Rik Van Steenbergen

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runnz
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Re: Rik Van Steenbergen

Les témoignages des détenteurs et de ceux ayant échoué avant et durant son époque sont unanimes. Le record de l'Heure est l'épreuve qui les a marqué le plus tellement la douleur devient rapidement insupportable. Rik 1er supportait-il facilement la souffrance ?
pasquin
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Re: Rik Van Steenbergen

runnz a écrit : 03 juin 2018, 09:31 Les témoignages des détenteurs et de ceux ayant échoué avant et durant son époque sont unanimes. Le record de l'Heure est l'épreuve qui les a marqué le plus tellement la douleur devient rapidement insupportable. Rik 1er supportait-il facilement la souffrance ?
Cela peut être une explication.
J'ai lu ou entendu, il y a longtemps, je ne sais plus où, qu'il n'appréciait pas particulièrement les longues épreuves en solitaire sur lesquelles il s'ennuyait.
Ses absences sur les Nations, Lugano, ses résultats en dilettante sur les autres CLM de courses par étapes semblent accréditer cette aversion.
Crabtree
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Re: Rik Van Steenbergen

Effectivement, c'est sous-entendu, ces commentaires ne pouvaient être crédibles (et encore) qu'avant l'avènement d'Eddy Merckx. Précisons qu'Achiel Van den Broeck ne va pas nécessairement aussi loin que certains de ces anciens champions mais sa biographie reste très élogieuse (comme toutes les biographies). Son livre a été publié en 1966 à l'occasion de la retraite sportive de Rik Van Steenbergen et alors que Merckx gagnait ses premières grandes courses (sans qu'il soit encore possible de deviner ce qu'allait devenir sa carrière). Ce qu'il faut retenir à mon sens de ces propos, c'est l'importance qu'il y avait à l'époque ainsi que pour les générations plus anciennes encore de briller à la fois sur la route et sur la piste. Van den Broeck ne parle pas à ma connaissance de projet de tentative dans l'heure de la part de Van Steenbergen mais évoque ses qualités de coureur contre-la-montre. Comme déjà évoqué par quelques intervenant ici, c'était pour lui surtout une question de motivation. Quand il y avait une bonne raison pour que Rik I mette les bouchées double dans un effort chronométré, il le faisait, sinon il en gardait sous la pédale.Van den Broeck parle d'un contre-la-montre du Circuit des Flandres 1942 (en tant que junior), Lebbeke-Alost (29km) où à 7km de l'arrivée, il avait 29 secondes de retard sur Norbert Callens et De Splenter avant de l'emporter avec environ le même écart. Il lui dira "c'était un sprint final de 7 kilomètres". Lors du contre-la-montre Les Sables d'Olonne - La Rochelle du Tour de France 1949, Rik termine troisième à 2'47" de Fausto Coppi (compte tenu de la distance de 92km, c'est plutôt honorable), Ferdi Kübler terminant deuxième à 1'32". Il plaçait derrière lui Gino Bartali, Marcel Kint, Stan Ockers et Brik Schotte entre autres (je n'ai pas le classement officiel sous les yeux, ce sont juste des noms que cite l'auteur). La principale raison pour cette performance est qu'aux Sables d'Olonne, il était l'un des trois coureurs de l'équipe belge qui entraient en ligne de compte pour le classement par nation, auquel était associé une prime quotidienne assez importante. Il était donc contraint de donner le maximum. À noter que Rik aurait du remporter le contre-la-montre des Trois jours d'Anvers en 1956 (Anvers-Herentals) avec 1'02" d'avance sur Wim Van Est et 1'07" sur Rik Van Looy à domicile (Jacques Anquetil et Aldo Moser figuraient parmis les suivants) mais il a été pénalisé de 2 minutes pour avoir profité d'un sillage de voiture, ce que Van den Broeck conteste.



Au sujet du championnat du monde de 1956, les souvenirs que j'ai d'images d'archive sont confus car il y a eu des controverses avec Rik Van Looy lors des deux éditions 1956 et 1957. Lors de cette dernière Van Looy et Marcel Janssens étaient échappés et il me semble avoir vu Fred De Bruyne en poursuite derrière les deux Belges, pour Van Steenbergen. En 1956, Rik Van Looy n'était pas à 100%. Il a contracté une angine au Tour de Hollande 13 jours plus tôt et qu'il a pourtant remporté (et qui ne l'empêcha pas de remporter le Circuit des Trois Villes Soeurs entre les deux). Tout ceci vient du livre de Claude Degauquier "Rik Van Looy Empereur" (Coups de pédale, 1999). Rik II s'était assuré du soutien de Fred De Bruyne avant le départ et les deux adversaires avaient prévu de faire équipe ensemble pour la saison des six-jours. Dans le final, il y avait 13 coureurs dont 6 Belges. La victoire ne devrait pas leur échapper d'autant que Fiorenzo Magni est éliminé sur crevaison. De Bruyne propose à nouveau son aide à Van Looy. Ce dernier hésite et du coup De Bruyne bascule dans le camp de Van Steenbergen. Rik I avait d'abord reçu le soutien d'André Vlayen mais lui aussi est victime d'un incident mécanique et donc il se rabat sur Fred De Bruyne qui accepte de lui emmener le sprint. Van Looy prétendra que De Bruyne a fait écran pour Van Steenbergen et que s'il ne s'était pas relevé, il pouvait revenir. Il ne cautionnera jamais cette trahison et refuse la collaboration pour les six-jours.

Je voulais partager une autre anecdote au sujet de Rik Van Steenbergen. En 1945, au départ de la course Anvers-Tielt, Achiel Van den Broeck discutait avec un certain Jan Bogaerts (premier vainqueur du Nieuwsblad ou un homonyme?) qui lui demandait quels ont été, selon lui, les sprinters les plus rapides (jusqu'alors). Van den Broeck citait: Pietro Linari, Jules Van Hevel, Jef Wauters, Fred Hamerlinck et Karel Kaers. C'est alors que Van Steenbergen pointa son nez et répliquait: "Et bien, aucun des cinq n'aurait pu garder ma roue la semaine dernière dans ce fameux sprint à Gand. J'aurais bien voulu voir votre Karel ou votre Linari. Je regrette que Jef Scherens n'ait pas été là car j'aurais pu mesurer son saut de tigre. Mais quand le blond Odiel Van den Meerschaut et Marcel Kint ont franchi la ligne, ils étaient déjà lâchés de 25 mètres. Et maintenant vous pouvez venir avec votre Linari et tout le nid de poule mais j'aurais voulu savoir s'il aurait pu mettre 25 mètres dans la vue à Kint ou Van den Meerschaut".
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