L'Europe à vélo !
Re: L'Europe à vélo !
Ça te fait autant d'étapes qu'un GT, félicitations

- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Merci mais j'ai pris plus de pauses quand même 
Re: L'Europe à vélo !
Ah je pensais que tu faisais demi tour mais non pas encore 
Journée stressante alors, encore une fois tu t'en sors bien tu n'as pas morflé réellement
Journée stressante alors, encore une fois tu t'en sors bien tu n'as pas morflé réellement
Re: L'Europe à vélo !
Toujours aussi passionnant!
- Xav_38
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Re: L'Europe à vélo !
J'approuve
- Allobroges
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Re: L'Europe à vélo !
z'ont tout contre eux les roumains, même les paysages picards...
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Merci ! J'ai exagéré pour les paysages : j'ai été gâté en Transylvanie puis dans les Carpates. Il est vrai que 100kms avant et après Bucarest, il y a surtout de la plaine. Comme autour de Paris. Et comme je ne me suis pas beaucoup hasardé hors de la nationale, c'était très monotone. Le compromis entre "aller aussi vite que possible jusqu'à l'objectif et profiter des petites routes de campagnes sans trop se perdre et pas évident à trouver, ça dépend de l'humeur du jour, ou de ses objectifs ! Et là l'objectif et d'arriver très vite aux bords de la mer Noire 
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Mardi 13 juin : Etape 22 : Et voilà la mer noire !
Village-départ : Țăndărei (Tsaèndaèrey)
La chanson du jour :
Je repars donc en suivant la nationale pour aller vers l'est. Très vite, dans la matinée, je repasse le Danube à Giurgeni que j'ai plus ou moins suivi depuis la forêt noire, jusqu'aux portes de la mer noire.

Le Danube, sur le pont de Giurgeni

Le Danube à Harsova, sur la rive est
Vers midi, voilà des travaux. Je vois un feu pour faire une circulation alternée sur 7kms. C'est beaucoup trop ! Par habitude, je laisse les voitures passer devant pour éviter qu'on me mette la pression. Aujourd'hui encore, grosse chaleur si bien que le bitume fond autour de moi
Il y a seulement une fine bande où je peux encore rouler, au milieu de la route. Le reste, c'est des graviers et du bitume fondu. Arrivé à la moitié, on me klaxonne avec insistance. Il faut se ranger, mais où ? On me force à me rabattre. Je m'arrête, et porte mon vélo sur le côté
. Grosse discussion avec les travailleurs. Je leur montre mon vélo et l'état de mes pneus. Je met dix minutes à enlever les graviers, qui tapaient contre les rayons et les dérailleurs puis lime avec du papier mes pneus pour en enlever le bitume fondu. Sympathiquement, les travailleurs du chantier m'offrent une bouteille d'eau
. Le prochain village pour se ravitailler est encore loin. Je repars, et finalement, avec la couche de bitume fondu séché j'ai l'impression que mes pneus ont une deuxième jeunesse
. Mais 100m avant d'arriver à la fin du chantier, je vois les voitures d'en face s'élancer : elles ont le feu vert. Sympa
. 100m à vélo, ça se fait en 20 secondes. Ils auraient pu attendre car m'arrêter en plein soleil est pénible et dangereux à ces températures-là. Vivement le prochain village ou je vais pouvoir tranquillement manger et me réhydrater à l'ombre.

Enfin la mer noire
En fin d'après-midi, j'arrive dans les faubourgs de Constanta. La ville est grande, je mettrai 30 minutes à la traverser. Je suis une piste cyclable en direction de la mer. Et voilà! La mer noire
Je n'ai jamais été autant à l'est à vélo de ma vie, et je n'irai pas plus loin. Je savoure, car ça n'a pas été chose facile d'arriver jusque là. Je m'arrête prendre le café dans une place au-dessus du port. J'y resterai assez longtemps. La satisfaction d'être arrivé me coupe l'envie de repartir

Petite pause café à Constanta

Une mosquée, vers le sud, qui me rappelle mon objectif suivant : la Turquie
En face de moi, le sud, et la première mosquée sur ma route. Certainement un reste de l'occupation ottomane. Cela me motive à repartir, et revenir en Turquie, moi qui n'y avais pas mis les pieds depuis 4 ans. Je m'élance vers cette ruelle piétonne (roulant au pas bien évidemment), et tente de trouver un passage pour longer la mer. Il est 18h, et le trafic s'intensifie. Mais c'est un cul-de-sac. Je tente ma chance en longeant plus à droite, mais c'est le port de Constanta qui est immense. Je ne vais pas m'y risquer, d'autant que la descente est raide, je ne veux pas la remonter
Je vais donc faire marche arrière, ressortir de la ville pour reprendre la nationale.

