Au delà de 2020, avec la réforme de l'UCI, toutes les équipes féminines devront être entièrement professionnelle : actuellement il y a 10 contrats à temps plein dans l'équipe dont 8 coureuses sur 12. L'objectif est de passe à 22 contrats à temps plein, ce qui ferait passer le budget de 1 million à 1.5 million d'euros.
Il est également question de créer à Jaunay Marigny un "centre d'attractivité du cyclisme", c'est à dire un grand bâtiment clairement identifié où serait basé le service course de l'équipe.
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Une équipe à la croisée des chemins
Les dirigeants de la formation féminine basée dans la Vienne planchent d'ores et déjà sur plusieurs projets pour pérenniser l'équipe au-delà de 2020.
Les dirigeants de la FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope préparent déjà l'avenir.
Gouverner, c'est prévoir. Stéphen Delcourt, le manager de la formation FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope et son staff ont parfaitement intégré cet adage. Car, si l'équipe née et basée dans la Vienne, depuis maintenant treize ans, brille au plus haut niveau mondial, elle cherche encore à se structurer pour consolider ses fondations et assurer son avenir.
L'année 2020 est ainsi considérée comme un tournant. Pourquoi 2020? Car le contrat de partenariat avec la FDJ, le sponsor lui ayant permis de prendre une dimension supplémentaire en 2016, doit prendre fin. Le lien est fort entre les deux entités et rien ne présage d'une non reconduction.
Création d'un centre d'attractivité à Jaunay-Marigny
Mais les dirigeants veulent anticiper et trouver d'autres soutiens financiers afin de poursuivre leur développement. Car 2020 marque aussi l'entrée en vigueur de la réforme de l'Union Cyclisme Internationale (UCI) portant sur le cyclisme féminin. « D'ici deux ans, les équipes devront être à 100% professionnelles. A titre de comparaison, aujourd'hui, nous avons dix contrats à temps plein dont huit de nos douze coureuses. En 2020, nous voudrions passer à vingt-deux temps plein avec un effectif entièrement constituer de pros », révèle Stéphen Delcourt.
Tout cela a forcément un coût. « Le budget devra passer d'un million d'euros à un million et demi », précise-t-il. Pour y parvenir, il faudra naturellement développer les partenariats. « Il s'agit de renforcer les existants et d'en trouver d'autres. Des contacts sont d'ores et déjà pris. » Mais les têtes pensantes de FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope ont aussi à coeur de garder leur ancrage local. Et même d'accentuer cette identité. Car l'équipe est aujourd'hui soutenue par une cinquantaine d'entreprises du territoire dont l'apport représente 15% du budget. « Nous n'oublions pas d'où nous venons. C'est pourquoi nous voulons créer un centre d'attractivité du cyclisme. Il s'agit d'un local de plus de 500 m, à proximité du Futuroscope, à Jaunay-Marigny. » Une commune où est déjà basée le service course, mais en toute discrétion. « Le bâtiment sera visible, situé sur un axe passant car nous voulons en faire un véritable lieu de vie, ouvert au plus grand nombre. »
Un cheval de bataille
Le projet est aussi séduisant qu'ambitieux. « Il s'agira d'implanter notre siège, mais aussi un club-house avec une boutique. Nous voulons accueillir le plus grand nombre. Cela passe par nos supporters à tous les licenciés jeunes ou moins jeunes, et les clubs de la Vienne. C'est un centre d'entraînement tout comme un lieu de vie. Tous nos employés habiteront à proximité », indique Stéphen Delcourt. Avant d'ajouter. « Les plans et les devis sont établis. Nous devons désormais rencontrer nos partenaires privés et publics. »
Le manager a fait de ce projet son cheval de bataille. « C'est un objectif personnel. Si nous ne parvenons pas à construire ce siège, j'en tirerai les conséquences. Nous voulons donner les moyens à nos coureuses de vivre du cyclisme et non d'en survivre. Et, pour l'équipe, soit on grandit, soit on meurt. Il n'y a pas de juste milieu. Nous devons passer par cette étape pour franchir un nouveau cap », conclut Stéphen Delcourt plus déterminé que jamais. L'avenir de cette belle aventure qu'est la FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope va donc se jouer dans les deux ans.
Pierre Samit


