Richard a écrit : 04 juin 2018, 14:41
Fusagasuga2 a écrit : 04 juin 2018, 13:30
J'ai déjà évoqué une hypothèse que personne n'a reprise, car elle doit sembler ridicule ou trop gênante pour le vélo, mais je me demande parfois si le fait n'était pas que Froome avait des capacités physiques mais ne prenait rien dans un cyclisme ultra gangréné par le dopage (un peu à la manière d'un Moncoutié) et qu'il a fini par céder aux sirènes dudit dopage en 2011. Peut être parce qu'il risquait sérieusement le chômage. D'où son explosion subite dans la Vuelta.
Il avait refusé une offre chez Sky et en avait apparemment une autre ailleurs (cf. article que j'ai mis en lien), donc non pas le chômage, mais il risquait de s'ancrer un peu pour de bon parmi les anonymes et "sans-grades" du peloton en tout cas.
Froome en était presque réduit à se prostituer devant Brailsford pour gratter une année de plus :
Ça vient de son bouquin que j'ai sous les yeux, page 268 (je tiens à préciser pour mon intégrité ici-même qu'il m'a été offert

):
"Lars Petter était, qui, aussi, dans sa dernière année de contrat. Contrairement à moi, il avait participé au Giro, plut tot dans l'année. Je m'entretiens avec Alex Carera, mon agent, pour lui dire que j'étais au pied du mur.
"Alex, ils ne vont surement pas me prendre pour la Vuelta. Il faut d'ores et déjà contacter d'autres équipes et étudier les occasions qui s'offrent à moi. Dans le pire des cas, nous pourrions nous servir de ces offres pour tenter de négocier avec Sky et voir s'ils seraient prêts à me garder si j'acceptais une baisse de salaire."
A ce moment-là, la dévaluation salariale me semblait être la meilleure option. Chaque fois qu'Alex parlait de mon avenir à Dave Brailsford, il avait le droit à tout un tas de "hum", de "euh", et de "bah".
Alex voulait la jouer cash ; Dave, lui, ne voulait pas jouer du tout. Tout ce que je souhaitais, c'était qu'ils me gardent une année de plus, contre une salaire de 60 000 ou 70 000 euros. J'aurais alors joué le bon petit soldat pas cher et souriant, et j'aurais tout fait pour prouver que j'avais une place. Ils observaient forcément mes performances à l'entrainement !Ils devaient nécessairement voir le potentiel qui sommeillait en moi ! Quand j'étais en forme, je faisais des trucs qu'aucun de mes coéquipiers n'était en mesure de faire. Malheureusement, quand j'étais dans un jour sans, c'était pareil. Avec 65 000 euros, j'aurais encore de quoi vivre à Monaco. Enfin tout juste.
Alex me montra plus tard les messages que lui avait envoyé Dave. C'était pire que ce à quoi je m'attendais : "Qu'a fait Chris, cette année ? Rien". Et ; "Nous ne savons pas si nous allons le garder".
Au final, je n'étais qu'un produit, perdu dans le monde des affaires. Si cela ne fonctionne pas, si l'on en tire aucun bénéfice, on s'en débarasse, et on en prend un autre, point final. Adios. C'était déjà arrivé à d'autres membres de l'équipe. Des types que je considérais comme de bons coureurs et d'excellents coéquipiers se faisaient régulièrement éjecter. Dans l'ensemble, l'année 2011 ne se passait pas très bien, pour l'équipe, et le bruit courait que des coupes claire seraient faites pour l'année 2012."
Pour l'histoire de Froome qui aurait été révenu dix jours avant qu'il allait faire la Vuelta, c'est vrai. Mais il faut mentionner que dès début juillet, Froome avait décidé de préparer la Vuelta car il avait une chance d’être pris.
"Je décidai de ne pas me torturer en regardant le TdF à la télévision. La vie continue, me répétai-je. D'autant qu'une ultime chance de redresser la barre se présenta : je retrouvai Bobby [Julich], et il me prépara en vue du Tour d'Espagne
Je gardais la tete baissée, concentrée à la fois sur mon entrainement et sur la moindre chose que j'ingurgitais Je m'entrainais tous les jours en montagne Bobby m'accompagnait parfois à scooter pour superviser les séances de fractionné les plus pointues qu'il avait mises au point Je filais sur le Tour de Pologne Je me sentais bien physiquement ; j'avais perdu du poids (5 kilos en un été

). Malgré cela, je constatais qu'on était bien loin des Alpes en Pologne. L'équipe ne semblait ne rien attendre de moi cette fois."
Qu'il ait toutes sortes d'excuses qui l'aient empêchés de donner son plein potentiel en course, ça peut passer si on les prend une à une, mais l'accumulation vous fait lever plus d'un demi sourcil.
Le majeur problème, c'est que son premier énorme résultat (Vuelta 2011) tombe pile poil lors de l'occasion de la dernière chance. Et cela me met très mal à l'aise.