Constanta, au bord de la mer noire. J'ai vraiment le don pour passer à côté d'endroits magnifiques
Après ma longue pause, je vais essayer d'atteindre au plus vite la frontière Bulgare, pour m'arrêter comme prévu à Vama Veche. Je vais donc rester de la 4 voies. Peu après Constanta, 4 cyclistes me dépassent sur la nationale alors que le trafic est de plus en plus dense. J'imagine que c'est leur sortie du soir, qu'ils effectuent quotidiennement
. Je suis impressionné par leur abnégation, car faire du vélo dans ces conditions, ce n'est pas une partie de plaisir. Chapeau messieurs
Je m'accroche quelques bornes, et les recroiserai trente kilomètres plus loin, vers Mangalia, alors qu'ils retournent chez eux. Faire un aller-retour sur la seule route praticable de la région, voilà leur entraînement. J'ai de la chance d'avoir eu des petites routes plus tranquilles en Bretagne pour me préparer

La plage de Mangalia. A partir de Constanta, le littoral est très touristique. Je vais donc éviter de me retrouver dans la foule de vacanciers qui quittent la plage en cette fin de journée.
Je mange à Mangalia. A Vama Veche, dernière ville balnéaire avant la Bulgarie, je redoute un tarif spécial touriste à l'hôtel. Je trouve une chambre pas chère, qui rivaliserai avec le placard d'Harry Potter en terme de volume. Tant mieux, je ne demande rien de plus que de m'abriter car dehors, il pleut. Mon vélo, lui, a moins de chance. Il prendra l'humidité (pas de place pour dormir avec lui ce soir
). J'espère que ça n'endommagera pas mes câbles de freins et de dérailleurs.
Même si j'ai éviter la plage en cette fin de journée, je compte me lever demain matin, à l'aube (5h30) pour profiter du lever de soleil sur la plage. Je me mets au lit de bonne heure donc !
Je repars donc en suivant la nationale pour aller vers l'est. Très vite, dans la matinée, je repasse le Danube à Giurgeni que j'ai plus ou moins suivi depuis la forêt noire, jusqu'aux portes de la mer noire.

Le Danube, sur le pont de Giurgeni

Le Danube à Harsova, sur la rive est
Vers midi, voilà des travaux. Je vois un feu pour faire une circulation alternée sur 7kms. C'est beaucoup trop ! Par habitude, je laisse les voitures passer devant pour éviter qu'on me mette la pression. Aujourd'hui encore, grosse chaleur si bien que le bitume fond autour de moi

Enfin la mer noire
En fin d'après-midi, j'arrive dans les faubourgs de Constanta. La ville est grande, je mettrai 30 minutes à la traverser. Je suis une piste cyclable en direction de la mer. Et voilà! La mer noire

Petite pause café à Constanta

Une mosquée, vers le sud, qui me rappelle mon objectif suivant : la Turquie
En face de moi, le sud, et la première mosquée sur ma route. Certainement un reste de l'occupation ottomane. Cela me motive à repartir, et revenir en Turquie, moi qui n'y avais pas mis les pieds depuis 4 ans. Je m'élance vers cette ruelle piétonne (roulant au pas bien évidemment), et tente de trouver un passage pour longer la mer. Il est 18h, et le trafic s'intensifie. Mais c'est un cul-de-sac. Je tente ma chance en longeant plus à droite, mais c'est le port de Constanta qui est immense. Je ne vais pas m'y risquer, d'autant que la descente est raide, je ne veux pas la remonter

Constanta, au bord de la mer noire. J'ai vraiment le don pour passer à côté d'endroits magnifiques
Après ma longue pause, je vais essayer d'atteindre au plus vite la frontière Bulgare, pour m'arrêter comme prévu à Vama Veche. Je vais donc rester de la 4 voies. Peu après Constanta, 4 cyclistes me dépassent sur la nationale alors que le trafic est de plus en plus dense. J'imagine que c'est leur sortie du soir, qu'ils effectuent quotidiennement

