Dopage 2018
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Re: Dopage 2018
bah souvent pour garder son job dans le milieu (cas 3) faut gagner (cas 2)... donc voilà quoi... ça se croise.
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Re: Dopage 2018
deuxième cas, c’est le coureur qui connaît très bien les règles et qui les enfreint en connaissance de cause. Lui, il prend le risque. Là, vous allez reconnaître le dopage de certains leaders, qui sont les coureurs les mieux encadrés. Ce sont les vrais tricheurs et la répression, la police en particulier, est la mieux à même de les confondre.
– Et la troisième catégorie?
– Les coureurs qui ont des contraintes d’emploi telles qu’ils s’imaginent que prendre des stimulants est le seul recours. On nous a cité le cas d’un coureur du World Tour qui avait grossi de six kilos. Son équipe, qui n’a rien vu pendant longtemps, s’en aperçoit. On le convoque, docteur et manager lui donnent trois semaines pour revenir à son poids de forme ou c’est la porte. Trois semaines plus tard, le coureur revient nickel et fait même des bonnes courses en fin de saison. Son directeur sportif nous raconte ça dans un entretien; deux jours plus tard, le coureur est contrôlé positif. C’est l’engrenage classique: pas de suivi, erreur de management, absence de ressources laissées à l’employé. Au final, le coureur se retrouve piégé. Un autre cas vécu: un jeune coureur est convoqué par son directeur sportif qui juge sa première saison décevante et lui dit: «Tu ne fais pas le métier.» Le coureur s’offusque: «Ah non, ce n’est pas possible de rouler plus que je ne l’ai fait cette année. J’ai vraiment bossé. Dire que je n’ai pas fait le métier, c’est insultant.» Plus tard, le coureur comprend ce que «faire le métier» veut dire dans la bouche de son employeur et il se met au niveau.
Le problème, c’est le dilemme du prisonnier dans la théorie des jeux: vous avez intérêt à tricher parce que vous ne pourrez jamais être sûr que les autres ne trichent pas. Et s’ils trichent et vous pas, vous êtes le dindon de la farce.
– Que faudrait-il incriminer: la pression financière ou la dureté du travail?
– Les deux à la fois. Un cycliste peut se doper pour avoir un meilleur contrat, ou simplement pour avoir un contrat la saison prochaine. Le dopage inhérent à la situation de l’emploi, c’est le coureur en fin de contrat qui a besoin de résultats. Entre juin et juillet a lieu le marché des coureurs. Celui qui n’a pas de contrat après le Tour de France commencera à sérieusement s’inquiéter de son avenir. Il aura beaucoup de pression durant les courses d’août et de septembre et sera plus vulnérable. Une équipe, qui teste actuellement notre cahier des charges, a par exemple mis en place un protocole d’accompagnement accru pour les coureurs dont elle entend se séparer afin de les aider à maintenir leur entraînement sans céder à la tentation. Le dopage inhérent aux conditions de travail, c’est le dopage à l’ancienne: supporter les heures de selle dans le froid, le vent, la pluie. Un coureur m’a raconté qu’il avait fait sa séance de six heures de vélo dans la neige. Il faut y aller quand même! Cela requiert un courage extraordinaire. Quand vous êtes fatigué, vous êtes tenté de courber ou de prendre une pilule d’amphétamine.
– Et la troisième catégorie?
– Les coureurs qui ont des contraintes d’emploi telles qu’ils s’imaginent que prendre des stimulants est le seul recours. On nous a cité le cas d’un coureur du World Tour qui avait grossi de six kilos. Son équipe, qui n’a rien vu pendant longtemps, s’en aperçoit. On le convoque, docteur et manager lui donnent trois semaines pour revenir à son poids de forme ou c’est la porte. Trois semaines plus tard, le coureur revient nickel et fait même des bonnes courses en fin de saison. Son directeur sportif nous raconte ça dans un entretien; deux jours plus tard, le coureur est contrôlé positif. C’est l’engrenage classique: pas de suivi, erreur de management, absence de ressources laissées à l’employé. Au final, le coureur se retrouve piégé. Un autre cas vécu: un jeune coureur est convoqué par son directeur sportif qui juge sa première saison décevante et lui dit: «Tu ne fais pas le métier.» Le coureur s’offusque: «Ah non, ce n’est pas possible de rouler plus que je ne l’ai fait cette année. J’ai vraiment bossé. Dire que je n’ai pas fait le métier, c’est insultant.» Plus tard, le coureur comprend ce que «faire le métier» veut dire dans la bouche de son employeur et il se met au niveau.
