Nopik a écrit : 02 juil. 2018, 22:57
Ce serait marrant d'ailleurs de faire un débat sur "en qui on a confiance". Pas évident d'en trouver beaucoup qui font l'unanimité.
Dans l'absolu, et parce que je pense que le MPCC propose les bonnes réformes, je soutiens et donc je fais confiance par extension aux coureurs qui en font partie. Je ne trouve pas juste que l'on fasse une généralité "tous pourris". Il est important de faire des différenciation pour supporter celui qui fait plus d'effort que les autres en matière de lutte anti-dopage, dans l'optique d'une amélioration de la lutte antidopage.
Maintenant j'ai tendance à penser également comme Fugasaga : les controles ne sont pas satisfaisants. Mais là encore ça dépend pour qui. Je pense que le cas Froome n'est pas à généraliser (et c'est là que ça serait la porte ouverte au dopage systématisé et sans retenue) de dire "comme le cas Froome a échoué, que les tests sont caducs, tous les tests le seront dorénavant". Là encore je pense qu'il faut faire attention à ne pas généralisé le cas Froome pour prévenir une dégradation de la lutte antidopage.
Ca c'est pour la théorie. Maintenant, comme l'a dit Pistolero, il y en a qui triche sur des courses sans enjeux pour avoir leur heure de gloire : c'est le côté malsain de la compétition, ceux qui trichent pour gagner. On voit ça dans les jeux de société par exemple (pour moi le sport est un jeu donc le raisonnement peut s'appliquer au cyclisme) : celui qui triche pour gagner et en est fier parce qu'il se croit le plus malin (j'en connais comme ça) et ceux qui laissent tricher parce qu'ils trouvent ça ridicule et sont fiers, eux d'avoir fait de leur mieux sans tricher, et n'en pensent pas moins du "plus malin".
On en est là, doit-on laisser faire le plus malin en ce disant qu'il n'y a pas mort d'homme ou doit-on taper du point sur la table pour que les règles soient respectées ? J'ai l'impression qu'un bon jeu est avant tout un jeu donc les règles sont simples et justes. Ce n'est pas le cas du cyclisme qui doit revoir son règlement pour se faire respecter.
Maintenant le problème de la compétition : on la voit même se généraliser dans les entraînements avec la chasse aux KOM. C'est dommage car ça pousse au dopage : si le but du sport est de repousser ses limites, c'est contre soi que l'on court, pas contre les autres. Et donc pas besoin de dopage : on donne tout on est satisfait de sa performance, ou alors on en garde sous la pédale, et on est dégoûté d'avoir joué petit bras. Mais on perdrait alors la partie tactique du cyclisme. Bref c'est un sujet pas évident à débattre.
J'ajoute qu'il y a une notion d'être en bonne santé grâce au sport. Ce qui va à l'inverse des extrémités que vivent le cyclisme (AUT, affutage extrême, SRM et donc on utilise moins son cerveau) et c'est pour cela que je suis contre le dopage. De plus, pour moi, le sport n'est pas un spectacle : c'en est pour les participants qui le font, et pour les spectacteurs capables d'apprécier l'effort. Sauf qu'on est sorti de l'appréciation de l'effort : on ne regarde que celui qui va battre un record, qui va placer des démarrages de folie, qui va emmener un braquet de fou. Et c'est par ce schéma qu'on en arrive au dopage. Je refuse de voir le sport à travers ce prisme. Je ne regarde que les efforts consentis. J'applaudis autant le premier que le dernier.
Je pense que c'est comme ça que le sport va s'assenir, la clé est dans les mains des spectateurs et des médias, qui doivent valoriser l'effort et non la performance
Car l'effort est beau, il est noble. La performance, la compétition invitent à la transgression quelque soit le niveau ou les enjeux (pour rappel la triche en jouant au carte pendant l'apéro, c'est la même que pour gagner le tdf en principe)