La plage de Mangalia. A partir de Constanta, le littoral est très touristique. Je vais donc éviter de me retrouver dans la foule de vacanciers qui quittent la plage en cette fin de journée.
Je mange à Mangalia. A Vama Veche, dernière ville balnéaire avant la Bulgarie, je redoute un tarif spécial touriste à l'hôtel. Je trouve une chambre pas chère, qui rivaliserai avec le placard d'Harry Potter en terme de volume. Tant mieux, je ne demande rien de plus que de m'abriter car dehors, il pleut. Mon vélo, lui, a moins de chance. Il prendra l'humidité (pas de place pour dormir avec lui ce soir
Même si j'ai éviter la plage en cette fin de journée, je compte me lever demain matin, à l'aube (5h30) pour profiter du lever de soleil sur la plage. Je me mets au lit de bonne heure donc !
Dernière modification par Le sucre sportif le 07 août 2018, 00:11, modifié 2 fois.
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Mercredi 14 juin : Etape 23 : La Bulgarie !
Village-départ : Vama Veche
La chanson du jour :
Il est 5h15, je me lève quelques instants avant le lever du soleil pour pouvoir le regarder se lever au-delà de la mer noire. Les premiers rayons arrivent, éclairant le ciel grisâtre. Je prend une photo. C'est sombre on ne voit rien. Voilà, je me suis levé pour rien. Je retourne me recoucher, car il repleut
.
Plus tard en faisant mon sac, je m'aperçois que j'ai oublié mon étui à lunettes (j'ai des lunettes de vélo adaptées à ma vue, mais il faut que je change les visières en fonction de la visibilité et avec l'écran spécial grand soleil, je ne vois pas grand'chose avec ce ciel desespéremment gris). Hier, peu avant l'averse, j'avais changé ma visière au restaurant, à Mangalia, 20kms plus au nord. Furieux contre moi-même je laisse mon sac et pars pour 40 bornes de vélo, afin d'aller les rechercher. Rouler sans le sac me fait du bien : j'ai l'impression d'aller très vite, je mets la plaque. Je suis affuté comme jamais
! Arrivé au restaurant, pas de nouvelles des lunettes. Je repars bredouille. Le retour est moins enthousiasmant : j'ai le vent de face, et je vais moins vite. Voilà, j'ai trop pris la confiance, ça me calmera pour la suite
. Au retour, je refouille ma petite chambre. Je retrouve mes lunettes qui était tombées au fond de la poubelle
.
Je prend donc la direction de la Bulgarie mais avant, j'achète un gros tube de crème solaire, histoire de me délester de mes derniers lei roumain. La crème solaire, c'est un autre truc auquel il faut penser pour un long voyage comme celui que j'aie fait. En tout, j'aurai utilisé à moi seul 1,5l de crème solaire indice 50+ pendant ces deux mois
. Vous n'imaginez pas la trace de bronzage que j'aurai à la fin du voyage
.
J'arrive très vite au pays de Kivolanov, où je suis chaleureusement accueilli par un "Soyez les bienvenus en Bulgarie" et aussi mes premières indications en cyrillique. Le ton est donné

A l'image de la frontière roumaine, j'ai quelques écueils arrivé en Bulgarie : la route faisant le littoral est interdite aux cyclistes. Je poursuis pendant 10 kilomètres pour sortir de cette route et tourne vers l'ouest (pas le choix). En fait, il aurait fallu que je tourne bien plus tôt vers Spasovo mais comme on ne m'a pas prévenu de l'interdiction avant d'emprunter la route supposé interdite et que je n'ai pas envie de faire demi-tour dans une quatre voie...
Concernant les routes secondaires, chaque pays rencontré a sa spécificité : en Hongrie, des chemins plats et sans cailloux, en terre battue voire même du sable. En Roumanie, des cailloux, pas très pratique pour un vélo de route. En Bulgarie, la spécialité, c'est les nids de poule
. Toutes les routes sont bitumées, mais les axes secondaires paraissent laissés à l'abandon. Heureusement, aucune voiture (j'en ai compté trois ce matin en 30 kms). Donc je peux slalomer entre les nids de poule, pas de soucis mais il faut être vigilant, surtout dans les descentes et les virages. De toute façon je ne roule pas très vite. C'est très calme et les rares fois où je suis inquiété, c'est par les chiens qui surgissent des habitations. Les pauvres doivent s'ennuyer vu le peu de passages sur ces routes

