiment une avec une démobilisation complet du tonus musculaire
le moment du passage a vide après la longue cote a du être vraiment une avec une démobilisation complet du tonus musculaire
- damienleflahute
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Re: L'Europe à vélo !
VCN vient de se trouver un nouveau barjo. J'adore! 