Le problème, c’est le dilemme du prisonnier dans la théorie des jeux: vous avez intérêt à tricher parce que vous ne pourrez jamais être sûr que les autres ne trichent pas. Et s’ils trichent et vous pas, vous êtes le dindon de la farce.
– Que faudrait-il incriminer: la pression financière ou la dureté du travail?
– Les deux à la fois. Un cycliste peut se doper pour avoir un meilleur contrat, ou simplement pour avoir un contrat la saison prochaine. Le dopage inhérent à la situation de l’emploi, c’est le coureur en fin de contrat qui a besoin de résultats. Entre juin et juillet a lieu le marché des coureurs. Celui qui n’a pas de contrat après le Tour de France commencera à sérieusement s’inquiéter de son avenir. Il aura beaucoup de pression durant les courses d’août et de septembre et sera plus vulnérable. Une équipe, qui teste actuellement notre cahier des charges, a par exemple mis en place un protocole d’accompagnement accru pour les coureurs dont elle entend se séparer afin de les aider à maintenir leur entraînement sans céder à la tentation. Le dopage inhérent aux conditions de travail, c’est le dopage à l’ancienne: supporter les heures de selle dans le froid, le vent, la pluie. Un coureur m’a raconté qu’il avait fait sa séance de six heures de vélo dans la neige. Il faut y aller quand même! Cela requiert un courage extraordinaire. Quand vous êtes fatigué, vous êtes tenté de courber ou de prendre une pilule d’amphétamine.
Grand Gourou
Re: Dopage 2018
JFKs a écrit : 13 juin 2018, 15:35 deuxième cas, c’est le coureur qui connaît très bien les règles et qui les enfreint en connaissance de cause. Lui, il prend le risque. Là, vous allez reconnaître le dopage de certains leaders, qui sont les coureurs les mieux encadrés. Ce sont les vrais tricheurs et la répression, la police en particulier, est la mieux à même de les confondre.
– Et la troisième catégorie?
– Les coureurs qui ont des contraintes d’emploi telles qu’ils s’imaginent que prendre des stimulants est le seul recours. On nous a cité le cas d’un coureur du World Tour qui avait grossi de six kilos. Son équipe, qui n’a rien vu pendant longtemps, s’en aperçoit. On le convoque, docteur et manager lui donnent trois semaines pour revenir à son poids de forme ou c’est la porte. Trois semaines plus tard, le coureur revient nickel et fait même des bonnes courses en fin de saison. Son directeur sportif nous raconte ça dans un entretien; deux jours plus tard, le coureur est contrôlé positif. C’est l’engrenage classique: pas de suivi, erreur de management, absence de ressources laissées à l’employé. Au final, le coureur se retrouve piégé. Un autre cas vécu: un jeune coureur est convoqué par son directeur sportif qui juge sa première saison décevante et lui dit: «Tu ne fais pas le métier.» Le coureur s’offusque: «Ah non, ce n’est pas possible de rouler plus que je ne l’ai fait cette année. J’ai vraiment bossé. Dire que je n’ai pas fait le métier, c’est insultant.» Plus tard, le coureur comprend ce que «faire le métier» veut dire dans la bouche de son employeur et il se met au niveau.
Le problème, c’est le dilemme du prisonnier dans la théorie des jeux: vous avez intérêt à tricher parce que vous ne pourrez jamais être sûr que les autres ne trichent pas. Et s’ils trichent et vous pas, vous êtes le dindon de la farce.
Cette anecdote est terrible et montre dans quel état est le cyclisme de manière générale (et je ne pense pas que ce soit que la SKY).
Re: Dopage 2018
Faire d'un cas une généralité, bon...
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Re: Dopage 2018
Ce n'est pas ce que tu as fait du cas Sky pour parler de l'état du cyclisme dernièrement?
Grand Gourou
Re: Dopage 2018
Ben non. Si tu penses que quand je parle de l'état du cyclisme actuel je ne parle que de la Sky tu n'as absolument rien compris du tout. Les échos montrent des choses pas terribles à de plus bas niveau. Par exemple zéro contrôle sur la Ronde de l'Isard, une catastrophe.