Je traverse des champs de lavande ce matin, paysages colorés au nord de la Bulgarie !
Le problème, c'est que je m'enfonce dans la campagne et je ne vois aucun endroit pour me restaurer. Je vais changer de stratégie. Je trouve finalement une supérette, achète du pain de mie et des tomates, 2l d'eau et 1/2l de soda. Voilà le schéma que je répéterai pour éviter la fringale ou la soif. A chaque pause, je rempli mes gourdes et fini l'eau et le soda restant. Je mange des légumes ou des fruits crus avec du pain complet (car je n'ai pas de réchaud), ce qui remplacera mes barres de céréales, que je ne trouve pas ici. Je m'installe devant une petite église orthodoxe, dans la place centrale d'un village où tout est en ruine, sauf l'église.
Dans l'après-midi, je monte une côte. Au sommet, aucune inscription. Descendre à gauche ou continuer de monter à droite ? J'ai la flemme, je descend. Après 10 bornes, je retombe sur la nationale/autoroute. C'est plein de camions, je préfère retourner tranquille dans la campagne. Je vais donc me farcir une côte pour quitter le littoral qui n’apparaît pas dans le profil , car je ne sais pas où j'étais.

Le littoral de la mer noire à Kavarna
Je retombe en fin d'après-midi à Dobritch, où je trouve tous les commerces nécessaires pour me ravitailler et prélever des lev bulgare, la monnaie nationale. Je décide ensuite de suivre une route nationale bien bitumée (la 27) moins fréquentée que le bord de mer. Parfait. Mais je vais trop à l'ouest si bien que je remet le cap au sud pour cette fin de journée. Je vais alors rouler à un bon rythme : il fait plus frais, la route rend bien et comme j'ai pas mal traîné pendant la matinée, je suis relativement frais pour une fois
.

La ville de Dobritch où je trouve de quoi me ravitailler en cette fin d'après-midi
Après Cherventsi, je prend une petite route vers le sud, et là, ça grimpe ! Je passe dans un terrain vallonné, dans la forêt, il n'y a pas beaucoup de voitures ici donc je me régale !
Vers 20h, le ciel s'assombri et alors que tous les commerces sont fermés, je vois par miracle quelqu'un venir dans ma direction avec un sac rempli de provisions. Je quitte la route principale et m'enfonce dans le village, je trouve une supérette/cafétéria avec une table dans une terrasse couverte. Je vais manger et boire ici en attendant la fin de l'averse. Malheureusement, j'essaie de discuter avec les locaux mais on ne peut pas se dire grand' chose, dommage. Déjà que je galère avec les affichages en cyrillique pour commander mon repas alors pour parler même de choses simples grosse galère
. Mais je suis marqué par la sympathie des bulgares d'une manière générale.

Valchi Dol, que je passe à la tombée de la nuit
Conscient de mes détours, et après avoir attendu la fin de l'averse, je décide de rouler de nuit : il n'y a quasiment pas de voiture sur ma route et les villages sont assez éclairés. Petite frayeur en repositionnant mon éclairage avant, celui-ci tombe par terre alors que je roulais
. Je retrouve les deux piles par miracle sur le bord de la route, ce qui me permet de continuer à progresser. Alors qu'il recommence à pleuvoir, je vais trouver refuge derrière un gymnase pour y passer la nuit dans la ville de Surovoro. Des jeunes font la fête de l'autre côté du parking , mais partent vers 23h-minuit. Je ne serai pas inquiété et je décide alors de prendre leur place dans le hall d'entrée du gymnase, voilà un toit pour m'abriter d'une très probable nouvelle averse pendant la nuit.
Ce soir là, j'ai décidé à rouler de nuit alors que je n'ai plus spécialement d'objectif. Mais je préfère rouler quand il fait frais comme en début de soirée, c'est plutôt agréable et j'ai apprécié à rouler dans les forêts de l'arrière-pays bulgare, cela me changeait des 4 voies que j'ai emprunté la veille pour longer la mer noire
Il est 5h15, je me lève quelques instants avant le lever du soleil pour pouvoir le regarder se lever au-delà de la mer noire. Les premiers rayons arrivent, éclairant le ciel grisâtre. Je prend une photo. C'est sombre on ne voit rien. Voilà, je me suis levé pour rien. Je retourne me recoucher, car il repleut
Plus tard en faisant mon sac, je m'aperçois que j'ai oublié mon étui à lunettes (j'ai des lunettes de vélo adaptées à ma vue, mais il faut que je change les visières en fonction de la visibilité et avec l'écran spécial grand soleil, je ne vois pas grand'chose avec ce ciel desespéremment gris). Hier, peu avant l'averse, j'avais changé ma visière au restaurant, à Mangalia, 20kms plus au nord. Furieux contre moi-même je laisse mon sac et pars pour 40 bornes de vélo, afin d'aller les rechercher. Rouler sans le sac me fait du bien : j'ai l'impression d'aller très vite, je mets la plaque. Je suis affuté comme jamais
Je prend donc la direction de la Bulgarie mais avant, j'achète un gros tube de crème solaire, histoire de me délester de mes derniers lei roumain. La crème solaire, c'est un autre truc auquel il faut penser pour un long voyage comme celui que j'aie fait. En tout, j'aurai utilisé à moi seul 1,5l de crème solaire indice 50+ pendant ces deux mois
J'arrive très vite au pays de Kivolanov, où je suis chaleureusement accueilli par un "Soyez les bienvenus en Bulgarie" et aussi mes premières indications en cyrillique. Le ton est donné

A l'image de la frontière roumaine, j'ai quelques écueils arrivé en Bulgarie : la route faisant le littoral est interdite aux cyclistes. Je poursuis pendant 10 kilomètres pour sortir de cette route et tourne vers l'ouest (pas le choix). En fait, il aurait fallu que je tourne bien plus tôt vers Spasovo mais comme on ne m'a pas prévenu de l'interdiction avant d'emprunter la route supposé interdite et que je n'ai pas envie de faire demi-tour dans une quatre voie...
Concernant les routes secondaires, chaque pays rencontré a sa spécificité : en Hongrie, des chemins plats et sans cailloux, en terre battue voire même du sable. En Roumanie, des cailloux, pas très pratique pour un vélo de route. En Bulgarie, la spécialité, c'est les nids de poule

Je traverse des champs de lavande ce matin, paysages colorés au nord de la Bulgarie !
Le problème, c'est que je m'enfonce dans la campagne et je ne vois aucun endroit pour me restaurer. Je vais changer de stratégie. Je trouve finalement une supérette, achète du pain de mie et des tomates, 2l d'eau et 1/2l de soda. Voilà le schéma que je répéterai pour éviter la fringale ou la soif. A chaque pause, je rempli mes gourdes et fini l'eau et le soda restant. Je mange des légumes ou des fruits crus avec du pain complet (car je n'ai pas de réchaud), ce qui remplacera mes barres de céréales, que je ne trouve pas ici. Je m'installe devant une petite église orthodoxe, dans la place centrale d'un village où tout est en ruine, sauf l'église.
Dans l'après-midi, je monte une côte. Au sommet, aucune inscription. Descendre à gauche ou continuer de monter à droite ? J'ai la flemme, je descend. Après 10 bornes, je retombe sur la nationale/autoroute. C'est plein de camions, je préfère retourner tranquille dans la campagne. Je vais donc me farcir une côte pour quitter le littoral qui n’apparaît pas dans le profil , car je ne sais pas où j'étais.

Le littoral de la mer noire à Kavarna
Je retombe en fin d'après-midi à Dobritch, où je trouve tous les commerces nécessaires pour me ravitailler et prélever des lev bulgare, la monnaie nationale. Je décide ensuite de suivre une route nationale bien bitumée (la 27) moins fréquentée que le bord de mer. Parfait. Mais je vais trop à l'ouest si bien que je remet le cap au sud pour cette fin de journée. Je vais alors rouler à un bon rythme : il fait plus frais, la route rend bien et comme j'ai pas mal traîné pendant la matinée, je suis relativement frais pour une fois

La ville de Dobritch où je trouve de quoi me ravitailler en cette fin d'après-midi
Après Cherventsi, je prend une petite route vers le sud, et là, ça grimpe ! Je passe dans un terrain vallonné, dans la forêt, il n'y a pas beaucoup de voitures ici donc je me régale !
Vers 20h, le ciel s'assombri et alors que tous les commerces sont fermés, je vois par miracle quelqu'un venir dans ma direction avec un sac rempli de provisions. Je quitte la route principale et m'enfonce dans le village, je trouve une supérette/cafétéria avec une table dans une terrasse couverte. Je vais manger et boire ici en attendant la fin de l'averse. Malheureusement, j'essaie de discuter avec les locaux mais on ne peut pas se dire grand' chose, dommage. Déjà que je galère avec les affichages en cyrillique pour commander mon repas alors pour parler même de choses simples grosse galère