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Re: Dopage 2018
Pourtant sur les topics idoines, tes doutes étaient particulièrement _ciblés.Akaion a écrit : 13 juin 2018, 15:56 Ben non. Si tu penses que quand je parle de l'état du cyclisme actuel je ne parle que de la Sky tu n'as absolument rien compris du tout. Les échos montrent des choses pas terribles à de plus bas niveau. Par exemple zéro contrôle sur la Ronde de l'Isard, une catastrophe.
Et par ailleurs, si tu avais lu les différents liens, tu aurais remarqué qu'il ne s'agit pas de faire d'un exemple une généralité, mais que c'est bien à partir d'un phénomène constaté par les chercheurs que cet exemple a été tiré. Tu prends le truc par le mauvais bout.
Grand Gourou
Re: Dopage 2018
Je lis surtout "un autre cas vécu" et Vélomen qui réagit dessus en faisant une généralité. Oui, je pense que la Sky n'est pas nette, mais ce n'est pas la seule, trouve moi où je dis que ce sont les seuls qui posent problème puisque tu sembles bien connaitre le sujet, mieux que moi apparemment sur ce que j'ai dit (merci de remettre le sujet sur le tapis, c'est bien...).
Re: Dopage 2018
Donc Sky n'est pas nette, d'autres équipes (lesquelles ?) posent problème, mais le cyclisme de manière général ne va pas mal c'est ça ?Akaion a écrit : 13 juin 2018, 16:29 Je lis surtout "un autre cas vécu" et Vélomen qui réagit dessus en faisant une généralité. Oui, je pense que la Sky n'est pas nette, mais ce n'est pas la seule, trouve moi où je dis que ce sont les seuls qui posent problème puisque tu sembles bien connaitre le sujet, mieux que moi apparemment sur ce que j'ai dit (merci de remettre le sujet sur le tapis, c'est bien...).
J'ai du mal à comprendre ta logique.
Re: Dopage 2018
Tiens pour une fois que je vois une embrouille dans laquelle je ne suis pas impliqué, je peux comprendre que d'autres puissent trouver l'ambiance pesante !
Re: Dopage 2018
Je dis que le cyclisme va mal. Ou plutôt va plus mal qu'il y a quelques années, mais mieux qu'il y a 10 ans par exemple. Cependant, je ne pense pas que parler d'un cas d'un coureur en fin de contrat soit judicieux pour donner un jugement sur le cyclisme en général.
Ce qui veut dire que je suis d'accord avec ta conclusion, c'est à dire que le cyclisme ne va pas au mieux et qu'on est un peu à la croisée des chemins. Mais je ne suis pas d'accord par ton exemple pour parler/justifier de cela.
Ce qui veut dire que je suis d'accord avec ta conclusion, c'est à dire que le cyclisme ne va pas au mieux et qu'on est un peu à la croisée des chemins. Mais je ne suis pas d'accord par ton exemple pour parler/justifier de cela.
Re: Dopage 2018
Ok.
La phrase qui me choquait était plutôt celle où le DS dit que son coureur ne fait pas le métier en sous entendant qu'il ne fait pas ce qu'il faut en matière de pharmacie.
La phrase qui me choquait était plutôt celle où le DS dit que son coureur ne fait pas le métier en sous entendant qu'il ne fait pas ce qu'il faut en matière de pharmacie.
Re: Dopage 2018
Oui, je comprends, cependant est ce une mauvaise interprétation de ce qu'a dit le gars? Une justification du coureur? Une réalité? Quoi qu'il en soit rien ne sera jamais tout noir ou tout blanc, donc je pense qu'en effet ce genre de comportement existe. Chacun ciblera les équipes de son choix.
Re: Dopage 2018
Et Jésus leur dit : "Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde ?!"veji2 a écrit : 13 juin 2018, 17:09 Tiens pour une fois que je vois une embrouille dans laquelle je ne suis pas impliqué, je peux comprendre que d'autres puissent trouver l'ambiance pesante !
I AM THE LAW. (Chris Froome)
I'm here to kick ass and chew bubble gum, and I'm all out of gum. (Duke Nukem)
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