Valchi Dol, que je passe à la tombée de la nuit
Conscient de mes détours, et après avoir attendu la fin de l'averse, je décide de rouler de nuit : il n'y a quasiment pas de voiture sur ma route et les villages sont assez éclairés. Petite frayeur en repositionnant mon éclairage avant, celui-ci tombe par terre alors que je roulais
Ce soir là, j'ai décidé à rouler de nuit alors que je n'ai plus spécialement d'objectif. Mais je préfère rouler quand il fait frais comme en début de soirée, c'est plutôt agréable et j'ai apprécié à rouler dans les forêts de l'arrière-pays bulgare, cela me changeait des 4 voies que j'ai emprunté la veille pour longer la mer noire
Dernière modification par Le sucre sportif le 07 août 2018, 00:20, modifié 3 fois.
- loloherrera
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Re: L'Europe à vélo !
'Tain, c'est pire que le Dakar des années 80...tu dois avoir un bon sens de l'orientation 
Re: L'Europe à vélo !
40 bornes pour aller récupérer un truc même pas perdu
#enflammage
Et rouler la nuit sur des routes inconnues en bulgarie.
Non mais j'en peux plus

Petite question : les cartes que tu mets c'est le parcours prévu ou le parcours réel ?
Et rouler la nuit sur des routes inconnues en bulgarie.
Non mais j'en peux plus
Petite question : les cartes que tu mets c'est le parcours prévu ou le parcours réel ?
- _ChaletReynard
- Equipier de luxe

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Re: L'Europe à vélo !
Le sucre sportif a écrit : 14 oct. 2017, 22:29 Je vais donc me farcir une côte pour quitter le littoral qui n’apparaît pas dans le profil , car je ne sais pas où j'étais.
C'est vraiment les passages que je préfère: quand tu te perds en toute simplicité.
- El_Pistolero_07
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Re: L'Europe à vélo !
Hé bien ! On peu dire que t'as fais un sacré périple quand même. Du coup, je comprend pourquoi t'as pas trouvé la Hongrie si pauvre, car vu comment est la Roumanie et la Bulgarie, ça doit faire bizarre de se retrouver dans de tels pays.
Pilote de C15 mutin
Mon Strava : https://www.strava.com/athletes/6038754
Mon Strava : https://www.strava.com/athletes/6038754
Re: L'Europe à vélo !
+1loloherrera a écrit : 14 oct. 2017, 22:58 'Tain, c'est pire que le Dakar des années 80...tu dois avoir un bon sens de l'orientation![]()
Ton récit est vraiment excellent (mais l'aventure est aussi exceptionnelle
Franchement un grand moment d'aventure et de passion cycliste sur VCN !
Petit retraité de la MichaelKael C° 
- Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !
Ca m'a fait du bien de rouler sans le sac cette matinée-là car la veille, je me suis une fois de plus pris un vent par des cyclistes à l'entraînement donc il fallait que je retrouve de la confiance car c'est primordial de se dire que l'on est toujours capable de faire X kms dans la journée (de se dire que l'on est toujours capable de rentrer chez soi avec son vélo )Nopik a écrit : 14 oct. 2017, 23:05 40 bornes pour aller récupérer un truc même pas perdu#enflammage
Petite question : les cartes que tu mets c'est le parcours prévu ou le parcours réel ?
Pour les cartes, elles reflètent autant que possible le parcours que j'ai fait vraiment : j'avais sur moi un bloc notes où j'ai noté toutes les villes par lesquelles je suis passé (avec pas mal de correction du coup) et je me suis servi de ce bloc note pour raconter ce que j'ai fait, car les souvenirs me reviennent en revoyant les routes et les profils par lesquels je suis passé.
Pour cette étape, j'ai mis un détour similaire à celui que j'ai fait, je ne suis pas sûr que ce soit le bon mais au niveau du kilométrage, 170kms environ ça me semble plausible
Au final, ce crochet m'a permis de me repérer : je n'étais qu'à 10-15kms du littoral, et je savais que je devais en faire une cinquantaine faire l'ouest (à la louche) pour ensuite reprendre vers le sud et Bourgas, car je m'étais pas mal perdu dans la matinée_ChaletReynard a écrit : 14 oct. 2017, 23:42 C'est vraiment les passages que je préfère: quand tu te perds en toute simplicité.














